Association pour le Contrat Mondial de L'Eau

Les Rendez-vous d'ACME-MAROC

FETE DE L'EAU A IFRANE  Mardi 06 Mai 2008


Association pour le Contrat Mondial de l'Eau – Maroc
Fête de l'Eau « L'eau, droit humain »
(Avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert)
Ifrane – Samedi 17 et Dimanche 18 mai 2008

Le Lion d Ifrane
Le Lion d Ifrane


Programme
Samedi 17 mai

14h - 15h : Accueil des participants
15h - 15 h 15 : Mot de bienvenue et présentation du programme des deux journées
15h 15 - 15 h 45 : Communication portant sur les différents dossiers (Ben S'mim, Lydec, Eau et développement durable, etc…) dans lesquels ACME – Maroc est impliquée. Bureau national D'ACME
15h 45 - 16h30 : Discussion
16h30 - 17h : Pause - café
17h - 17h45: Communication de Larbi Bouguerra (ancien président de l'Université de Tunis): La question de l'eau en Méditerranée
17h45 - 19h : Discussion
20h : Dîner sur place
Après 21H, soirée animées par des troupes folkloriques du Moyen Atlas et le club Al Ghosn Al akhdar de Oued Zem

Dimanche 18 mai

9h - 10h30 : Conférences de sensibilisation sur la question de l'eau, et discussion
10h30 - 11H : Pause – café
Activités ludiques et animations (avec des écoliers, collégiens et lycéens de la Province )
13h - 14h30 : Déjeuner sur place
Suivi de - Remise de trophées aux participants
- Discours de clôture des deux journées
Fin des journées vers 17h30 - 18H
NB: une exposition de tableaux et un atelier d'art plastique seront ouverts pour tous les participants



Mardi 06 Mai 2008 00:26 | Commentaires (0)


Situation au Maroc

La Gestion déléguée en question  Mercredi 23 Avril 2008

la vie économique refuse a ACME-MAROC un droit de réponse, pour apporter quelques précisions et éclaircissements suite à l'interview du patron de la Lydec et l'article sur Ben S'mim que l'hebdomadaire en question a publié dans son numéro daté du 21/27 mars 2008 :

Le dossier Lydec

La privatisation des services de distribution de l'eau et de l'électricité initiée au Maroc au cours des années 1990 va prendre la forme juridique de ‘'Gestion déléguée‘'.
Elle se traduira progressivement par le passage au privé, en l'occurrence ici à deux grands groupes français de la distribution de l'eau et de l'électricité et de l'assainissement dans 3 des plus grands importants centres urbains du Maroc, Casablanca, Rabat-Salé et Tanger - Tétouan

En 1997, la Lyonnaise des eaux prend le contrôle de la régie publique (Régie autonome de distribution) à Casablanca; l'ancienne RAD devient ainsi Lydec.
En 1998, la même opération se produit à Rabat au profit d'investisseurs espagnols et portugais. Ceux-ci seront supplantés par Vivendi Environnement, via sa filiale Vivendi Water, en 2002.
Cette même année Veolia Environnement prend la gestion des régies autonomes de distribution à Tanger et Tétouan qui seront fusionnées et prendront le nom d'Amendis.

En l'espace de 6 années la Délégation de service public de l'eau (et de l'électricité) va inclure 50 % du volume d'eau distribuée dans les grandes villes marocaines par 17 opérateurs (13 régies locales et 4 opérateurs privés).
Dans les villes de Casablanca, Rabat-Salé et Tanger-Tétouan le chiffre d'affaires (lié à la distribution) des sociétés privées était estimé en 2005 à quelque 8 milliards de dirham soit entre 2 et 2,5 % du PIB national.
La Gestion déléguée visait notamment :
& l'amélioration de la qualité du service à tous les stades opérationnels d'intervention des sociétés désignées.
& la facilitation et la diminution des délais de branchement des ‘'usagers/clients'' .
& la facilitation et la diminution des délais de recouvrement.
Mais très rapidement les principes économiques et ‘'sociaux'' fondateurs de la volonté de recours au mécanisme juridique de la Gestion déléguée vont trouver leurs limites face à la pauvreté de la population, spécialement en milieu urbain:
 Les principes de ‘'consentement à payer'', de ‘'l'eau paie l'eau'' et de recouvrement intégral des coûts vont être appliqués à l'ensemble des abonnés. Cela sera d'autant plus douloureux pour la population que concomitamment l'Etat va augmenter ses prélèvements fiscaux sur l'eau, l'électricité et l'assainissement et baisser en 2006 la tranche de consommation sociale de l'eau de 8 m3 à 6m3.
_ Les Opérations de branchements sociaux qui devaient faciliter l'accès des plus pauvres au réseau ne donnent pas les résultats escomptés: par exemple pour Casablanca, 10.000 branchements annuels étaient annoncés contractuellement, mais le nombre de ce qui a été réalisé effectivement n'a pas dépassé 1.250 entre 1997 et 2007.
Le coût du raccordement, qui s'élève à près de 8.000 dh par branchement, est prohibitif pour une population dont le revenu ne dépasse pas 16.000 dh/par an en moyenne (une population qui est par ailleurs la plus pauvre dans les quartiers périphériques, là justement où le nombre de raccordements est le plus faible dans les villes).
Toutefois, l'absence jusqu'à présent de résultats tangibles quant à la réalisation de ces éléments, malgré leur importance politique dans un contexte économique et social précarisé, peut désormais être considérée comme un volet accessoire – presque subalterne – par rapport à ce qu'une enquête menée au cours de l'année 2007 par une équipe de consultants indépendants au sujet de la distribution de l'eau et de l'électricité et de l'assainissement par la Lydec à Casablanca a montré comme ‘'défaillances'', ‘'dépassements‘' et autres comportements ‘'non respectueux des engagements contractuels‘' de la part de la Lydec.
Les résultats connus du grand public à partir de cette enquête (rendue publique à partir de novembre 2007) montrent de grands écarts au sujet de tous les paramètres économico-financiers entre ce qui a été initialement prévu en 1997 et ce qui a été effectivement réalisé jusqu'en 2007.
Ces écarts peuvent être résumés dans les principaux éléments suivants.
Ainsi, selon un dossier de presse publié par la Lydec en avril 1997, suite à la signature du contrat de Gestion déléguée :
• Le contrat de Gestion déléguée met à la disposition de la Communauté urbaine de Casablanca un mode de financement qui permet d'investir massivement sans impact sur les finances locales.
• L'existence du contrat permet à la puissance publique de choisir l'échéancier des mises en service des différents investissements avec la garantie contractuelle que les délais, même courts, seront tenus.
• Il l'autorise à ne pas financer elle-même les investissements nécessaires et à faire appel aux compétences et ressources financières du secteur privé.
• Le contrat permet la reprise intégrale du personnel de la RAD.
• Il permet la mobilisation de financements européens importants pour investir localement, au service de la population.
• Il autorise le développement d'une image positive (du Maroc !) auprès des acteurs économiques locaux et étrangers.
• Il n'implique pas de recours aux financements de l'Etat.
Ces prédispositions initiales vont cependant être relativisées en 2005 par un ensemble de constats émanant aussi de la Lydec.
Pour cette dernière le contrat a induit dans son exécution des éléments limitatifs importants qui seront considérés autant d'indices probables de la non réalisation des clauses contractuelles qui sera connue 2 années plus tard.
Parmi ces éléments limitatifs la Lydec a relevé les points suivants :
• Les variables essentielles du démarrage ne sont pas celles ayant servi de base à l'établissement du contrat.
• Les investissements à réaliser sont parfois différents de ceux qui ont été prévus au contrat.
• La nature du contrat n'est pas bien précisée.
• Le problème des retraites n'a pas été anticipé.
• Les tarifs ne sont plus adaptés.
• La régulation du contrat n'est pas suffisamment définie.
• Les délais et les mécanismes de résolution des problèmes ne sont pas définis correctement.
• Et, enfin, le contenu du contrat et les obligations du délégataire ne sont pas connus de toutes les parties prenantes.
En réalité, le contenu de ce contrat, voulu et négocié en son temps par l'ancien Ministre de l'Intérieur Driss Basri au mépris de toutes les règles de la démocratie locale n'était connu au Maroc que de peu de monde.
Et c'est probablement de cette opacité et de cette absence de respect des institutions – et donc, de respect des intérêts éminents de la population que cela induit – qu'ont découlé certains des manquements au Contrat tels que répertoriés par les enquêteurs qui ont eu à voir les documents que la Lydec a bien voulu leur fournir.
De l'enquête précitée il est ressorti notamment:
• Que le capital apporté par la Lydec devait être libéré dans les 3 années suivant la signature du contrat, soit en 2000. Il ne l'a été tout à fait qu'en 2006, soit avec un retard de 6 années.

