Association pour le Contrat Mondial de L'Eau
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Président ACME-Maroc, Professeur INSEA, Membre fondateur de la Coalition mondiale contre la privatisation et la marchandisation de l'eau et du Forum alternatif maghrébin de l’eau. Membre fondateur de l’Université du Bien commun
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L'EDITO
L’ACME France et l’ACME Maroc réitèrent leur soutien à la population de Ben S’mim
Samedi 04 Juillet 2009
Ben S’mim : le verdict est tombé, la lutte continue de plus belle!
Communiqué de l’ACME-France et de l’ACME-Maroc – 1er juillet 2009
Suite au mouvement de protestation pacifique que les habitants de Ben S’mim (Maroc) ont conduit en septembre 2007 contre le pillage des eaux de la source de leur village, huit personnes étaient poursuivies devant le tribunal de Meknès.
Lundi 15 juin 2009, soit trois jours après des élections locales qui ont vu le non-renouvellement de l’ancien Conseil communal (pour partie impliqué dans le projet de mise en bouteille des eaux de la source), le verdict est tombé. Ali Tahiri, 71 ans, ancien dirigeant syndical et personnalité emblématique de cette lutte, a été acquitté, ainsi qu’une autre personne. C’est un premier pas vers le reconnaissance du bien fondé de la lutte des villageois.
Six autres personnes ont été condamnées à des peines de trois mois de prison avec sursis et au paiement solidaire d'une amende de 70 000 DH (soit près de 6.500 €). Faisant suite à un long harcèlement judiciaire pendant lequel les villageois étaient convoqués chaque mois devant le tribunal, ces peines traduisent la volonté de maintenir la pression sur la population pour contenir sa légitime protestation. Bien entendu, tous les inculpés ont fait appel !
L’ACME France et l’ACME Maroc réitèrent leur soutien à la population de Ben S’mim et exigent:
-la relaxe de tous les inculpés
-l’arrêt définitif du projet de mise en bouteilles des eaux de leur source
Communiqué de l’ACME-France et de l’ACME-Maroc – 1er juillet 2009
Suite au mouvement de protestation pacifique que les habitants de Ben S’mim (Maroc) ont conduit en septembre 2007 contre le pillage des eaux de la source de leur village, huit personnes étaient poursuivies devant le tribunal de Meknès.
Lundi 15 juin 2009, soit trois jours après des élections locales qui ont vu le non-renouvellement de l’ancien Conseil communal (pour partie impliqué dans le projet de mise en bouteille des eaux de la source), le verdict est tombé. Ali Tahiri, 71 ans, ancien dirigeant syndical et personnalité emblématique de cette lutte, a été acquitté, ainsi qu’une autre personne. C’est un premier pas vers le reconnaissance du bien fondé de la lutte des villageois.
Six autres personnes ont été condamnées à des peines de trois mois de prison avec sursis et au paiement solidaire d'une amende de 70 000 DH (soit près de 6.500 €). Faisant suite à un long harcèlement judiciaire pendant lequel les villageois étaient convoqués chaque mois devant le tribunal, ces peines traduisent la volonté de maintenir la pression sur la population pour contenir sa légitime protestation. Bien entendu, tous les inculpés ont fait appel !
L’ACME France et l’ACME Maroc réitèrent leur soutien à la population de Ben S’mim et exigent:
-la relaxe de tous les inculpés
-l’arrêt définitif du projet de mise en bouteilles des eaux de leur source
les SOS
Affaire Ben'smim
Jeudi 02 Juillet 2009
au centre : Moulay Ali Tahiri doyen de la zaouia
Chers amis,
J'ai été informé hier par notre ami My Ali Tahiri du verdict du tribunal de Meknès devant lequel étaient poursuivis 8 habitants du village de Ben S'mim, suite au mouvement de protestation pacifique que les villageois avaient conduit en septembre 2007 contre le pillage des eaux de la source du village:
2 personnes, dont My Ali Tahiri, ont été acquitées
les 6 autres ont été condamnés à 3 mois de prison avec sursis et au paiment solidaire d'une amende de 70.000dh.
Merci de proposer toute forme de protestation et de soutien que vous jugerez utile à ce sujet
Mehdi Lahlou
J'ai été informé hier par notre ami My Ali Tahiri du verdict du tribunal de Meknès devant lequel étaient poursuivis 8 habitants du village de Ben S'mim, suite au mouvement de protestation pacifique que les villageois avaient conduit en septembre 2007 contre le pillage des eaux de la source du village:
2 personnes, dont My Ali Tahiri, ont été acquitées
les 6 autres ont été condamnés à 3 mois de prison avec sursis et au paiment solidaire d'une amende de 70.000dh.
Merci de proposer toute forme de protestation et de soutien que vous jugerez utile à ce sujet
Mehdi Lahlou
revue de presse
le Venezuela interdit le Coca Zero qu'il considère nocif pour la santé
Mardi 16 Juin 2009
Le ministre vénézuélien de la Santé, Jesus Mantilla, a ordonné mercredi à la filiale locale du géant américain Coca-Cola de retirer du marché vénézuélien son produit Coca-Cola Zero, considéré comme dangereux pour la santé.
"Ce produit doit être retiré de la circulation pour préserver la santé des Vénézuéliens", a déclaré M. Mantilla, cité par l'agence d'Etat ABN.
Le ministre a indiqué que cette boisson contenait un "composant qui peut être préjudiciable à l'homme", sans plus de détail, selon cette agence.
Cette décision implique également le retrait du Coca-Cola Zero, introduit au Venezuela il y a quelques mois, de tous les commerces du pays.
AFP
"Ce produit doit être retiré de la circulation pour préserver la santé des Vénézuéliens", a déclaré M. Mantilla, cité par l'agence d'Etat ABN.
Le ministre a indiqué que cette boisson contenait un "composant qui peut être préjudiciable à l'homme", sans plus de détail, selon cette agence.
Cette décision implique également le retrait du Coca-Cola Zero, introduit au Venezuela il y a quelques mois, de tous les commerces du pays.
AFP
revue de presse
Entretien avec Aziz Latrach
Dimanche 14 Juin 2009Entretien avec Aziz Latrach, membre du conseil national de l’Association pour le contrat mondial de l’eau
«L’affaire Bensmim est devenue un exemple mondial de la lutte pour le droit à l’eau»
Le village de Bensmim est situé à 70 kilomètres de Fès. Le nombre de ses
habitants ne dépasse pas les 3500. L’agriculture et l’élevage sont les deux
principales activités économiques de la population. Cette dernière vit dans des conditions sociales précaires comme dans la plupart des régions rurales marocaines.
La source d’eau Bensmim est considérée comme le garant de la continuité puisque l’agriculture
en dépend largement. La privatisation et l’exploitation de cette source par une entreprise internationale ont induit une véritable crise dans la région. La population n’a pas hésité à riposter à cette initiative étatique qui menace son existence et porte atteinte à son droit à l’eau. C’est ainsi que les habitants de ce village ont choisi de protester et d’exprimer leur colère contre cette décision.
Il faut signaler également qu’ils ont été assistés et encadrés par plusieurs associations et ONG
militantes des droits humains en lutte contre l’exploitation étrangère des ressources naturelles
et leur privatisation.
Parmi ces ONG on trouve l’Association pour le Contrat mondial de l’eau (ACME).
Cette interview avec M. Aziz Latrache, membre du conseil national de cette association, permet d’avoir un aperçu général sur une affaire qui témoigne d’une lutte populaire pour un droit primordial,
en l’occurrence l’eau.
Libé : Que pouvez-vous nous dire de l’affaire Bensmim et de la crise qu’a connue la région après l’installation d’une société qui devrait exploiter les richesses d’eau du village?
Aziz Latrach : La préparation du dossier de la privatisation de la source Bensmim a été entamée depuis 2001 par la Société euro-africaine des Eaux. Après que cette entreprise privée a présenté son étude sur le projet, le gouvernement marocain a signé le partenariat qui permet la construction et l’exploitation d’une unité de production d’eau, et ce pour une durée de 30 ans. Cela devrait menacer la continuité de cette source naturelle d’eau. Ce qu’il faut savoir, c’est que cette source représente le pilier de toute activité économique dans ce village. Ces activités ne sont pas diversifiées mais se limitent à l’agriculture et à l’élevage. Il y a plus de 5.000 têtes de mouton. Ainsi, on peut considérer l’eau comme la base d’existence des populations.
L’Etat estime qu’il a droit à 60% de cette source minérale, contre 40% pour les villageois, en majorité des agriculteurs. Ces derniers ont affirmé que cette source appartient à la Zaouia de Bensmim. Ils confirment ce droit avec une attestation que le Roi feu Mohamed V leur a octroyée à l’occasion d’une visite à ce village. Il est important de souligner aussi que l’entreprise et l’Etat se sont basés sur des informations erronées indiquant que le débit de la source est élevé et que les richesses d’eau sont largement suffisantes pour une double exploitation, en s’appuyant sur des recherches pluviométriques qui datent des années 60 et 70. Alors qu’en réalité, le débit est en pleine régression et ne peut même pas satisfaire les besoins des populations de Bensmim. Pour preuve, les agriculteurs cultivent leurs terres à tour de rôle, puisqu’ils n’ont pas la possibilité d’irriguer toutes leurs propriétés. De plus, tout le monde est convaincu que le Maroc a connu une longue période de sécheresse au cours des trois dernières décennies, et que les pluies des deux années précédentes constituent une exception.
