Association pour le Contrat Mondial de L'Eau
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MEHDI LAHLOU
Président ACME-Maroc, Professeur INSEA, Membre fondateur de la Coalition mondiale contre la privatisation et la marchandisation de l'eau et du Forum alternatif maghrébin de l’eau. Membre fondateur de l’Université du Bien commun
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L'intifada de l'eau Jeudi 28 Février 2008
Défendre le droit à l'eau c'est défendre la vie.au Maroc a commencé donc une nouvelle bataille qui attire tous les jours de nouveaux militants, cette bataille est menée par des hommes et femmes conscients de l'ampleur du problème et de l urgence de l'intervention collective pour bloquer la menace qui pèse sur le droit à l'eau.
mohamed sassi
Le mouvement social au Maroc connaît une évolution accélérée dans ses formes d'expression, d'encadrement et d'organisation et dans la qualité des revendications qu'il accompagne/suscite et la nature des groupes sociaux qui y participent.
Le ‘'Cahier de charges'' des centrales syndicales, par exemple, n'est plus capable aujourd'hui de traduire et de condenser toutes les revendications fondamentales de nature sociale, pour cela de nouveaux outils et mouvements portant des revendications fortes poussent sur la scène sociale, avec de nouvelles perceptions et une nouvelle formulation, souvent totalement différentes de ce qui a été le cas dans le passé, et avec une précision/netteté dans le discours qui reflètent un progrès dans la conscience collective, une plus grande complexité dans l'ingénierie de l'action sociale et une assimilation des vents du changement qui soufflent sur le monde et une interaction créative avec les expériences venues d'ailleurs, c'est-à-dire d'autres régions de ce petit village planétaire qu'est devenu le monde.
L'émergence de l'Association nationale des diplômés chômeurs a annoncé l'entrée du temps social marocain dans une nouvelle phase, car la revendication sociale essentielle est passée sous l'égide directe d un nouveau cadre qui a bouleversé la carte du conflit social et a usé de mécanismes inédits. De même que l apparition et la prolifération des coopératives de logement a permis, pendant une certaine période de fournir un cadre pour l affrontement collectif d un dilemme social appelé le logement, en particulier pour les classes moyennes dans les villes. Puis, il s est développé un processus de création de nouvelles structures qui s ajoutent a l arsenal des anciennes structures, ainsi il est apparu, a coté des syndicats, des coopératives et des instances professionnels, dans ce qui ressemble a une vague puissante, un réseau dense d'associations intéressées par les questions relatives aux conditions matérielles de vie. Ainsi les citoyens d'aujourd'hui n'hésitent pas à créer des outils appropriés a leur mouvement social, y compris ceux qui se limitent parfois à formuler une revendication circonstancielle précise dans un lieu précis, d' enrichir les anciennes formes d action ,par l invention de nouvelles formes comme le refus de paiement des Factures de l' eau et de l'électricité, et le boycott des élections, et de nouvelles forme de sit in et d occupation ,jusqu a la mise en scène de pratiques «suicidaires» parfois désespérées comme la tentative de se faire brûler le corps initiée par certains chômeurs et l'occupation du chemin de fer par des aveugles revendiquant du travail ...
Le militantisme collectif englobe aujourd'hui un domaine pour les droits économiques et sociaux, les droits civils et politiques beaucoup plus large qu'auparavant. Cela est plus manifeste dans la pratique de l'Association marocaine des droits de l'homme, qui œuvre a accompagner et suivre le rythme de cette élargissement, et a commencé a donner de plus en plus l'image d un point de convergence d'un certain nombre d'acteurs et de mouvements dans le domaine social, comme cela a été le cas pour l USFP dans le passé et qui représentait – ou il était perçu comme- un Centre d appui postérieur pour la protestation sociale dans son ensemble. Il convient de rappeler que l activité des 'autres organisations des droits de l'homme se trouve à un degré d'efficacité et d'efficience tout aussi important.
