Association pour le Contrat Mondial de L'Eau
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Président ACME-Maroc, Professeur INSEA, Membre fondateur de la Coalition mondiale contre la privatisation et la marchandisation de l'eau et du Forum alternatif maghrébin de l’eau. Membre fondateur de l’Université du Bien commun
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L'EDITO
Conferences de Mehdi Lahlou
Vendredi 30 Janvier 2009
Mehdi Lahlou, président d'ACME-Maroc a animé deux conférence-discussions, vendredi 23 janvier, au Lycée Jean Jaurès, à Montreuil (région parisienne), en marge de l'exposition photo itinérante sur Ben S'mim, organisée en France par Jean-Claude Oliva (ACME-France).
A cette occasion il a rencontré des journalistes de la presse locale et nationale française intérssés par la question de l'eau au Maroc, et avec lesquels il a notamment discuté du cas du village de Ben S'mim et des conséquences effectives de la Gestion déléguée de l'eau dans les villes marocaines où cette forme de privatisation de la distribution de l'eau et de l'électricité a été adoptée par les pouvoirs publics.
Et pour en savoir plus ouvrir le lien suivant :
A cette occasion il a rencontré des journalistes de la presse locale et nationale française intérssés par la question de l'eau au Maroc, et avec lesquels il a notamment discuté du cas du village de Ben S'mim et des conséquences effectives de la Gestion déléguée de l'eau dans les villes marocaines où cette forme de privatisation de la distribution de l'eau et de l'électricité a été adoptée par les pouvoirs publics.
Et pour en savoir plus ouvrir le lien suivant :
http://www.waternunc.com/fr2009/ben_smim_acme_maroc_2009.php
les SOS
Communiqué de presse
Dimanche 18 Janvier 2009
La Caravane/manifestation de soutien aux villageois de Ben S’mim contre la privatisation des eaux de leur source, organisée à l’appel d’ACME-Maroc a vu la participation – malgré la neige et des conditions climatiques très mauvaises – de représentants de 25 associations nationales et régionales dont, notamment, ceux de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), d’ATTAC – Maroc, de l’instance de défense des deniers publics et de l’Organisation marocaine des droits de l’homme (OMDH). Etaient également présents à cette manifestation de très nombreux avocats des barreaux de Meknès et de Fès, de l’Association des jeunes avocats de Khémisset ainsi que des membres du Bureau politique et du Conseil national du Parti socialiste unifiée.
La population et les participants rassemblés dans la place centrale du village, après avoir observé une minute de silence à la mémoire des victimes des attaques criminelles contre la population palestinienne à Gaza, ont adopté un communiqué relatant le processus de privatisation/spoliation de l’eau des villageois et ont appelé à :
1/ L’arrêt définitif du projet de mise en bouteille des eaux de leur source.
2/ L’arrêt des poursuites judiciaires engagées depuis le mois de septembre 2007 contre 12 villageois accusés d’avoir manifesté contre le projet.
3/ L’adoption d’une politique réelle de développement de la région pour la sortir de la marginalisation et de la pauvreté absolue dans lesquelles elle est plongée depuis l’indépendance du pays.
Les organisations qui ont pris part à la caravane ont adopté le principe de la constitution d’une coordination nationale pour soutenir la population de Ben S’mim pour la réalisation de ces trois revendications, alors que les différents avocats présents se sont engagés à défendre les villageois poursuivis devant la justice et à engager toute action de nature à arrêter le projet de privatisation de la source devant les juridictions compétentes
18 janvier 2009
La population et les participants rassemblés dans la place centrale du village, après avoir observé une minute de silence à la mémoire des victimes des attaques criminelles contre la population palestinienne à Gaza, ont adopté un communiqué relatant le processus de privatisation/spoliation de l’eau des villageois et ont appelé à :
1/ L’arrêt définitif du projet de mise en bouteille des eaux de leur source.
2/ L’arrêt des poursuites judiciaires engagées depuis le mois de septembre 2007 contre 12 villageois accusés d’avoir manifesté contre le projet.
3/ L’adoption d’une politique réelle de développement de la région pour la sortir de la marginalisation et de la pauvreté absolue dans lesquelles elle est plongée depuis l’indépendance du pays.
Les organisations qui ont pris part à la caravane ont adopté le principe de la constitution d’une coordination nationale pour soutenir la population de Ben S’mim pour la réalisation de ces trois revendications, alors que les différents avocats présents se sont engagés à défendre les villageois poursuivis devant la justice et à engager toute action de nature à arrêter le projet de privatisation de la source devant les juridictions compétentes
18 janvier 2009
revue de presse
800 000 habitants de Gaza manquent d'eau
Mercredi 14 Janvier 2009
Un officiel palestinien a déclaré mercredi qu'au total 800 000 Palestiniens dans la bande de Gaza manquent d'eau à cause de l'offensive aérienne et terrestre israélienne sur cette enclave.
Monzer Shublaq, chef des autorités à la charge de l'eau dans la bande de Gaza, a confié aux journalistes que 800 000 palestiniens sur les 1,5 million d'habitants que compte la Bande de Gaza "se privent d'eau à l'heure actuelle".
"Il y a deux raisons qui ont conduit à la crise de l'eau. L'une est que les chars de l'armée israélienne ont détruit les principaux tuyaux d'eau qui desservent les principales zones de la bande de Gaza", a expliqué M. Shublaq.
L'autre raison est qu'Israël a fermé tous ses points de passage avec la bande de Gaza et n'a pas autorisé l'entrée du carburant dans l'enclave depuis près de trois semaines, qui a laissé à Gaza aucun carburant pour faire fonctionner ses pompes à eau", a-t-il ajouté.
"40 % des sources en eau de la bande de Gaza ne fonctionnent pas", a affirmé M. Shublaq, ajoutant que "nous produisions sur une base quotidienne de 220 000 mètres cube d'eau ; maintenant nous ne pompons que 100 000 mètres cube chaque jour", a souligné M. Shublaq.
L'armée israélienne mène des offensives aériennes et terrestres sur la bande de Gaza depuis le 27 décembre 2008, qui ont fait jusqu'ici plus de 1 000 morts et 4 600 autres blessés du côté palestinien.
Les organisations des droits de l'Homme et les rapports de l'ONU montrent que plus de 30 000 personnes vivent sans abris depuis que leurs foyers ont été détruits, ajoutant qu'ils "sont réunis dans 36 écoles sur l'ensemble de la bande de Gaza".
"La guerre dans la bande de Gaza a créé une situation humanitaire détériorée", a averti le porte-parole de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) à Gaza, Adnan Abu Hasna.
Monzer Shublaq, chef des autorités à la charge de l'eau dans la bande de Gaza, a confié aux journalistes que 800 000 palestiniens sur les 1,5 million d'habitants que compte la Bande de Gaza "se privent d'eau à l'heure actuelle".
"Il y a deux raisons qui ont conduit à la crise de l'eau. L'une est que les chars de l'armée israélienne ont détruit les principaux tuyaux d'eau qui desservent les principales zones de la bande de Gaza", a expliqué M. Shublaq.
L'autre raison est qu'Israël a fermé tous ses points de passage avec la bande de Gaza et n'a pas autorisé l'entrée du carburant dans l'enclave depuis près de trois semaines, qui a laissé à Gaza aucun carburant pour faire fonctionner ses pompes à eau", a-t-il ajouté.
"40 % des sources en eau de la bande de Gaza ne fonctionnent pas", a affirmé M. Shublaq, ajoutant que "nous produisions sur une base quotidienne de 220 000 mètres cube d'eau ; maintenant nous ne pompons que 100 000 mètres cube chaque jour", a souligné M. Shublaq.
L'armée israélienne mène des offensives aériennes et terrestres sur la bande de Gaza depuis le 27 décembre 2008, qui ont fait jusqu'ici plus de 1 000 morts et 4 600 autres blessés du côté palestinien.
Les organisations des droits de l'Homme et les rapports de l'ONU montrent que plus de 30 000 personnes vivent sans abris depuis que leurs foyers ont été détruits, ajoutant qu'ils "sont réunis dans 36 écoles sur l'ensemble de la bande de Gaza".