Quelle était la réaction de la population du village Bensmim après cette décision envisageant la privatisation de leur source d’eau? Et quelle était la riposte de la société civile ?
Les citoyens se sont mobilisés et ont exprimé leur colère et le rejet de ce projet de privatisation sans préavis. Ils ont également contacté notre organisation qui leur a apporté aide et soutien avec dévouement et esprit militant. Il y a eu aussi une série de manifestations qui ont été brutalement réprimées par les forces de l’ordre.
De ce fait, de nombreux citoyens ont été arrêtés, entre autres, un homme âgé de plus de soixante-dix ans, le but était de terroriser les gens et les punir. Pourtant, la région de Bensmim a connu une large mobilisation. Ainsi, un grand nombre de manifestations ont été organisées et encadrées par l’Association pour le Contrat Mondial de l’Eau en coordination avec d’autres ONG des droits humains. Cette mobilisation s’est étendue sur tout le territoire marocain, ce qui a donné lieu à des caravanes de solidarité avec la population de Bensmim.
J’aimerais ajouter que notre organisation était à l’origine de la solidarité internationale pour soutenir cette cause, puisque nous avons contacté plusieurs associations internationales et des personnalités influentes dont une parlementaire belge d’origine marocaine, Alima Boumediane qui a envoyé une dépêche à l’ex-Premier ministre Driss Jettou, pour demander l’annulation de la privatisation de la source d’eau Bensmim. C’était après que cette affaire a été présentée et discutée par les députés du Parlement européen. Et dernièrement, à l’occasion de la tenue du Forum Mondial Alternatif de l’Eau qui s’est déroulé en Turquie, nous avons mené une campagne visant à internationaliser cette question et bénéficier du soutien de la société civile mondiale.
Les responsables ont-ils répondu favorablement aux revendications des citoyens et des mouvements sociaux qui ont pris en main cette affaire?
Il est certain que les manifestations et campagnes de solidarité ont constitué une véritable pression sur les autorités locales et centrales. Cette pression s’est accentuée après que cette affaire a été mise en lumière par plusieurs journaux et médias. De plus, cette question est devenue un exemple mondial de la lutte des peuples pour le droit à l’eau et la cause du militantisme contre la privatisation de cette richesse. Il s’agissait d’une leçon en matière de lutte de nos concitoyens à Bensmim contre la marchandisation de cet élément vital et existentiel. Ces efforts ont abouti à l’interruption des activités de l’unité de production jusqu’à aujourd’hui. Alors que le directeur de cette usine avait déjà confirmé que ces activités devaient démarrer dès 2004.
L’Etat, au lieu d’être compréhensible à l’égard des revendications légitimes des citoyens, avait mené une politique de punition intolérable. A titre d’exemple, en vue d’interdire les réunions des habitants, les autorités avaient coupé le courant électrique au mois de Ramadan, ce qui a été considéré comme une grave provocation. Cette punition collective s’est aggravée au point d’interdire le développement de la région, puisqu’aucun projet n’a été réalisé dans ce village, que ce soit dans le cadre de l’INDH ou privé. Signalons aussi que cette région vit dans la misère et la marginalisation.
Que pouvez-vous nous dire de l’entreprise privée qui a signé le contrat avec le gouvernement et comment prévoyez-vous l’avenir de cette cause?
Il y a plusieurs questions qui interpellent toute personne œuvrant à ce sujet. On ne connaît pas réellement quelles sont les parties qui soutiennent et facilitent les procédures légales devant l’entreprise exploitante. Il faut noter que ce projet a été construit sur une propriété publique, et ce contre la volonté des populations et des mouvements sociaux.
C’est aussi une occasion pour dénoncer le soutien étatique flagrant pour cette société, au détriment des droits des citoyens de Bensmim. Il en résulte que l’appareil de l’Etat est toujours contrôlé par les lobbyings des arrivistes et des magnats capitalistes dirigés par le Makhzen économique et le néolibéralisme sauvage.
Il est certain, d’autre part, que la résistance et la lutte des citoyens de Bensmim finiront par la victoire. Cette résistance menée avec l’encadrement des ONG œuvrant dans les domaines de l’écologie et la défense des droits humains sera sans aucun doute fructueuse pour l’avenir du village de Bensmim et la région en général.
Samedi 13 Juin 2009
Propos recueillis par Montassir Sakhi
Le village de Bensmim est situé à 70 kilomètres de Fès. Le nombre de ses
habitants ne dépasse pas les 3500. L’agriculture et l’élevage sont les deux
principales activités économiques de la population. Cette dernière vit dans des conditions sociales précaires comme dans la plupart des régions rurales marocaines.
La source d’eau Bensmim est considérée comme le garant de la continuité puisque l’agriculture
en dépend largement. La privatisation et l’exploitation de cette source par une entreprise internationale ont induit une véritable crise dans la région. La population n’a pas hésité à riposter à cette initiative étatique qui menace son existence et porte atteinte à son droit à l’eau. C’est ainsi que les habitants de ce village ont choisi de protester et d’exprimer leur colère contre cette décision.
Il faut signaler également qu’ils ont été assistés et encadrés par plusieurs associations et ONG
militantes des droits humains en lutte contre l’exploitation étrangère des ressources naturelles
et leur privatisation.
Parmi ces ONG on trouve l’Association pour le Contrat mondial de l’eau (ACME).
Cette interview avec M. Aziz Latrache, membre du conseil national de cette association, permet d’avoir un aperçu général sur une affaire qui témoigne d’une lutte populaire pour un droit primordial,
en l’occurrence l’eau.
Libé : Que pouvez-vous nous dire de l’affaire Bensmim et de la crise qu’a connue la région après l’installation d’une société qui devrait exploiter les richesses d’eau du village?
Aziz Latrach : La préparation du dossier de la privatisation de la source Bensmim a été entamée depuis 2001 par la Société euro-africaine des Eaux. Après que cette entreprise privée a présenté son étude sur le projet, le gouvernement marocain a signé le partenariat qui permet la construction et l’exploitation d’une unité de production d’eau, et ce pour une durée de 30 ans. Cela devrait menacer la continuité de cette source naturelle d’eau. Ce qu’il faut savoir, c’est que cette source représente le pilier de toute activité économique dans ce village. Ces activités ne sont pas diversifiées mais se limitent à l’agriculture et à l’élevage. Il y a plus de 5.000 têtes de mouton. Ainsi, on peut considérer l’eau comme la base d’existence des populations.
L’Etat estime qu’il a droit à 60% de cette source minérale, contre 40% pour les villageois, en majorité des agriculteurs. Ces derniers ont affirmé que cette source appartient à la Zaouia de Bensmim. Ils confirment ce droit avec une attestation que le Roi feu Mohamed V leur a octroyée à l’occasion d’une visite à ce village. Il est important de souligner aussi que l’entreprise et l’Etat se sont basés sur des informations erronées indiquant que le débit de la source est élevé et que les richesses d’eau sont largement suffisantes pour une double exploitation, en s’appuyant sur des recherches pluviométriques qui datent des années 60 et 70. Alors qu’en réalité, le débit est en pleine régression et ne peut même pas satisfaire les besoins des populations de Bensmim. Pour preuve, les agriculteurs cultivent leurs terres à tour de rôle, puisqu’ils n’ont pas la possibilité d’irriguer toutes leurs propriétés. De plus, tout le monde est convaincu que le Maroc a connu une longue période de sécheresse au cours des trois dernières décennies, et que les pluies des deux années précédentes constituent une exception.
Quelle était la réaction de la population du village Bensmim après cette décision envisageant la privatisation de leur source d’eau? Et quelle était la riposte de la société civile ?
Les citoyens se sont mobilisés et ont exprimé leur colère et le rejet de ce projet de privatisation sans préavis. Ils ont également contacté notre organisation qui leur a apporté aide et soutien avec dévouement et esprit militant. Il y a eu aussi une série de manifestations qui ont été brutalement réprimées par les forces de l’ordre.
De ce fait, de nombreux citoyens ont été arrêtés, entre autres, un homme âgé de plus de soixante-dix ans, le but était de terroriser les gens et les punir. Pourtant, la région de Bensmim a connu une large mobilisation. Ainsi, un grand nombre de manifestations ont été organisées et encadrées par l’Association pour le Contrat Mondial de l’Eau en coordination avec d’autres ONG des droits humains. Cette mobilisation s’est étendue sur tout le territoire marocain, ce qui a donné lieu à des caravanes de solidarité avec la population de Bensmim.
J’aimerais ajouter que notre organisation était à l’origine de la solidarité internationale pour soutenir cette cause, puisque nous avons contacté plusieurs associations internationales et des personnalités influentes dont une parlementaire belge d’origine marocaine, Alima Boumediane qui a envoyé une dépêche à l’ex-Premier ministre Driss Jettou, pour demander l’annulation de la privatisation de la source d’eau Bensmim. C’était après que cette affaire a été présentée et discutée par les députés du Parlement européen. Et dernièrement, à l’occasion de la tenue du Forum Mondial Alternatif de l’Eau qui s’est déroulé en Turquie, nous avons mené une campagne visant à internationaliser cette question et bénéficier du soutien de la société civile mondiale.
