Association pour le Contrat Mondial de L'Eau
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Acme-Maroc Medhi LAHLOU
Président ACME-Maroc, Professeur INSEA, Membre fondateur de la Coalition mondiale contre la privatisation et la marchandisation de l'eau et du Forum alternatif maghrébin de l’eau. Membre fondateur de l’Université du Bien commun
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revue de presse
Une ville australienne interdit les bouteilles d'eau
Mardi 8 Septembre 2009Les habitants de la petite ville de Bundanoon ont décidé d'interdire la vente de bouteilles dans leur commune afin de limiter le coût environnemental que représentent l'extraction, l'embouteillage et la distribution.
Les habitants de la ville Bundanoon en Australie ont décidé, mercredi 8 juillet, d'interdire la vente de bouteilles d'eau dans leur commune, une première mondiale dans la lutte pour la protection de l'environnement.
Cette décision a été votée à la quasi-unanimité lors d'une réunion publique à laquelle participaient 350 résidents des 2.500 habitants de cette petite ville située dans l'Etat du New South Wales. Seules deux personnes ont voté contre, un habitant et le représentant de l'industrie de l'eau minérale.
"Bundy on Tap"
L'interdiction de vente de bouteilles d'eau fait partie d'une campagne de sensibilisation à l'environnement lancée par la municipalité et baptisée "Bundy on Tap" (de "Bundy", surnom de la ville et "Tap" signifiant robinet).
C'est un projet d'une société de boissons qui a sensibilisé les habitants au coût environnemental que représentent l'extraction, la mise en bouteille et la distribution de l'eau minérale. Celle-ci envisageait en effet d'exploiter une réserve d'eau située sous la ville. "La société voulait extraire l'eau localement, la mettre en bouteille à Sydney et la ramener ici pour la vendre", explique à la BBC l'un des responsable de la campagne.
Si les habitants de Bundanoon devront maintenant se contenter de l'eau du robinet, les visiteurs, eux, se verront remettre une bouteille réutilisable, marqué du slogan "Bundy on Tap".
(Nouvelobs.com)
Cette décision a été votée à la quasi-unanimité lors d'une réunion publique à laquelle participaient 350 résidents des 2.500 habitants de cette petite ville située dans l'Etat du New South Wales. Seules deux personnes ont voté contre, un habitant et le représentant de l'industrie de l'eau minérale.
"Bundy on Tap"
L'interdiction de vente de bouteilles d'eau fait partie d'une campagne de sensibilisation à l'environnement lancée par la municipalité et baptisée "Bundy on Tap" (de "Bundy", surnom de la ville et "Tap" signifiant robinet).
C'est un projet d'une société de boissons qui a sensibilisé les habitants au coût environnemental que représentent l'extraction, la mise en bouteille et la distribution de l'eau minérale. Celle-ci envisageait en effet d'exploiter une réserve d'eau située sous la ville. "La société voulait extraire l'eau localement, la mettre en bouteille à Sydney et la ramener ici pour la vendre", explique à la BBC l'un des responsable de la campagne.
Si les habitants de Bundanoon devront maintenant se contenter de l'eau du robinet, les visiteurs, eux, se verront remettre une bouteille réutilisable, marqué du slogan "Bundy on Tap".
(Nouvelobs.com)
acme maroc
Rédigé par acme maroc le Mardi 8 Septembre 2009 à 03:07
revue de presse
A Ben Smim, au Maroc,les habitants ne veulent pas partager "leur eau"
Mardi 8 Septembre 2009
Un trésor est caché à Ben Smim, bourg agricole situé dans les monts verdoyants de la "petite Suisse du Maroc", à 70 km de Fès. L'endroit est pourtant pauvre : des maisons modestes bordent les ruelles en terre battue ; alentour, les conduites d'irrigation des champs tombent en ruines. Mais les habitants possèdent un bien particulièrement convoité dans ce pays menacé par la recrudescence des sécheresses liée au réchauffement climatique : une source. Une eau cristalline coule à flots à cinq kilomètres de Ben Smim. Mais les villageois, pour la plupart éleveurs ou maraîchers, seront bientôt contraints de partager "leur eau" avec des millions de consommateurs marocains. Une usine d'embouteillage de la société Euro-Africaine des eaux (EAE), propriété de l'homme d'affaires français Nicolas Antaki, est en train de sortir de terre. Elle devrait être inaugurée d'ici à la fin de l'année. L'objectif est de produire cent millions de litres par an pour le marché marocain.