"La guerre dans la bande de Gaza a créé une situation humanitaire détériorée", a averti le porte-parole de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) à Gaza, Adnan Abu Hasna.
http://www.casafree.com/modules/news/article.php?storyid=27086
revue de presse
L’eau : une arme de guerre à l’usage d’Israël
Mercredi 14 Janvier 2009Les habitants de Gaza ont toute raison de craindre pour leur vie, depuis qu’Israël a bouclé leur territoire et interdit de laisser entrer les produits nécessaires pour purifier l’eau polluée, comme le chlore. L’eau qu’ils sont obligés de boire compromet la santé d’un million et demi de personnes.(*) Ce qui les expose à une mort lente car elle est impropre à la consommation.
Hier, une mère de sept enfants de Jabalyia nous a fait part de son extrême inquiétude de n’avoir d’autre choix que de continuer à cuisiner avec l’eau contaminée par l’infiltration des eaux usées et de la donner à boire à ses enfants tout en sachant que cette eau, très salée et empoisonnée, compromet gravement leur santé. « Nous avons tous mal aux reins et à l’estomac, mais je n’ai pas les moyens d’acheter de l’eau minérale. On est obligés de boire cette eau absolument imbuvable ».
Cela ne date pas d’aujourd’hui. Nous avions évoqué ce grave problème d’eau en janvier 2008 en diffusant ce témoignage : « L’approvisionnement en eau, ainsi que l’évacuation des eaux usées, qui dépendent du raccordement au réseau d’électricité, ne sont plus assurés depuis longtemps. D’ici à demain nous allons nous effondrer si rien ne change. Notre réserve d’eau est terminée…Depuis qu’Israël l’avait bombardée en 2006, la centrale électrique ne fonctionnait plus qu’au minimum de ses capacités. Si rien ne se passe dans les heures qui suivent, nous allons mourir de soif » [1].
Depuis, la situation s’est encore plus gravement détériorée.
Les autorités israéliennes sont en train de tout mettre en œuvre pour mettre à genoux ce peuple, dont l’esprit de résistance leur est insupportable, créant ainsi une catastrophe humanitaire, en l’affamant et en ne lui laissant que des filets d’eau polluée.
Au moment même où des enfants et des adultes risquent de mourir à Gaza de maladies dues à l’eau polluée, la société EDEN SPRINGS -distributeur, dans de nombreux pays européens, de bouteilles d’eau- avertit sa clientèle européenne que « pour fonctionner convenablement notre corps a besoin d’au moins 2 litres d’eau par jour », et lui propose d’acheter EDEN « une eau fraîche, pure et intacte ( …) extraite naturellement d’une source rigoureusement sélectionnée (…)parfaitement équilibrée en magnésium et en calcium » apportant ainsi« les bienfaits de sa pureté pour le bon fonctionnement et le bien-être de l’organisme » [2].
Or il se trouve qu’une association écossaise de défense des droits des Palestiniens (Scottish Palestine Solidarity Campaign) a lancé un appel au boycottage contre la branche anglaise de cette société, "Eden Springs UK Ltd", parce qu’elle serait « possédée, dirigée et contrôlée par Eden Springs Ltd/Mayanot Eden [3], une compagnie israélienne coupable de graves violations du droit international. Eden Springs viole directement les droits humains des habitants du Golan syrien occupé par le vol de leurs ressources naturelles, incluant la terre et l’eau. La Compagnie Eden Springs profite directement de l’exploitation de l’eau du Golan » [4].
Cet appel souligne que la motivation du boycottage n’est pas l’origine de l’eau distribuée au Royaume Uni par "Eden Springs" – qui ne vient pas du Golan – mais « la question centrale (…) des violations du droit international par la compagnie parente Eden Springs Ltd/Mayanot Eden », basée en Israël.
Silvia Cattori
[1] « Le ghetto de Gaza raconté par ceux qui y sont enfermés », silviacattori.net, 31 janvier 2008.
[2] Source : site internet de la société.
[3] Eden Springs Ltd/Mayanot Eden et cotée en bourse à Tel Aviv sous le nom de société Mey Eden ou Mayanot Eden. Le fondateur de cette société est M. Roni Naftali, voir : « Marketing Mey Eden », 14 février 2005.
Le nom de M. Roni Naftali est cité parmi les participants au « Deuxième symposium OTAN-Israël » tenu en octobre 2007 à Herzliya, (« 142. Mr. Roni Naftali, Chairman, Eden-Springs Ltd. »).
Un article du « Renard International » indique que la société « Soltam Systems », qui « s’est diversifiée de la production d’ustensiles de ménage à la fabrication d’armes […] a été vendue à Koor Industries (NYSE : KOR ; TASE : KOR) et Roni Naftali dans les années 1990 ».
Sur les armes de guerre produites par la société « Soltam Systems », voir le site internet de la société.
[4] Plus de détails sur l’appel au boycottage, voir :
« CANCEL EDEN SPRINGS CONTRACT - Support universal human rights - not illegal occupation », by Scottish Palestine Solidarity Campaign
« Why Boycott Eden Springs ? » sur le site internet de Scottish Palestine Solidarity Campaign.
Cela ne date pas d’aujourd’hui. Nous avions évoqué ce grave problème d’eau en janvier 2008 en diffusant ce témoignage : « L’approvisionnement en eau, ainsi que l’évacuation des eaux usées, qui dépendent du raccordement au réseau d’électricité, ne sont plus assurés depuis longtemps. D’ici à demain nous allons nous effondrer si rien ne change. Notre réserve d’eau est terminée…Depuis qu’Israël l’avait bombardée en 2006, la centrale électrique ne fonctionnait plus qu’au minimum de ses capacités. Si rien ne se passe dans les heures qui suivent, nous allons mourir de soif » [1].
Depuis, la situation s’est encore plus gravement détériorée.
Les autorités israéliennes sont en train de tout mettre en œuvre pour mettre à genoux ce peuple, dont l’esprit de résistance leur est insupportable, créant ainsi une catastrophe humanitaire, en l’affamant et en ne lui laissant que des filets d’eau polluée.
Au moment même où des enfants et des adultes risquent de mourir à Gaza de maladies dues à l’eau polluée, la société EDEN SPRINGS -distributeur, dans de nombreux pays européens, de bouteilles d’eau- avertit sa clientèle européenne que « pour fonctionner convenablement notre corps a besoin d’au moins 2 litres d’eau par jour », et lui propose d’acheter EDEN « une eau fraîche, pure et intacte ( …) extraite naturellement d’une source rigoureusement sélectionnée (…)parfaitement équilibrée en magnésium et en calcium » apportant ainsi« les bienfaits de sa pureté pour le bon fonctionnement et le bien-être de l’organisme » [2].
Or il se trouve qu’une association écossaise de défense des droits des Palestiniens (Scottish Palestine Solidarity Campaign) a lancé un appel au boycottage contre la branche anglaise de cette société, "Eden Springs UK Ltd", parce qu’elle serait « possédée, dirigée et contrôlée par Eden Springs Ltd/Mayanot Eden [3], une compagnie israélienne coupable de graves violations du droit international. Eden Springs viole directement les droits humains des habitants du Golan syrien occupé par le vol de leurs ressources naturelles, incluant la terre et l’eau. La Compagnie Eden Springs profite directement de l’exploitation de l’eau du Golan » [4].
Cet appel souligne que la motivation du boycottage n’est pas l’origine de l’eau distribuée au Royaume Uni par "Eden Springs" – qui ne vient pas du Golan – mais « la question centrale (…) des violations du droit international par la compagnie parente Eden Springs Ltd/Mayanot Eden », basée en Israël.
Silvia Cattori
[1] « Le ghetto de Gaza raconté par ceux qui y sont enfermés », silviacattori.net, 31 janvier 2008.
[2] Source : site internet de la société.