Les responsables ont-ils répondu favorablement aux revendications des citoyens et des mouvements sociaux qui ont pris en main cette affaire?
Il est certain que les manifestations et campagnes de solidarité ont constitué une véritable pression sur les autorités locales et centrales. Cette pression s’est accentuée après que cette affaire a été mise en lumière par plusieurs journaux et médias. De plus, cette question est devenue un exemple mondial de la lutte des peuples pour le droit à l’eau et la cause du militantisme contre la privatisation de cette richesse. Il s’agissait d’une leçon en matière de lutte de nos concitoyens à Bensmim contre la marchandisation de cet élément vital et existentiel. Ces efforts ont abouti à l’interruption des activités de l’unité de production jusqu’à aujourd’hui. Alors que le directeur de cette usine avait déjà confirmé que ces activités devaient démarrer dès 2004.
L’Etat, au lieu d’être compréhensible à l’égard des revendications légitimes des citoyens, avait mené une politique de punition intolérable. A titre d’exemple, en vue d’interdire les réunions des habitants, les autorités avaient coupé le courant électrique au mois de Ramadan, ce qui a été considéré comme une grave provocation. Cette punition collective s’est aggravée au point d’interdire le développement de la région, puisqu’aucun projet n’a été réalisé dans ce village, que ce soit dans le cadre de l’INDH ou privé. Signalons aussi que cette région vit dans la misère et la marginalisation.
Que pouvez-vous nous dire de l’entreprise privée qui a signé le contrat avec le gouvernement et comment prévoyez-vous l’avenir de cette cause?
Il y a plusieurs questions qui interpellent toute personne œuvrant à ce sujet. On ne connaît pas réellement quelles sont les parties qui soutiennent et facilitent les procédures légales devant l’entreprise exploitante. Il faut noter que ce projet a été construit sur une propriété publique, et ce contre la volonté des populations et des mouvements sociaux.
C’est aussi une occasion pour dénoncer le soutien étatique flagrant pour cette société, au détriment des droits des citoyens de Bensmim. Il en résulte que l’appareil de l’Etat est toujours contrôlé par les lobbyings des arrivistes et des magnats capitalistes dirigés par le Makhzen économique et le néolibéralisme sauvage.
Il est certain, d’autre part, que la résistance et la lutte des citoyens de Bensmim finiront par la victoire. Cette résistance menée avec l’encadrement des ONG œuvrant dans les domaines de l’écologie et la défense des droits humains sera sans aucun doute fructueuse pour l’avenir du village de Bensmim et la région en général.
Samedi 13 Juin 2009
Propos recueillis par Montassir Sakhi
revue de presse
Le changement climatique et les pénuries d’eau menacent la stabilité au Moyen-Orient
Dimanche 07 Juin 2009Le changement climatique, qui aggrave les pénuries d’eau affectant déjà cette région très aride, menace considérablement la stabilité au Moyen-Orient, où les pays se déchirent déjà depuis plusieurs années notamment à cause des ressources naturelles de leurs territoires.
Moyen-Orient, le changement climatique, les pénuries d’eau menacent la stabilité
e changement climatique pourrait provoquer des « guerres environnementales » au Moyen Orient à cause des réserves d’eau déjà rares et pourrait dissuader Israël de se retirer des terres arabes que le pays occupe, d’après ce qu’un rapport international a indiqué mardi.
Près de dix ans de négociations de paix ratées entre la Syrie et Israël ont souvent porté sur les ressources en eau de la région du plateau de Golan occupé par Israël. Cette ressource vitale est également un point de conflit entre Israël et les Palestiniens qui cherchent à retrouver leurs terres.
A propos du conflit entre la Syrie et Israël, le rapport indique que les préoccupations d’Israël concernant « la sécurité alimentaire et la réduction de la productivité agricole pourraient changer la stratégie de repli du pays » pour le plateau de Golan, occupé depuis la guerre de 1967.
L’augmentation du niveau de la mer résultant du changement climatique menace de contaminer le seul aquifère de Gaza
« Le probabilité des guerres environnementales à venir pourrait impliquer que la façon dont les pays géreront la diminution des ressources passera par un contrôle militaire de ces ressources » indique l’étude réalisée par l’Institut International pour le développement durable, une organisation indépendante dont le siège se trouve au Canada.
Le plateau du Golan fournit 30% de l’eau du Lac de Galilée, le principal réservoir d’eau d’Israël.
En ce qui concerne le conflit israélo-palestinien, le rapport indique que l’augmentation du niveau de la mer résultant du changement climatique menace de contaminer le seul aquifère de Gaza qui approvisionne en eau 1,5 millions de Palestiniens sur le territoire.
L’aquifère côtier, qui est partagé avec Israël, est la seule source d’eau douce potable de Gaza, contrôlée par le groupe Islamiste Palestinien le Hamas. Le rapport indique que la qualité de cette eau est déjà épouvantable.
En Cisjordanie, gouvernée par le Président Palestinien Mahmoud Abbas, Israël pompe une grande partie de l’eau qui se trouve dans les aquifères partagés avec le territoire, et restreint la consommation d’eau pour les palestiniens.
Le changement climatique diminuera les ressources en eau du Moyen-Orient, d’après le rapport.
« Dans une région qui est déjà considérée comme la région du monde où l’eau est la plus rare, les modèles climatiques prédisent un climat plus chaud, plus sec et encore moins prévisible » indique le rapport.
« Des températures plus élevées et une réduction des précipitations réduiront le flux des rivières et des cours d’eau, ralentiront le taux auquel les aquifères se remplissent, et feront progressivement augmenter le niveau de la mer, tout en rendant la région plus aride », d’après l’étude, qui se concentrait sur la région comprenant la Syrie, la Jordanie, Israël, le Liban et les territoires palestiniens.
Le rapport a été publié ce week-end par l’Institut Danois à Damas, dans le cadre des activités prévues en prévision d’une conférence majeure des Nations Unies qui aura lieu à Copenhague en décembre au Danemark, et qui devrait aboutir sur la conclusion d’un nouveau traité climatique international.
La population de la région étudiée devrait passer de 42 millions d’individus à 71 millions d’ici 40 ans. Les températures sur la même période augmenteront probablement de 2,5 à 3,7°C en été et de 2 à 3,1°C en hiver, changeant profondément le climat de la région et bouleversant l’agriculture.
La région est déjà très affectée par les sécheresses, les problèmes de réfugiés, les tensions sociales, le chômage et des décennies de conflit entre les Arabes et Israël.
« Cet héritage historique complique beaucoup les efforts pour collaborer à propos de ressources partagées, pour investir dans des systèmes de consommation d’eau plus efficients, pour partager de nouvelles façons de s’adapter au changement climatique et pour mettre en œuvre une action multilatérale » indique le rapport.
(Par Sandra BESSON)
Près de dix ans de négociations de paix ratées entre la Syrie et Israël ont souvent porté sur les ressources en eau de la région du plateau de Golan occupé par Israël. Cette ressource vitale est également un point de conflit entre Israël et les Palestiniens qui cherchent à retrouver leurs terres.
A propos du conflit entre la Syrie et Israël, le rapport indique que les préoccupations d’Israël concernant « la sécurité alimentaire et la réduction de la productivité agricole pourraient changer la stratégie de repli du pays » pour le plateau de Golan, occupé depuis la guerre de 1967.
L’augmentation du niveau de la mer résultant du changement climatique menace de contaminer le seul aquifère de Gaza
« Le probabilité des guerres environnementales à venir pourrait impliquer que la façon dont les pays géreront la diminution des ressources passera par un contrôle militaire de ces ressources » indique l’étude réalisée par l’Institut International pour le développement durable, une organisation indépendante dont le siège se trouve au Canada.
Le plateau du Golan fournit 30% de l’eau du Lac de Galilée, le principal réservoir d’eau d’Israël.
En ce qui concerne le conflit israélo-palestinien, le rapport indique que l’augmentation du niveau de la mer résultant du changement climatique menace de contaminer le seul aquifère de Gaza qui approvisionne en eau 1,5 millions de Palestiniens sur le territoire.
L’aquifère côtier, qui est partagé avec Israël, est la seule source d’eau douce potable de Gaza, contrôlée par le groupe Islamiste Palestinien le Hamas. Le rapport indique que la qualité de cette eau est déjà épouvantable.
En Cisjordanie, gouvernée par le Président Palestinien Mahmoud Abbas, Israël pompe une grande partie de l’eau qui se trouve dans les aquifères partagés avec le territoire, et restreint la consommation d’eau pour les palestiniens.
Le changement climatique diminuera les ressources en eau du Moyen-Orient, d’après le rapport.
« Dans une région qui est déjà considérée comme la région du monde où l’eau est la plus rare, les modèles climatiques prédisent un climat plus chaud, plus sec et encore moins prévisible » indique le rapport.
« Des températures plus élevées et une réduction des précipitations réduiront le flux des rivières et des cours d’eau, ralentiront le taux auquel les aquifères se remplissent, et feront progressivement augmenter le niveau de la mer, tout en rendant la région plus aride », d’après l’étude, qui se concentrait sur la région comprenant la Syrie, la Jordanie, Israël, le Liban et les territoires palestiniens.
