Association pour le Contrat Mondial de L'Eau

L'EDITO

'ACME Maroc' a MIDI1  Vendredi 30 Mai 2008

Le président de ACME MAROC , invité du magazine de la terre ,intervenant sur les ondes de la radio MIDI1 pour parler de la fête de l'eau a IFRANE , des priorités de la gestion de l eau au maroc ,et rappeler aussi les différents principes défendus par ACME....


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Vendredi 30 Mai 2008 01:19 | Commentaires (0)


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conference de presse  Lundi 07 Avril 2008

Conférence de presse ACME – Maroc
Rabat, 31 mars 2008


Le bureau national d'ACME-Maroc, après avoir rappelé par la voix de son president, certains des principaux traits de la problématique de l'eau au Maroc (voir notamment le communiqué publié par l'association à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau) est revenue sur le dossier de la Lydec et le projet de ‘'mise en bouteille par une enterprise privée des eaux de la source du village de Ben S'mim''.

Au sujet de la Lydec, et après le rappel des principales clauses du contrat de la Gestion déléguée à Casablanca et des différents manquements de la Lydec à ces clauses (comme cela est ressorti du rapport officiel publié à ce propos le 7 novembre 2007), l'Association ACME-Maroc relève les remarques essentielles suivantes par rapport à la revision de ce contrat telle qu'intervenue le 14 mars 2008:
1/ Il a été annoncé que la Lydec va reverser à la Communauté urbaine de Casablanca (CUC) la somme de 1,05 milliard de dirhams (en annonçant ce reversement, le Maire de Casablanca avait parlé en centimes pour insister sur l'importance des montants remboursés), or selon les calculs d'ACME-Maroc, la Lydec doit encore à la CUC et donc à l'Etat marocain entre 2 et 2,5 milliards de dh (entre 200 et 250 milliards de centimes) au titre des dividendes illégalement distribués entre 2001 et 2006 et au titre des paiements effectués par les abonnés de l'ancienne RAD aux guichets de la Lydec à partir du 1er juillet 1997 (ces paiements portent sur la période allant d'avril à juin 1997). Ces montants devant bien sûr être actualises.
2/ Les investissements prévus pour les 20 prochaines années ont été fixes à 10 milliards de dhs. Avec les investissements realises par la Lydec depuis 1997 cela porterait le montant total des investissements operas pour toute la période couverte par le contrat de Gestion déléguée à près de 16 milliards de Dhs, or, au moment de la signature de ce contrat il a été annoncé un investissement global de 30 milliards de dhs. Ce laisse une difference de près de 14 milliards de dhs. Qui en prendra alors la charge.
3/ A l'annonce du contrat, la Lydec avait convenu que la Lydec prendrait en charge le personnel de la RAD, y compris s'agissant des retraites, or, le contrat tel que revise annonce que la prise en charge des retraites est laissée à l'Etat et à la CUC.

S'agissant de l'affaire Ben S'mim, ACME-Maroc déclare ce qui suit:
A/ Aussi bien pour la population de Ben S'mim que pour notre association et celles qui nous soutiennent à ce propos, il ne s'agit pas d'un projet économique mais d'un reel déni de justice et d'une vraie spoliation de la source de vie des populations concernées
B/ L'action menée à travers ce projet ignore se fait dans l'opacité la plus totale dans l'ignorance absolue des interêts de la population et de toute une region où rien ne peut plus être imaginé en l'absence de l'eau.
C/ La population reste opposée à ce projet et mobilisée, avec le soutien d'ACME-Maroc et des associations qui adhèrent à son action et aux principes qu'elle defend (AMDH, ATTAC-Maroc et Association pour la défense des deniers publics), pour le faire arrêter.



Lundi 07 Avril 2008 00:27 | Commentaires (0)


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communiqué ACME MAROC  Jeudi 20 Mars 2008