Parmi les droits qui sont aujourd'hui confrontés à une menace grave et grandissante dans notre pays, on trouve le droit à l'eau. Il ne s'agit pas d'un problème mineur, car il est lié à une source de la vie, et concerne des catégories sociales en constante expansion qui sont confrontées à de graves difficultés pour satisfaire leurs besoins en matière d'eau.
De ce fait, la société civile marocaine est entrée dernièrement dans de nouvelles expériences en matière de lutte pour assurer le droit de chacun à sa part d'eau nécessaire, et pour promouvoir une prise de conscience collective de la gravité de la situation de l'eau au Maroc, qui va nous conduire à une véritable catastrophe nationale s'il n'est pas changé beaucoup des politiques, de coutumes et de modes de la gestion
On peut classer notre pays aujourd'hui dans le carré des pays connaissant des pénuries d'eau, principalement à cause de l'irrégularité des pluies ,80 à 85% des ressources en eau disponibles sont utilisées dans le secteur agricole. Les eaux souterraines et les eaux de surface connaissent une pollution multiple, en plus du déséquilibre enregistré dans la gestion de l'eau potable entre la ville et le milieu rural. Selon le Président de l'Association l'eau et l'énergie pour tous, la moitié des écoles dans les zones rurales ne disposent pas d'eau et d'électricité.
A coté de l association mentionnée ,une autre ONG a vu le jour en mai 2006 et qui opère dans le même sens,l' association pour le contrat mondial de l eau «ACME-MAROC», qui a mis en place un ensemble de revendications visant à garantir pleinement la protection du droit à l'eau, et en premier lieu l appel a la reconnaissance du droit d'accès à l'eau pour tous comme un droit humain fondamental, et pour parvenir à une réforme globale de la politique de l'eau au Maroc, l'adoption d'autres orientations économiques et sociales, en particulier dans les secteurs de l'agriculture, l'industrie et le tourisme, qui prend en compte La baisse des ressources en eau du pays et la protection de ces ressources contre le gaspillage et la pollution, et d'intégrer cette protection dans les programme scolaires.
ACME MAROC a exprimé son refus catégorique de considérer l'eau comme une marchandise, et a annoncé son engagement dans le combat mondial actuel contre la privatisation de l'eau car cette dernière est un bien public qui devrait être géré par des organismes publics, afin d épargner aux utilisateurs de payer d un coté le coût du service, et d un autre, les lourds profits des institutions privées. Comme ces institutions ne cherchent qu' élargir la marge de profit, ils peuvent inventer des moyens pour arnaquer les consommateurs
et échapper au contrôle pour accumuler plus de profits,en particulier pour le secteur privé étranger opérant dans des pays ou il jouit d'un statut spécial a cause la profondeur des liens de dépendance, de la corruption Et de l'impunité.
Les dernières hausses de prix enregistrées dans les factures d'eau et d'électricité, ont été a l origine d un mécontentement populaire qui s est transformé en manifestations massives, et a abouti à la création des coordinations « Tenseekiete » pour lutter contre le coût de la vie à partir de 2006.
Sont représentées au Conseil national de l ACME, 4 associations partenaires dans les questions liées à l'eau, et sont AMDH et Transparancy, ATTAC et l association pour la protection des biens publics. Tout dernièrement le rôle avant gardiste de l'ensemble de ces associations s est manifesté dans deux affaires : celle de bensmim et celle des dysfonctionnement de la gestion déléguée de l eau dans certaines villes:
1 -- La première affaire concerne un étranger qui a obtenu depuis 2001 toutes les autorisations nécessaires pour la construction d'une usine dans le village de bensmim destinée à embouteiller l eau de la source et la vendre par la suite partout au maroc.