[3] Eden Springs Ltd/Mayanot Eden et cotée en bourse à Tel Aviv sous le nom de société Mey Eden ou Mayanot Eden. Le fondateur de cette société est M. Roni Naftali, voir : « Marketing Mey Eden », 14 février 2005.
Le nom de M. Roni Naftali est cité parmi les participants au « Deuxième symposium OTAN-Israël » tenu en octobre 2007 à Herzliya, (« 142. Mr. Roni Naftali, Chairman, Eden-Springs Ltd. »).
Un article du « Renard International » indique que la société « Soltam Systems », qui « s’est diversifiée de la production d’ustensiles de ménage à la fabrication d’armes […] a été vendue à Koor Industries (NYSE : KOR ; TASE : KOR) et Roni Naftali dans les années 1990 ».
Sur les armes de guerre produites par la société « Soltam Systems », voir le site internet de la société.
[4] Plus de détails sur l’appel au boycottage, voir :
« CANCEL EDEN SPRINGS CONTRACT - Support universal human rights - not illegal occupation », by Scottish Palestine Solidarity Campaign
« Why Boycott Eden Springs ? » sur le site internet de Scottish Palestine Solidarity Campaign.
les SOS
Arrêter les bombes, remettre l'eau !
Mercredi 14 Janvier 2009
Plusieurs ONG et associations françaises et internationales actives dans le domaine de l’accès à l’eau et à l’assainissement lancent un appel à l’arrêt des hostilités à Gaza et au rétablissement immédiat des infrastructures d’eau et d’assainissement, dont le bon fonctionnement est absolument vital pour éviter une catastrophe humanitaire de grande ampleur.
« Israël bombarde les Palestiniens de la bande de Gaza depuis le 27 décembre dernier après avoir imposé le blocus pendant deux ans. Plus de 1,5 million de personnes étaient privées de vivres, de médicaments et d’eau potable, par le blocus imposé par l’Etat d’Israël.
A présent, le nombre de tués à Gaza s’élève à près d’un millier de personnes et plus de 4000 blessés, dont la quasi-majorité est constituée d’enfants, de femmes et de vieillards, sans aucune défense.
Devant une situation humanitaire qui devient chaque jour plus dramatique dans un espace réduit et en ruines, les associations signataires, actives dans le domaine de l’eau et de l’assainissement pour tous, demandent :
* 1. Un cessez-le-feu immédiat, durable et pleinement respecté menant au retrait total des forces israéliennes, selon la résolution 1860 de l’ONU. Que cessent immédiatement les bombardements et les attaques militaires contre le peuple palestinien à Gaza et ailleurs en Cisjordanie.
* 2. Que le blocus contre les Palestiniens, surtout de la bande de Gaza, soit levé immédiatement pour que ces derniers puissent disposer sans délai des soins de santé, de la nourriture, de l’eau et d’autres ressources de base dont ils manquent dramatiquement depuis des semaines. Que les installations de production et d’adduction d’eau potable et que les stations d’assainissement soient remises en état sans attendre. C’est la condition pour éviter une catastrophe humanitaire de grande ampleur.
* 3. Que la communauté internationale s’engage pour obtenir la paix dans cette partie du monde, balafrée et endeuillée par tant d’années de guerre, et ce par la reconnaissance d’un Etat palestinien. Dans cette perspective d’une paix durable, un partage équitable des eaux est indispensable entre Israéliens et Palestiniens : aujourd’hui les habitants des colonies consomment autant d’eau que des Américains tandis que les Gazaouis disposent d’autant d’eau que des Sahéliens !
* 4. Cette guerre coûte aussi très cher par les dépenses militaires dans des armes ultra-sophistiquées. Cet argent serait beaucoup mieux utilisé pour répondre aux besoins en eau des populations de la région. »
Les associations signataires :
* ACME-France
* ACME-Maroc
* S-EAU-S
Les personnalités signataires :
* Larbi Bouguerra, Ancien directeur de recherche au CNRS, Consultant OMS et UNESCO, Ancien professeur à la Fac des Sciences de Tunis, Ancien assistant à la Fac de Médecine de Paris.
* Christian Caubet, professeur de droit de l’environnement (Brésil).
* Marc Laimé, journaliste.
* Gérard Memmi, fonctionnaire territorial.
* Henri Smets, Président de l’ADEDE.
Signatures à transmettre à :
Jean-Claude.Oliva@wanadoo.fr
A présent, le nombre de tués à Gaza s’élève à près d’un millier de personnes et plus de 4000 blessés, dont la quasi-majorité est constituée d’enfants, de femmes et de vieillards, sans aucune défense.
Devant une situation humanitaire qui devient chaque jour plus dramatique dans un espace réduit et en ruines, les associations signataires, actives dans le domaine de l’eau et de l’assainissement pour tous, demandent :
* 1. Un cessez-le-feu immédiat, durable et pleinement respecté menant au retrait total des forces israéliennes, selon la résolution 1860 de l’ONU. Que cessent immédiatement les bombardements et les attaques militaires contre le peuple palestinien à Gaza et ailleurs en Cisjordanie.
* 2. Que le blocus contre les Palestiniens, surtout de la bande de Gaza, soit levé immédiatement pour que ces derniers puissent disposer sans délai des soins de santé, de la nourriture, de l’eau et d’autres ressources de base dont ils manquent dramatiquement depuis des semaines. Que les installations de production et d’adduction d’eau potable et que les stations d’assainissement soient remises en état sans attendre. C’est la condition pour éviter une catastrophe humanitaire de grande ampleur.
* 3. Que la communauté internationale s’engage pour obtenir la paix dans cette partie du monde, balafrée et endeuillée par tant d’années de guerre, et ce par la reconnaissance d’un Etat palestinien. Dans cette perspective d’une paix durable, un partage équitable des eaux est indispensable entre Israéliens et Palestiniens : aujourd’hui les habitants des colonies consomment autant d’eau que des Américains tandis que les Gazaouis disposent d’autant d’eau que des Sahéliens !
* 4. Cette guerre coûte aussi très cher par les dépenses militaires dans des armes ultra-sophistiquées. Cet argent serait beaucoup mieux utilisé pour répondre aux besoins en eau des populations de la région. »
Les associations signataires :
* ACME-France
* ACME-Maroc
* S-EAU-S
Les personnalités signataires :
* Larbi Bouguerra, Ancien directeur de recherche au CNRS, Consultant OMS et UNESCO, Ancien professeur à la Fac des Sciences de Tunis, Ancien assistant à la Fac de Médecine de Paris.
* Christian Caubet, professeur de droit de l’environnement (Brésil).
* Marc Laimé, journaliste.
* Gérard Memmi, fonctionnaire territorial.
* Henri Smets, Président de l’ADEDE.
Signatures à transmettre à :
Jean-Claude.Oliva@wanadoo.fr
les SOS
Soutenir ben'smim
Mardi 13 Janvier 2009
ACME Maroc organise une caravane de solidarité et de soutien a la population de ben'smim ,qui malgré les pressions et menaces des autorités , continue de resister a la confiscation de la source d'eau du village et a sa privatisation.
la caravane sera attendue par la population au centre du village le 18 janvier 2009 apartir du 10h30.
la caravane sera attendue par la population au centre du village le 18 janvier 2009 apartir du 10h30.
L'EDITO
Communiqué du Bureau National
Jeudi 8 Janvier 2009L’agression militaire israélienne contre le peuple palestinien à Gaza a déjà fait, depuis le 27 décembre 2008, plusieurs centaines de morts et des milliers de blessés dont beaucoup sont des femmes et des enfants. Cette agression n’est que l’aboutissement d’un long et criminel blocus imposé a la population de la bande pour la priver d’eau, d’électricité , de vivres et de médicaments, etc... et ce dans le but de casser la résistance du peuple palestinien qui milite depuis plusieurs décennies pour son droit fondamental à l’existence et à la constitution d'un etat indépendant.
Acme-Maroc qui suit avec amertume et consternation cette odieuse agression, qui survient au lendemain du soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme,
1. exprime la solidarité de toutes ses composantes avec le peuple palestinien et soutient son droit à l’autodétermination et à la souveraineté à l’instar de tous les peuples.