Communiqué à l'occasion de la journée mondiale de l'Eau

La communauté internationale célèbre aujourd'hui, sous l'égide de l'ONU, la 15ème « Journée mondiale de l'eau ». Cette célébration intervient alors que l'absence d'accès à une eau potable touche encore plus de 1,1 milliard d'êtres humains et celle des moyens d'assainissement affecte 2,6 milliards de personnes, particulièrement dans les pays les plus pauvres, surtout en Afrique, où le processus de marchandisation de l'eau, entamé au début des années 1980 - à la faveur des programmes d'ajustement structurel, initiés par la Banque mondial et le FMI – semble s'accélérer.
Au Maroc, pays d'Afrique du Nord soumis à partir de 1982 aux directives économiques et financières des deux entités internationales sus-citées, le Droit d'accès à l'eau, bien que garanti par la loi sur l'eau – publiée voici maintenant 13 ans - est de moins en moins effectif.
Ceci, d'une part, en raison de la Gestion déléguée qui a de fait transformé l'eau en marchandise, en faisant payer aux citoyens-usagers les coûts des services attachés à l'eau plus les bénéfices des entreprises et aussi en raison de la forte augmentation des tarifs de l'eau, particulièrement depuis 2006, d'autre part, à cause de la tendance effrénée à la privatisation de toutes les sources d'eau du pays, quels que soient le débit de leurs eaux ou le degré de pauvreté des populations vivant dans les régions où elles jaillissent.
Le cas du village de Ben S'mim, tout en étant emblématique de cette tendance, est par ailleurs exemplaire de la résistance populaire et des solidarités qui se manifestent de plus en plus nettement aujourd'hui au Maroc, comme dans de nombreuses autres régions du monde, soumises aux mêmes pressions du libéralisme à pas forcé et des seules lois du marché, notamment dans le domaine vital de l'eau.
Ces éléments illustrant l'incohérence d'une politique économique et sociale sensée théoriquement assurer l'amélioration des conditions de vie de la population marocaine notamment à travers un meilleur accès à l'eau, sont par ailleurs aggravés par :
a/ l'irrégularité de plus en plus grande des précipitations, conséquence directe du réchauffement du climat
b/ le fait que l'agriculture absorbe plus de 80 % des eaux mobilisées, avec un taux de perte de plus de 60 % en raison notamment de modes d'irrigation obsolètes
c/ les pollutions de toutes natures, et autres usages inconsidérés, qui continuent d'affecter autant les eaux de surface que les nappes phréatiques dont dispose le pays
Consciente de tous les dangers actuels et futurs attachés à cet état des choses, ACME-Maroc réitère en cette journée mondiale de l'eau ses revendications pour :
1/ La reconnaissance de l'accès à l'eau pour tous au Maroc comme un droit humain fondamental
2/ Une réforme globale de la politique de l'eau au Maroc, avec désignation d'une instance nationale à même d'élaborer une stratégie d'ensemble de long terme en la matière et de procéder aux arbitrages nécessaires entre les différents usages de l'eau
3/ Une autre politique économique et sociale, notamment dans les secteurs du tourisme et de l'agriculture, qui tienne compte de la baisse des ressources en eau du pays et qui permette aussi bien de protéger ces ressources contre les pollutions/gaspillage qui les affectent aujourd'hui que de les recycler pour en optimiser l'usage.
4/ L'intégration de l'éducation à l'eau (et à l'environnement en général) dans les cursus d'enseignement, fondamental notamment.
Par ailleurs, ACME-Maroc, tout en attendant d'en savoir davantage sur les termes réels de la révision du contrat de Gestion déléguée intervenue le 14 mars 2008, affirme que :
1/ Les modifications au contrat initial, telles que publiées, sont loin de correspondre à ce qui était attendu. Surtout, les reversements au profit de la ville de Casablanca par la Lydec ne couvrent qu'une faible partie des manquements contractuels qui ont été relevés par la commission d'enquête dont le rapport a été publié le 7 novembre 2007.
2/ Il y a toujours besoin d'une enquête parlementaire et judiciaire pour déterminer ce qui s'est réellement passé lors de la signature du contrat de Gestion déléguée à Casablanca en 1997, et aussi pour les contrats de même nature qui ont suivi à Rabat et à Tanger/Tétouan
3/ Le silence médiatique et politique – aucun débat sur le sujet n'a notamment eu lieu au parlement – qui a entouré la révision telle qu'annoncée, la rapidité de cette révision et l'ampleur des montants dont il y a été question montrent les marges dont bénéficiait la société délégataire. De telles marges, quelle que soit leur importance, indiquent bien que le seul moteur du capital privé – national ou étranger – dans l'eau comme ailleurs, est le profit financier et à court terme. Or un tel moteur est antinomique par rapport à un droit humain fondamental comme celui de l'accès à l'eau.

