Association pour le Contrat Mondial de L'Eau
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Président ACME-Maroc, Professeur INSEA, Membre fondateur de la Coalition mondiale contre la privatisation et la marchandisation de l'eau et du Forum alternatif maghrébin de l’eau. Membre fondateur de l’Université du Bien commun
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revue de presse
Montbéliard met fin à son contrat avec Veolia
Jeudi 10 Juin 2010Eau: Montbéliard met fin à son contrat avec Veolia
Parais - 07/06/10 à 13:28 - DOWJONES |
La communauté d'agglomération du Pays de Montbéliard (Doubs) a décidé de mettre fin unilatéralement au contrat de gestion de l'eau signé en 1992 pour trente ans avec Veolia Environnement SA , jugeant le coût de la facture trop élevé pour l'usager, rapporte lundi Les Echos.
La collectivité locale juge en particulier "illégal" le fait que la facture intègre l'amortissement du droit d'entrée de 22,8 millions d'euros payé par Veolia en 1993 pour décrocher le marché.
Veolia n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet, précise le quotidien économique.
Le quotidien rapporte par ailleurs que Veolia a perdu le contrat de production et de distribution d'eau brute en Guadeloupe, qui représentait un chiffre d'affaires total d'environ 27 millions d'euros sur dix ans.
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revue de presse
Sommet du millénaire: un appel à l'indignation
Mercredi 5 Mai 2010
Les dirigeants des 25 fonds spéculatifs (hedge funds) les plus performants ont empoché en 2009 la somme record de 25 milliards de dollars. À ce total, on est à 5 milliards près des 30 milliards nécessaires pour que 2,6 milliards de personnes partout dans le monde aient enfin accès à des latrines «et n'aient plus à déféquer dans la rue comme dans le Paris des années 1800».
Tel est le parallèle dressé hier par Riccardo Petrella, secrétaire général du Comité international pour un contrat mondial de l'eau, qui était de passage à Montréal dans le cadre du Sommet du millénaire.
C'est un appel à l'indignation que M. Petrella a lancé au micro. Il suffirait aussi de 180 milliards pendant 10 ans pour que chacun ait ses 50 litres d'eau par jour et puisse se nourrir raisonnablement.
Comment se fait-il qu'on ne parvienne pas à réunir cette somme alors que «1549 milliards ont été dépensés l'an passé pour la guerre» ? a demandé M. Petrella.
La guerre, gouffre sans fond
Loin de s'indigner de ce que leurs impôts servent à des fins militaires, les contribuables américains sont fiers de financer une guerre qui se traduira par la mort de milliers de leurs fils et de leurs filles, a dit M. Petrella.
«Par contre, ils sortent dans la rue quand il est question de donner à des millions de gens une assurance maladie.»
Comment, comme société, peut-on accepter de tout marchander? De marchander la santé, l'éducation, l'eau, la propriété intellectuelle? «Comme société, nous acceptons que le droit à la vie n'appartienne pas à tout le monde.»
L'eau, pour tous
Selon lui, la marchandisation de l'eau est la plus indécente de toutes, et il faut agir. «Il faut affirmer que l'eau n'est pas un bien économique, que l'eau, ce n'est pas de l'or bleu», mais que puisqu'elle est essentielle à la vie, elle appartient à tous et doit être rendue accessible à tous.
LOUIS LEDUC / la presse
C'est un appel à l'indignation que M. Petrella a lancé au micro. Il suffirait aussi de 180 milliards pendant 10 ans pour que chacun ait ses 50 litres d'eau par jour et puisse se nourrir raisonnablement.
Comment se fait-il qu'on ne parvienne pas à réunir cette somme alors que «1549 milliards ont été dépensés l'an passé pour la guerre» ? a demandé M. Petrella.
La guerre, gouffre sans fond
Loin de s'indigner de ce que leurs impôts servent à des fins militaires, les contribuables américains sont fiers de financer une guerre qui se traduira par la mort de milliers de leurs fils et de leurs filles, a dit M. Petrella.
«Par contre, ils sortent dans la rue quand il est question de donner à des millions de gens une assurance maladie.»
Comment, comme société, peut-on accepter de tout marchander? De marchander la santé, l'éducation, l'eau, la propriété intellectuelle? «Comme société, nous acceptons que le droit à la vie n'appartienne pas à tout le monde.»
