Association pour le Contrat Mondial de L'Eau
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Président ACME-Maroc, Professeur INSEA, Membre fondateur de la Coalition mondiale contre la privatisation et la marchandisation de l'eau et du Forum alternatif maghrébin de l’eau. Membre fondateur de l’Université du Bien commun
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revue de presse
La manifestation tourne mal
Mercredi 19 Novembre 2008
RFI relate le décès d'un citoyen malien, à la suite de manifestations au Mali contre la privatisation de l'eau
A Léré, (nord-ouest), les forces de l'ordre ont tiré à balle réelle sur des manifestants, faisant 1 mort et plusieurs blessés. Les manifestants protestaient contre un projet de privatisation du réseau d'eau potable. Une délégation des habitants de Léré doit se rendre demain mardi à Bamako pour réclamer auprès des autorités la suspension de la privatisation de l'eau, et des sanctions contre les responsables des tirs sur la foule.
http://www.rfi.fr/actufr/articles/107/article_74631.asp
http://www.rfi.fr/actufr/articles/107/article_74631.asp
les SOS
Le saviez-vous...?
Mercredi 19 Novembre 2008Faits et chiffres sur l’eau et l’industrie
• L'eau est utilisée par l'industrie d'une multitude de façons : pour nettoyer, chauffer et refroidir; pour produire de la vapeur; pour transporter des substances ou des particules dissoutes; comme matière première; et comme composant du produit (par exemple, dans l'industrie des boissons).
• Prélèvements à des fins industrielles :
o monde : 22% de l'ensemble des prélèvements
o pays à revenu élevé : 59% de l'ensemble des prélèvements.
o pays à faible revenu : 8% de l'ensemble des prélèvements.
• Les industries qui utilisent des matières premières organiques sont les principaux responsables de la charge polluante organique, le secteur de la production alimentaire étant le pollueur le plus important. Contribution du secteur de l'alimentaire à la production des polluants organiques de l'eau :
o pays à revenu élevé : 40%
o pays à faible revenu : 54%
• Dans les pays en développement, 70% des déchets industriels sont rejetés dans l'eau sans traitement préalable et polluent ainsi des ressources hydriques utilisables.
• En 1995, l'industrie utilisait 752 km≥ d'eau par an; en 2025, ce chiffre atteindra 1,170 km≥.
• En 2025, l'usage industriel représentera environ 24% de l'ensemble des prélèvements d'eau douce.
• Les effluents industriels directement réinjectés dans le cycle de l'eau sans traitement approprié constituent l'une des situations parmi les plus préoccupantes. Si l'eau est contaminée par des métaux lourds, des produits chimiques ou des particules, ou chargée en matières organiques, cela affecte évidemment la qualité de la masse d'eau ou de l'aquifère récepteurs. Les niveaux de toxicité et l'absence d'oxygène dans l'eau peuvent affecter ou détruire complètement les écosystèmes aquatiques situés en aval ainsi que les lacs et les barrages, et enfin porter atteinte aux environnements aquatiques des côtes et des estuaires.
• Les activités minières exercées par le passé ont provoqué une forte contamination en arsenic de 40 km≥ des eaux souterraines et de la couche arable dans la province de Nakhon Si Thammarat, en Thaîlande. Une étude commandée en 2000 par l'Agence internationale de coopération du Japon (JICA) a conclu que cette contamination persisterait pendant les 30 à 50 années à venir. Des essais effectués sur un millier d'échantillons ont démontré que la contamination en arsenic dans certains puits est entre 50 et 100 fois supérieure à la valeur maximale recommandée par l'Organisation mondiale de la Santé pour l'eau de boisson (0,01 milligramme par litre).
• En 1986, un incendie a détruit un entrepôt de produits chimiques proche des frontières allemande et française à Bâle, en Suisse. Les produits chimiques ont atteint les eaux du Rhin lorsque les énormes quantités d'eau (entre 10 000 et 15 000 m3) utilisées pour circonscrire l'incendie sont passÈes par le réseau d'égout de l'usine. L'entrepôt contenait de grandes quantités de 32 produits chimiques différents, notamment des insecticides et des ingrédients bruts, et les répercussions sur les ressources en eau ont été identifiées par la présence de pénétrants colorés dans l'une des substances, qui ont fait virer le fleuve au rouge. La principale vague de produits chimiques a détruit les anguilles, les poissons et les insectes, ainsi que les habitats des petits animaux, sur les berges. La totalité de la population d'anguilles a été détruite en aval sur 500 kilomètres, de Bâle en Suisse, à Loreley en Allemagne. Trois mois ont été nécessaires pour que les concentrations en contaminants reviennent à des valeurs normales.