Rabat le 20 mars 2008




Jeudi 20 Mars 2008 20:00 | Commentaires (0)


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Conférence internationale des ONG  Mercredi 13 Février 2008

UNESCO, 5 – 6 – 7 décembre 2007

« Développement durable : c'est nous qui choisissons »

‘'Allier compétitivité et coopération pour un développement durable : croissance ou décroissance ? ‘'
Mehdi Lahlou


La croissance économique, exprimée en quantité de biens et services produits et en rythme d'augmentation de la richesse monétaire, a partout eu – dans les économies modernes - comme fondement une forte compétition entre entreprises au sein d'un même pays et entre nations.

Par compétition on entend généralement le fait de parvenir à la plus grande variété de produits en alliant amélioration de la qualité, gains de productivité, et donc réduction des coûts de production, pour arriver au profit matériel – monétaire – le plus haut possible.
Abordée de la sorte, la compétitivité telle qu'elle a opéré jusqu'à aujourd'hui, a conduit à toutes les limites sociales et environnementales qui s'accumulent de nos jours pour limiter l'horion du développement, en en faisant un phénomène de moins en moins durable ;

Or la prise en compte des intérêts des générations futures par la préservation de la vie sur terre sur le long et le très long termes - soit ce qui représente la porte d'entrée au Développement Durable – nécessite aujourd'hui, à l'échelle planétaire et au niveau de chaque pays, une autre approche qui doive être basée davantage sur la solidarité entre les hommes et l'équilibre entre présent et futur que sur la compétitivité économique et financière, pour parvenir au plus grand gain individuel.

Il est évident qu'il ne saurait être question maintenant de demander à certains pays de réduire le niveau de vie actuel de leurs populations, ou d'exiger d'autres de ne pas chercher à relever celui des leurs. Cela poserait de tels problèmes politiques et sociaux qu'on arriverait exactement à l'opposé de l'objectif recherché à terme ;

La compétitivité dans la coopération permettrait d'arriver progressivement à ceci et à cela en recourant notamment aux ressorts de l'éducation et du développement des savoirs humains et en approfondissant la recherche scientifique et technique, pour trouver les solutions les plus économes en ressources, y compris naturelles, et les moins polluantes, pour répondre aux besoins matériels des hommes. Les mêmes ressorts devraient fonder la recherche d'une autre architecture des relations entre les peuples, laquelle en tenant compte du caractère inextensible de notre planète et de l'interdépendance, in fine, des actions matérielles auxquelles nous la soumettons, devrait nous conduire à élaborer un autre partage des produits que nous en retirons.

En partant également de la notion de ‘'Bien commun‘' attachée désormais à certaines composantes naturelles à la base de la vie sur terre tels que la forêt, l'eau ou l'air, la coopération – plutôt que la compétition - voudrait que nul ne soit exclu d'en profiter et qu'aucune nation, aucun groupe humain, n'agisse dans une démarche de prédation de telles ressources.

Prenons-nous aujourd'hui les démarches nécessaires en ce sens ? l'Humanité se dirige-t-elle vers moins de confrontation, plus de solidarité et un meilleur partage des ressources fournies par et/ou grâce à l'action de l'homme ou prend-elle un chemin opposé ?

D'aucuns ont pensé que les processus d'intégration économique régionale entamés ici et là (Union européenne, ALENA et autres zones de libre échange) ou la Mondialisation économique – dont le fondement serait aujourd'hui le recours par tous aux mêmes lois du marché - allaient réduire les motifs de conflits, augmenter les complémentarités et généraliser le bien-être, dans un meilleur respect de la nature, dans de vastes régions du monde. Or, tel n'a pas été le résultat obtenu jusqu'à maintenant à partir de l'ensemble des transformations économiques, politiques et institutionnelles que les sociétés humaines ont connues, notamment au cours des 40/50 dernières années.

Le système économique s'est mondialisé au même titre qu'un ensemble de valeurs et d'aspirations, mais la coopération n'est pas pour autant devenue le moteur du changement comme, par ailleurs, le monde ne s'est pas davantage éloigné de quelques risques/tendances majeurs, dont certains n'ont jamais été ressentis aussi proches et aussi dramatiques.

1/ Sur le plan du climat et de son évolution, on sait désormais, à coup sûr, que les 20 dernières années ont accumulé des records de chaleur ; on sait également que si l'évolution du climat jusqu'aux années 1960 pouvait s'expliquer par des causes naturelles, cela n'était plus possible à partir des années 1970.
Depuis cette période c'est l'augmentation de l'effet de serre, en raison de l'augmentation des émissions anthropiques de gaz à effet de serre, qui pilote le climat.
Le Club de Rome avait très probablement ainsi raison de parler, au début des années 1970, de la ‘'fin de la croissance'' mais pas là où ses rédacteurs le signifiaient, c'est-à-dire pas au niveau de la disponibilité des ressources mais en raison des usages inconsidérés de ces mêmes ressources – comme cela est démontré désormais, chaque jour davantage - et de leurs effets sur les équilibres combien fragiles de notre environnement.