2. condamne fermement l'agression israélienne qui bénéficie malheureusement de la complicité de certains voisins arabes
3. dénonce la politique injuste de châtiment collectif contre les populations palestiniennes sous occupation et leur privation de substances souvent vitales comme l’eau , la nourriture et les médicaments .
4. lance un appel à toutes les forces vives et aux consciences humaines dans notre pays et a travers le monde pour œuvrer, chacun de son côté, à mettre immédiatement fin à l’intervention militaire de l’entité sioniste qui ne cesse de défier toutes les conventions internationales, et d’agir comme un etat hors la loi.
Situation au Maroc
L'eau et la region orientale
Jeudi 8 Janvier 2009L'oriental ET LE DEFI HYDRIQUE : MOBILISATION OPTIMALE UTILISATION ET GESTION RATIONNELLES DE L’EAU
Si la question de l’eau se pose partout au Maroc de manière aiguë et s’impose comme facteur tout à fait vital pour le développement actuel et surtout futur, cela est encore plus vrai pour la Région de l’Oriental qui s’inscrit presque entièrement dans le domaine bioclimatique aride ou désertique, d’un côté, et qui appartient à des bassins hydrologiques non atlantiques, voire même sahariens, de l’autre.
Prenant ainsi une dimension franchement existentielle, la question de l’eau appelle la mise en œuvre d’une stratégie draconienne permettant à la fois la mobilisation optimale des ressources hydriques régionales, somme toutes limitées et irrégulières, d’un côté, et l’instauration d’une politique et d’une culture de gestion aussi efficientes que possible de cette ressource de plus en plus rare, vu l’aridification patente du climat, de l’autre. Ce n’est qu’à ce prix que l’on pourra faire face, sans risque majeur, aux besoins en eau sans cesse croissants, exprimés aussi bien par la demande domestique, vu l’accroissement de plus en plus rapide de l’urbanisation que par le développement de l’irrigation, de l’industrie et du tourisme. Ce problème se pose de manière inégalement cruciale d’une zone à l’autre, à travers l’immense territoire régional.
2.1. Les ressources hydriques régionales
L’Oriental souffre d’une double insuffisance en matière de ressources hydriques : au niveau quantitatif comme au plan qualitatif.
2.1.1. Au niveau quantitatif : un stress hydrique patent
Le volume d’eau mobilisable pour les différents usages est globalement maigre dans l’Oriental, et ceci pour trois raisons essentielles :
- La faiblesse des précipitations, dont les valeurs ne dépassent guère 200 à 300mm en moyenne/an dans la partie extrême Nord la mieux dotée, pour se réduire à moins de 200-250mm dans le secteur central et tomber au dessous de 100 mm et souvent beaucoup moins dans les steppes méridionales, antichambre du désert. Doublée d’une grande irrégularité inter et intra annuelle, cette faiblesse et cette irrégularité pluviométriques ne permettent que des débits fluviaux souvent modestes et fortement intermittents. Plus grave encore, ces apports hydriques connaissent une réduction continue d’année en année, ce qui amenuise les quantités mobilisables à la fois en termes d’eaux superficielles et de ressources souterraines de moins en moins bien renouvelées.
- La nature des formations géologiques qui ne favorisent pas toujours l’existence de structures propices à l’infiltration des eaux de précipitations et/ou leur emmagasinement. De ce fait, une grande partie des eaux pluviales se trouve perdue par ruissellement, d’autant plus que les ouvrages de rétention d’eau sont rares, ou se perde dans la mer, le désert ou les profondeurs de la terre, sans parler des volumes importants soustraits par la forte évaporation dans une région aux étés longs, torrides, secs et soumis au vent desséchant du Chergui.
- La dépendance de l’Oriental vis-à-vis d’un seul grand bassin hydrologique, celui de la Moulouya dont l’essentiel du cours, ainsi que la plupart de ses affluents, appartiennent au domaine aride. Une telle situation rend l’Oriental fortement tributaire en eau par rapport à des cours d’eau peu performants, alors que le transfert d’eau à partir de bassins hydrologiques atlantiques souvent lointains, n’est pas tout à fait évident parce que cela pose des problèmes ardus d’ordres techniques et financiers, sans parler de la difficulté qu’entraînerait une telle opération de transfert entre régions, dans la mesure où chaque territoire régional sera amené à veiller de plus en plus à sauvegarder ses propres ressources hydriques, d’importance stratégique, pour les besoins de sa population croissante et de son développement actuel et futur.
Ainsi, l’essentiel des ressources en eau de l’Oriental est fourni par l’Oued Moulouya, renforcé par son affluent principal, l’Oued Za. La mobilisation de ces ressources hydriques s’effectue grâce :
- au complexe hydraulique formé par les barrages de Machraa Hammadi, Mohamed Al Khamis et Al Hassan Attani, dont la retenue globale utile globale est estimée à quelque 500 millions de mètres cubes ;
- à la station de pompage Moulay Ali, en aval du barrage de Machraa Hammadi, avec une capacité de 90 millions de m3/an ;
- à huit petits barrages et 21 lacs collinaires, d’une capacité de retenue globale de 15 millions de m3 ;
- à plusieurs nappes aquifères d’importance et de qualité très inégale d’une zone à l’autre, en fonction des structures géologiques, de la nature des roches et de l’importance de la pluviométrie qui en commande la recharge.
Par ailleurs, six autres barrages sont prévus dans le bassin de la Moulouya, notamment celui de Sidi Saïd en cours de construction, et dont les eaux bénéficieront en grande partie à la Basse Moulouya.
2.1.2. Au niveau qualitatif : trouver les bonnes parades à la pollution hydrique
Le développement urbain, de plus en plus rapide, touchant pratiquement toutes les parties de la Région, d’abord, l’existence d’une certaine activité industrielle et d’extraction minière diffuse, ensuite, et la présence d’une importante activité agricole dans les secteurs irrigués, enfin, représentent autant de facteurs générateurs d’eaux usées, de déchets, de produits chimiques et phytosanitaires qui entraînent la dégradation de la qualité des eaux superficielles et souterraines à des endroits différents et à des degrés inégaux. Ce phénomène est accusé par les sécheresses récurrentes et souvent prolongées qui réduisent les apports d’eau et limitent le phénomène de dilution, engendrant ainsi la concentration des polluants et la détérioration accélérée de la qualité des eaux.
Ainsi, les eaux de la Basse Moulouya, jugées généralement de qualité assez bonne, sont de plus en plus menacées de dégradation par le rejet d’eaux usées en amont du barrage Mohamed Al Khamis, sans traitement préalable, qu’émettent les centres urbains se trouvant sur les cours moyen et supérieur du fleuve et ses affluents. De même, de nombreuses nappes, de moins en moins alimentées par les eaux de ruissellement, sont continuellement touchées par l’épandage d’eaux usées émanant des agglomérations urbaines proches, connaissant ainsi des degrés de pollution parfois inquiétants.
Si les nappes de rive droite de la Basse Moulouya conservent encore une qualité relativement moyenne, celles de rive gauche présentent un degré élevé de salinité qui rend leurs eaux pratiquement inutilisables pour l’irrigation.
2.2. Les besoins en eau
Face à la réduction du volume d’eau mobilisé par les différents ouvrages hydrauliques et le pompage, ainsi qu’à la dégradation de la qualité de plusieurs ressources superficielles ou souterraines, les besoins en eau enregistrent une tendance sans cesse croissante, en raison de l’augmentation des demandes formulées par différents secteurs :
- l’irrigation, du fait de l’amplification des périodes de sécheresse ;
- l’accroissement rapide des populations, notamment en milieu urbain où devront vivre quelque 2 millions de personnes vers 2025, sur un total de 2,5 millions pour la Région ;
- le développement de l’industrie, chaque entité urbaine devant se doter légitimement d’activités de transformation ;
- les projets de développement touristique, gros consommateurs d’eau, notamment la grande station balnéaire de Saïdia.