• Au sujet des investissements à réaliser par la Lydec un écart de 2,074 milliards de dirhams a été relevé entre 1997 et 2006 par rapport à un investissement contractuel actualisé de 3,815 milliards de dirhams.
• Au sujet des bénéfices réalisés par la société délégataire, le contrat ne prévoyait aucune distribution de dividendes jusqu'en 2009, or de 2003 à 2006 la Lydec en a distribué pour 560 millions de dirhams. (Pour l'autorité délégante, il existe un lien entre le non-respect par le délégataire de ses obligations d'investissements et le paiement prématuré des dividendes).

• Enfin, au sujet des transferts de devises au profit des actionnaires de la Lydec et de certains de ses fournisseurs – au titre de ‘'l'assistance technique'' - à l'étranger, les enquêteurs ont conclu à des transferts non justifiés de l'ordre de 678 millions de dirhams, ce qui correspond à 85 % du capital théoriquement apporté par la Lydec.
De la sorte, le non respect manifeste d'un ensemble d'engagements contractuels prééminents de la part d'une société privée délégataire de service public dans le domaine vital de l'eau, dans une métropole de plus de 4 millions d'habitants, dans un pays en voie de développement ne peut relever du simple ‘'conflit commercial‘'.
La révision du contrat de gestion déléguée a été annoncée le 14 mars 2008, mais celle-ci est loin de combler les écarts ainsi relevés (voir communiqué d'ACME-Maroc en date du 31 mars 2008) .



Mercredi 23 Avril 2008 00:31 | Commentaires (1)


L'EDITO

conference de presse  Lundi 07 Avril 2008

Conférence de presse ACME – Maroc
Rabat, 31 mars 2008


Le bureau national d'ACME-Maroc, après avoir rappelé par la voix de son president, certains des principaux traits de la problématique de l'eau au Maroc (voir notamment le communiqué publié par l'association à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau) est revenue sur le dossier de la Lydec et le projet de ‘'mise en bouteille par une enterprise privée des eaux de la source du village de Ben S'mim''.

Au sujet de la Lydec, et après le rappel des principales clauses du contrat de la Gestion déléguée à Casablanca et des différents manquements de la Lydec à ces clauses (comme cela est ressorti du rapport officiel publié à ce propos le 7 novembre 2007), l'Association ACME-Maroc relève les remarques essentielles suivantes par rapport à la revision de ce contrat telle qu'intervenue le 14 mars 2008:
1/ Il a été annoncé que la Lydec va reverser à la Communauté urbaine de Casablanca (CUC) la somme de 1,05 milliard de dirhams (en annonçant ce reversement, le Maire de Casablanca avait parlé en centimes pour insister sur l'importance des montants remboursés), or selon les calculs d'ACME-Maroc, la Lydec doit encore à la CUC et donc à l'Etat marocain entre 2 et 2,5 milliards de dh (entre 200 et 250 milliards de centimes) au titre des dividendes illégalement distribués entre 2001 et 2006 et au titre des paiements effectués par les abonnés de l'ancienne RAD aux guichets de la Lydec à partir du 1er juillet 1997 (ces paiements portent sur la période allant d'avril à juin 1997). Ces montants devant bien sûr être actualises.
2/ Les investissements prévus pour les 20 prochaines années ont été fixes à 10 milliards de dhs. Avec les investissements realises par la Lydec depuis 1997 cela porterait le montant total des investissements operas pour toute la période couverte par le contrat de Gestion déléguée à près de 16 milliards de Dhs, or, au moment de la signature de ce contrat il a été annoncé un investissement global de 30 milliards de dhs. Ce laisse une difference de près de 14 milliards de dhs. Qui en prendra alors la charge.
3/ A l'annonce du contrat, la Lydec avait convenu que la Lydec prendrait en charge le personnel de la RAD, y compris s'agissant des retraites, or, le contrat tel que revise annonce que la prise en charge des retraites est laissée à l'Etat et à la CUC.

S'agissant de l'affaire Ben S'mim, ACME-Maroc déclare ce qui suit:
A/ Aussi bien pour la population de Ben S'mim que pour notre association et celles qui nous soutiennent à ce propos, il ne s'agit pas d'un projet économique mais d'un reel déni de justice et d'une vraie spoliation de la source de vie des populations concernées
B/ L'action menée à travers ce projet ignore se fait dans l'opacité la plus totale dans l'ignorance absolue des interêts de la population et de toute une region où rien ne peut plus être imaginé en l'absence de l'eau.
C/ La population reste opposée à ce projet et mobilisée, avec le soutien d'ACME-Maroc et des associations qui adhèrent à son action et aux principes qu'elle defend (AMDH, ATTAC-Maroc et Association pour la défense des deniers publics), pour le faire arrêter.