2/ Avec la mondialisation, la société de consommation à l'occidentale, modèle vécu jusque là par une minorité de la population mondiale est devenu Le Modèle économique dominant en Europe, en Amérique, au Japon et Australie et de plus en plus en Chine, en Inde, en Amérique Latine, au Moyen Orient et jusqu'en Afrique, aussi bien du Nord que du Sud.
D'ici le milieu du 21ième siècle, il est très probable que 6 à 7 milliards de personnes soient régies par les lois de ce modèle

3/ La terre n'a jamais été aussi riche et n'a jamais permis de produire autant de ressources alimentaires depuis que la vie existe sur terre, pourtant il y a encore 860 millions de personnes sous alimentées dans le monde. Un nombre en progression, puisqu'il était égal à 820 millions en 1990. Il faut ainsi convenir qu'on est donc encore bien loin de diviser ce nombre par deux comme cela avait été convenu en 1996 lors du sommet mondial de l'alimentation.

4/ La mondialisation de l'économie n'a pas eu que des effets positifs – en termes d'accroissement des échanges entre nations et d'augmentation de la richesse mondiale exprimée dans l'absolu. Ainsi, si la richesse en terme de biens et services produits (et consommés) a augmenté dans beaucoup de pays qui étaient déjà des puissances industrielles (Europe de l'ouest, Amérique du Nord, Japon) ou qui le sont devenues récemment (Chine, Inde et Brésil) des régions entières et des millions de personnes (notamment en Afrique, en Asie du Sud et en Amérique Latine) ont été laissées pour compte, ainsi:

- La précarité sociale a augmenté, y compris dans nombre de villes européennes et nord-américaines ;
- Alors que l'espérance de vie se situe un peu partout dans les pays industrialisés bien au-delà des 70 ans, elle est sur le recul dans de nombreux pays d'Afrique subsaharienne, plus spécialement, en raison de mauvaises conditions alimentaires, d'habitat, d'hygiène et de santé, qui accroissent dans les zones les plus pauvres la vulnérabilité des populations, favorisant la progression du sida et d'autres épidémies (dont le paludisme et la tuberculose) qu'on croyait sur le déclin.
Les pays les plus affectés sont ceux-là mêmes où des conflits armés ont fait (récemment) ou font encore rage: Erythrée-Ethiopie, Libéria, Sierra-Leone, Côte d'Ivoire ou République démocratique du Congo, etc…
- Concomitamment, dans les mêmes zones, encore plus qu'ailleurs, la forêt recule, le désert poursuit son avancée et les eaux sont de plus en plus polluées, parce que des hommes et des femmes vivant dans un total dénuement détruisent par un comportement inconscient des dangers qui guettent un environnement qu'ils sont dans tous les cas incapables de défendre par l'insuffisance même des moyens monétaires ou matériels qu'ils sont en mesure de mobiliser
- Et, sur le même continent, les neiges du Kilimandjaro fondent chaque année plus vite, plus inexorablement, suivant en cela ce qui se passe un peu partout à travers le monde en raison du réchauffement climatique et de la poursuite des rejets de CO2 en l'air et des autres pollutions industrielles et chimiques dans les différentes mers et rivières, grandes et moins grandes, au nord comme au sud de la planète, c'est-à-dire partout où il n'y a de place que pour la compétition économique et le gain financier immédiat.

En marge de tout cela, et très probablement en raison même de cela, quelques uns des principaux problèmes que connaît l'humanité s'aggravent :

* Le déséquilibre des échanges entre pays riches et pays pauvres s'accentue au même titre que grossit l'écart de richesse qui les sépare
* Le phénomène migratoire, dans sa composante clandestine, non voulue par les pays les plus riches – qui en sont théoriquement les destinataires – enfle avec tous les drames humains qui l'accompagnent en termes de noyades et d'élévation d'obstacles sans cesse plus forts face à la mobilité des personnes
* La rareté de l'eau est déjà là, ou alors elle est en train de guetter pour un grand nombre de pays en Asie, au Moyen Orient, en Afrique et en Amérique Latine. Et pas seulement, puisque certaines années, ce sont désormais de grandes régions d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Océanie qui sont affectées.

