Association pour le Contrat Mondial de L'Eau
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Président ACME-Maroc, Professeur INSEA, Membre fondateur de la Coalition mondiale contre la privatisation et la marchandisation de l'eau et du Forum alternatif maghrébin de l’eau. Membre fondateur de l’Université du Bien commun
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Situation au Maroc
Financement de l’eau au Maghreb
Mercredi 13 Juin 2007
Les 3 pays les plus peuplés du Maghreb, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, vivent aujourd’hui – à un degré moindre pour le Maroc, toutefois – une situation de stress hydrique, conséquence d’une forte croissance de la population au cours des 30 dernières années (particulièrement pour ce qui concerne l’Algérie et le Maroc), d’une relative amélioration des niveaux de vie de leurs habitants et surtout de politiques économiques qui ont marginalisé la question de l’eau (principalement dans le cas algérien) ou qui ont fait de l’eau un instrument d’extraversion de l’économie nationale, comme c’est le cas de la priorité donnée à l’agriculture d’exportation pour le Maroc, ou de celle qui est donnée au tourisme aussi bien par le gouvernement marocain que tunisien.
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Projets en cours de l'ACME-MAROC
Réalisation d'ACME-MAROC
Mercredi 13 Juin 2007
ACME-Maroc est en train de finaliser un projet de réalisation de conduites d'eau (6 km) pour un village situé dans la même région. Projet dont bénéficieront près de 1500 personnes
Projets d'eau au Maroc
LANCEMENT D'UN IMPORTANT PROJET DE LUTTE CONTRE LA SÉCHERESSE AU MAROC PAR LA FAO
Mercredi 13 Juin 2007Un projet d'assistance au Plan national d'économie d'eau d'irrigation du Maroc a été lancé aujourd'hui pour affronter le problème du déficit en eau dans ce pays, avec le soutien financier de l'Espagne et l'assistance technique de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.
New York, Jun 11 2007 11:00AM
FAO.
« Nous sommes très satisfaits de ce projet parce que l'assistance technique de la FAO permettra de revaloriser les ressources hydriques de la zone de Doukkala en oeuvrant aux côtés des autorités administratives locales et des bénéficiaires de cette initiative », a déclaré Mohamed Habib Halila, Représentant de la FAO au Maroc, dans un communiqué publié aujourd'hui à Rabat et Madrid
Au cours des 20 dernières années, le Maroc a souffert d'un déficit permanent en eau du fait à la fois de conditions climatiques très variables et irrégulières, de la pression démographique croissante et de l'urbanisation ainsi que du développement des secteurs touristique et industriel.
Cette situation a pénalisé l'agriculture et les revenus des agriculteurs. Aussi, le Gouvernement du Maroc a-t-il lancé un Plan national d'économie d'eau qui vise à la réduction des pertes durant les opérations d'irrigation grâce à la réhabilitation des infrastructures et à l'amélioration de la gestion des ressources hydriques.
Dans le cadre de ce Plan, le Maroc a sollicité l'assistance technique de la FAO au travers d'un projet pilote permettant de tirer un meilleur profit de l'eau dans le périmètre des Doukkala (100 kilomètres au sud de Casablanca) grâce à l'introduction de techniques et de méthodes modernes d'irrigation.
Ce projet bénéficie du soutien financier de l'Espagne, les ressources provenant du Ministère de l'agriculture, de la pêche et de l'alimentation (MAPA). Il s'agit là du premier projet de terrain financé par ce Ministère avec l'assistance technique de la FAO.
« Cette initiative est très importante car elle nous permettra d'atteindre trois objectifs: améliorer notablement la situation de la sécurité alimentaire, augmenter les exportations agricoles, et améliorer les revenus des agriculteurs », a indiqué Mohaned Alanser, Ministre de l'agriculture, du développement rural et de la pêche maritime du Maroc.
La contribution totale du Gouvernement espagnol atteint 920.000 euros (environ 1,18 million de dollars). Elle permettra à la FAO d'apporter son assistance technique et rendra possible la réalisation des travaux de modernisation des infrastructures d'irrigation.
« C'est pour nous un honneur de contribuer à imprimer un nouvel élan à la lutte contre la sécheresse au Maroc et à renforcer la sécurité alimentaire de ce pays, concrétisant ainsi l'engagement sans faille de l'Espagne à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement dans les délais requis », a souligné Santiago Menéndez de Luarca, Sous-secrétaire espagnol à l'agriculture.
Ce projet pilote, d'une durée de 24 mois, couvrira deux saisons complètes d'irrigation. Les progrès seront suivis par une commission tripartite comprenant la FAO, le MAPA et le Gouvernement du Maroc.