Manifestations, blocages du chantier..., les villageois s'opposent au projet depuis plusieurs années. Six personnes ont été condamnées à trois mois de prison avec sursis après des affrontements violents entre habitants et forces de l'ordre lors du démarrage du chantier, en septembre 2007. Leïla est fière d'avoir été au premier rang des manifestations. "Je n'aime pas cette usine, elle nous a été imposée par la force", lance-t-elle. "L'existence de ce village est liée à la source, que se passera-t-il si l'eau vient à manquer ?, interroge un autre habitant. Les gens veulent des règles."
Le bouillant doyen du village, Ali Tahiri, 72 ans, fait partie des contestataires les plus virulents. "Nous n'avons déjà pas assez d'eau, nos parcelles ne sont irriguées qu'une année sur deux, s'époumone-t- il. Qu'arrivera- t-il si le débit de la source baisse ?" L'agriculteur brandit des photocopies de "dahir" (décrets royaux) dont le plus ancien remonte au XIVe siècle. "Les dahirs le disent, la source est à nous, personne ne doit y toucher", poursuit-il. Les agriculteurs ne versent d'ailleurs pas un dirham de redevance pour son utilisation.
Les opposants sont soutenus par des militants altermondialistes, qui voient dans l'affaire un symbole de la "marchandisation des biens publics" et ont fait connaître Ben Smim à l'étranger. "L'eau est la seule chose qui permet à cette population de vivre, affirme Mehdi Lahlou, professeur d'économie et président de l'Association pour le contrat mondial de l'eau (ACME) au Maroc. Rien ne garantit que le cahier des charges sera respecté et que l'entreprise ne déterminera pas la part des uns et des autres."
Face à la contestation, qui a fait prendre trois ans de retard au projet, M. Antaki veut rassurer, rappelant quelques éléments du dossier : la population ne dispose de droits que sur 40 % du débit de la source, et l'eau mise en bouteille sera puisée dans les 60 % restants, qui appartiennent à l'Etat. "Ici, les gens ne comprennent pas cela, ils pensent que tout est à eux", observe l'entrepreneur. En outre, le débit concédé est de trois litres par seconde, sur un débit moyen de 80 litres. En année pluvieuse, il attend 140 litres, et n'est jamais descendu sous les 20 litres depuis quarante ans.
Le Maroc sera cependant de plus en plus confronté à des pénuries d'eau. "On ne peut pas savoir ce que la source produira à l'avenir, concède M. Antaki. Mais nous sommes dans une région où la pluviométrie est très élevée. Même en période de sécheresse, la source coule." Selon lui, le véritable problème en matière d'eau vient de l'agriculture. Le manque d'entretien du système d'irrigation du village entraîne des pertes très importantes. Le chef d'entreprise explique, enfin, qu'il a sillonné le pays pendant trois ans avant de choisir Ben Smim, et qu'il a obtenu toutes les autorisations nécessaires de l'Etat et des autorités locales.
Dans le village, l'opposition n'est d'ailleurs pas unanime. "Si l'usine peut apporter quelque chose, pourquoi pas ?, glisse Fadila. Nous voulons que nos maris aient du travail." Une centaine de curriculum vitae ont été reçus par l'EAE pour le poste de gardien. M. Antaki table sur la création d'une centaine d'emplois au total et s'est engagé à recruter localement. Les taxes versées à la commune rurale (qui regroupe plusieurs localités dont Ben Smim), proportionnelles aux ventes, pourraient atteindre cinq à dix millions de dirhams par an (880 000 euros), selon lui.
"J'étais contre le projet au départ, dit Moulay Guenoun, ancien conseiller communal. Mais un protocole d'accord a été signé et l'entreprise a répondu à nos revendications. L'usine est une nouvelle ressource pour la commune." M. Guenoun a confiance dans l'abondance des pluies à venir. "J'espère surtout que la société respectera ses engagements en ce qui concerne l'emploi", conclut-il.