Le rapport a été publié ce week-end par l’Institut Danois à Damas, dans le cadre des activités prévues en prévision d’une conférence majeure des Nations Unies qui aura lieu à Copenhague en décembre au Danemark, et qui devrait aboutir sur la conclusion d’un nouveau traité climatique international.
La population de la région étudiée devrait passer de 42 millions d’individus à 71 millions d’ici 40 ans. Les températures sur la même période augmenteront probablement de 2,5 à 3,7°C en été et de 2 à 3,1°C en hiver, changeant profondément le climat de la région et bouleversant l’agriculture.
La région est déjà très affectée par les sécheresses, les problèmes de réfugiés, les tensions sociales, le chômage et des décennies de conflit entre les Arabes et Israël.
« Cet héritage historique complique beaucoup les efforts pour collaborer à propos de ressources partagées, pour investir dans des systèmes de consommation d’eau plus efficients, pour partager de nouvelles façons de s’adapter au changement climatique et pour mettre en œuvre une action multilatérale » indique le rapport.
(Par Sandra BESSON)
http://www.actualites-news-environnement.com/20708-changement-climatique-eau.html
méditerranée
Baisse significative du prix de l'eau à Saint Etienne
Vendredi 05 Juin 2009
La municipalité de Saint-Étienne a finalement voté une baisse de 24% pour le prix de l'eau après huit mois de négociations avec la Société Stéphanoise des Eaux (SSE), bientôt filiale à 100% de Veolia.
Le prix du mètre cube d'eau va passer, avec effet rétroactif au 1er janvier 2009, de 4,39 euros à 3,33 euros pour les consommations n'excédant pas 120 mètres cubes par an, soit 90% des usagers.
"Notre transaction, qui annule la convention financière passée avec la Société Stéphanoise des Eaux (SSE), fera économiser 100 M EUR aux Stéphanois sur les 13 années restant à courir du contrat", a indiqué Maurice Vincent le maire.
Le prix du mètre cube d'eau va passer, avec effet rétroactif au 1er janvier 2009, de 4,39 euros à 3,33 euros pour les consommations n'excédant pas 120 mètres cubes par an, soit 90% des usagers.
"Notre transaction, qui annule la convention financière passée avec la Société Stéphanoise des Eaux (SSE), fera économiser 100 M EUR aux Stéphanois sur les 13 années restant à courir du contrat", a indiqué Maurice Vincent le maire.
Récits des manifestations d'ACME-MAROC
ACME/MAROC ne badine pas avec les eaux
Mercredi 03 Juin 2009
Prélude à la fête : préparer un cadre bien accueillant
De nouveau ACME/MAROC fête la journée nationale de l’eau en sa troisième édition, cette fois, à TEMARA tout en revendiquant que cette journée soit officialisée et reconnue comme fête nationale du fait de son impact sur toutes les couches sociales puisqu’il s’agit de l’eau de la vie en majuscule S.V.P. Faut-il rappeler que l’appel d’Ifrane (18 février 08) a fait prévaloir, en vain, la demande de fêter le 20 mai comme fête nationale de l’eau, comme l’on célèbre le fête de la terre de la mère et de la poésie. L’eau réclame la commémoration qu’elle mérite partant de l’attention que lui accorde le commun des mortels.
Après la fête mondiale de l’eau célébrée en son temps dernièrement (mars 2009) par l’Association ‘’Eau et Energie pour tous’’ dont le président actuel est H. KAFOUNI, ACME/MAROC a choisi cette fois TEMARA, tout près du centre de décisions et orientations politico économico – sociales dans notre pays, le 24 mai pour commémorer la fête nationale de l’eau (20 mai) au collège Ahmed Njai (décédé en 2004) nationaliste d’envergure et militant pour le développement de notre agriculture, secteur encore en rapport avec l’eau, ne consomme t-il pas + 80% de notre eau, comme le rappelle bonnement MEHDI LAHLOU au cours de toutes ses interventions. Le collège a bien saisi l’occasion pour s’exhiber en centre bien accueillant comme nous l’assure Mr le directeur de l’établissement H. ELMOUDEN : le collège est honoré par cet événement à l’initiative d’ACME/MAROC avec laquelle on a de bonnes relations et qui a choisi la sensibilisation comme moyen de prise de conscience dans les établissements scolaires non pas de l’importance de l’eau dans notre vie mais des menaces qu’elle constitue si on la néglige. «Respectons l’eau respectons la vie » dit-il. En plus cette année et en coordination avec les comités d’élèves (comité du cinéma, du théâtre, d’environnement ….etc). Le collège Ahmed Njai travaille sur le thème de l’eau. Donc ce n’est pas une coïncidence si nous accueillons favorablement l’initiative d’ACME MAROC, en ce jour. Vous allez voir nous dit-il tout le monde s’est mobilisé pour lever le défi même le dimanche, tant que l’initiative sert les intérêts des élèves.
Le cadre de la fête de l’eau a été bien préparé, les salles les chaises les tables et la sonorisation sont misess à la disposition d’ACME/MAROC tout est appuyé par un chaleureux accueil.
L’ouverture de la fête : travaux des élèves en exergue
La participation des élèves du collège annonce (déjà 10h30) les couleurs : dynamicité, audace et créativité autour du thème de l’eau, tout cela en la langue de Molière : l’eau source de vie, utilisation de l’eau, les problèmes de l’eau et même des conseils sont clairement exposés à l’intention des grands qui admirent, écoutent et applaudissent en guise d’encouragement. Les élèves tout calmement donnent des leçons et passent des messages ô combien ! simples mais profonds, à travers les pancartes, tableaux, slogans et textes et dessins affichés aux tableaux muraux et à travers des sketches et chants préparés pour l’occasion.
Ben Smim n’est plus une allégation
Ben Smim est présent dans l’espace du collège par les excellentes photos de grand format amenées de France pour l’occasion. L’exposition a été inaugurée par YASSER GMIRA membre du bureau national d’ACME/MAROC en soulignant l’impact de la privatisation des eaux au Maroc prenant comme exemple Ben Smim dont les habitants se sont révoltés et poursuivis en justice, et pour donner la parole à J.C.Oliva qui ne mache pas ses mots pour présenter problème vécu par les habitants de Ben Smim suite à la spoliation des eaux de leurs source, ce qui a bouleversé la vie en plein centre du moyen Atlas connu par ses sources abondantes, ses forets de cèdres millénaires. J.C. Oliva n’a pas caché son inquiétude quant au désastre causé par le capital international dans les rangs des innocents découverts pour la première fois par les français et les belges lors de l’exposition organisée en Europe à l’inétiative d’ACME. L’exposition s’adresse cette fois aux participants à la fête nationale de l’eau pour découvrir le malheur des citoyens marginalisés et acculés à lutter pour le recouvrement de leur unique source. Les mots claires de J.C. Oliva expriment la réalité prise sur le vif du quotidien à Ben Smim: L’eau ne coule plus librement mais devient marchandise. Une nouvelle vie s’est installée dans toutes ses contradictions –nous annonce le commentateur des photos- grand format- pour subir la situation ou quitter le village : la situation dûment désastreuses et révoltante (eau source de révolte) poussent les habitants à protester et à réclamer leur droit inaliénable à l’eau.
Les mots sur l’eau tous azimuts
C’est en plein air de ce jour de mai bien ensoleillé que se sont succédés 4 interventions devant un auditoire de plus de 200 élèves, professeurs et hôtes, venus pour participer à la commémoration de la fête nationale de l’eau.
Tous d’un commun accord, les intervenants se sont partagés la tâche pour présenter le problème de l’eau dans toutes ces dimensions en passant le message clair : partout dans le monde le problème de l’eau menace et devient un véritable stress hydrique suscitant les forces vives à se mobilisent pour affronter lentement mais sûrement cette menaces. Mehdi Lahlou (président d’ACME/MAROC), J.C.OLIVA (d’ACME/France) Rabii OUHBA et Abdel Moula Ismail (militants associatifs d’Egypte et du forum pour la défense du droit à l’eau), prennent la parole à tour de rôle, et d’un style didactique bien significatif à la hauteur de l’auditoire attentif pour rappeler l’opportunité de l’occasion de fêter l’eau et pour attirer l’attention afin de changer les comportements et les politiques suivies dans le domaine de gestion et l’exploitation des eaux. Le ONG dont ACME/MAROC ne cessent de tirer les sonnettes d’alarme en rapport avec la montée de voix en colère et la prolifération de mouvement de protestations ici et ailleurs cette année (Tunisie – Egypte – Palestine – Afrique du sud…) parce que la situation hydrique devient de plus en plus «stressante » suite à la négligence et même au mépris enregistrés chez des personnalités appartenant au domaine de la presse et de la prise de décision..
Faire une intervention sur l’eau à quatre, dans un établissement scolaire, n’est pas chose facile, pourtant nos quatre intervenants ont pris la voie simple: présenter les choses de l’eau telle qu’elles sont les chiffres à l’appui, les mouvements de protestation en exemple, les actions des ONG et de la société civile en exergue. Quatre interventions orales pleines de proposition et d’alternatives pour remédier aux préjudices causés dans la nature, à l’écosystème, ciblant avant tout le changement de comportement de tout un chacun, pour la protection et la bonne gestion de l’eau et de l’environnement.