Pourtant, des facteurs de rééquilibrage existent, des moyens pour retourner de telles tendances, qui portent en elles d'énormes menaces pour l'ensemble de l'humanité, peuvent être mobilisés dont beaucoup passent par la coopération plutôt que par la compétition forcenée, par des approches globales et à long terme plutôt que par des visions unidimensionnelles et à court terme, par la préservation des biens communs plutôt que par la recherche du profit immédiat au détriment des intérêts de vie sur le long terme de la communauté des humains.

Le développement durable, qui vise à améliorer nos conditions de vie et la satisfaction de nos besoins tout en ‘' laissant à nos enfants une planète en bon état ‘' , peut être fondé sur un certain nombre d'enseignements tirés de l'histoire moderne, y compris celle qui a permis de faire basculer les pays d'Europe de l'ère des guerres – y compris les deux mondiales qu'a connu le 20ième siècle – à celle de l'intégration à travers la construction à ce jour d'une Union regroupant 27 nations.
Il est ainsi permis d'avancer que :
• La forme d'organisation politique et institutionnelle adoptée par certains peuples est plus importante pour leur niveau et cadre de vie que les ressources naturelles et physiques dont ils disposent.
• La valeur et les compétences acquises par les humains sont très souvent – lorsque ce que ce n'est pas tout le temps – plus importantes, en termes de progrès, de viabilité et de durabilité que leur nombre
• Les processus d'ouverture, d'intégration régionale et de recherche de complémentarités sont plus favorables que la fermeture et l'isolement.
• On peut arriver à des résultats économiques et sociaux plus en phase avec les intérêts des populations par le dialogue et la coopération davantage que par le conflit et la confrontation.

De ce point de vue, il y lieu de mettre en avant comme éléments de construction commune, dans tous les cas d'une conflictualité moindre, des facteurs considérés par quelques uns comme des motifs de clash a priori, surtout entre pays riches du ‘'nord'' et pays pauvres du ‘'sud'' :

& Au niveau démographique, l'augmentation et la jeunesse des populations du sud peuvent tout aussi bien être vues comme des chances pour faire face au vieillissement et au déclin des taux de croissance des populations du nord.

& Dans cette même perspective, une autre approche pourrait être menée sur les plans économique et social mettant plus en phase l'existence d'une main d'œuvre abondante d'un côté (au sud, toujours) et des ressources techniques et monétaires plus facilement mobilisables de l'autre (au nord). Une telle approche devrait démarrer en premier lieu par une école au sud qui recrute – et garde – davantage d'enfants qu'elle ne l'a fait jusqu'à aujourd'hui plutôt que de les laisser errer trop tôt, et bien mal lotis, sur les sentiers des migrations ‘'ingérables''.

& Pour l'école, au sud comme au nord, comme pour la préservation de l'environnement à travers le monde, des ressources financières potentielles importantes peuvent être mobilisées, pour peu que la volonté politique pour ce faire perce. Les milliards de dollars dépensés en guerres et en armements de toutes natures - pour, entre autres, gérer les conséquences sécuritaires de tous les déséquilibres économiques, sociaux et environnementaux nés justement d'une compétition sans règles – sont là pour démontrer que lorsque des Etats décident d'une priorité, ils parviennent à trouver les moyens pour la traduire dans les faits.





Mercredi 13 Février 2008 00:15 | Commentaires (0)


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Pour l'ouverture d´enquêtes publiques  Lundi 17 Décembre 2007

Plusieurs articles de presse ont fait part ces derniers jours d´informations portant sur la surfacturation de la part d'Amandis de l'eau et de l'électricité distribuées à la population au détriment de plusieurs familles à Tanger/Tétouan et des menaces de coupure imminente adressées à plusieurs autres.

Pour l'ouverture d´enquêtes publiques
A Casablanca, un rapport d´experts (voir le journal l´Opinion du 05décembre 2007 vient de mettre en évidence le non respect par la Lydec de plusieurs clauses du contrat par lequel elle a obtenu la Gestion déléguée de l´eau et de l´électricité dans la principale ville du pays.