Informations extraites du 2ème Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau 'L'eau, une responsabilité partagée', et de la section 'L'eau et l'industrie' du site web du Programme mondial pour l'évaluation des ressources en eau (WWAP).
revue de presse
Ben S’mim, la source de la colère
Samedi 8 Novembre 2008Une exposition retrace à Paris la révolte de la population du petit village marocain de Ben S’mim, proche d’Ifrane, ville qui accueille l’une des résidences royales. Une révolte emblématique pour le Maroc, mais aussi pour de nombreux pays du Sud. Le droit à la vie de toute une communauté villageoise a été mis en péril par la privatisation de l’eau dans sa forme la plus brutale : la confiscation de l’eau d’une source pour… la mettre en bouteilles !
Le Maroc est d’ores et déjà en état de stress hydrique, l’eau s’y raréfie. Les précipitations deviennent irrégulières avec le changement climatique. Et 80 à 85 % des ressources disponibles sont utilisées pour les exportations agricoles. A cela s’ajoute un déséquilibre prononcé entre les villes et le milieu rural laissé pour compte.
Au Maroc aussi, la gestion déléguée à des entreprises transnationales a conduit à une augmentation des tarifs de l’eau et de l’électricité, qui a provoqué des manifestations à l’automne 2006, et qui s’est retrouvée au cœur des manifestations de 2007 contre la vie chère. L’eau y suscite des convoitises conduisant à la privatisation des sources. Certaines le sont depuis l’époque coloniale, d’autres sont désormais menacées en catimini.
Comptant 3500 habitants, le village de Ben S’mim est situé à 200 kilomètres de Rabat et 70 kilomètres de Fès. En 1999, l’Euro-africaine des eaux, société écran qui dissimule des intérêts marocains, commence à s’intéresser à la source du village. En 2001, un contrat est signé pour 30 ans avec l’Etat, qui possède 60 % de la source, le reste appartenant à la collectivité locale et religieuse du village. Il prévoit le démarrage des travaux en 2004 et un prélèvement de 3 litres/seconde sur la source. Le projet semble s’enliser.
En 2006 la population se mobilise, une première pétition est lancée. En 2007, l’entrepreneur contre-attaque et parvient à signer un protocole d’accord avec huit représentants des villageois. Mais les réticences demeurent très fortes et l’entreprise préfère laisser passer les élections législatives du 7 septembre 2007.
Le 10 septembre, les premières machines de terrassement sont installées sur les 3 hectares alloués par l’Etat, sous la protection d’un important dispositif de gendarmerie. Le 13 septembre, la population se mobilise et marche sur la source. 7 personnes sont arrêtées, 3 seront relâchées dans les heures qui suivent et 4 emprisonnées jusqu’au 17 octobre, qui sont toujours sous la menace de poursuites judiciaires.
Le village est encerclé par les forces de l’ordre, les deux routes d’accès sont fermées avec interdiction de sortir sous peine d’arrestation. L’électricité est coupée tous les soirs en pleine période de ramadan pour empêcher les villageois de se réunir. L’état de siège durera jusqu’au 6 octobre. Bilan : plusieurs fausses couches dues à l’impossibilité d’accéder à un hôpital, des blessés dont un vieillard sérieusement molesté.
A l’initiative de Medhi Lahlou, professeur d’économie à l’Institut national de statistiques et d’économie appliquée de Rabat, engagé de longue date dans les luttes démocratiques dans son pays, la mobilisation s’organise. Il a participé à la création de la Coalition mondiale contre la privatisation et la marchandisation de l’eau, puis au Forum alternatif maghrébin de l’eau. Il est à l’origine de la création de l’Association marocaine pour un contrat mondial de l’eau (ACME-Maroc), fondée en juin 2006.
Une déclaration commune de l’Association marocaine pour les droits de l’homme, d’ATTAC-Maroc, de l’Association pour la préservation des deniers publics et de l’ACME-Maroc est rendue publique le 4 octobre 2007. Le Parti socialiste unifié apporte son soutien à la population. Un collectif de dix avocats est constitué pour venir en aide aux villageois poursuivis. Outre ceux qui ont été arrêtés, les pouvoirs publics menacent une vingtaine de jeunes de poursuites pour manifestation illégale. Depuis lors la mobilisation ne faiblit pas et a dépassé les frontières du Maroc.
Une exposition au Pavillon de l’eau Retour à la table des matières
La source de la colère
Une exposition de Jean-Claude Oliva (textes) et Jérômine Derigny (photos) retrace, à Paris, la lutte exemplaire des villageois de Ben S’mim.
« Qui dit privatisation, dit paupérisation, cela coule de source », déclarent les chorfas (nobles) du village.
La raréfaction de l’eau est déjà une réalité dans la région et dans la vie quotidienne des villageois de Ben S’mim. Le réchauffement climatique y est à l’œuvre. La mondialisation aussi : les habitants de Ben S’mim sont déjà des laissés pour compte du développement, va-t-on maintenant les contraindre à l’exode rural, voire à l’émigration ? Les choix agricoles sont en question : assécher les lacs pour exporter des fruits sur le marché européen, ou économiser et partager l’eau entre tous pour vivre ici ?