Les actions entreprises dans le périmètre de Doukkala devraient permettre de réaliser un diagnostic de la situation des ressources hydriques de cette zone, de définir un plan de modernisation des systèmes d'irrigation, de développer une méthodologie de vulgarisation participative avec les bénéficiaires en tenant compte plus particulièrement de la situation des femmes rurales, et, enfin, de préparer des projets d'investissement futurs.
Au terme du projet se tiendra un séminaire pour en évaluer les résultats et décider de la possibilité de le reproduire dans d'autres zones du Maroc souffrant de pénuries d'eau.
A l'issue de la cérémonie de signature des documents du projet, les représentants des Gouvernements du Maroc et d'Espagne ainsi que les membres de la délégation de la FAO ont effectué une tournée d'inspection dans la zone de Doukkala pour se rendre compte de visu de l'état des infrastructures d'irrigation et des périmètres actuellement irrigués.
FAO.
« Nous sommes très satisfaits de ce projet parce que l'assistance technique de la FAO permettra de revaloriser les ressources hydriques de la zone de Doukkala en oeuvrant aux côtés des autorités administratives locales et des bénéficiaires de cette initiative », a déclaré Mohamed Habib Halila, Représentant de la FAO au Maroc, dans un communiqué publié aujourd'hui à Rabat et Madrid
Au cours des 20 dernières années, le Maroc a souffert d'un déficit permanent en eau du fait à la fois de conditions climatiques très variables et irrégulières, de la pression démographique croissante et de l'urbanisation ainsi que du développement des secteurs touristique et industriel.
Cette situation a pénalisé l'agriculture et les revenus des agriculteurs. Aussi, le Gouvernement du Maroc a-t-il lancé un Plan national d'économie d'eau qui vise à la réduction des pertes durant les opérations d'irrigation grâce à la réhabilitation des infrastructures et à l'amélioration de la gestion des ressources hydriques.
Dans le cadre de ce Plan, le Maroc a sollicité l'assistance technique de la FAO au travers d'un projet pilote permettant de tirer un meilleur profit de l'eau dans le périmètre des Doukkala (100 kilomètres au sud de Casablanca) grâce à l'introduction de techniques et de méthodes modernes d'irrigation.
Ce projet bénéficie du soutien financier de l'Espagne, les ressources provenant du Ministère de l'agriculture, de la pêche et de l'alimentation (MAPA). Il s'agit là du premier projet de terrain financé par ce Ministère avec l'assistance technique de la FAO.
« Cette initiative est très importante car elle nous permettra d'atteindre trois objectifs: améliorer notablement la situation de la sécurité alimentaire, augmenter les exportations agricoles, et améliorer les revenus des agriculteurs », a indiqué Mohaned Alanser, Ministre de l'agriculture, du développement rural et de la pêche maritime du Maroc.
La contribution totale du Gouvernement espagnol atteint 920.000 euros (environ 1,18 million de dollars). Elle permettra à la FAO d'apporter son assistance technique et rendra possible la réalisation des travaux de modernisation des infrastructures d'irrigation.
« C'est pour nous un honneur de contribuer à imprimer un nouvel élan à la lutte contre la sécheresse au Maroc et à renforcer la sécurité alimentaire de ce pays, concrétisant ainsi l'engagement sans faille de l'Espagne à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement dans les délais requis », a souligné Santiago Menéndez de Luarca, Sous-secrétaire espagnol à l'agriculture.
Ce projet pilote, d'une durée de 24 mois, couvrira deux saisons complètes d'irrigation. Les progrès seront suivis par une commission tripartite comprenant la FAO, le MAPA et le Gouvernement du Maroc.
Les actions entreprises dans le périmètre de Doukkala devraient permettre de réaliser un diagnostic de la situation des ressources hydriques de cette zone, de définir un plan de modernisation des systèmes d'irrigation, de développer une méthodologie de vulgarisation participative avec les bénéficiaires en tenant compte plus particulièrement de la situation des femmes rurales, et, enfin, de préparer des projets d'investissement futurs.
Au terme du projet se tiendra un séminaire pour en évaluer les résultats et décider de la possibilité de le reproduire dans d'autres zones du Maroc souffrant de pénuries d'eau.
A l'issue de la cérémonie de signature des documents du projet, les représentants des Gouvernements du Maroc et d'Espagne ainsi que les membres de la délégation de la FAO ont effectué une tournée d'inspection dans la zone de Doukkala pour se rendre compte de visu de l'état des infrastructures d'irrigation et des périmètres actuellement irrigués.