Au total, les besoins en eau pour ces différentes consommations agricole, domestique et économique, sont estimées à près d’un million de m3 par an vers 2025 dont les 4/5 devront aller à l’irrigation.
2.3. La stratégie hydrique régionale
La ressource en eau constitue incontestablement le facteur essentiel dans toute stratégie de développement économique et socioculturel, dans une Région où le stress hydrique est quasi général et permanent. Ceci impose le recours à toutes les formes, les mesures et les techniques de production, de mobilisation, de protection, de gestion et d’économie d’eau.
La rareté de cette ressource vitale face à l’accroissement continu de la demande implique des actions à caractère physique, technique, institutionnel, informationnel et environnemental, qu’il faut mettre simultanément en œuvre à travers l’ensemble du territoire régional, afin d’en obtenir l’effet combiné et le rendement synergique nécessaires.
Ainsi, la stratégie hydrique régionale devra comporter différentes actions complémentaires concernant les quatre phases de la chaîne de l’eau relatives à la production, la distribution, la consommation et la réutilisation de la ressource.
2.3.1. La production
Cette phase doit s’articuler autour de deux grands axes : la protection des ouvrages et de l’infrastructure hydrauliques actuels et futurs ; l’augmentation de la production et de la fourniture d’eau.
· Protection des ouvrages hydrauliques
La Région de l’Oriental dispose d’un certain nombre d’ouvrages hydrauliques d’importance capitale pour la mobilisation et la production de l’eau, tant superficielle que souterraine. Les principaux ouvrages qui constituent le complexe de barrage (Machraa Hammadi, Mohamed Al Khamis et Hassan Attani) complété par la station de pompage My Ali, représentent un patrimoine techno-hydraulique précieux qu’il s’agit de protéger au mieux, afin d’en prolonger l’espérance de vie au maximum, d’une part, et d’en augmenter le rendement de manière optimale, d’autre part.
La réalisation de ces objectifs nécessite, d’un côté, l’intensification des actions de reboisement entreprises par l’Administration des Eaux et Forêts, partout où cela est possible et, de l’autre, l’incitation des agriculteurs à planter le maximum d’arbres fruitiers (oliviers, figuiers, amandiers,…) adaptés aux conditions climatiques et pédologiques locales. Autant ce programme de reboisement-plantation devra se faire à un rythme accéléré au cours de la décennie actuelle, autant l’effort doit rester continu sur le moyen et le long termes.
· Augmentation de la production
Si la protection des ouvrages hydrauliques permet de maintenir la capacité de retenue à un niveau satisfaisant, et ce en réduisant les phénomènes d’érosion et, donc, d’envasement, l’augmentation de la disponibilité en eau devra se faire par l’édification de nouveaux ouvrages à la fois sur la Moulouya et ses affluents, mais aussi sur les multiples cours d’eau qui véhiculent, en période de pluie, des quantités d’eau parfois fort importantes et qui, du fait de l’absence d’édifices de retenue, se trouvent perdus pour l’irrigation ou la fourniture d’eau potable ou économique.
Ainsi, les responsables du secteur de l’hydraulique, conscients du problème, préconisent l’édification d’une quinzaine de barrages de tailles inégales sur la moyenne et la haute Moulouya et ses affluents des deux rives (en dehors de la Région), parmi lesquels le site de Safsaf en Basse Moulouya devra régulariser 165 millions de m3. A cela s’ajoutent les possibilités de construction d’autres barrages sur des cours d’eau descendant des massifs des Bni Znassene, notamment celui de Zagzel (24 millions de m3), du Haut Atlas Oriental, notamment le barrage de Khang Lagrou, etc.
Quatre grands barrages sont ainsi prévus sur la moyenne et la haute Moulouya, comme il ressort du tableau suivant :
Barrage Capacité de retenue
(millions de m3) Volume régularisé par an (millions de m3) Date de construction prévue
Sidi Saïd 400 100 En cours
Targa ou Madi 250 100 2005
Anesagmir 130 60 2009
Tilidamine 800 300 2012
L’augmentation de la production passe, parallèlement aussi, par l’exploitation des ressources souterraines là où l’adduction des eaux superficielles est financièrement onéreuse ou techniquement difficile. Elle peut être complétée par de petites actions localisées consistant à construire des réservoirs enterrés destinés à recueillir les eaux de ruissellement et les eaux pluviales apportées par les orages.
2.3.2. La distribution
Les eaux mobilisées au prix d’efforts colossaux et de dépenses budgétaires élevées se trouvent partiellement gaspillées en raison de l’état défectueux des réseaux de distribution et d’adduction ou des modes d’irrigation non adpatés. Par ailleurs, se produit parfois un déphasage entre la construction des ouvrages de mobilisation de l’eau et celles des réseaux de sa distribution. Ainsi, la stratégie hydrique en matière de distribution se localise à différents niveaux d’action :
- Réfection des réseaux d’irrigation tant modernes (canaux) que traditionnels (saguias, khattaras) ;
- Rénovation des réseaux d’adduction d’eau potable, notamment au sein des agglomérations urbaines où les pertes d’eau peuvent représenter la moitié ou beaucoup plus des volumes distribués par les régies ou par l’ONEP ;
- Renforcement des systèmes de maintenance tout aussi bien des réseaux d’irrigation que des réseaux d’AEPI ;
- Achèvement des réseaux de distribution en aval du barrage Machraa Hammadi pour alimenter les grandes agglomérations en eau potable, dont le volume de la demande est appelé à s’accroître de manière substantielle au cours des prochaines décennies, en raison de l’augmentation des populations urbaines et du développement attendu de l’activité industrielle et du tourisme, notamment balnéaire (station programmée de 15 mille lits à Saïdia).
2.3.3. La consommation
Si la lutte contre tous les facteurs de perte d’eau tout au long des systèmes de distribution, que ce soit dans le domaine de l’irrigation ou dans celui de l’adduction d’eau potable, permettra certainement d’économiser d’importants volumes de la précieuse ressource, des gains encore plus substantiels peuvent être réalisés au niveau de la consommation, c’est-à-dire là où se produisent diverses formes de gaspillage, conscients ou inconscients, conduisant à une dilapidation navrante et persistante du patrimoine hydrique. En fait, le véritable gisement d’eau que la Région de l’Oriental (et pas la seule) doit découvrir réside dans l’application d’une politique draconienne de l’économie de l’eau dans tous les débouchés de consommation, tant domestiques qu’économiques.
Mais cela reste tributaire d’une réelle stratégie visant le redressement du comportement de tous les consommateurs, par des mesures dissuasives, tarifaires entre autres, mais surtout par une approche de sensibilisation, de conscientisation et d’éducation, opérant dans tous les secteurs de la vie économique et à tous les niveaux de la vie sociale, et mettant à contribution l’ensemble des acteurs et partenaires institutionnels et de la société civile, afin d’éveiller chez tous une réelle «conscience hydrique».
2.3.4. Le recyclage de l’eau
Il est tout à fait aberrant que dans une région aussi déficitaire en eau comme l’Oriental, la quasi totalité des eaux utilisées par les ménages, les établissements administratifs, industriels, touristiques et autres soit purement et simplement rejetées dans la nature, comme s’il s’agit d’un produit périssable ou à utilisation unique ne permettant aucune forme de récupération, ou d’une denrée abondante et sans valeur. Or, cela concerne des dizaines de millions de m3 chaque année qui, non seulement sont perdus inutilement, mais qui entraînent diverses formes de pollutions superficielles et souterraines contaminant les cours d’eau et dégradant les nappes, et dont les dangereux polluants se retrouvent dans les puits, les sources, les saguias et canaux d’irrigation, sans parler des eaux littorales, menaçant ainsi les ressources halieutiques et l’activité balnéaire.
Ces rejets d’eaux usées occasionnent un triple préjudice :
- la perte d’importantes quantités d’eau dont la Région a grandement besoin ;
- la pollution et la dégradation d’un environnement dont la fragilité est accusée par la faiblesse et la rareté des précipitations ;
- l’aggravation des risques sur la santé humaine, animale et végétale.