« Sans eau, la vie peut s’arrêter », crie une jeune mère.
Au Pavillon de l’eau, 77, avenue de Versailles, 75016 Paris. (Tél : 01-42-24-54-02. www.pavillondeleau.fr.)
source:http://blog.mondediplo.net/2008-11-02-Ben-S-mim-la-source-de-la-colere
Au Maroc aussi, la gestion déléguée à des entreprises transnationales a conduit à une augmentation des tarifs de l’eau et de l’électricité, qui a provoqué des manifestations à l’automne 2006, et qui s’est retrouvée au cœur des manifestations de 2007 contre la vie chère. L’eau y suscite des convoitises conduisant à la privatisation des sources. Certaines le sont depuis l’époque coloniale, d’autres sont désormais menacées en catimini.
Comptant 3500 habitants, le village de Ben S’mim est situé à 200 kilomètres de Rabat et 70 kilomètres de Fès. En 1999, l’Euro-africaine des eaux, société écran qui dissimule des intérêts marocains, commence à s’intéresser à la source du village. En 2001, un contrat est signé pour 30 ans avec l’Etat, qui possède 60 % de la source, le reste appartenant à la collectivité locale et religieuse du village. Il prévoit le démarrage des travaux en 2004 et un prélèvement de 3 litres/seconde sur la source. Le projet semble s’enliser.
En 2006 la population se mobilise, une première pétition est lancée. En 2007, l’entrepreneur contre-attaque et parvient à signer un protocole d’accord avec huit représentants des villageois. Mais les réticences demeurent très fortes et l’entreprise préfère laisser passer les élections législatives du 7 septembre 2007.
Le 10 septembre, les premières machines de terrassement sont installées sur les 3 hectares alloués par l’Etat, sous la protection d’un important dispositif de gendarmerie. Le 13 septembre, la population se mobilise et marche sur la source. 7 personnes sont arrêtées, 3 seront relâchées dans les heures qui suivent et 4 emprisonnées jusqu’au 17 octobre, qui sont toujours sous la menace de poursuites judiciaires.
Le village est encerclé par les forces de l’ordre, les deux routes d’accès sont fermées avec interdiction de sortir sous peine d’arrestation. L’électricité est coupée tous les soirs en pleine période de ramadan pour empêcher les villageois de se réunir. L’état de siège durera jusqu’au 6 octobre. Bilan : plusieurs fausses couches dues à l’impossibilité d’accéder à un hôpital, des blessés dont un vieillard sérieusement molesté.
A l’initiative de Medhi Lahlou, professeur d’économie à l’Institut national de statistiques et d’économie appliquée de Rabat, engagé de longue date dans les luttes démocratiques dans son pays, la mobilisation s’organise. Il a participé à la création de la Coalition mondiale contre la privatisation et la marchandisation de l’eau, puis au Forum alternatif maghrébin de l’eau. Il est à l’origine de la création de l’Association marocaine pour un contrat mondial de l’eau (ACME-Maroc), fondée en juin 2006.
Une déclaration commune de l’Association marocaine pour les droits de l’homme, d’ATTAC-Maroc, de l’Association pour la préservation des deniers publics et de l’ACME-Maroc est rendue publique le 4 octobre 2007. Le Parti socialiste unifié apporte son soutien à la population. Un collectif de dix avocats est constitué pour venir en aide aux villageois poursuivis. Outre ceux qui ont été arrêtés, les pouvoirs publics menacent une vingtaine de jeunes de poursuites pour manifestation illégale. Depuis lors la mobilisation ne faiblit pas et a dépassé les frontières du Maroc.
Une exposition au Pavillon de l’eau Retour à la table des matières
La source de la colère
Une exposition de Jean-Claude Oliva (textes) et Jérômine Derigny (photos) retrace, à Paris, la lutte exemplaire des villageois de Ben S’mim.
« Qui dit privatisation, dit paupérisation, cela coule de source », déclarent les chorfas (nobles) du village.
La raréfaction de l’eau est déjà une réalité dans la région et dans la vie quotidienne des villageois de Ben S’mim. Le réchauffement climatique y est à l’œuvre. La mondialisation aussi : les habitants de Ben S’mim sont déjà des laissés pour compte du développement, va-t-on maintenant les contraindre à l’exode rural, voire à l’émigration ? Les choix agricoles sont en question : assécher les lacs pour exporter des fruits sur le marché européen, ou économiser et partager l’eau entre tous pour vivre ici ?
« Sans eau, la vie peut s’arrêter », crie une jeune mère.
Au Pavillon de l’eau, 77, avenue de Versailles, 75016 Paris. (Tél : 01-42-24-54-02. www.pavillondeleau.fr.)
source:http://blog.mondediplo.net/2008-11-02-Ben-S-mim-la-source-de-la-colere