Récits des manifestations d'ACME-MAROC
ACME – Maroc : La Fête de l’Eau fut un bouillonnement d'idées
Mardi 12 Juin 2007
La Fête de l’Eau, organisée par ACME-Maroc, le 20 mai 2007, dans un site balnéaire au sud de Rabat, est une première du genre au Maroc.
Plage de Val d’Or (Rabat)
20 Mai 2007
Cette journée, qu’ACME a voulue informative, de mobilisation et festive a connu 3 temps :
Un temps pour le débat, marqué par des interventions de juristes, de cadres impliqués dans la politique de l’Etat marocain en matière d’eau et aussi de membres d’ACME qui ont porté sur :
Les participants ont été unanimes pour :
La présence d’une quinzaine d’associations de développement local et de l’eau de l’ensemble du pays a permis, en fin de journée, de discuter de la façon de traduire l’ensemble de ces éléments sur le terrain, en tenant compte des spécificités de chaque région. De ce point de vue, les participants se sont mis d’accord sur le besoin de travailler à partir de thèmes sectoriels et de problématiques régionales, en assurant la proximité la plus grande vis-à-vis de la population. L’idée d’aller vers des projets concrets, qui se traduisent par une amélioration des conditions d’accès de la population à l’eau, a été confortée notamment par le fait que plusieurs associations présentes ont préparé au cours des derniers mois des dossiers complets en ce sens.
Les parties festive et éducative de la journée ont consisté dans la présence d’un groupe d’artistes peintres qui ont exposé un ensemble de tableaux ayant l’eau comme sujet majeur ; la participation d’élèves et collégiens, venus d’institutions scolaires de la région de Rabat, avec des danses mais, surtout, avec une pièce de théâtre autour du thème de l’eau et de l’environnement et qui consisté dans un ‘’procès ‘’ fait par la nature à l’homme et également la contribution d’un groupe de jeunes musiciens venus de la région de Séfrou, au centre du Maroc.
Cette journée a été soutenue par la représentation au Maroc de la Fondation Friedrich Ebert, qui s’est par ailleurs engagée à accompagner ACME-Maroc dans certains de ses axes stratégiques d’action et de reflexion.
Plage de Val d’Or (Rabat)
20 Mai 2007
Cette journée, qu’ACME a voulue informative, de mobilisation et festive a connu 3 temps :
Un temps pour le débat, marqué par des interventions de juristes, de cadres impliqués dans la politique de l’Etat marocain en matière d’eau et aussi de membres d’ACME qui ont porté sur :
- a/la Loi sur l’Eau au Maroc (loi promulguée en 1995, mais qui commence à peine à entrer en application) ses soubassements, ses objectifs et ses implications ;
- b/les réformes en cours dans le secteur de l’eau (l’organisation en bassins versants, la gestion déléguée de l’eau/privatisation, la tarification, etc…) ;
- c / la réalité du terrain, entre gaspillage/pollution des eaux, partage des eaux mobilisées entre les différents secteurs économiques et sociaux, réalité du droit d’accès à l’eau, privatisation rampante des sources d’eau disponibles dans le pays, comportement des sociétés internationales de l’eau installées au Maroc, problèmes de la désertification, de la déforestation et de la durabilité de la ressource au Maroc, etc….
Les participants ont été unanimes pour :
- 1/ appeler à la reconnaissance de l’accès à l’eau pour tous au Maroc comme un droit humain fondamental
- 2/ demander une réforme globale de la politique de l’eau au Maroc
- 3/ demander qu’un organe central, unique, relevant de l’Etat et doté de moyens humains et financiers importants soit chargé de conduire la nouvelle politique de l’eau à élaborer, en lieu et place de la multitude d’intervenants actuels
- 4/ appeler à une autre politique économique et sociale, notamment dans les secteurs du tourisme et de l’agriculture, qui tienne compte de la baisse des ressources en eau du pays et qui permette aussi bien de protéger ces ressources contre les pollutions/gaspillage qui les affectent aujourd’hui que de les recycler pour en optimiser l’usage
- 5/ considérer que des programmes de conscientisation aux dangers qui affectent l’eau et à sa préservation doivent être initiés notamment dans les écoles et à travers les médias pour que les générations futures saisissent dès maintenant les dangers encourus à travers le maintien des comportements (collectifs et individuels) actuels vis-à-vis de l’eau.