Mais les habitants du village, qui se trouve à 6 km de Azro, à environ 10 km d'Ifrane, peignent a croire que les emplois que l'usine créerait, et la subvention accordée a la population, puissent compenser la perte que ce projet leur infligerait, d'autant plus que les 100 millions de litres d'eau, puisées par an comme annoncé par l'investisseur ne laisserait pas assez d'eau pour satisfaire les besoins de 3000 personnes et 5000 du bétail dans le village. Ce qui alimente les craintes davantage , c'est que les chiffres fournis sur le débit de la source remontent aux années soixante-dix, la preuve c est pénurie de l'eau enregistrée depuis un certain temps, et en rapport direct avec dessèchement des arbres et des plantes dans la région.
Le problème est d autant plus compliqué que l'investisseur agit au nom d une société française appelée «Euro-africaine des eaux» que personne n a été en mesure d'identifier précisément, y compris les autorités locales, qui se cententent de rassurer la population Sur le projet dans son ensemble, sans fournir des engagements clairs et concrets.
Les villageois ont commencé une série de mouvements militants,dont la plus importante était la marche, qui a eu lieu le 20 janvier 2008, au cours de laquelle les participants ont marché sur 10 kilomètres, les militants (ATTAC et ACME) qui partent d une Vision «stratégie» fondée sur le rejet de la privatisation de l'eau, manifestaient a coté des citoyens, qui par leur expérience quotidienne et la connaissance de leur environnement naturel et humain, sentent le spectre des effets catastrophiques d'une telle privatisation s approcher d'eux.
Cette convergence des causes a permis la collecte d un appui nationale et internationale important. Le cas Bensmim fait partie d'un plan global de concession des sources d'eau situées pour la plupart dans des régions d extrême pauvreté, traitées par les officiels avec beaucoup d'irresponsabilité, mais fait également partie de la politique de la gestion déléguée par laquelle des entreprises privées sont autorisées a gérer la distribution de l'eau et de l'électricité dans les grandes villes, avec cette avalanche de graves dysfonctionnement.
2-- La deuxième affaire est celle des violations et du non respect des obligations et autres formes de fraude et d'abus contre les consommateurs, commis par un certain nombre d'entreprises de service par gestion déléguée. A Casablanca, par exemple, un rapport d'experts, a montré que La LYDEC n a pas respecté les clauses du contrat qui lui accordait le droit de la gestion des services de l'eau de l'assainissement et de l'électricité (journal L'Opinion 5 décembre 2007). Ainsi, le rapport enregistre un décalage de 822 millions de dirhams entre les budgets d'investissement arrêtés par la lydec et les investissements contractuels mis à jour, ce rapport a enregistré aussi un décalage supplémentaire de 978 millions de dirhams entre les budgets d investissement arrêtées par l entreprises et ce qui a été effectivement réalisé sur Le terrain, en plus des dépenses faites au nom de l'assistance technique a des parties étrangères qui paraissent illogiques et faites dans des conditions douteuses.
Pour cela ACME MAROC plaidé pour l'ouverture d' une enquête indépendante sur les moyens douteux, irréguliers et contradictoires au cahier de charge,dont il existe de multiples indices qui laissent suspecter que ces entreprises de distribution,de l'eau et de l'électricité en avaient eu recours pour tirer des profits indus.
L'Association a également appelé à la formation d'une commission parlementaire chargée d'enquêter sur les faits, afin de vérifier ce qui s'est passé notamment toute forme de violation des obligations qui incombent aux entreprises opérant à Rabat, Casablanca, Tanger, Tétouan, et récupérer les finances publiques perdues à cause de cela et prendre des mesures pour assurer une réelle protection des consommateurs
, une révision des contrats signés avec les entreprises, dans la perspective d un future retour a la gestion publique du secteur de distribution d'eau et d'électricité dans des conditions qui garantissent l'intégrité, la transparence et la rationalisation de la gestion et l activation des mécanismes de contrôle et de justice envers les employés du secteur et de valorisation de l expertise nationale.