Gaëlle Dupont
Le Monde 4.09.09
Manifestations, blocages du chantier..., les villageois s'opposent au projet depuis plusieurs années. Six personnes ont été condamnées à trois mois de prison avec sursis après des affrontements violents entre habitants et forces de l'ordre lors du démarrage du chantier, en septembre 2007. Leïla est fière d'avoir été au premier rang des manifestations. "Je n'aime pas cette usine, elle nous a été imposée par la force", lance-t-elle. "L'existence de ce village est liée à la source, que se passera-t-il si l'eau vient à manquer ?, interroge un autre habitant. Les gens veulent des règles."
Le bouillant doyen du village, Ali Tahiri, 72 ans, fait partie des contestataires les plus virulents. "Nous n'avons déjà pas assez d'eau, nos parcelles ne sont irriguées qu'une année sur deux, s'époumone-t- il. Qu'arrivera- t-il si le débit de la source baisse ?" L'agriculteur brandit des photocopies de "dahir" (décrets royaux) dont le plus ancien remonte au XIVe siècle. "Les dahirs le disent, la source est à nous, personne ne doit y toucher", poursuit-il. Les agriculteurs ne versent d'ailleurs pas un dirham de redevance pour son utilisation.
Les opposants sont soutenus par des militants altermondialistes, qui voient dans l'affaire un symbole de la "marchandisation des biens publics" et ont fait connaître Ben Smim à l'étranger. "L'eau est la seule chose qui permet à cette population de vivre, affirme Mehdi Lahlou, professeur d'économie et président de l'Association pour le contrat mondial de l'eau (ACME) au Maroc. Rien ne garantit que le cahier des charges sera respecté et que l'entreprise ne déterminera pas la part des uns et des autres."
Face à la contestation, qui a fait prendre trois ans de retard au projet, M. Antaki veut rassurer, rappelant quelques éléments du dossier : la population ne dispose de droits que sur 40 % du débit de la source, et l'eau mise en bouteille sera puisée dans les 60 % restants, qui appartiennent à l'Etat. "Ici, les gens ne comprennent pas cela, ils pensent que tout est à eux", observe l'entrepreneur. En outre, le débit concédé est de trois litres par seconde, sur un débit moyen de 80 litres. En année pluvieuse, il attend 140 litres, et n'est jamais descendu sous les 20 litres depuis quarante ans.
Le Maroc sera cependant de plus en plus confronté à des pénuries d'eau. "On ne peut pas savoir ce que la source produira à l'avenir, concède M. Antaki. Mais nous sommes dans une région où la pluviométrie est très élevée. Même en période de sécheresse, la source coule." Selon lui, le véritable problème en matière d'eau vient de l'agriculture. Le manque d'entretien du système d'irrigation du village entraîne des pertes très importantes. Le chef d'entreprise explique, enfin, qu'il a sillonné le pays pendant trois ans avant de choisir Ben Smim, et qu'il a obtenu toutes les autorisations nécessaires de l'Etat et des autorités locales.
Dans le village, l'opposition n'est d'ailleurs pas unanime. "Si l'usine peut apporter quelque chose, pourquoi pas ?, glisse Fadila. Nous voulons que nos maris aient du travail." Une centaine de curriculum vitae ont été reçus par l'EAE pour le poste de gardien. M. Antaki table sur la création d'une centaine d'emplois au total et s'est engagé à recruter localement. Les taxes versées à la commune rurale (qui regroupe plusieurs localités dont Ben Smim), proportionnelles aux ventes, pourraient atteindre cinq à dix millions de dirhams par an (880 000 euros), selon lui.
"J'étais contre le projet au départ, dit Moulay Guenoun, ancien conseiller communal. Mais un protocole d'accord a été signé et l'entreprise a répondu à nos revendications. L'usine est une nouvelle ressource pour la commune." M. Guenoun a confiance dans l'abondance des pluies à venir. "J'espère surtout que la société respectera ses engagements en ce qui concerne l'emploi", conclut-il.
Gaëlle Dupont
Le Monde 4.09.09