Bilan à suivre en préparation de la prochaine fête nationale de l’eau
En terme de temps et d’action, La fête a duré plus de huit heures (de 9h à 17h y compris les temps de pauses et déjeuner), tout le monde (organisateurs – intervenants – participants) y trouve sa place pour réaliser le programme d’ACME/MAROC et préparer un cadre propice à la réussite de la fête.
Activité Tps Nature Réalisée par
1 Préparation du cadre 1h Décoration, tableaux, panneaux, tableau mural, sonorisation Administrateur + professeurs, élèves
2 1° Intervention orale 10mn Inauguration de l’exposition Y. Gmira membre du bureau national ACME-Maroc
3 2° Intervention orale 20mn présentation du problème de B. Smim à travers les photos J.C.OLIVA (ACME-France)
4 3° Intervention orale 60mn Présentation du cadre de l’activité des ACME et action et objectif : au Maroc, Egypte, France M. Lahlou, Rabii Wahba, Abdel Mawla Ismail, J.C.Oliva
5 4° Intervention orale (projection) 20mn Présentation de la consommation de l’eau et ses problèmes Représentante du ministère de tutelle (secrétariat d’état chargé de l’eau et de l’environnement)
6 5° Intervention et ‘’projection’’ 15mn Présentation de l’assainissement et ses problèmes Représentante d’un bureau d’études et d’expertise.
7 Panneaux commentés 20mn L’eau dans toutes ses dimensions Elèves de l’établissement Ahmed Najai
8 Sketchs 45mn Auteur de l’eau Elèves des l’établissements A. Najai, Chkail, Al Massira
9 Chants divers 20mn Auteur de l’eau Idem
10 Chants et musiques 1h Chants engagés Al Ghosn El Akhdar
(O.Zem)
11 Reportages et photos 6h Reportage sur l’activité Anssari + G.T Sidi Slimane
12 Prix 15mn Distribution des prix Lahlou Naima membre du bureau national d’ACME-Maroc
Que retenir cette année de la commémoration de la journée mondiale de l’eau à Temara ?
Sidi Slimane le, 26/05/2009.
IDRISSI Houssaine
Membre du conseil national d’ACME/MAROC
et du GT Sidi Slimane
De nouveau ACME/MAROC fête la journée nationale de l’eau en sa troisième édition, cette fois, à TEMARA tout en revendiquant que cette journée soit officialisée et reconnue comme fête nationale du fait de son impact sur toutes les couches sociales puisqu’il s’agit de l’eau de la vie en majuscule S.V.P. Faut-il rappeler que l’appel d’Ifrane (18 février 08) a fait prévaloir, en vain, la demande de fêter le 20 mai comme fête nationale de l’eau, comme l’on célèbre le fête de la terre de la mère et de la poésie. L’eau réclame la commémoration qu’elle mérite partant de l’attention que lui accorde le commun des mortels.
Après la fête mondiale de l’eau célébrée en son temps dernièrement (mars 2009) par l’Association ‘’Eau et Energie pour tous’’ dont le président actuel est H. KAFOUNI, ACME/MAROC a choisi cette fois TEMARA, tout près du centre de décisions et orientations politico économico – sociales dans notre pays, le 24 mai pour commémorer la fête nationale de l’eau (20 mai) au collège Ahmed Njai (décédé en 2004) nationaliste d’envergure et militant pour le développement de notre agriculture, secteur encore en rapport avec l’eau, ne consomme t-il pas + 80% de notre eau, comme le rappelle bonnement MEHDI LAHLOU au cours de toutes ses interventions. Le collège a bien saisi l’occasion pour s’exhiber en centre bien accueillant comme nous l’assure Mr le directeur de l’établissement H. ELMOUDEN : le collège est honoré par cet événement à l’initiative d’ACME/MAROC avec laquelle on a de bonnes relations et qui a choisi la sensibilisation comme moyen de prise de conscience dans les établissements scolaires non pas de l’importance de l’eau dans notre vie mais des menaces qu’elle constitue si on la néglige. «Respectons l’eau respectons la vie » dit-il. En plus cette année et en coordination avec les comités d’élèves (comité du cinéma, du théâtre, d’environnement ….etc). Le collège Ahmed Njai travaille sur le thème de l’eau. Donc ce n’est pas une coïncidence si nous accueillons favorablement l’initiative d’ACME MAROC, en ce jour. Vous allez voir nous dit-il tout le monde s’est mobilisé pour lever le défi même le dimanche, tant que l’initiative sert les intérêts des élèves.
Le cadre de la fête de l’eau a été bien préparé, les salles les chaises les tables et la sonorisation sont misess à la disposition d’ACME/MAROC tout est appuyé par un chaleureux accueil.
L’ouverture de la fête : travaux des élèves en exergue
La participation des élèves du collège annonce (déjà 10h30) les couleurs : dynamicité, audace et créativité autour du thème de l’eau, tout cela en la langue de Molière : l’eau source de vie, utilisation de l’eau, les problèmes de l’eau et même des conseils sont clairement exposés à l’intention des grands qui admirent, écoutent et applaudissent en guise d’encouragement. Les élèves tout calmement donnent des leçons et passent des messages ô combien ! simples mais profonds, à travers les pancartes, tableaux, slogans et textes et dessins affichés aux tableaux muraux et à travers des sketches et chants préparés pour l’occasion.
Ben Smim n’est plus une allégation
Ben Smim est présent dans l’espace du collège par les excellentes photos de grand format amenées de France pour l’occasion. L’exposition a été inaugurée par YASSER GMIRA membre du bureau national d’ACME/MAROC en soulignant l’impact de la privatisation des eaux au Maroc prenant comme exemple Ben Smim dont les habitants se sont révoltés et poursuivis en justice, et pour donner la parole à J.C.Oliva qui ne mache pas ses mots pour présenter problème vécu par les habitants de Ben Smim suite à la spoliation des eaux de leurs source, ce qui a bouleversé la vie en plein centre du moyen Atlas connu par ses sources abondantes, ses forets de cèdres millénaires. J.C. Oliva n’a pas caché son inquiétude quant au désastre causé par le capital international dans les rangs des innocents découverts pour la première fois par les français et les belges lors de l’exposition organisée en Europe à l’inétiative d’ACME. L’exposition s’adresse cette fois aux participants à la fête nationale de l’eau pour découvrir le malheur des citoyens marginalisés et acculés à lutter pour le recouvrement de leur unique source. Les mots claires de J.C. Oliva expriment la réalité prise sur le vif du quotidien à Ben Smim: L’eau ne coule plus librement mais devient marchandise. Une nouvelle vie s’est installée dans toutes ses contradictions –nous annonce le commentateur des photos- grand format- pour subir la situation ou quitter le village : la situation dûment désastreuses et révoltante (eau source de révolte) poussent les habitants à protester et à réclamer leur droit inaliénable à l’eau.
Les mots sur l’eau tous azimuts
C’est en plein air de ce jour de mai bien ensoleillé que se sont succédés 4 interventions devant un auditoire de plus de 200 élèves, professeurs et hôtes, venus pour participer à la commémoration de la fête nationale de l’eau.
Tous d’un commun accord, les intervenants se sont partagés la tâche pour présenter le problème de l’eau dans toutes ces dimensions en passant le message clair : partout dans le monde le problème de l’eau menace et devient un véritable stress hydrique suscitant les forces vives à se mobilisent pour affronter lentement mais sûrement cette menaces. Mehdi Lahlou (président d’ACME/MAROC), J.C.OLIVA (d’ACME/France) Rabii OUHBA et Abdel Moula Ismail (militants associatifs d’Egypte et du forum pour la défense du droit à l’eau), prennent la parole à tour de rôle, et d’un style didactique bien significatif à la hauteur de l’auditoire attentif pour rappeler l’opportunité de l’occasion de fêter l’eau et pour attirer l’attention afin de changer les comportements et les politiques suivies dans le domaine de gestion et l’exploitation des eaux. Le ONG dont ACME/MAROC ne cessent de tirer les sonnettes d’alarme en rapport avec la montée de voix en colère et la prolifération de mouvement de protestations ici et ailleurs cette année (Tunisie – Egypte – Palestine – Afrique du sud…) parce que la situation hydrique devient de plus en plus «stressante » suite à la négligence et même au mépris enregistrés chez des personnalités appartenant au domaine de la presse et de la prise de décision..
Faire une intervention sur l’eau à quatre, dans un établissement scolaire, n’est pas chose facile, pourtant nos quatre intervenants ont pris la voie simple: présenter les choses de l’eau telle qu’elles sont les chiffres à l’appui, les mouvements de protestation en exemple, les actions des ONG et de la société civile en exergue. Quatre interventions orales pleines de proposition et d’alternatives pour remédier aux préjudices causés dans la nature, à l’écosystème, ciblant avant tout le changement de comportement de tout un chacun, pour la protection et la bonne gestion de l’eau et de l’environnement.