Lundi 07 Avril 2008 00:27 | Commentaires (0)


les SOS

BEN'SMIM  Jeudi 03 Avril 2008

COMMUNIQUE : à la suite du Sit-in organisé par les habitants de Ben'Smim le 30 mars 2008


En cette journée triste du 30 mars, et en commémoration de la date de signature du « contrat de concession » pour l'exploitation de l'eau de l'unique source du village au profit de la société « EURO-AFRICAINE DE EAUX » , les habitants de Ben'Smim ont organisé un autre sit-in avec la présence de membres de l'Association pour le Contrat mondial de l'eau au Maroc (ACME-Maroc) et l'Association marocaine des droits humains (AMDH) et le soutien des ONG telles qu'ATTAC – Maroc et l'Association pour la défense des deniers publics, dans le cadre de leur lutte pour manifester leur claire protestation contre le sabotage des efforts continus des habitants par le biais des poursuites judiciaires et les multiples procès, alors que les travaux de construction de l'usine de mise en bouteille de l'eau sont en cours.
Profondément affectés par le déni de justice dont ils sont victimes et conscients de la situation critique où ils se trouvent, les habitants de Ben'Smim expriment encore une fois:

• leur revendication à voir résilié le contrat de privatisation des eaux de leur village et l'arrêt immédiat du projet en cours de réalisation sur leurs terres.
• Leur refus catégorique des menaces, directes et indirectes, dont ils font l'objet de la part des autorités et leur condamnation de l'indifférence du gouvernement à leur égard.
• Leur refus des machinations, y compris judiciaires, en cours dont le seul but est de les museler en vue de les priver de leur droit inaliénable à l'eau de l'unique source de leur village.
• Leur demande d'une contre-expertise, indépendante, pour démontrer le non fondé des données sur lesquelles se base le projet en cours de réalisation.

Les habitants lancent enfin un appel à toutes les forces vives au niveau national et international pour manifester leur solidarité avec leur juste cause, celle du refus de l'injustice, de la spoliation et de la privatisation de la vie.


Jeudi 03 Avril 2008 12:22 | Commentaires (0)


Situation au Maroc

conference de presse  Jeudi 27 Mars 2008

conference de presse
ACME MAROC et L' AMDH (l'association marocaine des droits de l homme ) organisent conjointement une conférence de presse le lundi 31 mars à 10h au siège central de l'AMDH ,sis :Boulevard Hassan ii, Rue Aguensouss, immeuble N° 6, app 1 (au rez-de-chaussée) RABAT,
contacts: Tél: 037 73 09 61 ; 061556502
Cette conférence sera consacrée au dossier Lydec et à celui de Ben S'mim.



Jeudi 27 Mars 2008 20:58 | Commentaires (0)


L'EDITO

communiqué ACME MAROC  Jeudi 20 Mars 2008

Communiqué à l'occasion de la journée mondiale de l'Eau

La communauté internationale célèbre aujourd'hui, sous l'égide de l'ONU, la 15ème « Journée mondiale de l'eau ». Cette célébration intervient alors que l'absence d'accès à une eau potable touche encore plus de 1,1 milliard d'êtres humains et celle des moyens d'assainissement affecte 2,6 milliards de personnes, particulièrement dans les pays les plus pauvres, surtout en Afrique, où le processus de marchandisation de l'eau, entamé au début des années 1980 - à la faveur des programmes d'ajustement structurel, initiés par la Banque mondial et le FMI – semble s'accélérer.
Au Maroc, pays d'Afrique du Nord soumis à partir de 1982 aux directives économiques et financières des deux entités internationales sus-citées, le Droit d'accès à l'eau, bien que garanti par la loi sur l'eau – publiée voici maintenant 13 ans - est de moins en moins effectif.
Ceci, d'une part, en raison de la Gestion déléguée qui a de fait transformé l'eau en marchandise, en faisant payer aux citoyens-usagers les coûts des services attachés à l'eau plus les bénéfices des entreprises et aussi en raison de la forte augmentation des tarifs de l'eau, particulièrement depuis 2006, d'autre part, à cause de la tendance effrénée à la privatisation de toutes les sources d'eau du pays, quels que soient le débit de leurs eaux ou le degré de pauvreté des populations vivant dans les régions où elles jaillissent.
Le cas du village de Ben S'mim, tout en étant emblématique de cette tendance, est par ailleurs exemplaire de la résistance populaire et des solidarités qui se manifestent de plus en plus nettement aujourd'hui au Maroc, comme dans de nombreuses autres régions du monde, soumises aux mêmes pressions du libéralisme à pas forcé et des seules lois du marché, notamment dans le domaine vital de l'eau.
Ces éléments illustrant l'incohérence d'une politique économique et sociale sensée théoriquement assurer l'amélioration des conditions de vie de la population marocaine notamment à travers un meilleur accès à l'eau, sont par ailleurs aggravés par :
a/ l'irrégularité de plus en plus grande des précipitations, conséquence directe du réchauffement du climat
b/ le fait que l'agriculture absorbe plus de 80 % des eaux mobilisées, avec un taux de perte de plus de 60 % en raison notamment de modes d'irrigation obsolètes
c/ les pollutions de toutes natures, et autres usages inconsidérés, qui continuent d'affecter autant les eaux de surface que les nappes phréatiques dont dispose le pays
Consciente de tous les dangers actuels et futurs attachés à cet état des choses, ACME-Maroc réitère en cette journée mondiale de l'eau ses revendications pour :
1/ La reconnaissance de l'accès à l'eau pour tous au Maroc comme un droit humain fondamental
2/ Une réforme globale de la politique de l'eau au Maroc, avec désignation d'une instance nationale à même d'élaborer une stratégie d'ensemble de long terme en la matière et de procéder aux arbitrages nécessaires entre les différents usages de l'eau
3/ Une autre politique économique et sociale, notamment dans les secteurs du tourisme et de l'agriculture, qui tienne compte de la baisse des ressources en eau du pays et qui permette aussi bien de protéger ces ressources contre les pollutions/gaspillage qui les affectent aujourd'hui que de les recycler pour en optimiser l'usage.
4/ L'intégration de l'éducation à l'eau (et à l'environnement en général) dans les cursus d'enseignement, fondamental notamment.
Par ailleurs, ACME-Maroc, tout en attendant d'en savoir davantage sur les termes réels de la révision du contrat de Gestion déléguée intervenue le 14 mars 2008, affirme que :
1/ Les modifications au contrat initial, telles que publiées, sont loin de correspondre à ce qui était attendu. Surtout, les reversements au profit de la ville de Casablanca par la Lydec ne couvrent qu'une faible partie des manquements contractuels qui ont été relevés par la commission d'enquête dont le rapport a été publié le 7 novembre 2007.
2/ Il y a toujours besoin d'une enquête parlementaire et judiciaire pour déterminer ce qui s'est réellement passé lors de la signature du contrat de Gestion déléguée à Casablanca en 1997, et aussi pour les contrats de même nature qui ont suivi à Rabat et à Tanger/Tétouan
3/ Le silence médiatique et politique – aucun débat sur le sujet n'a notamment eu lieu au parlement – qui a entouré la révision telle qu'annoncée, la rapidité de cette révision et l'ampleur des montants dont il y a été question montrent les marges dont bénéficiait la société délégataire. De telles marges, quelle que soit leur importance, indiquent bien que le seul moteur du capital privé – national ou étranger – dans l'eau comme ailleurs, est le profit financier et à court terme. Or un tel moteur est antinomique par rapport à un droit humain fondamental comme celui de l'accès à l'eau.