En conformité avec ses principes et objectifs, tels que confirmés lors de sa dernière Assemblée générale tenue à El Jadida le 2 décembre 2007, l´Association pour le Contrat mondial de l´Eau - Maroc demande :

1
  • / L´ouverture d´une enquête indépendante pour instruire tous les actes de surfacturation et autres manipulations dont les citoyens/usagers marocains pourraient avoir été victimes au cours des derniers mois, notamment de la part des sociétés privées délégataires de la distribution de l´eau et de l´électricité à Casablanca, Rabat et Tanger/Tétouan

  • 2/ L´ouverture d´une enquête parlementaire pour le même objectif, et aussi pour déterminer le niveau de manquement de la Lydec et des autres sociétés privées à leurs divers engagements, tels que prévus dans les contrats de Gestion déléguée qu´elles ont signés avec les autorités compétentes. Une estimation précise des fraudes et détournements éventuels ainsi que du manque à gagner occasionné par cela doit être faite, rendue publique et suivie de la récupération de toutes les ressources financières qui auraient été soustraites de façon malveillante à la communauté.

  • 3/ La révision des 3 contrats de Gestion déléguée signés jusqu´à aujourd´hui par les autorités marocaines dans la perspective du retour dans les délais les plus courts de la distribution de l´eau et de l´électricité sur tout le territoire national à la gestion publique.


*Lydec (acronyme de « Lyonnaise des Eaux de Casablanca ») est une filiale marocaine de Suez (qui a fusionné avec la Lyonnaise des Eaux en 1997).



Lundi 17 Décembre 2007 22:39 | Commentaires (0)


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Communiqué ACME/maroc  Mercredi 12 Décembre 2007

Communiqué ACME/maroc
Assemblée générale de l'ACME-Maroc
El Jadida 2 Décembre 2007

Le droit à l'eau de plus en plus menacé au Maroc

L'Assemblée générale d'ACME-Maroc qui s'est tenue le 2 décembre 2007 à El Jadida a notamment pointé les limites effectives de plus en plus nombreuses du droit à l'eau au Maroc. D'un côté, le processus de la gestion déléguée, entamée en 1999 à Casablanca, qui transforme l'eau en marchandise, en faisant payer aux usagers (les plus pauvres notamment) les coûts du service plus les bénéfices des entreprises, avec comme corollaire l'augmentation des tarifs de l'eau et de l'électricité qui a provoqué les nombreuses manifestations de l'automne 2006 et qui s'est retrouvée au cœur des manifestations de 2007 contre la vie chère.


D'un autre côté, l'eau devenant de plus en plus chère, suscite des convoitises nombreuses conduisant à la privatisation des sources d'eau. Certaines ont été privatisées depuis la période coloniale, d'autres le sont actuellement en catimini, telles les eaux d'Aïn Saïss ou de Aïn Soltane. Dans ce sens, le cas sources de Ben S'mim est exemplaire aussi bien d'une réelle tentative de spoliation d'une population démunie que d'une résistance populaire appelée à grandir.

Le refus de la marchandisation de l'eau a conduit ACME-Maroc à s'inscrire dans la mouvance mondiale qui combat la privatisation de l'eau et agit pour que cette ressource naturelle vitale soit un bien commun, géré par la communauté publique.
Son souci de préserver l'eau s'étend à la demande d'une autre forme de gouvernance qui doit concerner tous les secteurs : l'agriculture, l'industrie, le tourisme, et toutes les décisions aussi bien politiques, que sociales ou économiques. Et c'est notamment cela qui a conduit l'ACME Maroc à mettre en chantier une charte de l'eau et de l'environnement.

Les participants à l'Assemblée générale d'ACME, après avoir affirmé leur soutien total à la lutte des habitants de Ben S'mim contre la tentative d'appropriation des eaux de la source de leur village par une entreprise privée et après avoir dénoncé toutes les formes d'atteinte au droit de toute la population marocaine à l'eau, ont de nouveau appelé:

  • 1/ A la reconnaissance de l'accès à l'eau pour tous au Maroc comme un droit humain fondamental
  • 2/ A une réforme globale de la politique de l'eau au Maroc
  • 3/ A une autre politique économique et sociale, notamment dans les secteurs du tourisme et de l'agriculture, qui tienne compte de la baisse des ressources en eau du pays et qui permette aussi bien de protéger ces ressources contre les pollutions/gaspillage qui les affectent aujourd'hui que de les recycler pour en optimiser l'usage

Parallèlement, l'AG d'ACME-MAROC a convenu de la nécessité d'intégrer les questions relatives à l'eau dans les programmes éducatifs. Dans ce cadre, des cours de conscientisation aux dangers qui affectent l'eau et à sa préservation doivent être initiés dans les écoles et à travers les médias pour que les générations futures saisissent dès maintenant les dangers encourus à travers le maintien des comportements (collectifs et individuels) actuels vis-à-vis de l'eau.
L'AG a aussi décidé la création d'un fonds documentaire sur l'eau où seront regroupés notamment tous les travaux académiques menés au Maroc (et dans le reste du Maghreb) au sujet de l'eau. Elle a convenu de la nécessité d'engager les membres d'ACME dans la recherche sur le thème de l'eau, autant au niveau national que régional.