La présence d’une quinzaine d’associations de développement local et de l’eau de l’ensemble du pays a permis, en fin de journée, de discuter de la façon de traduire l’ensemble de ces éléments sur le terrain, en tenant compte des spécificités de chaque région. De ce point de vue, les participants se sont mis d’accord sur le besoin de travailler à partir de thèmes sectoriels et de problématiques régionales, en assurant la proximité la plus grande vis-à-vis de la population. L’idée d’aller vers des projets concrets, qui se traduisent par une amélioration des conditions d’accès de la population à l’eau, a été confortée notamment par le fait que plusieurs associations présentes ont préparé au cours des derniers mois des dossiers complets en ce sens.
Les parties festive et éducative de la journée ont consisté dans la présence d’un groupe d’artistes peintres qui ont exposé un ensemble de tableaux ayant l’eau comme sujet majeur ; la participation d’élèves et collégiens, venus d’institutions scolaires de la région de Rabat, avec des danses mais, surtout, avec une pièce de théâtre autour du thème de l’eau et de l’environnement et qui consisté dans un ‘’procès ‘’ fait par la nature à l’homme et également la contribution d’un groupe de jeunes musiciens venus de la région de Séfrou, au centre du Maroc.
Cette journée a été soutenue par la représentation au Maroc de la Fondation Friedrich Ebert, qui s’est par ailleurs engagée à accompagner ACME-Maroc dans certains de ses axes stratégiques d’action et de reflexion.
Les Rendez-vous d'ACME-MAROC
- 9h30 – 10h
- 10h – 10h30
- 10h30 – 12h30
- 10h30 – 11h
- 11h -11h30
- 11h30 – 11h45 : Pause café
- 11h45 – 12h15
- 12h15 à 13h15
- 13h15 – 15 h
- 15 h – 17 h
- Situations locales avec les interventions des associations de développement locales et de l’Eau présentes
- Constitution de groupes de travail sectoriels et régionaux
- 17h-17h15
- 17h15 18h
En parallèle, activités ludiques et animations (avec des lycéens et écoliers de la région, notamment
L'EDITO
Texte introductif à la rencontre publique organisée à Rabat le 26 novembre 2006 dans la perspective de la tenue de la première Assemblée générale d'ACME-Maroc.
L'Eau, ressource naturelle, bien commun vital, est, désormais, une ressource rare dans de nombreuses régions à travers le monde. Rare, en ce sens qu'elle est très peu disponible, physiquement, dans certaines régions, et dans d'autres la multiplicité des demandes qui s'y adressent accroît les tensions, notamment économiques et politiques à propos de ses usages.
Cette rareté, de plus en plus affirmée, est l'une des conséquences les plus importantes de l'augmentation rapide de la population mondiale enregistrée, au cours des 50 dernières années, d'une croissance économique irrespectueuse des exigences environnementales, notamment en Amérique du Nord, dans certaines régions d'Europe, et plus récemment en Chine et en Inde, et de l'accentuation des pollutions qui ont rendu une grande partie des eaux de surface et souterraines, notamment dans les pays pauvres, impropres à la consommation.
Plus précisément, le manque – réel ou virtuel - d'eau et les difficultés d'y accéder ainsi qu'aux services d'assainissement qui s'y attachent, vont de pair avec la pauvreté et une situation politique marquée par l'absence de prise en compte des intérêts véritables de la communauté (nationale, locale) et par l'impossibilité d'exercer des contrôles crédibles sur les décisions relatives aux choix publics et sur l'affectation des ressources financières disponibles.
Aujourd'hui, à l'international, la situation de l'eau peut être résumée en 3 chiffres, alors même que certains des pays concernés les plus pauvres disposent de ressources potentielles en eau dépassant largement leurs besoins, ainsi:
- 1,5 milliard de personnes, pour la quasi-totalité dans des pays du tiers-monde, vivent sans accès à une eau potable saine
- 2,6 milliards de personnes vivent sans accès aux services d'assainissement
- 1,8 million d'enfants meurent annuellement, d'infections transmises par l'eau insalubre
Au Maroc, des données alarmantes doivent aujourd'hui être mises en avant, qui indiquent les menaces dont font les générations futures :
Situé dans une zone climatique, à fortes variations intra et interannuelles des précipitations, le Maroc est classés parmi les pays les plus menacés par les conséquences du réchauffement climatique. Mais, dores et déjà, les disponibilités en eau par habitant devraient y baisser de 970 m3 par an (en 2002) à 750 m3 en 2025.