Rabat le 20 mars 2008




Jeudi 20 Mars 2008 20:00 | Commentaires (0)


revue de presse

L'intifada de l'eau  Jeudi 28 Février 2008

Défendre le droit à l'eau c'est défendre la vie.au Maroc a commencé donc une nouvelle bataille qui attire tous les jours de nouveaux militants, cette bataille est menée par des hommes et femmes conscients de l'ampleur du problème et de l urgence de l'intervention collective pour bloquer la menace qui pèse sur le droit à l'eau.

mohamed sassi
mohamed sassi
Le mouvement social au Maroc connaît une évolution accélérée dans ses formes d'expression, d'encadrement et d'organisation et dans la qualité des revendications qu'il accompagne/suscite et la nature des groupes sociaux qui y participent.
Le ‘'Cahier de charges'' des centrales syndicales, par exemple, n'est plus capable aujourd'hui de traduire et de condenser toutes les revendications fondamentales de nature sociale, pour cela de nouveaux outils et mouvements portant des revendications fortes poussent sur la scène sociale, avec de nouvelles perceptions et une nouvelle formulation, souvent totalement différentes de ce qui a été le cas dans le passé, et avec une précision/netteté dans le discours qui reflètent un progrès dans la conscience collective, une plus grande complexité dans l'ingénierie de l'action sociale et une assimilation des vents du changement qui soufflent sur le monde et une interaction créative avec les expériences venues d'ailleurs, c'est-à-dire d'autres régions de ce petit village planétaire qu'est devenu le monde.
L'émergence de l'Association nationale des diplômés chômeurs a annoncé l'entrée du temps social marocain dans une nouvelle phase, car la revendication sociale essentielle est passée sous l'égide directe d un nouveau cadre qui a bouleversé la carte du conflit social et a usé de mécanismes inédits. De même que l apparition et la prolifération des coopératives de logement a permis, pendant une certaine période de fournir un cadre pour l affrontement collectif d un dilemme social appelé le logement, en particulier pour les classes moyennes dans les villes. Puis, il s est développé un processus de création de nouvelles structures qui s ajoutent a l arsenal des anciennes structures, ainsi il est apparu, a coté des syndicats, des coopératives et des instances professionnels, dans ce qui ressemble a une vague puissante, un réseau dense d'associations intéressées par les questions relatives aux conditions matérielles de vie. Ainsi les citoyens d'aujourd'hui n'hésitent pas à créer des outils appropriés a leur mouvement social, y compris ceux qui se limitent parfois à formuler une revendication circonstancielle précise dans un lieu précis, d' enrichir les anciennes formes d action ,par l invention de nouvelles formes comme le refus de paiement des Factures de l' eau et de l'électricité, et le boycott des élections, et de nouvelles forme de sit in et d occupation ,jusqu a la mise en scène de pratiques «suicidaires» parfois désespérées comme la tentative de se faire brûler le corps initiée par certains chômeurs et l'occupation du chemin de fer par des aveugles revendiquant du travail ...

Le militantisme collectif englobe aujourd'hui un domaine pour les droits économiques et sociaux, les droits civils et politiques beaucoup plus large qu'auparavant. Cela est plus manifeste dans la pratique de l'Association marocaine des droits de l'homme, qui œuvre a accompagner et suivre le rythme de cette élargissement, et a commencé a donner de plus en plus l'image d un point de convergence d'un certain nombre d'acteurs et de mouvements dans le domaine social, comme cela a été le cas pour l USFP dans le passé et qui représentait – ou il était perçu comme- un Centre d appui postérieur pour la protestation sociale dans son ensemble. Il convient de rappeler que l activité des 'autres organisations des droits de l'homme se trouve à un degré d'efficacité et d'efficience tout aussi important.

Parmi les droits qui sont aujourd'hui confrontés à une menace grave et grandissante dans notre pays, on trouve le droit à l'eau. Il ne s'agit pas d'un problème mineur, car il est lié à une source de la vie, et concerne des catégories sociales en constante expansion qui sont confrontées à de graves difficultés pour satisfaire leurs besoins en matière d'eau.
De ce fait, la société civile marocaine est entrée dernièrement dans de nouvelles expériences en matière de lutte pour assurer le droit de chacun à sa part d'eau nécessaire, et pour promouvoir une prise de conscience collective de la gravité de la situation de l'eau au Maroc, qui va nous conduire à une véritable catastrophe nationale s'il n'est pas changé beaucoup des politiques, de coutumes et de modes de la gestion

On peut classer notre pays aujourd'hui dans le carré des pays connaissant des pénuries d'eau, principalement à cause de l'irrégularité des pluies ,80 à 85% des ressources en eau disponibles sont utilisées dans le secteur agricole. Les eaux souterraines et les eaux de surface connaissent une pollution multiple, en plus du déséquilibre enregistré dans la gestion de l'eau potable entre la ville et le milieu rural. Selon le Président de l'Association l'eau et l'énergie pour tous, la moitié des écoles dans les zones rurales ne disposent pas d'eau et d'électricité.