L'eau, pour tous
Selon lui, la marchandisation de l'eau est la plus indécente de toutes, et il faut agir. «Il faut affirmer que l'eau n'est pas un bien économique, que l'eau, ce n'est pas de l'or bleu», mais que puisqu'elle est essentielle à la vie, elle appartient à tous et doit être rendue accessible à tous.
LOUIS LEDUC / la presse
revue de presse
Shaddad Al-Attili, ministre de l'eau de l'Autorité palestinienne, savait d'avance que le refus israélien d'accepter toute référence aux "territoires occupés" palestiniens rendrait très aléatoire l'adoption d'une stratégie de l'eau à Barcelone, lors de la conférence de l'Union pour la Méditerranée (UPM) qui s'est tenue le 13 avril. La veille de son départ, il faisait part de sa colère : "Nous ne sommes pas un Etat, nous ne sommes pas un "territoire occupé", nous ne sommes donc rien ?"
De retour à Ramallah, il est amer face à cette "nouvelle crise" et ne voit pas à quoi pourrait servir le sommet des chefs d'Etat de l'UPM, prévu en juin. "Nous avons travaillé huit mois pour mettre au point une stratégie de l'eau, ajoute-t-il. C'est une honte que l'Espagne ait accepté de rouvrir le projet de texte final accepté par 41 délégations !"
S'agissait-il, de toute façon, d'un échec annoncé ? Le 7 avril, le ministre israélien des infrastructures, Uzi Landau, avait déclaré que si les Palestiniens "continuent à déverser leurs eaux usées et à polluer les rivières et la nappe aquifère, Israël cessera de leur fournir de l'eau". Les autorités israéliennes affirment que 73 % des eaux usées par les Palestiniens ne sont pas traitées, alors que 70 % des eaux utilisées par les quelque 300 000 colons vivant en Cisjordanie le sont.
Or, si les Palestiniens acceptent que leurs villages soient reliés au réseau national israélien, ils refusent qu'il en soit de même pour les "blocs de colonies" situés en Cisjordanie, parce que ce serait reconnaître l'annexion. Shaddad Al-Attili rappelle, en outre, que les autorités israéliennes refusent toutes les demandes palestiniennes de création d'usines de retraitement des eaux usées. Au sein de la commission conjointe sur l'eau, elles conditionnent l'octroi de permis aux Palestiniens à leur approbation des projets pour les colonies.
"Quinze ans après l'accord intérimaire d'Oslo, je dois encore demander la permission à Israël pour creuser un puits en Cisjordanie ! Non seulement Israël nous vole l'eau à laquelle nous avons droit, mais nous sommes obligés d'acheter la sienne !", tempête M. Attili.
RESSOURCES SUREXPLOITÉES
L'inégalité de l'accès à l'eau est une donnée fondamentale du conflit israélo-palestinien. Depuis la guerre de 1967, les Palestiniens n'ont pas accès aux eaux du Jourdain et l'Etat juif exploite 80 % des ressources de la principale nappe phréatique cisjordanienne, n'en concédant que 15 % aux Palestiniens. S'il est vrai que ceux-ci surexploitent les ressources à leur disposition, la consommation par habitant de Cisjordanie est de 22 m3 par an, contre 120 m3 pour un Israélien.
Or cette disparité ne peut que s'aggraver : la population palestinienne progresse d'environ 3,4 % par an contre 1,8 % pour Israël (en comptant les Arabes-Israéliens). A cette pression démographique s'ajoute l'augmentation des besoins engendrée par la croissance économique que connaît la Cisjordanie : l'Etat juif affirme encourager cette "paix économique", mais n'en tire aucune conséquence pour l'accès à l'eau, condition du développement.
S'agissait-il, de toute façon, d'un échec annoncé ? Le 7 avril, le ministre israélien des infrastructures, Uzi Landau, avait déclaré que si les Palestiniens "continuent à déverser leurs eaux usées et à polluer les rivières et la nappe aquifère, Israël cessera de leur fournir de l'eau". Les autorités israéliennes affirment que 73 % des eaux usées par les Palestiniens ne sont pas traitées, alors que 70 % des eaux utilisées par les quelque 300 000 colons vivant en Cisjordanie le sont.