Les Tensikieetes contre la hausse des prix et la cherté de la vie qui avait entrepris une grande lutte pour faire face aux augmentations spectaculaires enregistrées sur les factures d'eau et d'électricité, avaient invités les autorités à sanctionner les irrégularités et la fraude, utilisées par les entreprises chargées d'assurer le service de distribution de ces deux produits
Défendre le droit à l'eau c'est défendre la vie.au Maroc a commencé donc une nouvelle bataille qui attire tous les jours de nouveaux militants, cette bataille est menée par des hommes et femmes conscients de l'ampleur du problème et de l urgence de l'intervention collective pour bloquer la menace qui pèse sur le droit à l'eau.
mohamed sassi
Traduction d'un article original en arabe sur Almasse
Le ‘'Cahier de charges'' des centrales syndicales, par exemple, n'est plus capable aujourd'hui de traduire et de condenser toutes les revendications fondamentales de nature sociale, pour cela de nouveaux outils et mouvements portant des revendications fortes poussent sur la scène sociale, avec de nouvelles perceptions et une nouvelle formulation, souvent totalement différentes de ce qui a été le cas dans le passé, et avec une précision/netteté dans le discours qui reflètent un progrès dans la conscience collective, une plus grande complexité dans l'ingénierie de l'action sociale et une assimilation des vents du changement qui soufflent sur le monde et une interaction créative avec les expériences venues d'ailleurs, c'est-à-dire d'autres régions de ce petit village planétaire qu'est devenu le monde.
L'émergence de l'Association nationale des diplômés chômeurs a annoncé l'entrée du temps social marocain dans une nouvelle phase, car la revendication sociale essentielle est passée sous l'égide directe d un nouveau cadre qui a bouleversé la carte du conflit social et a usé de mécanismes inédits. De même que l apparition et la prolifération des coopératives de logement a permis, pendant une certaine période de fournir un cadre pour l affrontement collectif d un dilemme social appelé le logement, en particulier pour les classes moyennes dans les villes. Puis, il s est développé un processus de création de nouvelles structures qui s ajoutent a l arsenal des anciennes structures, ainsi il est apparu, a coté des syndicats, des coopératives et des instances professionnels, dans ce qui ressemble a une vague puissante, un réseau dense d'associations intéressées par les questions relatives aux conditions matérielles de vie. Ainsi les citoyens d'aujourd'hui n'hésitent pas à créer des outils appropriés a leur mouvement social, y compris ceux qui se limitent parfois à formuler une revendication circonstancielle précise dans un lieu précis, d' enrichir les anciennes formes d action ,par l invention de nouvelles formes comme le refus de paiement des Factures de l' eau et de l'électricité, et le boycott des élections, et de nouvelles forme de sit in et d occupation ,jusqu a la mise en scène de pratiques «suicidaires» parfois désespérées comme la tentative de se faire brûler le corps initiée par certains chômeurs et l'occupation du chemin de fer par des aveugles revendiquant du travail ...
Le militantisme collectif englobe aujourd'hui un domaine pour les droits économiques et sociaux, les droits civils et politiques beaucoup plus large qu'auparavant. Cela est plus manifeste dans la pratique de l'Association marocaine des droits de l'homme, qui œuvre a accompagner et suivre le rythme de cette élargissement, et a commencé a donner de plus en plus l'image d un point de convergence d'un certain nombre d'acteurs et de mouvements dans le domaine social, comme cela a été le cas pour l USFP dans le passé et qui représentait – ou il était perçu comme- un Centre d appui postérieur pour la protestation sociale dans son ensemble. Il convient de rappeler que l activité des 'autres organisations des droits de l'homme se trouve à un degré d'efficacité et d'efficience tout aussi important.
Parmi les droits qui sont aujourd'hui confrontés à une menace grave et grandissante dans notre pays, on trouve le droit à l'eau. Il ne s'agit pas d'un problème mineur, car il est lié à une source de la vie, et concerne des catégories sociales en constante expansion qui sont confrontées à de graves difficultés pour satisfaire leurs besoins en matière d'eau.