A coté de l association mentionnée ,une autre ONG a vu le jour en mai 2006 et qui opère dans le même sens,l' association pour le contrat mondial de l eau «ACME-MAROC», qui a mis en place un ensemble de revendications visant à garantir pleinement la protection du droit à l'eau, et en premier lieu l appel a la reconnaissance du droit d'accès à l'eau pour tous comme un droit humain fondamental, et pour parvenir à une réforme globale de la politique de l'eau au Maroc, l'adoption d'autres orientations économiques et sociales, en particulier dans les secteurs de l'agriculture, l'industrie et le tourisme, qui prend en compte La baisse des ressources en eau du pays et la protection de ces ressources contre le gaspillage et la pollution, et d'intégrer cette protection dans les programme scolaires.

ACME MAROC a exprimé son refus catégorique de considérer l'eau comme une marchandise, et a annoncé son engagement dans le combat mondial actuel contre la privatisation de l'eau car cette dernière est un bien public qui devrait être géré par des organismes publics, afin d épargner aux utilisateurs de payer d un coté le coût du service, et d un autre, les lourds profits des institutions privées. Comme ces institutions ne cherchent qu' élargir la marge de profit, ils peuvent inventer des moyens pour arnaquer les consommateurs
et échapper au contrôle pour accumuler plus de profits,en particulier pour le secteur privé étranger opérant dans des pays ou il jouit d'un statut spécial a cause la profondeur des liens de dépendance, de la corruption Et de l'impunité.

Les dernières hausses de prix enregistrées dans les factures d'eau et d'électricité, ont été a l origine d un mécontentement populaire qui s est transformé en manifestations massives, et a abouti à la création des coordinations « Tenseekiete » pour lutter contre le coût de la vie à partir de 2006.

Sont représentées au Conseil national de l ACME, 4 associations partenaires dans les questions liées à l'eau, et sont AMDH et Transparancy, ATTAC et l association pour la protection des biens publics. Tout dernièrement le rôle avant gardiste de l'ensemble de ces associations s est manifesté dans deux affaires : celle de bensmim et celle des dysfonctionnement de la gestion déléguée de l eau dans certaines villes:

1 -- La première affaire concerne un étranger qui a obtenu depuis 2001 toutes les autorisations nécessaires pour la construction d'une usine dans le village de bensmim destinée à embouteiller l eau de la source et la vendre par la suite partout au maroc.
Mais les habitants du village, qui se trouve à 6 km de Azro, à environ 10 km d'Ifrane, peignent a croire que les emplois que l'usine créerait, et la subvention accordée a la population, puissent compenser la perte que ce projet leur infligerait, d'autant plus que les 100 millions de litres d'eau, puisées par an comme annoncé par l'investisseur ne laisserait pas assez d'eau pour satisfaire les besoins de 3000 personnes et 5000 du bétail dans le village. Ce qui alimente les craintes davantage , c'est que les chiffres fournis sur le débit de la source remontent aux années soixante-dix, la preuve c est pénurie de l'eau enregistrée depuis un certain temps, et en rapport direct avec dessèchement des arbres et des plantes dans la région.
Le problème est d autant plus compliqué que l'investisseur agit au nom d une société française appelée «Euro-africaine des eaux» que personne n a été en mesure d'identifier précisément, y compris les autorités locales, qui se cententent de rassurer la population Sur le projet dans son ensemble, sans fournir des engagements clairs et concrets.

Les villageois ont commencé une série de mouvements militants,dont la plus importante était la marche, qui a eu lieu le 20 janvier 2008, au cours de laquelle les participants ont marché sur 10 kilomètres, les militants (ATTAC et ACME) qui partent d une Vision «stratégie» fondée sur le rejet de la privatisation de l'eau, manifestaient a coté des citoyens, qui par leur expérience quotidienne et la connaissance de leur environnement naturel et humain, sentent le spectre des effets catastrophiques d'une telle privatisation s approcher d'eux.
Cette convergence des causes a permis la collecte d un appui nationale et internationale important. Le cas Bensmim fait partie d'un plan global de concession des sources d'eau situées pour la plupart dans des régions d extrême pauvreté, traitées par les officiels avec beaucoup d'irresponsabilité, mais fait également partie de la politique de la gestion déléguée par laquelle des entreprises privées sont autorisées a gérer la distribution de l'eau et de l'électricité dans les grandes villes, avec cette avalanche de graves dysfonctionnement.

2-- La deuxième affaire est celle des violations et du non respect des obligations et autres formes de fraude et d'abus contre les consommateurs, commis par un certain nombre d'entreprises de service par gestion déléguée. A Casablanca, par exemple, un rapport d'experts, a montré que La LYDEC n a pas respecté les clauses du contrat qui lui accordait le droit de la gestion des services de l'eau de l'assainissement et de l'électricité (journal L'Opinion 5 décembre 2007). Ainsi, le rapport enregistre un décalage de 822 millions de dirhams entre les budgets d'investissement arrêtés par la lydec et les investissements contractuels mis à jour, ce rapport a enregistré aussi un décalage supplémentaire de 978 millions de dirhams entre les budgets d investissement arrêtées par l entreprises et ce qui a été effectivement réalisé sur Le terrain, en plus des dépenses faites au nom de l'assistance technique a des parties étrangères qui paraissent illogiques et faites dans des conditions douteuses.
Pour cela ACME MAROC plaidé pour l'ouverture d' une enquête indépendante sur les moyens douteux, irréguliers et contradictoires au cahier de charge,dont il existe de multiples indices qui laissent suspecter que ces entreprises de distribution,de l'eau et de l'électricité en avaient eu recours pour tirer des profits indus.
L'Association a également appelé à la formation d'une commission parlementaire chargée d'enquêter sur les faits, afin de vérifier ce qui s'est passé notamment toute forme de violation des obligations qui incombent aux entreprises opérant à Rabat, Casablanca, Tanger, Tétouan, et récupérer les finances publiques perdues à cause de cela et prendre des mesures pour assurer une réelle protection des consommateurs
, une révision des contrats signés avec les entreprises, dans la perspective d un future retour a la gestion publique du secteur de distribution d'eau et d'électricité dans des conditions qui garantissent l'intégrité, la transparence et la rationalisation de la gestion et l activation des mécanismes de contrôle et de justice envers les employés du secteur et de valorisation de l expertise nationale.
Les Tensikieetes contre la hausse des prix et la cherté de la vie qui avait entrepris une grande lutte pour faire face aux augmentations spectaculaires enregistrées sur les factures d'eau et d'électricité, avaient invités les autorités à sanctionner les irrégularités et la fraude, utilisées par les entreprises chargées d'assurer le service de distribution de ces deux produits
Défendre le droit à l'eau c'est défendre la vie.au Maroc a commencé donc une nouvelle bataille qui attire tous les jours de nouveaux militants, cette bataille est menée par des hommes et femmes conscients de l'ampleur du problème et de l urgence de l'intervention collective pour bloquer la menace qui pèse sur le droit à l'eau.
mohamed sassi

Traduction d'un article original en arabe sur Almasse


http://70.84.17.149/?artid=5891 http://70.84.17.149/?artid=5891


Jeudi 28 Février 2008 00:17 | Commentaires (0)


L'EDITO

Conférence internationale des ONG  Mercredi 13 Février 2008

UNESCO, 5 – 6 – 7 décembre 2007

« Développement durable : c'est nous qui choisissons »

‘'Allier compétitivité et coopération pour un développement durable : croissance ou décroissance ? ‘'
Mehdi Lahlou


La croissance économique, exprimée en quantité de biens et services produits et en rythme d'augmentation de la richesse monétaire, a partout eu – dans les économies modernes - comme fondement une forte compétition entre entreprises au sein d'un même pays et entre nations.

