Association pour le Contrat Mondial de L'Eau


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Acme-Maroc Medhi LAHLOU
Président ACME-Maroc, Professeur INSEA, Membre fondateur de la Coalition mondiale contre la privatisation et la marchandisation de l'eau et du Forum alternatif maghrébin de l’eau. Membre fondateur de l’Université du Bien commun

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L'EDITO

Communiqué ACME/maroc

Mercredi 12 Décembre 2007
Communiqué ACME/maroc
Assemblée générale de l’ACME-Maroc
El Jadida 2 Décembre 2007

Le droit à l’eau de plus en plus menacé au Maroc

L’Assemblée générale d’ACME-Maroc qui s’est tenue le 2 décembre 2007 à El Jadida a notamment pointé les limites effectives de plus en plus nombreuses du droit à l’eau au Maroc. D’un côté, le processus de la gestion déléguée, entamée en 1999 à Casablanca, qui transforme l’eau en marchandise, en faisant payer aux usagers (les plus pauvres notamment) les coûts du service plus les bénéfices des entreprises, avec comme corollaire l’augmentation des tarifs de l’eau et de l’électricité qui a provoqué les nombreuses manifestations de l’automne 2006 et qui s’est retrouvée au cœur des manifestations de 2007 contre la vie chère.


D’un autre côté, l’eau devenant de plus en plus chère, suscite des convoitises nombreuses conduisant à la privatisation des sources d’eau. Certaines ont été privatisées depuis la période coloniale, d’autres le sont actuellement en catimini, telles les eaux d’Aïn Saïss ou de Aïn Soltane. Dans ce sens, le cas sources de Ben S’mim est exemplaire aussi bien d’une réelle tentative de spoliation d’une population démunie que d’une résistance populaire appelée à grandir.

Le refus de la marchandisation de l’eau a conduit ACME-Maroc à s’inscrire dans la mouvance mondiale qui combat la privatisation de l’eau et agit pour que cette ressource naturelle vitale soit un bien commun, géré par la communauté publique.
Son souci de préserver l’eau s’étend à la demande d’une autre forme de gouvernance qui doit concerner tous les secteurs : l’agriculture, l’industrie, le tourisme, et toutes les décisions aussi bien politiques, que sociales ou économiques. Et c’est notamment cela qui a conduit l’ACME Maroc à mettre en chantier une charte de l’eau et de l’environnement.

Les participants à l’Assemblée générale d’ACME, après avoir affirmé leur soutien total à la lutte des habitants de Ben S’mim contre la tentative d’appropriation des eaux de la source de leur village par une entreprise privée et après avoir dénoncé toutes les formes d’atteinte au droit de toute la population marocaine à l’eau, ont de nouveau appelé:

  • 1/ A la reconnaissance de l’accès à l’eau pour tous au Maroc comme un droit humain fondamental
  • 2/ A une réforme globale de la politique de l’eau au Maroc
  • 3/ A une autre politique économique et sociale, notamment dans les secteurs du tourisme et de l’agriculture, qui tienne compte de la baisse des ressources en eau du pays et qui permette aussi bien de protéger ces ressources contre les pollutions/gaspillage qui les affectent aujourd’hui que de les recycler pour en optimiser l’usage

Parallèlement, l’AG d’ACME-MAROC a convenu de la nécessité d’intégrer les questions relatives à l’eau dans les programmes éducatifs. Dans ce cadre, des cours de conscientisation aux dangers qui affectent l’eau et à sa préservation doivent être initiés dans les écoles et à travers les médias pour que les générations futures saisissent dès maintenant les dangers encourus à travers le maintien des comportements (collectifs et individuels) actuels vis-à-vis de l’eau.
L’AG a aussi décidé la création d’un fonds documentaire sur l’eau où seront regroupés notamment tous les travaux académiques menés au Maroc (et dans le reste du Maghreb) au sujet de l’eau. Elle a convenu de la nécessité d’engager les membres d’ACME dans la recherche sur le thème de l’eau, autant au niveau national que régional.

Il a également été décidé de procéder à des actions en direction des collectivités locales pour les informer/former au sujet des problématiques qui leur sont posées en relation avec la gestion de l’eau et la prise de conscience du besoin de sa préservation contre le gaspillage et autres pollutions.
Sur le plan organisationnel, l’AG a adopté, en l’affinant, le projet de statut de l’Association qui lui a été soumis par le Bureau provisoire. Elle a décidé également la mise en place d’un Conseil national composé de 29 membres, dont 4 seront désignés par les 4 associations nationales partenaires d’ACME dans les questions relatives à l’eau : l’AMDH, Tansparency Maroc, ATTAC et l’Association pour la préservation des deniers publics.
Elle a aussi discuté et finalisé la Charte de l’eau et de l’environnement qu’elle soumettra à l’adoption auprès du plus grand nombre d’associations et de partis politiques au Maroc.

acme maroc
Tags : ag
Rédigé par acme maroc le Mercredi 12 Décembre 2007 à 13:55

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