De ce fait, la société civile marocaine est entrée dernièrement dans de nouvelles expériences en matière de lutte pour assurer le droit de chacun à sa part d'eau nécessaire, et pour promouvoir une prise de conscience collective de la gravité de la situation de l'eau au Maroc, qui va nous conduire à une véritable catastrophe nationale s'il n'est pas changé beaucoup des politiques, de coutumes et de modes de la gestion
On peut classer notre pays aujourd'hui dans le carré des pays connaissant des pénuries d'eau, principalement à cause de l'irrégularité des pluies ,80 à 85% des ressources en eau disponibles sont utilisées dans le secteur agricole. Les eaux souterraines et les eaux de surface connaissent une pollution multiple, en plus du déséquilibre enregistré dans la gestion de l'eau potable entre la ville et le milieu rural. Selon le Président de l'Association l'eau et l'énergie pour tous, la moitié des écoles dans les zones rurales ne disposent pas d'eau et d'électricité.
A coté de l association mentionnée ,une autre ONG a vu le jour en mai 2006 et qui opère dans le même sens,l' association pour le contrat mondial de l eau «ACME-MAROC», qui a mis en place un ensemble de revendications visant à garantir pleinement la protection du droit à l'eau, et en premier lieu l appel a la reconnaissance du droit d'accès à l'eau pour tous comme un droit humain fondamental, et pour parvenir à une réforme globale de la politique de l'eau au Maroc, l'adoption d'autres orientations économiques et sociales, en particulier dans les secteurs de l'agriculture, l'industrie et le tourisme, qui prend en compte La baisse des ressources en eau du pays et la protection de ces ressources contre le gaspillage et la pollution, et d'intégrer cette protection dans les programme scolaires.
ACME MAROC a exprimé son refus catégorique de considérer l'eau comme une marchandise, et a annoncé son engagement dans le combat mondial actuel contre la privatisation de l'eau car cette dernière est un bien public qui devrait être géré par des organismes publics, afin d épargner aux utilisateurs de payer d un coté le coût du service, et d un autre, les lourds profits des institutions privées. Comme ces institutions ne cherchent qu' élargir la marge de profit, ils peuvent inventer des moyens pour arnaquer les consommateurs
et échapper au contrôle pour accumuler plus de profits,en particulier pour le secteur privé étranger opérant dans des pays ou il jouit d'un statut spécial a cause la profondeur des liens de dépendance, de la corruption Et de l'impunité.
Les dernières hausses de prix enregistrées dans les factures d'eau et d'électricité, ont été a l origine d un mécontentement populaire qui s est transformé en manifestations massives, et a abouti à la création des coordinations « Tenseekiete » pour lutter contre le coût de la vie à partir de 2006.
Sont représentées au Conseil national de l ACME, 4 associations partenaires dans les questions liées à l'eau, et sont AMDH et Transparancy, ATTAC et l association pour la protection des biens publics. Tout dernièrement le rôle avant gardiste de l'ensemble de ces associations s est manifesté dans deux affaires : celle de bensmim et celle des dysfonctionnement de la gestion déléguée de l eau dans certaines villes:
1 -- La première affaire concerne un étranger qui a obtenu depuis 2001 toutes les autorisations nécessaires pour la construction d'une usine dans le village de bensmim destinée à embouteiller l eau de la source et la vendre par la suite partout au maroc.
Mais les habitants du village, qui se trouve à 6 km de Azro, à environ 10 km d'Ifrane, peignent a croire que les emplois que l'usine créerait, et la subvention accordée a la population, puissent compenser la perte que ce projet leur infligerait, d'autant plus que les 100 millions de litres d'eau, puisées par an comme annoncé par l'investisseur ne laisserait pas assez d'eau pour satisfaire les besoins de 3000 personnes et 5000 du bétail dans le village. Ce qui alimente les craintes davantage , c'est que les chiffres fournis sur le débit de la source remontent aux années soixante-dix, la preuve c est pénurie de l'eau enregistrée depuis un certain temps, et en rapport direct avec dessèchement des arbres et des plantes dans la région.