Or, si les Palestiniens acceptent que leurs villages soient reliés au réseau national israélien, ils refusent qu'il en soit de même pour les "blocs de colonies" situés en Cisjordanie, parce que ce serait reconnaître l'annexion. Shaddad Al-Attili rappelle, en outre, que les autorités israéliennes refusent toutes les demandes palestiniennes de création d'usines de retraitement des eaux usées. Au sein de la commission conjointe sur l'eau, elles conditionnent l'octroi de permis aux Palestiniens à leur approbation des projets pour les colonies.
"Quinze ans après l'accord intérimaire d'Oslo, je dois encore demander la permission à Israël pour creuser un puits en Cisjordanie ! Non seulement Israël nous vole l'eau à laquelle nous avons droit, mais nous sommes obligés d'acheter la sienne !", tempête M. Attili.
RESSOURCES SUREXPLOITÉES
L'inégalité de l'accès à l'eau est une donnée fondamentale du conflit israélo-palestinien. Depuis la guerre de 1967, les Palestiniens n'ont pas accès aux eaux du Jourdain et l'Etat juif exploite 80 % des ressources de la principale nappe phréatique cisjordanienne, n'en concédant que 15 % aux Palestiniens. S'il est vrai que ceux-ci surexploitent les ressources à leur disposition, la consommation par habitant de Cisjordanie est de 22 m3 par an, contre 120 m3 pour un Israélien.
Or cette disparité ne peut que s'aggraver : la population palestinienne progresse d'environ 3,4 % par an contre 1,8 % pour Israël (en comptant les Arabes-Israéliens). A cette pression démographique s'ajoute l'augmentation des besoins engendrée par la croissance économique que connaît la Cisjordanie : l'Etat juif affirme encourager cette "paix économique", mais n'en tire aucune conséquence pour l'accès à l'eau, condition du développement.
revue de presse
Echec des négociations sur le partage des eaux du Nil
Jeudi 15 Avril 2010
LE CAIRE (AP) — Les négociations sur le partage de l'eau entre les dix pays riverains du Nil ont de nouveau échoué, a annoncé mardi l'agence de presse officielle égyptienne MENA. L'Egypte rejette un accord-cadre qui réduirait sa part du fleuve le plus long du monde.
La dispute dure depuis des années. Avant même le début des discussions dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, le ministre égyptien de l'Eau et de l'Irrigation, Mohammed Nasreddin Allam, a prévenu que son pays entendait garder sa part de 55,5 milliards de mètres cubes d'eau par an, soit plus de la moitié du débit du Nil.
Le Caire exige en outre de disposer d'un droit de veto sur tout nouveau projet d'irrigation émanant des neuf autres Etats, lesquels ont refusé une telle clause.
L'Egypte s'accroche à un accord conclu en 1929 avec la Grande-Bretagne au nom des colonies que la couronne anglaise possédait alors en Afrique de l'Est, et à un autre conclu en 1959 avec le Soudan qui fixait son quota actuel des eaux du fleuve.
L'Egypte, avec ses 80 millions d'habitants, affirme qu'en maintenant ce quota la part par tête tombera à environ 630 m3 en 2025, contre 1.213 en 1990.
Les huit autres pays de l'Initiative du bassin du Nil (NBI) demandent un partage plus équitable. La conclusion d'un accord-cadre ouvrirait la voie à l'établissement d'une commission permanente du bassin du Nil chargée de veiller à l'attribution des ressources en eau.
La NBI comprend le Burundi, la République démocratique du Congo, l'Egypte, l'Erythrée, l'Ethiopie, le Kenya, le Rwanda, le Soudan, la Tanzanie et l'Ouganda. AP
La dispute dure depuis des années. Avant même le début des discussions dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, le ministre égyptien de l'Eau et de l'Irrigation, Mohammed Nasreddin Allam, a prévenu que son pays entendait garder sa part de 55,5 milliards de mètres cubes d'eau par an, soit plus de la moitié du débit du Nil.
Le Caire exige en outre de disposer d'un droit de veto sur tout nouveau projet d'irrigation émanant des neuf autres Etats, lesquels ont refusé une telle clause.
L'Egypte s'accroche à un accord conclu en 1929 avec la Grande-Bretagne au nom des colonies que la couronne anglaise possédait alors en Afrique de l'Est, et à un autre conclu en 1959 avec le Soudan qui fixait son quota actuel des eaux du fleuve.
L'Egypte, avec ses 80 millions d'habitants, affirme qu'en maintenant ce quota la part par tête tombera à environ 630 m3 en 2025, contre 1.213 en 1990.