Malgré cette marche vers la rareté, le Maroc ne parvient pas à gérer rationnellement les eaux dont il dispose. Ainsi, son agriculture, malgré sa faible contribution au Produit intérieur brut (moins de 15 %) absorbe plus de 80 % de ses eaux mobilisées. En outre, les gaspillages y sont d'un niveau très élevé, en effet, plus de 60 % des eaux agricoles sont perdues en raison des mauvaises pratiques d'irrigation et du manque d'entretien des conduites d'eau et autres équipements pertinents. Les pertes sont estimées, en raison de la vétusté des canalisations, à plus de 35 % des eaux à usage domestiques, notamment dans les grandes villes comme Rabat, Casablanca ou Fès.
Les eaux disponibles pour tous usages sont, en outre, menacées par une pollution de plus en plus préoccupante, d'origines diverses. Le rejet des eaux usées domestiques et industrielles dans le milieu naturel, sans traitements préalables, affecte la potabilité de l'eau dans certains bassins. Les défaillances en matière d'assainissement liquide sont très grandes. Sur les 500 millions de m³ d'eaux usées rejetées annuellement par les ménages en milieu urbain, plus du quart est tout simplement rejeté dans le réseau hydrographique ou épandu sur le sol. La même tendance est relevée dans le cas de l'assainissement solide. Ainsi sur les 10.800 tonnes de déchets ménagers produits chaque jour en milieu urbain, 2 % seulement des déchets collectés sont soit recyclés soit mis en décharge contrôlée. Le reste est déchargé dans la nature, contribuant fortement à la pollution des ressources en eau. Les périphéries de certaines de nos grandes (ou petites) villes présentent un paysage lunaire – insupportable à la vue et à l'odorat - à force de rejets à ciel ouvert de déchets et rebuts non traités.
D'une manière générale, on estime que les cours d'eau reçoivent directement environ 30 % de la pollution domestique et industrielle rejetée, alors que le sol et le sous-sol en reçoivent environ 27 %. Le Maroc est aujourd'hui classé parmi les pays d'Afrique (Maroc, Mali, Ethiopie, Tanzanie, Mozambique, Botswana et Afrique du Sud) où certaines pollutions liées à des Polluants organiques persistants (POP) sont les plus élevées du continent. Ces polluants affectant dangereusement la santé de la population à travers la contamination des eaux, des sols, de l'air et de la nourriture.
Dans ce cadre global peu reluisant, les autorités publiques, au niveau national et local, parlent d'assainissement sans rien réaliser de concret pour y parvenir, discourent à propos d'une gestion rationnelle des eaux agricoles, sans rien faire contre usages qui en sont faits par les grands propriétaires terriens et, surtout, soutiennent que l'accès du plus grand nombre à l'eau potable est un objectif social majeur, tout en augmentant la TVA – et donc le prix - appliquée à l'eau (et à l'électricité) et en autorisant les distributeurs de l'eau – dont les 3 plus importants sont à capitaux privés et étrangers – à agir comme bon leur semble en matière de tarification de l'eau livrée à la consommation des ménages.
C'est pour attirer l'attention des citoyens marocains et des responsables de tous niveaux sur tout cela, pour dire que les tendances antérieures quant aux usages de l'eau, à son partage entre différents utilisateurs et aux politiques appliquées en la matière ne sont pas soutenables, pour soutenir que la ‘'gestion déléguée'' a été plus qu'une erreur, mais une faute politique, économique et social et pour avancer d'autres voies et moyens pour assurer la durabilité des eaux dont le Maroc dispose et en garantir un accès équitable à tous les Marocains que ACME – Maroc a été créée, avec les principaux objectifs suivants:
La reconnaissance juridique explicite locale et universelle du droit inaliénable de toute personne à l'eau et à l'assainissement.
La reconnaissance du statut de l'eau comme bien public universel.
L'adoption d'un cadre juridique consacrant la propriété publique de l'eau et sa non privatisation.
La prise d'initiatives citoyennes et le recours au processus démocratique particulièrement en matière de genre pour toutes les décisions touchant au domaine de l'eau. La protection de l'eau, en particulier de l'eau potable, et la revitalisation des ressources aquatiques
.
L'usage durable de l'eau notamment par la lutte pour l'économie de l'eau et contre toutes les pollutions et tous les gaspillages qui l'affectent et ce dans tous les domaines: agriculture, industrie, tourisme, services, loisirs, etc…
La promotion de projets éducatifs et pédagogiques ainsi que d'actions de sensibilisation des enfants et des jeunes aux questions relatives au droit et à la gestion de l'eau.
La promotion de la solidarité Nord Sud et du partenariat entre les collectivités et services publics et entités communautaires locales pour le financement des projets d'accès à l'eau et d'assainissement en faveur des populations démunies .
Rabat, 15 novembre 2006