Le problème est d autant plus compliqué que l'investisseur agit au nom d une société française appelée «Euro-africaine des eaux» que personne n a été en mesure d'identifier précisément, y compris les autorités locales, qui se cententent de rassurer la population Sur le projet dans son ensemble, sans fournir des engagements clairs et concrets.
Les villageois ont commencé une série de mouvements militants,dont la plus importante était la marche, qui a eu lieu le 20 janvier 2008, au cours de laquelle les participants ont marché sur 10 kilomètres, les militants (ATTAC et ACME) qui partent d une Vision «stratégie» fondée sur le rejet de la privatisation de l'eau, manifestaient a coté des citoyens, qui par leur expérience quotidienne et la connaissance de leur environnement naturel et humain, sentent le spectre des effets catastrophiques d'une telle privatisation s approcher d'eux.
Cette convergence des causes a permis la collecte d un appui nationale et internationale important. Le cas Bensmim fait partie d'un plan global de concession des sources d'eau situées pour la plupart dans des régions d extrême pauvreté, traitées par les officiels avec beaucoup d'irresponsabilité, mais fait également partie de la politique de la gestion déléguée par laquelle des entreprises privées sont autorisées a gérer la distribution de l'eau et de l'électricité dans les grandes villes, avec cette avalanche de graves dysfonctionnement.
2-- La deuxième affaire est celle des violations et du non respect des obligations et autres formes de fraude et d'abus contre les consommateurs, commis par un certain nombre d'entreprises de service par gestion déléguée. A Casablanca, par exemple, un rapport d'experts, a montré que La LYDEC n a pas respecté les clauses du contrat qui lui accordait le droit de la gestion des services de l'eau de l'assainissement et de l'électricité (journal L'Opinion 5 décembre 2007). Ainsi, le rapport enregistre un décalage de 822 millions de dirhams entre les budgets d'investissement arrêtés par la lydec et les investissements contractuels mis à jour, ce rapport a enregistré aussi un décalage supplémentaire de 978 millions de dirhams entre les budgets d investissement arrêtées par l entreprises et ce qui a été effectivement réalisé sur Le terrain, en plus des dépenses faites au nom de l'assistance technique a des parties étrangères qui paraissent illogiques et faites dans des conditions douteuses.
Pour cela ACME MAROC plaidé pour l'ouverture d' une enquête indépendante sur les moyens douteux, irréguliers et contradictoires au cahier de charge,dont il existe de multiples indices qui laissent suspecter que ces entreprises de distribution,de l'eau et de l'électricité en avaient eu recours pour tirer des profits indus.
L'Association a également appelé à la formation d'une commission parlementaire chargée d'enquêter sur les faits, afin de vérifier ce qui s'est passé notamment toute forme de violation des obligations qui incombent aux entreprises opérant à Rabat, Casablanca, Tanger, Tétouan, et récupérer les finances publiques perdues à cause de cela et prendre des mesures pour assurer une réelle protection des consommateurs
, une révision des contrats signés avec les entreprises, dans la perspective d un future retour a la gestion publique du secteur de distribution d'eau et d'électricité dans des conditions qui garantissent l'intégrité, la transparence et la rationalisation de la gestion et l activation des mécanismes de contrôle et de justice envers les employés du secteur et de valorisation de l expertise nationale.
Les Tensikieetes contre la hausse des prix et la cherté de la vie qui avait entrepris une grande lutte pour faire face aux augmentations spectaculaires enregistrées sur les factures d'eau et d'électricité, avaient invités les autorités à sanctionner les irrégularités et la fraude, utilisées par les entreprises chargées d'assurer le service de distribution de ces deux produits
Défendre le droit à l'eau c'est défendre la vie.au Maroc a commencé donc une nouvelle bataille qui attire tous les jours de nouveaux militants, cette bataille est menée par des hommes et femmes conscients de l'ampleur du problème et de l urgence de l'intervention collective pour bloquer la menace qui pèse sur le droit à l'eau.
mohamed sassi
Traduction d'un article original en arabe sur Almasse
http://70.84.17.149/?artid=5891