Les huit autres pays de l'Initiative du bassin du Nil (NBI) demandent un partage plus équitable. La conclusion d'un accord-cadre ouvrirait la voie à l'établissement d'une commission permanente du bassin du Nil chargée de veiller à l'attribution des ressources en eau.
La NBI comprend le Burundi, la République démocratique du Congo, l'Egypte, l'Erythrée, l'Ethiopie, le Kenya, le Rwanda, le Soudan, la Tanzanie et l'Ouganda. AP
revue de presse
Le portable plutôt que des toilettes
Jeudi 15 Avril 2010
Fluctuat.net.
Le 15 avril 2010
L'Inde compte 545 millions de détenteurs de téléphones cellulaires. Mais seuls 366 millions d'habitants ont accès à des sanitaires, selon un rapport de l'ONU paru mercredi. Soit 31% de la population.
Cette enquête a été menée par Réseau international pour l'eau, l'environnement et la santé de l'université des Nations unies. D'après leurs critères, les toilettes sont un lieu d'aisance pourvu au minimum de cloisons et d'une aération limitant les odeurs et les mouches.
"Quiconque qualifie ce sujet de répugnant, le minimise comme quelque chose d'indigne, ou considère négligeables ceux qui sont dans le besoin devrait laisser les autres s'occuper du sort des 1,5 millions d'enfants, et bien d'autres morts chaque année dus à de l'eau contaminée et à des sanitaires non conforme", juge Zafar Adeel, coordinateur de l'ONU pour les problèmes de l'eau.
Selon le rapport, la construction d'une toilette coûte environ 300 dollars, tout compris. Un investissement rentable, d'après Adeel :
"Le monde peut espérer un retour de 3 ou 4 dollars pour chaque dollar dépensé pour des sanitaires, grâce à la réduction de la pauvreté et des dépenses de santé et une plus grande productivité."
Tel est malheureusement au Maroc comme dans la majeure partie des pays en voie de développement. Investir dans ce qui rapporte directement, et plutôt au capital privé, que à ce qui dure et bénéficie à la communauté.
Le 15 avril 2010
L'Inde compte 545 millions de détenteurs de téléphones cellulaires. Mais seuls 366 millions d'habitants ont accès à des sanitaires, selon un rapport de l'ONU paru mercredi. Soit 31% de la population.
Cette enquête a été menée par Réseau international pour l'eau, l'environnement et la santé de l'université des Nations unies. D'après leurs critères, les toilettes sont un lieu d'aisance pourvu au minimum de cloisons et d'une aération limitant les odeurs et les mouches.
"Quiconque qualifie ce sujet de répugnant, le minimise comme quelque chose d'indigne, ou considère négligeables ceux qui sont dans le besoin devrait laisser les autres s'occuper du sort des 1,5 millions d'enfants, et bien d'autres morts chaque année dus à de l'eau contaminée et à des sanitaires non conforme", juge Zafar Adeel, coordinateur de l'ONU pour les problèmes de l'eau.
Selon le rapport, la construction d'une toilette coûte environ 300 dollars, tout compris. Un investissement rentable, d'après Adeel :
"Le monde peut espérer un retour de 3 ou 4 dollars pour chaque dollar dépensé pour des sanitaires, grâce à la réduction de la pauvreté et des dépenses de santé et une plus grande productivité."
Tel est malheureusement au Maroc comme dans la majeure partie des pays en voie de développement. Investir dans ce qui rapporte directement, et plutôt au capital privé, que à ce qui dure et bénéficie à la communauté.