Par compétition on entend généralement le fait de parvenir à la plus grande variété de produits en alliant amélioration de la qualité, gains de productivité, et donc réduction des coûts de production, pour arriver au profit matériel – monétaire – le plus haut possible.
Abordée de la sorte, la compétitivité telle qu'elle a opéré jusqu'à aujourd'hui, a conduit à toutes les limites sociales et environnementales qui s'accumulent de nos jours pour limiter l'horion du développement, en en faisant un phénomène de moins en moins durable ;

Or la prise en compte des intérêts des générations futures par la préservation de la vie sur terre sur le long et le très long termes - soit ce qui représente la porte d'entrée au Développement Durable – nécessite aujourd'hui, à l'échelle planétaire et au niveau de chaque pays, une autre approche qui doive être basée davantage sur la solidarité entre les hommes et l'équilibre entre présent et futur que sur la compétitivité économique et financière, pour parvenir au plus grand gain individuel.

Il est évident qu'il ne saurait être question maintenant de demander à certains pays de réduire le niveau de vie actuel de leurs populations, ou d'exiger d'autres de ne pas chercher à relever celui des leurs. Cela poserait de tels problèmes politiques et sociaux qu'on arriverait exactement à l'opposé de l'objectif recherché à terme ;

La compétitivité dans la coopération permettrait d'arriver progressivement à ceci et à cela en recourant notamment aux ressorts de l'éducation et du développement des savoirs humains et en approfondissant la recherche scientifique et technique, pour trouver les solutions les plus économes en ressources, y compris naturelles, et les moins polluantes, pour répondre aux besoins matériels des hommes. Les mêmes ressorts devraient fonder la recherche d'une autre architecture des relations entre les peuples, laquelle en tenant compte du caractère inextensible de notre planète et de l'interdépendance, in fine, des actions matérielles auxquelles nous la soumettons, devrait nous conduire à élaborer un autre partage des produits que nous en retirons.

En partant également de la notion de ‘'Bien commun‘' attachée désormais à certaines composantes naturelles à la base de la vie sur terre tels que la forêt, l'eau ou l'air, la coopération – plutôt que la compétition - voudrait que nul ne soit exclu d'en profiter et qu'aucune nation, aucun groupe humain, n'agisse dans une démarche de prédation de telles ressources.

Prenons-nous aujourd'hui les démarches nécessaires en ce sens ? l'Humanité se dirige-t-elle vers moins de confrontation, plus de solidarité et un meilleur partage des ressources fournies par et/ou grâce à l'action de l'homme ou prend-elle un chemin opposé ?

D'aucuns ont pensé que les processus d'intégration économique régionale entamés ici et là (Union européenne, ALENA et autres zones de libre échange) ou la Mondialisation économique – dont le fondement serait aujourd'hui le recours par tous aux mêmes lois du marché - allaient réduire les motifs de conflits, augmenter les complémentarités et généraliser le bien-être, dans un meilleur respect de la nature, dans de vastes régions du monde. Or, tel n'a pas été le résultat obtenu jusqu'à maintenant à partir de l'ensemble des transformations économiques, politiques et institutionnelles que les sociétés humaines ont connues, notamment au cours des 40/50 dernières années.

Le système économique s'est mondialisé au même titre qu'un ensemble de valeurs et d'aspirations, mais la coopération n'est pas pour autant devenue le moteur du changement comme, par ailleurs, le monde ne s'est pas davantage éloigné de quelques risques/tendances majeurs, dont certains n'ont jamais été ressentis aussi proches et aussi dramatiques.

1/ Sur le plan du climat et de son évolution, on sait désormais, à coup sûr, que les 20 dernières années ont accumulé des records de chaleur ; on sait également que si l'évolution du climat jusqu'aux années 1960 pouvait s'expliquer par des causes naturelles, cela n'était plus possible à partir des années 1970.
Depuis cette période c'est l'augmentation de l'effet de serre, en raison de l'augmentation des émissions anthropiques de gaz à effet de serre, qui pilote le climat.
Le Club de Rome avait très probablement ainsi raison de parler, au début des années 1970, de la ‘'fin de la croissance'' mais pas là où ses rédacteurs le signifiaient, c'est-à-dire pas au niveau de la disponibilité des ressources mais en raison des usages inconsidérés de ces mêmes ressources – comme cela est démontré désormais, chaque jour davantage - et de leurs effets sur les équilibres combien fragiles de notre environnement.

2/ Avec la mondialisation, la société de consommation à l'occidentale, modèle vécu jusque là par une minorité de la population mondiale est devenu Le Modèle économique dominant en Europe, en Amérique, au Japon et Australie et de plus en plus en Chine, en Inde, en Amérique Latine, au Moyen Orient et jusqu'en Afrique, aussi bien du Nord que du Sud.
D'ici le milieu du 21ième siècle, il est très probable que 6 à 7 milliards de personnes soient régies par les lois de ce modèle

3/ La terre n'a jamais été aussi riche et n'a jamais permis de produire autant de ressources alimentaires depuis que la vie existe sur terre, pourtant il y a encore 860 millions de personnes sous alimentées dans le monde. Un nombre en progression, puisqu'il était égal à 820 millions en 1990. Il faut ainsi convenir qu'on est donc encore bien loin de diviser ce nombre par deux comme cela avait été convenu en 1996 lors du sommet mondial de l'alimentation.