Bilan à suivre en préparation de la prochaine fête nationale de l’eau
En terme de temps et d’action, La fête a duré plus de huit heures (de 9h à 17h y compris les temps de pauses et déjeuner), tout le monde (organisateurs – intervenants – participants) y trouve sa place pour réaliser le programme d’ACME/MAROC et préparer un cadre propice à la réussite de la fête.
Activité Tps Nature Réalisée par
1 Préparation du cadre 1h Décoration, tableaux, panneaux, tableau mural, sonorisation Administrateur + professeurs, élèves
2 1° Intervention orale 10mn Inauguration de l’exposition Y. Gmira membre du bureau national ACME-Maroc
3 2° Intervention orale 20mn présentation du problème de B. Smim à travers les photos J.C.OLIVA (ACME-France)
4 3° Intervention orale 60mn Présentation du cadre de l’activité des ACME et action et objectif : au Maroc, Egypte, France M. Lahlou, Rabii Wahba, Abdel Mawla Ismail, J.C.Oliva
5 4° Intervention orale (projection) 20mn Présentation de la consommation de l’eau et ses problèmes Représentante du ministère de tutelle (secrétariat d’état chargé de l’eau et de l’environnement)
6 5° Intervention et ‘’projection’’ 15mn Présentation de l’assainissement et ses problèmes Représentante d’un bureau d’études et d’expertise.
7 Panneaux commentés 20mn L’eau dans toutes ses dimensions Elèves de l’établissement Ahmed Najai
8 Sketchs 45mn Auteur de l’eau Elèves des l’établissements A. Najai, Chkail, Al Massira
9 Chants divers 20mn Auteur de l’eau Idem
10 Chants et musiques 1h Chants engagés Al Ghosn El Akhdar
(O.Zem)
11 Reportages et photos 6h Reportage sur l’activité Anssari + G.T Sidi Slimane
12 Prix 15mn Distribution des prix Lahlou Naima membre du bureau national d’ACME-Maroc
Que retenir cette année de la commémoration de la journée mondiale de l’eau à Temara ?
- 1) Cette coopération tout d’abord bien réussie entre ACME/MAROC et l’éducation nationale, dans le domaine de la sensibilisation des générations montantes autour du thème de l’eau, coopération prometteuse parce qu’elle ouvre la perspective d’action et de partenariat au niveau des établissements scolaires et au niveau des Académies.
- 2) Cette participation des élèves induits dans l’organisation, la création et la responsabilité. Ne sont-ils pas ‘’les responsables de demain’’, donc il faut les bien préparer à ce domaine dès maintenant à travers un programme qui trouve ses assises dans le réel vécu (enseignements de proximité et opératoire). C’est ce que commence ACME/MAROC dans ses actions sensibilisatrices au sein des établissements scolaires.
- 3) Cette ouverture de l’action d’ACME sur plus d’opérateurs pour réussir les initiatives y compris l’initiative de célébrer la fête de l’eau : en encourageant la participation des ONG, la société civile et les conseils élus et mêmes les différents ministère en rapport avec l’eau. Cette année la participation du secrétariat d’état de l’eau et de l’environnement est exemplaire en proposant des affiches et interventions dans le but de vulgariser le problème de l’eau et sa gestion. C’est a encourager.
- 4) Cet encouragement d’exposition de photos grand format, pancartes, affiches, banderoles, tableaux, textes, toutes de production et création des élèves pour l’occasion méritent l’attention et la récompense d’ACME (distribution des prix).
- 5) Occasion de réitérer l’appel d’IFRANE pour officialiser la journée de 20 mai comme fête nationale de l’eau et lancer la demande d’accepter ACME/MAROC comme association à intérêt public. La manifestation s’est terminée vers 18h par les mots de remerciement adressés à l’administration de l’établissement à tous les participants à la troisième journée nationale de l’eau.
Sidi Slimane le, 26/05/2009.
IDRISSI Houssaine
Membre du conseil national d’ACME/MAROC
et du GT Sidi Slimane
Les Rendez-vous d'ACME-MAROC
FETE DE L'EAU
Mercredi 20 Mai 2009ACME MAROC CELEBRE AUJOURD'HUI 20 MAI LA JOURNEE NATIONALE DE L'EAU . A CETTE OCCASION LE BUREAU NATIONAL DE L'ASSOCIATION INVITE TOUS LES INTERESSES ET ACTEURS A PARTICIPER AUX ACTIVITES DE LA FETE DE L EAU QUI SERA ORGANISEE PAR L'ASSOCIATION LE 24 MAI A PARTIR DE 9H 30 AU LYCEE AHMED NEJAI A TEMARA.
AU PROGRAMME :
1. ACCEUIL DES INVITES
2. VISITE DE L EXPOSITION DES ELEVES DU LYCEE
3. CONFERENCE AUTOUR DU THEME DE L'EAU
PUIS DEJEUNER SUR PLACE
4. COMMUNICATIONS DU PRESIDENT ACME , DIRECTEUR DU LYCEE ET DES INVITES
5. ANIMATION : PRESENTATION DE DEUX PIECES DE THEATRE PAR LES ELEVES
6. DISTRIBUTION DES PRIX .
1. ACCEUIL DES INVITES
2. VISITE DE L EXPOSITION DES ELEVES DU LYCEE
3. CONFERENCE AUTOUR DU THEME DE L'EAU
PUIS DEJEUNER SUR PLACE
4. COMMUNICATIONS DU PRESIDENT ACME , DIRECTEUR DU LYCEE ET DES INVITES
5. ANIMATION : PRESENTATION DE DEUX PIECES DE THEATRE PAR LES ELEVES
6. DISTRIBUTION DES PRIX .
revue de presse
L’eau dans le monde : L’insoutenable précarité de l’équilibre
Lundi 18 Mai 2009
Par Amel Djait
Les romans de science fiction et les films les plus fous avaient prévu le pire concernant des guerres terribles pour les énergies. Elles semblent déjà enclenchées pour une ressource, dont on ne sondait la rareté il y a si peu, l’eau.
Tous les calculs convergent vers une seule et même conclusion : L’humanité consomme bien plus qu’elle ne pourrait se permettre. En gros, elle vit au-dessus de ses moyens. La guerre de l’eau est bel et bien en marche. L’eau est au cœur de tous les enjeux. Objet de toutes les convoitises, elle est désormais synonyme de survie.
Le spectre de la famine menace de plus en plus le monde. Il faut produire encore plus de denrées alimentaires pour rétablir ou maintenir la paix. De nombreux pays ont affronté de sérieuses émeutes de la faim durant l’année 2008. L’agriculture est responsable de 70% des prélèvements en eau dans le monde, contre 20% pour l’industrie, essentiellement pour la production électrique. De nombreuses populations dépendent des prélèvements d’eau dans les nappes souterraines qui se renouvellent très lentement. L’homme prélèverait moins de 1% de l’eau recyclée sur terre. A l’échelle mondiale, on prélève 4500 km2 d’eau douce par an.
Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, il faut aussi faire face à la démographie qui s’emballe. Nous sommes près de 6,5 milliards d’individus sur terre et toutes les statistiques prévoient de se stabiliser à 9 milliards en 2050. Il convient de préciser que les populations qui s’accroissent sont aussi les plus pauvres. L’Afrique, à elle seule, devrait passer de 800 millions à près de 2 milliards d’individus en 2050 sans parler, ni penser à la Chine et L’inde.
Au cours des 50 dernières années, l’accroissement des consommations a provoqué des pollutions qui ont rendu une grande partie des eaux de surface et souterraines impropres à la consommation.
Devant ces constats, toutes les alertes ont été sonnées pour conclure sur l’état «d’alerte», «d’urgence», «de pénurie»… L’ONU a estimé en 1996, en partant d’une hypothèse moyenne de croissance de la population mondiale, que 2,2 milliards de personnes connaîtraient en 2050 une situation de pénurie d’eau, et 4,6 milliards vivraient une situation d’alerte.
Seulement nul besoin d’attendre jusqu’en 2050. Les spécialistes alertent depuis longtemps que le manque d’eau additionné aux manques de services d’assainissement dus à la pauvreté, sont déjà la réalité de plus 1,5 milliard de personnes qui vivent sans eau potable dans la quasi-totalité des pays du tiers-monde. 2, 4 milliards de personnes vivent sans accès aux services d’assainissement. Près de 30.000 personnes meurent chaque jour de maladies dues à l’absence d’eau potable et de services hygiéniques. Parmi celles-ci, on décompte 6.000 enfants qui périssent quotidiennement en raison de maladies associées au manque d'eau potable et de services d'assainissement adéquats.
Les inégalités s’accentuent face à Sa majesté «la Politique». A titre d’exemple : 60% des ressources hydriques de l’Afrique du Sud sont exploitées par les blancs, alors que 15 millions de citoyens de couleur n’ont pas accès à l’eau potable. En Palestine, la moitié des villages palestiniens sont privées d’eau, alors que toutes les colonies israéliennes en sont largement pourvues.
Selon les spécialistes, faire face aujourd’hui à la pénurie d’eau un peu partout à travers le monde reviendrait à reposer toute la problématique du développement économique, politique et social sur de nouvelles bases, y compris éthiques.