Il a également été décidé de procéder à des actions en direction des collectivités locales pour les informer/former au sujet des problématiques qui leur sont posées en relation avec la gestion de l'eau et la prise de conscience du besoin de sa préservation contre le gaspillage et autres pollutions.
Sur le plan organisationnel, l'AG a adopté, en l'affinant, le projet de statut de l'Association qui lui a été soumis par le Bureau provisoire. Elle a décidé également la mise en place d'un Conseil national composé de 29 membres, dont 4 seront désignés par les 4 associations nationales partenaires d'ACME dans les questions relatives à l'eau : l'AMDH, Tansparency Maroc, ATTAC et l'Association pour la préservation des deniers publics.
Elle a aussi discuté et finalisé la Charte de l'eau et de l'environnement qu'elle soumettra à l'adoption auprès du plus grand nombre d'associations et de partis politiques au Maroc.


Mercredi 12 Décembre 2007 13:55 | Commentaires (0)


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ACME – Maroc : L'Eau, Aux confluences de durabilité du développement économique et de l'équité sociale  Mardi 12 Juin 2007

Texte introductif à la rencontre publique organisée à Rabat le 26 novembre 2006 dans la perspective de la tenue de la première Assemblée générale d'ACME-Maroc.

ACME – Maroc : L'Eau, Aux confluences de durabilité du développement économique et de l'équité sociale


L'Eau, ressource naturelle, bien commun vital, est, désormais, une ressource rare dans de nombreuses régions à travers le monde. Rare, en ce sens qu'elle est très peu disponible, physiquement, dans certaines régions, et dans d'autres la multiplicité des demandes qui s'y adressent accroît les tensions, notamment économiques et politiques à propos de ses usages.

Cette rareté, de plus en plus affirmée, est l'une des conséquences les plus importantes de l'augmentation rapide de la population mondiale enregistrée, au cours des 50 dernières années, d'une croissance économique irrespectueuse des exigences environnementales, notamment en Amérique du Nord, dans certaines régions d'Europe, et plus récemment en Chine et en Inde, et de l'accentuation des pollutions qui ont rendu une grande partie des eaux de surface et souterraines, notamment dans les pays pauvres, impropres à la consommation.

Plus précisément, le manque – réel ou virtuel - d'eau et les difficultés d'y accéder ainsi qu'aux services d'assainissement qui s'y attachent, vont de pair avec la pauvreté et une situation politique marquée par l'absence de prise en compte des intérêts véritables de la communauté (nationale, locale) et par l'impossibilité d'exercer des contrôles crédibles sur les décisions relatives aux choix publics et sur l'affectation des ressources financières disponibles.

Aujourd'hui, à l'international, la situation de l'eau peut être résumée en 3 chiffres, alors même que certains des pays concernés les plus pauvres disposent de ressources potentielles en eau dépassant largement leurs besoins, ainsi:
- 1,5 milliard de personnes, pour la quasi-totalité dans des pays du tiers-monde, vivent sans accès à une eau potable saine
- 2,6 milliards de personnes vivent sans accès aux services d'assainissement
- 1,8 million d'enfants meurent annuellement, d'infections transmises par l'eau insalubre

Au Maroc, des données alarmantes doivent aujourd'hui être mises en avant, qui indiquent les menaces dont font les générations futures :