4/ La mondialisation de l'économie n'a pas eu que des effets positifs – en termes d'accroissement des échanges entre nations et d'augmentation de la richesse mondiale exprimée dans l'absolu. Ainsi, si la richesse en terme de biens et services produits (et consommés) a augmenté dans beaucoup de pays qui étaient déjà des puissances industrielles (Europe de l'ouest, Amérique du Nord, Japon) ou qui le sont devenues récemment (Chine, Inde et Brésil) des régions entières et des millions de personnes (notamment en Afrique, en Asie du Sud et en Amérique Latine) ont été laissées pour compte, ainsi:

- La précarité sociale a augmenté, y compris dans nombre de villes européennes et nord-américaines ;
- Alors que l'espérance de vie se situe un peu partout dans les pays industrialisés bien au-delà des 70 ans, elle est sur le recul dans de nombreux pays d'Afrique subsaharienne, plus spécialement, en raison de mauvaises conditions alimentaires, d'habitat, d'hygiène et de santé, qui accroissent dans les zones les plus pauvres la vulnérabilité des populations, favorisant la progression du sida et d'autres épidémies (dont le paludisme et la tuberculose) qu'on croyait sur le déclin.
Les pays les plus affectés sont ceux-là mêmes où des conflits armés ont fait (récemment) ou font encore rage: Erythrée-Ethiopie, Libéria, Sierra-Leone, Côte d'Ivoire ou République démocratique du Congo, etc…
- Concomitamment, dans les mêmes zones, encore plus qu'ailleurs, la forêt recule, le désert poursuit son avancée et les eaux sont de plus en plus polluées, parce que des hommes et des femmes vivant dans un total dénuement détruisent par un comportement inconscient des dangers qui guettent un environnement qu'ils sont dans tous les cas incapables de défendre par l'insuffisance même des moyens monétaires ou matériels qu'ils sont en mesure de mobiliser
- Et, sur le même continent, les neiges du Kilimandjaro fondent chaque année plus vite, plus inexorablement, suivant en cela ce qui se passe un peu partout à travers le monde en raison du réchauffement climatique et de la poursuite des rejets de CO2 en l'air et des autres pollutions industrielles et chimiques dans les différentes mers et rivières, grandes et moins grandes, au nord comme au sud de la planète, c'est-à-dire partout où il n'y a de place que pour la compétition économique et le gain financier immédiat.

En marge de tout cela, et très probablement en raison même de cela, quelques uns des principaux problèmes que connaît l'humanité s'aggravent :

* Le déséquilibre des échanges entre pays riches et pays pauvres s'accentue au même titre que grossit l'écart de richesse qui les sépare
* Le phénomène migratoire, dans sa composante clandestine, non voulue par les pays les plus riches – qui en sont théoriquement les destinataires – enfle avec tous les drames humains qui l'accompagnent en termes de noyades et d'élévation d'obstacles sans cesse plus forts face à la mobilité des personnes
* La rareté de l'eau est déjà là, ou alors elle est en train de guetter pour un grand nombre de pays en Asie, au Moyen Orient, en Afrique et en Amérique Latine. Et pas seulement, puisque certaines années, ce sont désormais de grandes régions d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Océanie qui sont affectées.

Pourtant, des facteurs de rééquilibrage existent, des moyens pour retourner de telles tendances, qui portent en elles d'énormes menaces pour l'ensemble de l'humanité, peuvent être mobilisés dont beaucoup passent par la coopération plutôt que par la compétition forcenée, par des approches globales et à long terme plutôt que par des visions unidimensionnelles et à court terme, par la préservation des biens communs plutôt que par la recherche du profit immédiat au détriment des intérêts de vie sur le long terme de la communauté des humains.

Le développement durable, qui vise à améliorer nos conditions de vie et la satisfaction de nos besoins tout en ‘' laissant à nos enfants une planète en bon état ‘' , peut être fondé sur un certain nombre d'enseignements tirés de l'histoire moderne, y compris celle qui a permis de faire basculer les pays d'Europe de l'ère des guerres – y compris les deux mondiales qu'a connu le 20ième siècle – à celle de l'intégration à travers la construction à ce jour d'une Union regroupant 27 nations.
Il est ainsi permis d'avancer que :
• La forme d'organisation politique et institutionnelle adoptée par certains peuples est plus importante pour leur niveau et cadre de vie que les ressources naturelles et physiques dont ils disposent.
• La valeur et les compétences acquises par les humains sont très souvent – lorsque ce que ce n'est pas tout le temps – plus importantes, en termes de progrès, de viabilité et de durabilité que leur nombre
• Les processus d'ouverture, d'intégration régionale et de recherche de complémentarités sont plus favorables que la fermeture et l'isolement.
• On peut arriver à des résultats économiques et sociaux plus en phase avec les intérêts des populations par le dialogue et la coopération davantage que par le conflit et la confrontation.

De ce point de vue, il y lieu de mettre en avant comme éléments de construction commune, dans tous les cas d'une conflictualité moindre, des facteurs considérés par quelques uns comme des motifs de clash a priori, surtout entre pays riches du ‘'nord'' et pays pauvres du ‘'sud'' :

& Au niveau démographique, l'augmentation et la jeunesse des populations du sud peuvent tout aussi bien être vues comme des chances pour faire face au vieillissement et au déclin des taux de croissance des populations du nord.

& Dans cette même perspective, une autre approche pourrait être menée sur les plans économique et social mettant plus en phase l'existence d'une main d'œuvre abondante d'un côté (au sud, toujours) et des ressources techniques et monétaires plus facilement mobilisables de l'autre (au nord). Une telle approche devrait démarrer en premier lieu par une école au sud qui recrute – et garde – davantage d'enfants qu'elle ne l'a fait jusqu'à aujourd'hui plutôt que de les laisser errer trop tôt, et bien mal lotis, sur les sentiers des migrations ‘'ingérables''.

& Pour l'école, au sud comme au nord, comme pour la préservation de l'environnement à travers le monde, des ressources financières potentielles importantes peuvent être mobilisées, pour peu que la volonté politique pour ce faire perce. Les milliards de dollars dépensés en guerres et en armements de toutes natures - pour, entre autres, gérer les conséquences sécuritaires de tous les déséquilibres économiques, sociaux et environnementaux nés justement d'une compétition sans règles – sont là pour démontrer que lorsque des Etats décident d'une priorité, ils parviennent à trouver les moyens pour la traduire dans les faits.