Selon M. Mehdi Lahlou, professeur à L’INSEA de Rabat, il s’agirait «de reprendre l’approche de la croissance (ou de la lutte contre la pauvreté, ou de la réduction de la dette, ou de l’ajustement structurel…), telle qu’elle a été posée et suivie durant les dernières années à la faveur notamment des multiples interventions des instances financières internationales, pour y répondre par des politiques et des instruments nouveaux fondés sur la démocratie locale, sur la primauté à accorder à la satisfaction des besoins de base de la collectivité et sur une approche plus généreuse des relations internationales… Dans ce sens, ‘’l’aide au développement‘’ s’agissant de l’eau, ne doit pas être un vecteur d’appauvrissement de la société mais doit, au contraire, bénéficier de ressources nettes en sa faveur. Dans ce sens que l’accès à une eau propre doit être considéré partout comme un droit humain fondamental».
M. Lahlou rajoute dans son intervention que «la préservation et la rationalisation de la gestion de l’eau doivent faire partie de tous les projets de réforme des systèmes éducatifs et de ‘’bonne gouvernance‘’, et devraient être menés en recherchant l’implication la plus grande possible des populations et en mettant en œuvre l’ensemble de leurs savoirs à ce propos... En réalité, l’intervention en matière d’eau ne peut relever, de toutes façons, que d’une gestion d’ordre public devant être mise au niveau d’une priorité nationale de développement».
Les cas de quelques pays d’Afrique, d’Amérique latine et de certains pays d’Asie du Sud-est poussent effectivement à la réflexion. La privatisation pure et simple du secteur de l’eau, ayant abouti à un transfert net de ressources financières hors des pays concernés, réduisant leurs capacités à résoudre leurs problèmes.
En Méditerranée, l’eau est une ressource inégalement répartie. La question est largement posée et les avis ne semblent plus converger vers l’urgence de décisions. Il y va de la sécurité de la région. Tout le monde semble d’accord pour affirmer que le diagnostic est sombre et que les actions mises en œuvre à tous les niveaux, restent en deçà de la précarité de la situation et de l’urgence d’une action commune.
En 2005, la population méditerranéenne «pauvre» en eau, c’est-à-dire celle des pays dotés de moins de 1000 m3/hab/an, s’élève à 180 millions d’habitants, dont 60 millions en situation de «pénurie» (moins de 500 m3/hab/an). Des estimations prévoient que le nombre de personnes vivant en situation de pénurie d’eau s’accroîtra à 63 millions d’ici 2025. Selon un document de l'UPM, 290 millions de personnes pourraient se trouver en état de pénurie d’eau en 2050.
Aux cotés du changement climatique, de la croissance de la demande en eaux agricoles et urbaines et de la dynamique démographique, le tourisme a tendance à aggraver le stress hydrique de la région. La Méditerranée reste la région du monde qui attire le plus de touristes. Elle concentre 25% du tourisme international. Dans les années 90, une moyenne de 135 millions de personnes visitait chaque année les côtes méditerranéennes tous pays confondus. Ce chiffre pourrait passer à 355 millions en 2025.
L’agriculture aussi se taille une belle part dans l’équation. Elle représente 64% de la demande totale en eau : 45% au Nord et 82% au Sud et à l’Est. Dans de nombreux pays méditerranéens, les prélèvements en eau approchent le niveau limite des ressources disponibles. Des pénuries d’eau, conjoncturelles ou structurelles, sont constatées. Le problème de l'eau est absolument vital pour l'ensemble de la région. En attendant, la Mer Morte continue de perdre un mètre d’eau par an, l’exploitation des eaux du Nil, du Jourdain, du Tigre et de l’Euphrate… attise toutes les convoitises et font crépiter les tensions dans la région.
Selon les chiffres des Nations unies, en 50 ans, les besoins en eau douce ont été multipliés par 6, tandis que la population mondiale était multipliée par 3.
Les romans de science fiction et les films les plus fous avaient prévu le pire concernant des guerres terribles pour les énergies. Elles semblent déjà enclenchées pour une ressource, dont on ne sondait la rareté il y a si peu, l’eau.
Tous les calculs convergent vers une seule et même conclusion : L’humanité consomme bien plus qu’elle ne pourrait se permettre. En gros, elle vit au-dessus de ses moyens. La guerre de l’eau est bel et bien en marche. L’eau est au cœur de tous les enjeux. Objet de toutes les convoitises, elle est désormais synonyme de survie.
Le spectre de la famine menace de plus en plus le monde. Il faut produire encore plus de denrées alimentaires pour rétablir ou maintenir la paix. De nombreux pays ont affronté de sérieuses émeutes de la faim durant l’année 2008. L’agriculture est responsable de 70% des prélèvements en eau dans le monde, contre 20% pour l’industrie, essentiellement pour la production électrique. De nombreuses populations dépendent des prélèvements d’eau dans les nappes souterraines qui se renouvellent très lentement. L’homme prélèverait moins de 1% de l’eau recyclée sur terre. A l’échelle mondiale, on prélève 4500 km2 d’eau douce par an.
Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, il faut aussi faire face à la démographie qui s’emballe. Nous sommes près de 6,5 milliards d’individus sur terre et toutes les statistiques prévoient de se stabiliser à 9 milliards en 2050. Il convient de préciser que les populations qui s’accroissent sont aussi les plus pauvres. L’Afrique, à elle seule, devrait passer de 800 millions à près de 2 milliards d’individus en 2050 sans parler, ni penser à la Chine et L’inde.
Au cours des 50 dernières années, l’accroissement des consommations a provoqué des pollutions qui ont rendu une grande partie des eaux de surface et souterraines impropres à la consommation.
Devant ces constats, toutes les alertes ont été sonnées pour conclure sur l’état «d’alerte», «d’urgence», «de pénurie»… L’ONU a estimé en 1996, en partant d’une hypothèse moyenne de croissance de la population mondiale, que 2,2 milliards de personnes connaîtraient en 2050 une situation de pénurie d’eau, et 4,6 milliards vivraient une situation d’alerte.
Seulement nul besoin d’attendre jusqu’en 2050. Les spécialistes alertent depuis longtemps que le manque d’eau additionné aux manques de services d’assainissement dus à la pauvreté, sont déjà la réalité de plus 1,5 milliard de personnes qui vivent sans eau potable dans la quasi-totalité des pays du tiers-monde. 2, 4 milliards de personnes vivent sans accès aux services d’assainissement. Près de 30.000 personnes meurent chaque jour de maladies dues à l’absence d’eau potable et de services hygiéniques. Parmi celles-ci, on décompte 6.000 enfants qui périssent quotidiennement en raison de maladies associées au manque d'eau potable et de services d'assainissement adéquats.
Les inégalités s’accentuent face à Sa majesté «la Politique». A titre d’exemple : 60% des ressources hydriques de l’Afrique du Sud sont exploitées par les blancs, alors que 15 millions de citoyens de couleur n’ont pas accès à l’eau potable. En Palestine, la moitié des villages palestiniens sont privées d’eau, alors que toutes les colonies israéliennes en sont largement pourvues.
Selon les spécialistes, faire face aujourd’hui à la pénurie d’eau un peu partout à travers le monde reviendrait à reposer toute la problématique du développement économique, politique et social sur de nouvelles bases, y compris éthiques.
Selon M. Mehdi Lahlou, professeur à L’INSEA de Rabat, il s’agirait «de reprendre l’approche de la croissance (ou de la lutte contre la pauvreté, ou de la réduction de la dette, ou de l’ajustement structurel…), telle qu’elle a été posée et suivie durant les dernières années à la faveur notamment des multiples interventions des instances financières internationales, pour y répondre par des politiques et des instruments nouveaux fondés sur la démocratie locale, sur la primauté à accorder à la satisfaction des besoins de base de la collectivité et sur une approche plus généreuse des relations internationales… Dans ce sens, ‘’l’aide au développement‘’ s’agissant de l’eau, ne doit pas être un vecteur d’appauvrissement de la société mais doit, au contraire, bénéficier de ressources nettes en sa faveur. Dans ce sens que l’accès à une eau propre doit être considéré partout comme un droit humain fondamental».
M. Lahlou rajoute dans son intervention que «la préservation et la rationalisation de la gestion de l’eau doivent faire partie de tous les projets de réforme des systèmes éducatifs et de ‘’bonne gouvernance‘’, et devraient être menés en recherchant l’implication la plus grande possible des populations et en mettant en œuvre l’ensemble de leurs savoirs à ce propos... En réalité, l’intervention en matière d’eau ne peut relever, de toutes façons, que d’une gestion d’ordre public devant être mise au niveau d’une priorité nationale de développement».
Les cas de quelques pays d’Afrique, d’Amérique latine et de certains pays d’Asie du Sud-est poussent effectivement à la réflexion. La privatisation pure et simple du secteur de l’eau, ayant abouti à un transfert net de ressources financières hors des pays concernés, réduisant leurs capacités à résoudre leurs problèmes.
En Méditerranée, l’eau est une ressource inégalement répartie. La question est largement posée et les avis ne semblent plus converger vers l’urgence de décisions. Il y va de la sécurité de la région. Tout le monde semble d’accord pour affirmer que le diagnostic est sombre et que les actions mises en œuvre à tous les niveaux, restent en deçà de la précarité de la situation et de l’urgence d’une action commune.