Situé dans une zone climatique, à fortes variations intra et interannuelles des précipitations, le Maroc est classés parmi les pays les plus menacés par les conséquences du réchauffement climatique. Mais, dores et déjà, les disponibilités en eau par habitant devraient y baisser de 970 m3 par an (en 2002) à 750 m3 en 2025.
Malgré cette marche vers la rareté, le Maroc ne parvient pas à gérer rationnellement les eaux dont il dispose. Ainsi, son agriculture, malgré sa faible contribution au Produit intérieur brut (moins de 15 %) absorbe plus de 80 % de ses eaux mobilisées. En outre, les gaspillages y sont d'un niveau très élevé, en effet, plus de 60 % des eaux agricoles sont perdues en raison des mauvaises pratiques d'irrigation et du manque d'entretien des conduites d'eau et autres équipements pertinents. Les pertes sont estimées, en raison de la vétusté des canalisations, à plus de 35 % des eaux à usage domestiques, notamment dans les grandes villes comme Rabat, Casablanca ou Fès.
Les eaux disponibles pour tous usages sont, en outre, menacées par une pollution de plus en plus préoccupante, d'origines diverses. Le rejet des eaux usées domestiques et industrielles dans le milieu naturel, sans traitements préalables, affecte la potabilité de l'eau dans certains bassins. Les défaillances en matière d'assainissement liquide sont très grandes. Sur les 500 millions de m³ d'eaux usées rejetées annuellement par les ménages en milieu urbain, plus du quart est tout simplement rejeté dans le réseau hydrographique ou épandu sur le sol. La même tendance est relevée dans le cas de l'assainissement solide. Ainsi sur les 10.800 tonnes de déchets ménagers produits chaque jour en milieu urbain, 2 % seulement des déchets collectés sont soit recyclés soit mis en décharge contrôlée. Le reste est déchargé dans la nature, contribuant fortement à la pollution des ressources en eau. Les périphéries de certaines de nos grandes (ou petites) villes présentent un paysage lunaire – insupportable à la vue et à l'odorat - à force de rejets à ciel ouvert de déchets et rebuts non traités.

D'une manière générale, on estime que les cours d'eau reçoivent directement environ 30 % de la pollution domestique et industrielle rejetée, alors que le sol et le sous-sol en reçoivent environ 27 %. Le Maroc est aujourd'hui classé parmi les pays d'Afrique (Maroc, Mali, Ethiopie, Tanzanie, Mozambique, Botswana et Afrique du Sud) où certaines pollutions liées à des Polluants organiques persistants (POP) sont les plus élevées du continent. Ces polluants affectant dangereusement la santé de la population à travers la contamination des eaux, des sols, de l'air et de la nourriture.

Dans ce cadre global peu reluisant, les autorités publiques, au niveau national et local, parlent d'assainissement sans rien réaliser de concret pour y parvenir, discourent à propos d'une gestion rationnelle des eaux agricoles, sans rien faire contre usages qui en sont faits par les grands propriétaires terriens et, surtout, soutiennent que l'accès du plus grand nombre à l'eau potable est un objectif social majeur, tout en augmentant la TVA – et donc le prix - appliquée à l'eau (et à l'électricité) et en autorisant les distributeurs de l'eau – dont les 3 plus importants sont à capitaux privés et étrangers – à agir comme bon leur semble en matière de tarification de l'eau livrée à la consommation des ménages.

C'est pour attirer l'attention des citoyens marocains et des responsables de tous niveaux sur tout cela, pour dire que les tendances antérieures quant aux usages de l'eau, à son partage entre différents utilisateurs et aux politiques appliquées en la matière ne sont pas soutenables, pour soutenir que la ‘'gestion déléguée'' a été plus qu'une erreur, mais une faute politique, économique et social et pour avancer d'autres voies et moyens pour assurer la durabilité des eaux dont le Maroc dispose et en garantir un accès équitable à tous les Marocains que ACME – Maroc a été créée, avec les principaux objectifs suivants:


La reconnaissance juridique explicite locale et universelle du droit inaliénable de toute personne à l'eau et à l'assainissement.
La reconnaissance du statut de l'eau comme bien public universel.
L'adoption d'un cadre juridique consacrant la propriété publique de l'eau et sa non privatisation.
La prise d'initiatives citoyennes et le recours au processus démocratique particulièrement en matière de genre pour toutes les décisions touchant au domaine de l'eau. La protection de l'eau, en particulier de l'eau potable, et la revitalisation des ressources aquatiques
.
L'usage durable de l'eau notamment par la lutte pour l'économie de l'eau et contre toutes les pollutions et tous les gaspillages qui l'affectent et ce dans tous les domaines: agriculture, industrie, tourisme, services, loisirs, etc…
La promotion de projets éducatifs et pédagogiques ainsi que d'actions de sensibilisation des enfants et des jeunes aux questions relatives au droit et à la gestion de l'eau.


La promotion de la solidarité Nord Sud et du partenariat entre les collectivités et services publics et entités communautaires locales pour le financement des projets d'accès à l'eau et d'assainissement en faveur des populations démunies .

Rabat, 15 novembre 2006



Mardi 12 Juin 2007 15:52 | Commentaires (1)



Association pour le Contrat Mondial de L'Eau