Pour remédier à cette situation fortement préoccupante, il est impératif de procéder, pratiquement partout, au traitement des eaux usées en vue de leur recyclage, sous une forme quelconque, pour des utilisations diverses dans le domaine de l’irrigation (jardins publics, terrains de sport,…), l’arrosage, le lavage des chaussées, le refroidissement de moteurs et engins, le traitement de produits artisanaux ou industriels (laine, peaux, poterie), le bâtiment, etc.
Malheureusement, et en dépit de l’extrême urgence du problème, les villes et les zones industrielles de l’Oriental ne disposent nullement de stations de traitement des eaux usées, ce qui signifie que la question demeure d’actualité partout à travers la Région se posant en termes souvent épineux, tout aussi bien dans les grandes agglomérations (Oujda, Nador, Barkane, Taourirt) que dans les villes moyennes, les petits centres ou les oasis (le cas de Figuig est tout à fait patent à cet égard) sans oublier le littoral balnéaire de Saïdia à Ras Al Ma. Tout se passe comme si la gravité structurelle du problème avait entraîné une certaine banalisation de la rareté de l’eau et donc une inconscience et une passivité vis-à-vis d’une question aussi vitale dont la négligence ne pourra que resurgir négativement, sinon dramatiquement, sur l’avenir de la Région.
2.3.5. La gestion du patrimoine hydrique
L’eau représente incontestablement le domaine par excellence où l’on peut parler d’un véritable système intégré avec des réactions en chaîne, de l’amont à l’aval. Les phases successives par lesquelles passe l’élément hydrique sont fortement liées entre elles, depuis la recherche hydraulique ou hydrogéologique, jusqu’au rejet et/ou le recyclage des eaux usées, en passant par les stades de la production, de la distribution et de la consommation.
Ainsi, à l’instar de la chaîne du froid qui exclut toute rupture dans le système entre la production et la consommation, au risque de problèmes graves, la Chaîne de l’Eau ne peut fonctionner normalement que si on y évite toute discontinuité entre les différents maillons qui la constituent. Autant dire que l’ensemble du système doit bénéficier d’une gestion intégrée confiée à un organe supérieur de concertation et de planification où sont représentés les gestionnaires des différentes séquences dont se compose la chaîne de l’eau. C’est par une telle vision globale et systémique de la question hydrique que l’on pourra surmonter l’état actuel de gestion fractionnée, ne réalisant pas la rationalisation requise d’une denrée vitale et incontournable dans tout le processus de développement préconisé pour la Région, à un moment où on vient justement de créer un Ministère Chargé de la question primordiale de l’Eau.
La lourde et complexe mission de gestion de la Chaîne de l’Eau revient logiquement à l’Agence du Bassin de la Moulouya qui devra, en collaboration étroite avec tous les acteurs et partenaires impliqués (ORMVAM, ONEP, régies de distribution d’eau, institutions élues, ONGs spécialisées…) au sein du Conseil Régional de l’Eau, veiller à une coordination incessante entre les différents intervenants aux niveaux de la recherche hydraulique, de la production, de la consommation, de la protection, du recyclage et de l’utilisation de l’eau. Cette denrée, si précieuse et quasi déterminante dans le développement économique et le bien-être socio-culturel, ne peut plus souffrir d’être non maîtrisée à quelque stade que ce soit son état, depuis l’écoulement pluvial jusqu’à son usage et son ré-usage.
Au total, les futures disponibilités en eau pour l’Oriental sont certainement à chercher dans une plus grande mobilisation des ressources hydriques superficielles et souterraines ; mais elles seront davantage dans l’économie d’eau aussi bien au niveau des réseaux d’adduction et de distribution qu’à celui des multiples formes de consommation et de recyclage de l’eau. Le bénéfice ne pourra être qu’amplifié, parce que non seulement la Région économisera de lourds investissements nécessaires pour construire les ouvrages de mobilisation et d’éventuels transferts d’eau (capitaux qui ne sont pas toujours disponibles), mais elle valorisera raisonnablement son propre patrimoine hydrique, tout en sauvegardant son environnement, sans oublier l’acquis incommensurable en matière de comportement économe, responsable et civique des populations, des administrations et des entreprises locales.
Source:
Prenant ainsi une dimension franchement existentielle, la question de l’eau appelle la mise en œuvre d’une stratégie draconienne permettant à la fois la mobilisation optimale des ressources hydriques régionales, somme toutes limitées et irrégulières, d’un côté, et l’instauration d’une politique et d’une culture de gestion aussi efficientes que possible de cette ressource de plus en plus rare, vu l’aridification patente du climat, de l’autre. Ce n’est qu’à ce prix que l’on pourra faire face, sans risque majeur, aux besoins en eau sans cesse croissants, exprimés aussi bien par la demande domestique, vu l’accroissement de plus en plus rapide de l’urbanisation que par le développement de l’irrigation, de l’industrie et du tourisme. Ce problème se pose de manière inégalement cruciale d’une zone à l’autre, à travers l’immense territoire régional.
2.1. Les ressources hydriques régionales
L’Oriental souffre d’une double insuffisance en matière de ressources hydriques : au niveau quantitatif comme au plan qualitatif.
2.1.1. Au niveau quantitatif : un stress hydrique patent
Le volume d’eau mobilisable pour les différents usages est globalement maigre dans l’Oriental, et ceci pour trois raisons essentielles :
- La faiblesse des précipitations, dont les valeurs ne dépassent guère 200 à 300mm en moyenne/an dans la partie extrême Nord la mieux dotée, pour se réduire à moins de 200-250mm dans le secteur central et tomber au dessous de 100 mm et souvent beaucoup moins dans les steppes méridionales, antichambre du désert. Doublée d’une grande irrégularité inter et intra annuelle, cette faiblesse et cette irrégularité pluviométriques ne permettent que des débits fluviaux souvent modestes et fortement intermittents. Plus grave encore, ces apports hydriques connaissent une réduction continue d’année en année, ce qui amenuise les quantités mobilisables à la fois en termes d’eaux superficielles et de ressources souterraines de moins en moins bien renouvelées.
- La nature des formations géologiques qui ne favorisent pas toujours l’existence de structures propices à l’infiltration des eaux de précipitations et/ou leur emmagasinement. De ce fait, une grande partie des eaux pluviales se trouve perdue par ruissellement, d’autant plus que les ouvrages de rétention d’eau sont rares, ou se perde dans la mer, le désert ou les profondeurs de la terre, sans parler des volumes importants soustraits par la forte évaporation dans une région aux étés longs, torrides, secs et soumis au vent desséchant du Chergui.
- La dépendance de l’Oriental vis-à-vis d’un seul grand bassin hydrologique, celui de la Moulouya dont l’essentiel du cours, ainsi que la plupart de ses affluents, appartiennent au domaine aride. Une telle situation rend l’Oriental fortement tributaire en eau par rapport à des cours d’eau peu performants, alors que le transfert d’eau à partir de bassins hydrologiques atlantiques souvent lointains, n’est pas tout à fait évident parce que cela pose des problèmes ardus d’ordres techniques et financiers, sans parler de la difficulté qu’entraînerait une telle opération de transfert entre régions, dans la mesure où chaque territoire régional sera amené à veiller de plus en plus à sauvegarder ses propres ressources hydriques, d’importance stratégique, pour les besoins de sa population croissante et de son développement actuel et futur.
Ainsi, l’essentiel des ressources en eau de l’Oriental est fourni par l’Oued Moulouya, renforcé par son affluent principal, l’Oued Za. La mobilisation de ces ressources hydriques s’effectue grâce :
- au complexe hydraulique formé par les barrages de Machraa Hammadi, Mohamed Al Khamis et Al Hassan Attani, dont la retenue globale utile globale est estimée à quelque 500 millions de mètres cubes ;
- à la station de pompage Moulay Ali, en aval du barrage de Machraa Hammadi, avec une capacité de 90 millions de m3/an ;
- à huit petits barrages et 21 lacs collinaires, d’une capacité de retenue globale de 15 millions de m3 ;
- à plusieurs nappes aquifères d’importance et de qualité très inégale d’une zone à l’autre, en fonction des structures géologiques, de la nature des roches et de l’importance de la pluviométrie qui en commande la recharge.
