Association pour le Contrat Mondial de L'Eau
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Acme-Maroc Medhi LAHLOU
Président ACME-Maroc, Professeur INSEA, Membre fondateur de la Coalition mondiale contre la privatisation et la marchandisation de l'eau et du Forum alternatif maghrébin de l’eau. Membre fondateur de l’Université du Bien commun
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L'EDITO
Appel d’ACME - maroc
Jeudi 11 Décembre 2008Lundi 15 décembre 2008, soit 5 jours après le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’homme, huit habitants du village de Ben S’mim seront déférés pour la douzième fois devant un tribunal à Meknès en raison de la manifestation à laquelle ils ont pris part en septembre 2007 pour protester contre la privatisation des eaux de leur source, qui est aussi leur seule source de vie. Huit autres habitants du même village sont aussi poursuivis pour le même motif devant un tribunal d’Azrou.
Un tel acharnement judiciaire, contre une population isolée qui n’a fait que défendre ses droits et sa dignité, cache en réalité une volonté délibérée de casser la volonté de se défendre de cette même population en vue de lui enlever ses moyens de subsistance, en offrant au capital privé une eau qui est l’essence même du bien public dans une région où l’Etat n’a jamais rien fait pour sortir les habitants de la situation de pauvreté et de sous-développement où ils sont plongés depuis l’indépendance du pays.
ACME-Maroc, qui n’a pas cessé de dénoncer le déni de justice qui frappe depuis quelqes années le village de Ben S’mim, lance un appel urgent à toutes les ONG et à toutes les forces vives de notre pays pour apporter leur soutien à la population de ce village en demandant l’arrêt des poursuites engagées contre une partie de ses habitants et en revendiquant l’abandon du projet de privatisation des eaux de leur source.
Par cette même occasion, elle demande au gouvernement et au Premier ministre de revenir sur les autorisations qu’ils ont accordées – au mépris des intérêts et des droits de la population concernée – à une entreprise privée non identifiée pour exploiter à des fins d’enrichissement individuel un patrimoine qui devrait être mieux utilisé pour sortir une région entière du sous-développement.
Dans le même sens, ACME-Maroc appelle les parlementaires et les partis politiques dont ils relèvent à élaborer une loi de nature à prévenir toute action de spoliation, telle que celle qui est en train d’être perpétrée à Ben S’mim, et à protéger toutes les sources d’eau potable du pays contre les visées strictement mercantiles d’opérateurs privés pour qui les intérêts profonds de la population n’ont strictement aucune signification, comme cela est souvent aussi le cas de certains conseillers communaux, en ville comme en milieu rural.
ACME – Maroc
Rabat le 11 décembre 2008