Mercredi 13 Février 2008 00:15 | Commentaires (0)


Situation au Maroc

La Privatisation de ' l'Eau ' au Maroc  Mercredi 13 Février 2008

Les premiers constats à partir de l'expérience de la Lyonnaise des Eaux à Casablanca

Depuis le milieu des années 1990 , les décideurs économiques et politiques au Maroc, ne ressentant plus aucun complexe par rapport au libéralisme le plus débridé, ont accentué l'évolution enregistrée depuis 1983 vers plus de ‘'dérégulation‘', de privatisation et d'ouverture au ‘'grand capital étranger''.
En matière économique, l'essentiel des entreprises publiques sont mises en vente, au niveau du commerce extérieur les barrières douanières commencent à s'affaisser avant même la signature par le Maroc des nombreux accords sur la zone de libre échange (ALE) qui vont progressivement le lier à différents espaces économico-financiers, au sujet des règles de change, dividendes et produits de la vente de biens par les entreprises étrangères sont autorisés à être transférés avec de moins en moins de contraintes.
Le capital privé renforce aussi sa présence dans les secteurs centraux de l'école et de la santé, à partir notamment de la considération que l'Etat n'a plus les moyens de faire face aux besoins financiers induits par ces secteurs ce qui implique pour lui la recherche auprès du citoyen-usager devenu client de paiements directs contribuant à la récupération des charges occasionnées par l'intervention publique dans ces mêmes secteurs.

Les mêmes principes de gestion vont être très rapidement suivis dans l'administration par les autorités publiques de services publics de base tels que l'assainissement liquide et solide, les routes ou la distribution de l'eau et de l'électricité.

Au sujet plus particulièrement de l'eau, la nouvelle approche de l'Etat a aussi pris comme base pour sa justification le fait que les ressources hydriques du pays soient devenues rares se qui oblige à de nouveaux modes de gestion qui ne peuvent plus relever de la sphère publique et non-marchande.
De la sorte, l'eau devenant physiquement rare et du moment qu'elle est désormais considérée comme un simple produit économique et donc comme un bien équivalent à tout autre bien, rien n'interdit de faire face à sa pénurie, et d'assurer sa production et sa distribution, en recourant aux lois du marché, celles que fixe la loi de l'offre et de la demande et qui sont les seules à même de permettre d'assurer les investissements nécessaires, parce qu'elles sont les seules qui permettent de déterminer un prix d'échange à l'eau, qui en assure la couverture des charges/frais d'accès et qui en garantit simultanément la rentabilité pour l'opérateur privé qui en a la conduite.
Exit donc l'Etat et les impératifs de service public lié à la légitimation économique et sociale de ses interventions – lorsque ce n'est pas de sa raison d'être – notamment en pays à développement limité...


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Eau_Maroc_-_priv.doc Eau Maroc - privatisation .doc  (69 KB)


Mercredi 13 Février 2008 00:03 | Commentaires (0)


contributions

Les batailles pour l'eau ont bien eu lieu, elles continueront  Vendredi 08 Février 2008

Le mouvement protestataire des habitants de Bensmim a bien pris de bonnes tournures, ces derniers mois, par le biais de marches, sit in et de pétitions revendiquant la récupération de leur droit spolié à l'eau de l'unique source d'eau, base de leur activité et leur vie. Ce mouvement a eté soutenu par les ONG locales et nationales dont ATTAC, AMDH et ACME /MAROC . Les habitants de Bensmim comme le corps associatif solidaire avec la juste cause, posent les problèmes à leur juste valeur médiatique, politique et sociale accusant directement le prometteur du projet et le gouvernement qui a autorisé l'exploitation de la source de Bensmim par le capital étranger. Le mouvement de protestation occasionné par le problème de l'eau a bien sûr touché plusieurs points de notre pays, Bouarfa, Ait Melloul, Tata et autres, preuve que le mouvement de Bensmim est bien réel dans le contexte du changement climatique, de la surexploitation de l'eau et des effets néfastes de la mondialisation. Le mouvement protestataire des habitants de Bensmim s'érige contre les lobbies pernicieux et contre le scandale de la mauvaise gestion de notre patrimoine hydrique. Quoi qu'il ne représente plus qu'un secret de polichinelle, le mouvement est aperçu autrement par nos moyens audio_ visuels.
2 M, l'un des principaux pôles médiatiques de notre pays diffuse son programme TAHKIK (enquête) le 24/01/08 à 22 h 15 autour de la question hydrique, tout en ignorant dans toute sa dynamique le mouvement protestataire des masses populaires de Bensmim, dans le secret dessein de nous tranquilliser par des subterfuges éloges édités par les entreprises capitalistes qui cherchent à s'accaparer de nos richesses hydriques quel qu'en soit le prix au dépens des aspirations des habitants de Bensmim en une vie meilleure. Est_il nécessaire de noter en passant que ces entreprises, montées au créneau, au cours du programme, ne sont en fait que des filiales des multinationales qui profitent de l'économie de rente en vogue chez nous, et auxquelles on ouvre largement les portes à l'exploitation de notre terre et notre mer, sans réserve aucune pour les droits de nos générations futures sur ce patrimoine hydrique minier halieutique et forestier. Ainsi 2M soutient et valide, le point de vue de ces sociétés dont l'une représentée par (Mr Nicolas. A) met en exergue les avantages du projet de l'exploitation de l'eau de source de Bensmim faisant fi de la paupérisation,et de l'émigration au sein des habitants de Bensmim, comme résultats inulectables de ce dit projet qui vont à l'encontre du développement durable. Evidemment notre 2 M ne cache pas sa position en faveur de ces sociétés en quête de projets bénéfiques comme la mise en bouteille de l'eau (c'est le cas de Sidi Harasem, Sidi Ali, Ain Sais…) dont la qualité est presentée comme rigoureuse (contrairement à ce qu'a été constaté à Fès dont les habitants de certains quartiers dénoncent des impuretés et le goût infect de l'eau de robinet). Tout en défendant ce genre de projet les représentants de sociétés voraces de gros bénéfices prêts à sortir à l'étranger, sollicitent la diminution de la T.V.A au gouvernement qui n'a trouvé de meilleur cadeau du nouvel an que de promulguer une hausse des prix déstabilisant ainsi le pouvoir d'achat de la majorité de la masse populaire.
Le programme de 2M essaie sans doute, à travers les déclarations fallacieuses de ses éminents hôtes, nous convaincre que notre situation hydrique est loin de tout danger et inquiétude alors que des pays du Nord ne cachent aucunement leur inquiétude quant à l'avenir de leur eau. Aussi n'a-t-on pas droit de nous demander de la position des opposants au projet, à savoir le point de vue des militants des ONG et particulièrement des militants de l'ACMÉ /MAROC ingoré par le dit programme de 2 M, ce qui prouve que notre pôle médiatique ne fait que le jeu du capital multinational loin de toute impartialité et de professionnalisme responsable.
Houssaine Idrissi Le 28/01/08


Vendredi 08 Février 2008 00:27 | Commentaires (0)



Association pour le Contrat Mondial de L'Eau