Par ailleurs, six autres barrages sont prévus dans le bassin de la Moulouya, notamment celui de Sidi Saïd en cours de construction, et dont les eaux bénéficieront en grande partie à la Basse Moulouya.
2.1.2. Au niveau qualitatif : trouver les bonnes parades à la pollution hydrique
Le développement urbain, de plus en plus rapide, touchant pratiquement toutes les parties de la Région, d’abord, l’existence d’une certaine activité industrielle et d’extraction minière diffuse, ensuite, et la présence d’une importante activité agricole dans les secteurs irrigués, enfin, représentent autant de facteurs générateurs d’eaux usées, de déchets, de produits chimiques et phytosanitaires qui entraînent la dégradation de la qualité des eaux superficielles et souterraines à des endroits différents et à des degrés inégaux. Ce phénomène est accusé par les sécheresses récurrentes et souvent prolongées qui réduisent les apports d’eau et limitent le phénomène de dilution, engendrant ainsi la concentration des polluants et la détérioration accélérée de la qualité des eaux.
Ainsi, les eaux de la Basse Moulouya, jugées généralement de qualité assez bonne, sont de plus en plus menacées de dégradation par le rejet d’eaux usées en amont du barrage Mohamed Al Khamis, sans traitement préalable, qu’émettent les centres urbains se trouvant sur les cours moyen et supérieur du fleuve et ses affluents. De même, de nombreuses nappes, de moins en moins alimentées par les eaux de ruissellement, sont continuellement touchées par l’épandage d’eaux usées émanant des agglomérations urbaines proches, connaissant ainsi des degrés de pollution parfois inquiétants.
Si les nappes de rive droite de la Basse Moulouya conservent encore une qualité relativement moyenne, celles de rive gauche présentent un degré élevé de salinité qui rend leurs eaux pratiquement inutilisables pour l’irrigation.
2.2. Les besoins en eau
Face à la réduction du volume d’eau mobilisé par les différents ouvrages hydrauliques et le pompage, ainsi qu’à la dégradation de la qualité de plusieurs ressources superficielles ou souterraines, les besoins en eau enregistrent une tendance sans cesse croissante, en raison de l’augmentation des demandes formulées par différents secteurs :
- l’irrigation, du fait de l’amplification des périodes de sécheresse ;
- l’accroissement rapide des populations, notamment en milieu urbain où devront vivre quelque 2 millions de personnes vers 2025, sur un total de 2,5 millions pour la Région ;
- le développement de l’industrie, chaque entité urbaine devant se doter légitimement d’activités de transformation ;
- les projets de développement touristique, gros consommateurs d’eau, notamment la grande station balnéaire de Saïdia.
Au total, les besoins en eau pour ces différentes consommations agricole, domestique et économique, sont estimées à près d’un million de m3 par an vers 2025 dont les 4/5 devront aller à l’irrigation.
2.3. La stratégie hydrique régionale
La ressource en eau constitue incontestablement le facteur essentiel dans toute stratégie de développement économique et socioculturel, dans une Région où le stress hydrique est quasi général et permanent. Ceci impose le recours à toutes les formes, les mesures et les techniques de production, de mobilisation, de protection, de gestion et d’économie d’eau.
La rareté de cette ressource vitale face à l’accroissement continu de la demande implique des actions à caractère physique, technique, institutionnel, informationnel et environnemental, qu’il faut mettre simultanément en œuvre à travers l’ensemble du territoire régional, afin d’en obtenir l’effet combiné et le rendement synergique nécessaires.
Ainsi, la stratégie hydrique régionale devra comporter différentes actions complémentaires concernant les quatre phases de la chaîne de l’eau relatives à la production, la distribution, la consommation et la réutilisation de la ressource.
2.3.1. La production
Cette phase doit s’articuler autour de deux grands axes : la protection des ouvrages et de l’infrastructure hydrauliques actuels et futurs ; l’augmentation de la production et de la fourniture d’eau.
· Protection des ouvrages hydrauliques
La Région de l’Oriental dispose d’un certain nombre d’ouvrages hydrauliques d’importance capitale pour la mobilisation et la production de l’eau, tant superficielle que souterraine. Les principaux ouvrages qui constituent le complexe de barrage (Machraa Hammadi, Mohamed Al Khamis et Hassan Attani) complété par la station de pompage My Ali, représentent un patrimoine techno-hydraulique précieux qu’il s’agit de protéger au mieux, afin d’en prolonger l’espérance de vie au maximum, d’une part, et d’en augmenter le rendement de manière optimale, d’autre part.
La réalisation de ces objectifs nécessite, d’un côté, l’intensification des actions de reboisement entreprises par l’Administration des Eaux et Forêts, partout où cela est possible et, de l’autre, l’incitation des agriculteurs à planter le maximum d’arbres fruitiers (oliviers, figuiers, amandiers,…) adaptés aux conditions climatiques et pédologiques locales. Autant ce programme de reboisement-plantation devra se faire à un rythme accéléré au cours de la décennie actuelle, autant l’effort doit rester continu sur le moyen et le long termes.
· Augmentation de la production
Si la protection des ouvrages hydrauliques permet de maintenir la capacité de retenue à un niveau satisfaisant, et ce en réduisant les phénomènes d’érosion et, donc, d’envasement, l’augmentation de la disponibilité en eau devra se faire par l’édification de nouveaux ouvrages à la fois sur la Moulouya et ses affluents, mais aussi sur les multiples cours d’eau qui véhiculent, en période de pluie, des quantités d’eau parfois fort importantes et qui, du fait de l’absence d’édifices de retenue, se trouvent perdus pour l’irrigation ou la fourniture d’eau potable ou économique.
Ainsi, les responsables du secteur de l’hydraulique, conscients du problème, préconisent l’édification d’une quinzaine de barrages de tailles inégales sur la moyenne et la haute Moulouya et ses affluents des deux rives (en dehors de la Région), parmi lesquels le site de Safsaf en Basse Moulouya devra régulariser 165 millions de m3. A cela s’ajoutent les possibilités de construction d’autres barrages sur des cours d’eau descendant des massifs des Bni Znassene, notamment celui de Zagzel (24 millions de m3), du Haut Atlas Oriental, notamment le barrage de Khang Lagrou, etc.
Quatre grands barrages sont ainsi prévus sur la moyenne et la haute Moulouya, comme il ressort du tableau suivant :
Barrage Capacité de retenue
(millions de m3) Volume régularisé par an (millions de m3) Date de construction prévue
Sidi Saïd 400 100 En cours
Targa ou Madi 250 100 2005
Anesagmir 130 60 2009
Tilidamine 800 300 2012
L’augmentation de la production passe, parallèlement aussi, par l’exploitation des ressources souterraines là où l’adduction des eaux superficielles est financièrement onéreuse ou techniquement difficile. Elle peut être complétée par de petites actions localisées consistant à construire des réservoirs enterrés destinés à recueillir les eaux de ruissellement et les eaux pluviales apportées par les orages.
2.3.2. La distribution
Les eaux mobilisées au prix d’efforts colossaux et de dépenses budgétaires élevées se trouvent partiellement gaspillées en raison de l’état défectueux des réseaux de distribution et d’adduction ou des modes d’irrigation non adpatés. Par ailleurs, se produit parfois un déphasage entre la construction des ouvrages de mobilisation de l’eau et celles des réseaux de sa distribution. Ainsi, la stratégie hydrique en matière de distribution se localise à différents niveaux d’action :
- Réfection des réseaux d’irrigation tant modernes (canaux) que traditionnels (saguias, khattaras) ;
- Rénovation des réseaux d’adduction d’eau potable, notamment au sein des agglomérations urbaines où les pertes d’eau peuvent représenter la moitié ou beaucoup plus des volumes distribués par les régies ou par l’ONEP ;
- Renforcement des systèmes de maintenance tout aussi bien des réseaux d’irrigation que des réseaux d’AEPI ;
- Achèvement des réseaux de distribution en aval du barrage Machraa Hammadi pour alimenter les grandes agglomérations en eau potable, dont le volume de la demande est appelé à s’accroître de manière substantielle au cours des prochaines décennies, en raison de l’augmentation des populations urbaines et du développement attendu de l’activité industrielle et du tourisme, notamment balnéaire (station programmée de 15 mille lits à Saïdia).