En 2005, la population méditerranéenne «pauvre» en eau, c’est-à-dire celle des pays dotés de moins de 1000 m3/hab/an, s’élève à 180 millions d’habitants, dont 60 millions en situation de «pénurie» (moins de 500 m3/hab/an). Des estimations prévoient que le nombre de personnes vivant en situation de pénurie d’eau s’accroîtra à 63 millions d’ici 2025. Selon un document de l'UPM, 290 millions de personnes pourraient se trouver en état de pénurie d’eau en 2050.
Aux cotés du changement climatique, de la croissance de la demande en eaux agricoles et urbaines et de la dynamique démographique, le tourisme a tendance à aggraver le stress hydrique de la région. La Méditerranée reste la région du monde qui attire le plus de touristes. Elle concentre 25% du tourisme international. Dans les années 90, une moyenne de 135 millions de personnes visitait chaque année les côtes méditerranéennes tous pays confondus. Ce chiffre pourrait passer à 355 millions en 2025.
L’agriculture aussi se taille une belle part dans l’équation. Elle représente 64% de la demande totale en eau : 45% au Nord et 82% au Sud et à l’Est. Dans de nombreux pays méditerranéens, les prélèvements en eau approchent le niveau limite des ressources disponibles. Des pénuries d’eau, conjoncturelles ou structurelles, sont constatées. Le problème de l'eau est absolument vital pour l'ensemble de la région. En attendant, la Mer Morte continue de perdre un mètre d’eau par an, l’exploitation des eaux du Nil, du Jourdain, du Tigre et de l’Euphrate… attise toutes les convoitises et font crépiter les tensions dans la région.
Selon les chiffres des Nations unies, en 50 ans, les besoins en eau douce ont été multipliés par 6, tandis que la population mondiale était multipliée par 3.
contributions
JOURNÉE MONDIALE DE L’EAU 22 Mars 2009
Jeudi 26 Mars 2009texte publié par la présidente de l'association "L'Eau est le pont'' à l'occasion de la rencontre organisée à Paris, le 22 mars, pour fêter la Journée mondiale de l'eau et a la quelle a pris part Mehdi lahlou
Ce 22 mars, l’association « L’eau est le pont » (http://leauestlepont.free.fr) a ouvert son « ambassade de l’eau », située 103 Bis, rue de Charenton à Paris XIIème à ses adhérents et amis, ainsi qu’aux habitants du quartier. Nous avons eu le plaisir d’y accueillir également deux pays, le Maroc et le Mali, à travers deux personnalités ayant accepté notre invitation, MM. Mehdi Lahlou et Pédro Kouyaté qui, à des titres divers, nous ont fait voyager vers d’autres réalités et d’autres imaginaires de l’eau.
Cette manifestation, alors que s’achevait le 5ème forum mondial de l’eau à Istanbul et que l’on célébrait la journée mondiale de l’eau, avait pour but de rappeler que l’eau n’a pas encore conquis la place qui lui revient : celle d’un droit humain, et qu’elle doit jouer son rôle de lien entre nous. En effet, le 5ème forum mondial de l’eau a « refermé ses vannes » sur une déclaration qui n'inclut pas le "droit à l'eau", réclamé par des ONG et plusieurs pays. Ainsi se suivent les forums et se ressemblent…
Il était donc tout à fait d’actualité que Mehdi Lahlou, économiste, président de l’association pour un contrat mondial de l’eau (ACME Maroc), et membre du comité de parrainage de notre association, évoque la situation du village de Ben S’mim, sur la route d’Ifrane (Moyen-Atlas), dont les habitants sont confrontés à la privatisation de leur source. En effet, tout est prêt pour que cette eau soit mise en bouteilles et commercialisée par un consortium aux composantes multiples et opaques.
Le cas de Ben S’mim n’est pas isolé dans le monde où le droit à l’eau est bafoué par différentes formes d’appropriation privée : dans l’Etat du Kerala en Inde , les paysans s’opposent au géant Coca-Cola depuis le début des années 2000 ; dans l’Etat du Minas Geraïs au Brésil , la population de Sao Lourenço fait face à un autre géant, Nestlé.
Mehdi Lahlou s’est attaché à souligner l’exemplaire résistance de la population de Ben S’mim, ce qui place le village sous surveillance policière. Une marche des habitants protestant contre la démonstration de force des machines de terrassement, en septembre 2007, a conduit 7 habitants en prison ; 3 ont été relâchés dans les heures qui suivirent ; les 4 autres ont passé un mois en prison. C’est l’action de l’ACME Maroc et d’autres associations qui permet de briser l’isolement de Ben S’mim : des marches solidaires sont organisées et la presse internationale se fait l’écho de cette situation (voir site http://www.acme-eau.org).
Fidèle à son projet de parler également à notre sensibilité pour toucher notre conscience et notre responsabilité face à la ressource, il était naturel que le programme de cet après-midi se poursuive par le concert d’un musicien, auteur, compositeur et interprète malien, Pédro Kouyaté, ex-calebassiste de Boubakar Traoré, qui propose actuellement avec son groupe « Mankinka Transe Acoustique », un répertoire de ses propres compositions, inspirées par ses racines mandingues et enrichies de sonorités contemporaines. (http://www.myspace.com/pedrokouyate) Nous avons pu voyager sur le « Ko » (fleuve, en mandingue) des « Bama » (caïmans) qui a donné son nom à Bamako, et nous laisser ainsi porter sur les eaux du Niger et du Nil par la poésie d’un récit légendaire où la déesse de l’eau et son messager-griot ont su nous enchanter. Accompagné de sa guitare et de son n’goni (harpe à chevalet ou petite guitare du monde mandingue, dont l'origine remonte au XIIème siècle), Pédro nous a offert d’inestimables moments de musique où l’eau, source d’inspiration, a repris naturellement tous ses droits.
On aurait aimé retenir le fleuve de ses mots et de ses notes de musique !
Puissions-nous puiser dans le combat des habitats de Ben S’mim et les récits de notre ami griot l’énergie de notre commun combat pour une eau protégée et partagée.
Cette manifestation, alors que s’achevait le 5ème forum mondial de l’eau à Istanbul et que l’on célébrait la journée mondiale de l’eau, avait pour but de rappeler que l’eau n’a pas encore conquis la place qui lui revient : celle d’un droit humain, et qu’elle doit jouer son rôle de lien entre nous. En effet, le 5ème forum mondial de l’eau a « refermé ses vannes » sur une déclaration qui n'inclut pas le "droit à l'eau", réclamé par des ONG et plusieurs pays. Ainsi se suivent les forums et se ressemblent…
Il était donc tout à fait d’actualité que Mehdi Lahlou, économiste, président de l’association pour un contrat mondial de l’eau (ACME Maroc), et membre du comité de parrainage de notre association, évoque la situation du village de Ben S’mim, sur la route d’Ifrane (Moyen-Atlas), dont les habitants sont confrontés à la privatisation de leur source. En effet, tout est prêt pour que cette eau soit mise en bouteilles et commercialisée par un consortium aux composantes multiples et opaques.
Le cas de Ben S’mim n’est pas isolé dans le monde où le droit à l’eau est bafoué par différentes formes d’appropriation privée : dans l’Etat du Kerala en Inde , les paysans s’opposent au géant Coca-Cola depuis le début des années 2000 ; dans l’Etat du Minas Geraïs au Brésil , la population de Sao Lourenço fait face à un autre géant, Nestlé.
Mehdi Lahlou s’est attaché à souligner l’exemplaire résistance de la population de Ben S’mim, ce qui place le village sous surveillance policière. Une marche des habitants protestant contre la démonstration de force des machines de terrassement, en septembre 2007, a conduit 7 habitants en prison ; 3 ont été relâchés dans les heures qui suivirent ; les 4 autres ont passé un mois en prison. C’est l’action de l’ACME Maroc et d’autres associations qui permet de briser l’isolement de Ben S’mim : des marches solidaires sont organisées et la presse internationale se fait l’écho de cette situation (voir site http://www.acme-eau.org).
Fidèle à son projet de parler également à notre sensibilité pour toucher notre conscience et notre responsabilité face à la ressource, il était naturel que le programme de cet après-midi se poursuive par le concert d’un musicien, auteur, compositeur et interprète malien, Pédro Kouyaté, ex-calebassiste de Boubakar Traoré, qui propose actuellement avec son groupe « Mankinka Transe Acoustique », un répertoire de ses propres compositions, inspirées par ses racines mandingues et enrichies de sonorités contemporaines. (http://www.myspace.com/pedrokouyate) Nous avons pu voyager sur le « Ko » (fleuve, en mandingue) des « Bama » (caïmans) qui a donné son nom à Bamako, et nous laisser ainsi porter sur les eaux du Niger et du Nil par la poésie d’un récit légendaire où la déesse de l’eau et son messager-griot ont su nous enchanter. Accompagné de sa guitare et de son n’goni (harpe à chevalet ou petite guitare du monde mandingue, dont l'origine remonte au XIIème siècle), Pédro nous a offert d’inestimables moments de musique où l’eau, source d’inspiration, a repris naturellement tous ses droits.
On aurait aimé retenir le fleuve de ses mots et de ses notes de musique !
Puissions-nous puiser dans le combat des habitats de Ben S’mim et les récits de notre ami griot l’énergie de notre commun combat pour une eau protégée et partagée.


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