2.3.3. La consommation
Si la lutte contre tous les facteurs de perte d’eau tout au long des systèmes de distribution, que ce soit dans le domaine de l’irrigation ou dans celui de l’adduction d’eau potable, permettra certainement d’économiser d’importants volumes de la précieuse ressource, des gains encore plus substantiels peuvent être réalisés au niveau de la consommation, c’est-à-dire là où se produisent diverses formes de gaspillage, conscients ou inconscients, conduisant à une dilapidation navrante et persistante du patrimoine hydrique. En fait, le véritable gisement d’eau que la Région de l’Oriental (et pas la seule) doit découvrir réside dans l’application d’une politique draconienne de l’économie de l’eau dans tous les débouchés de consommation, tant domestiques qu’économiques.
Mais cela reste tributaire d’une réelle stratégie visant le redressement du comportement de tous les consommateurs, par des mesures dissuasives, tarifaires entre autres, mais surtout par une approche de sensibilisation, de conscientisation et d’éducation, opérant dans tous les secteurs de la vie économique et à tous les niveaux de la vie sociale, et mettant à contribution l’ensemble des acteurs et partenaires institutionnels et de la société civile, afin d’éveiller chez tous une réelle «conscience hydrique».
2.3.4. Le recyclage de l’eau
Il est tout à fait aberrant que dans une région aussi déficitaire en eau comme l’Oriental, la quasi totalité des eaux utilisées par les ménages, les établissements administratifs, industriels, touristiques et autres soit purement et simplement rejetées dans la nature, comme s’il s’agit d’un produit périssable ou à utilisation unique ne permettant aucune forme de récupération, ou d’une denrée abondante et sans valeur. Or, cela concerne des dizaines de millions de m3 chaque année qui, non seulement sont perdus inutilement, mais qui entraînent diverses formes de pollutions superficielles et souterraines contaminant les cours d’eau et dégradant les nappes, et dont les dangereux polluants se retrouvent dans les puits, les sources, les saguias et canaux d’irrigation, sans parler des eaux littorales, menaçant ainsi les ressources halieutiques et l’activité balnéaire.
Ces rejets d’eaux usées occasionnent un triple préjudice :
- la perte d’importantes quantités d’eau dont la Région a grandement besoin ;
- la pollution et la dégradation d’un environnement dont la fragilité est accusée par la faiblesse et la rareté des précipitations ;
- l’aggravation des risques sur la santé humaine, animale et végétale.
Pour remédier à cette situation fortement préoccupante, il est impératif de procéder, pratiquement partout, au traitement des eaux usées en vue de leur recyclage, sous une forme quelconque, pour des utilisations diverses dans le domaine de l’irrigation (jardins publics, terrains de sport,…), l’arrosage, le lavage des chaussées, le refroidissement de moteurs et engins, le traitement de produits artisanaux ou industriels (laine, peaux, poterie), le bâtiment, etc.
Malheureusement, et en dépit de l’extrême urgence du problème, les villes et les zones industrielles de l’Oriental ne disposent nullement de stations de traitement des eaux usées, ce qui signifie que la question demeure d’actualité partout à travers la Région se posant en termes souvent épineux, tout aussi bien dans les grandes agglomérations (Oujda, Nador, Barkane, Taourirt) que dans les villes moyennes, les petits centres ou les oasis (le cas de Figuig est tout à fait patent à cet égard) sans oublier le littoral balnéaire de Saïdia à Ras Al Ma. Tout se passe comme si la gravité structurelle du problème avait entraîné une certaine banalisation de la rareté de l’eau et donc une inconscience et une passivité vis-à-vis d’une question aussi vitale dont la négligence ne pourra que resurgir négativement, sinon dramatiquement, sur l’avenir de la Région.
2.3.5. La gestion du patrimoine hydrique
L’eau représente incontestablement le domaine par excellence où l’on peut parler d’un véritable système intégré avec des réactions en chaîne, de l’amont à l’aval. Les phases successives par lesquelles passe l’élément hydrique sont fortement liées entre elles, depuis la recherche hydraulique ou hydrogéologique, jusqu’au rejet et/ou le recyclage des eaux usées, en passant par les stades de la production, de la distribution et de la consommation.
Ainsi, à l’instar de la chaîne du froid qui exclut toute rupture dans le système entre la production et la consommation, au risque de problèmes graves, la Chaîne de l’Eau ne peut fonctionner normalement que si on y évite toute discontinuité entre les différents maillons qui la constituent. Autant dire que l’ensemble du système doit bénéficier d’une gestion intégrée confiée à un organe supérieur de concertation et de planification où sont représentés les gestionnaires des différentes séquences dont se compose la chaîne de l’eau. C’est par une telle vision globale et systémique de la question hydrique que l’on pourra surmonter l’état actuel de gestion fractionnée, ne réalisant pas la rationalisation requise d’une denrée vitale et incontournable dans tout le processus de développement préconisé pour la Région, à un moment où on vient justement de créer un Ministère Chargé de la question primordiale de l’Eau.
La lourde et complexe mission de gestion de la Chaîne de l’Eau revient logiquement à l’Agence du Bassin de la Moulouya qui devra, en collaboration étroite avec tous les acteurs et partenaires impliqués (ORMVAM, ONEP, régies de distribution d’eau, institutions élues, ONGs spécialisées…) au sein du Conseil Régional de l’Eau, veiller à une coordination incessante entre les différents intervenants aux niveaux de la recherche hydraulique, de la production, de la consommation, de la protection, du recyclage et de l’utilisation de l’eau. Cette denrée, si précieuse et quasi déterminante dans le développement économique et le bien-être socio-culturel, ne peut plus souffrir d’être non maîtrisée à quelque stade que ce soit son état, depuis l’écoulement pluvial jusqu’à son usage et son ré-usage.
Au total, les futures disponibilités en eau pour l’Oriental sont certainement à chercher dans une plus grande mobilisation des ressources hydriques superficielles et souterraines ; mais elles seront davantage dans l’économie d’eau aussi bien au niveau des réseaux d’adduction et de distribution qu’à celui des multiples formes de consommation et de recyclage de l’eau. Le bénéfice ne pourra être qu’amplifié, parce que non seulement la Région économisera de lourds investissements nécessaires pour construire les ouvrages de mobilisation et d’éventuels transferts d’eau (capitaux qui ne sont pas toujours disponibles), mais elle valorisera raisonnablement son propre patrimoine hydrique, tout en sauvegardant son environnement, sans oublier l’acquis incommensurable en matière de comportement économe, responsable et civique des populations, des administrations et des entreprises locales.
Source:
http://www.oujdacity.net/economie-oujda-article-14826-fr.html
Situation au Maroc
(l'or bleu)
Vendredi 2 Janvier 2009
« L’Or bleu » aborde la problématique de la gestion des ressources en eau à travers l’exemple du Maroc et de Marrakech en particulier. « La perle du Sud » compte un million d’habitants et voit chaque année passer dans ses murs deux millions de touristes qui consomment cinq fois plus d’eau que toute la population locale. Si l’économie hôtelière ne peut que se réjouir de cette situation, il n’en va pas de même des populations paysannes pour qui l’accès à l’eau s’est aggravé, compte tenu de la surexploitation des nappes phréatiques. Qui donc gère et distribue cette eau de plus en plus précieuse ? Damien de Pierpont donne la parole aux différents acteurs qui font part de leurs arguments quant à la possible – et probable ? - privatisation du marché de l’eau.
source aqueduc.info
source aqueduc.info
http://video.google.fr/videoplay?docid=-6515280746552144373&hl=fr