revue de presse
Haut-Atlas marocain : Suivi des neiges pour une meilleure gestion de l’eau
Dimanche 11 Avril 2010De grandes plaines irriguées à la lisière du désert : les neiges du Haut-Atlas marocain constituent un grand réservoir d’eau pour la région, dont l’économie se fonde sur une agriculture très consommatrice. Or, l’augmentation de la consommation d’eau et les incertitudes associées à la grande variabilité interannuelle des précipitations et au changement climatique pèsent sur le devenir de cette précieuse ressource. Des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires marocains ( 1) ont suivi l’évolution du couvert neigeux sur toute la chaîne montagneuse grâce à l’imagerie satellitaire. Ils peuvent ainsi prévoir le débit des oueds en aval qui abreuvent les vallées tout au long de la saison sèche et proposer une aide à la décision aux gestionnaires lo
La neige constitue une importante ressource en eau pour les pays montagneux du pourtour de la Méditerranée. Au Maroc, le Haut-Atlas concentre une large part des précipitations, notamment sous forme de neige, et joue le rôle de château d’eau pour les plaines agricoles. Des défis majeurs attendent les gestionnaires de cette ressource. En effet, dans la région du Haut-Atlas, les précipitations irrégulières combinées à un taux d’évaporation élevé rendent difficile la gestion des ressources en eau. A court terme, le développement agricole et socio-économique exercent une pression qui impose de développer des règles d’utilisation rationnelle et une meilleure prévision saisonnière. Afin de mieux évaluer les apports aux barrages tout au long de la saison de fonte des neiges et de distribuer l’eau de façon raisonnée, il est important de bien comprendre les processus et variables qui contrôlent le cycle hydrologique. A plus long terme, le changement climatique fait redouter une baisse non seulement des précipitations totales, mais surtout des précipitations solides, qui représentent une réserve stockée pendant l’hiver et disponible pendant l’été en période d’étiage.
Le suivi des neiges du Haut-Atlas
Station de mesure de l’Oukaimdem, à 3239 m d’altitude, le 5 mars 2010
© IRD / François BOURGIN La station de mesure de l’Oukaimdem, à 3239 m d’altitude, le 5 mars 2010
Observation du couvert neigeux, de l’accumulation et de la fonte des neiges, estimation de la contribution de la fonte aux débits des oueds : les recherches menées dans le cadre du projet SudMed par les chercheurs de l’IRD et leurs partenaires marocains ( 1) ont pour but d’évaluer et de prévoir les ressources en eau dans la région du Tensift Al Haouz, non loin de Marrakech, dont l’économie repose essentiellement sur une agriculture grande consommatrice d’eau. Dans une récente étude, les scientifiques ont cartographié les zones enneigées de toute la chaîne montagneuse marocaine grâce à des séries d’images du satellite SPOT-VEGETATION. Ils ont ainsi analysé les variations spatio-temporelles de la couverture neigeuse sur tout le Haut-Atlas de 1998 à 2005.
La distribution spatiale du couvert neigeux, ainsi que son caractère non-permanent, voire éphémère, dépendent en toute logique de l’altitude. Les fluctuations dans le temps sont très importantes : l’extension des surfaces enneigées, le nombre d’épisodes neigeux et la durée d’enneigement varient fortement d’une année sur l’autre. Les chercheurs mettent également en avant une possible influence sur les chutes de neige de la variabilité du climat en Atlantique Nord, notamment l’oscillation Nord Atlantique, un phénomène hivernal qui impacte le climat tout autour du bassin atlantique.
Télédétection : un moyen d’observation privilégié des régions montagneuses
Ces travaux ont également montré que l’observation des surfaces enneigées par le satellite SPOT-VEGETATION permet de mieux modéliser le débit des oueds dans le Haut-Atlas marocain. Ces données corrigent en particulier efficacement certains biais d'observation des précipitations neigeuses, notamment lorsque des nuages d'altitude génèrent des précipitations qui ne sont pas observées par le réseau de pluviographes, majoritairement localisés en fond de vallée.
Diminution du couvert neigeux vue par le satellite FORMOSAT2.
© NSPO, distribution SPOT image, traitement CNES/CESBIO Importante diminution du couvert neigeux entre les 8 et 12 février 2009 vue par le satellite FORMOSAT2.
Compte tenu de la rapidité avec laquelle la neige fond dans les milieux méditerranéens, les satellites actuels n’ont pas toujours les caractéristiques de revisite et de résolution nécessaires pour suivre l’évolution du couvert neigeux. De nouvelles missions spatiales, et notamment le satellite taïwanais FORMOSAT2 ou le projet Venµs, permettent de suivre les surfaces enneigées avec une résolution de l’ordre de 10 m et une revisite quotidienne, mais sur de petites zones. Elles sont complémentaires des satellites à basse résolution qui permettent la surveillance globale des massifs avec une résolution de l’ordre du kilomètre et une revisite quotidienne.
Les chercheurs étendent actuellement leurs travaux ( 2) au nord et à l’est de la Méditerranée afin de produire des indicateurs de ressource nivale grâce à la télédétection satellitaire, et d’analyser la variabilité spatiale et temporelle de ces indicateurs en liaison avec le fonctionnement climatique de la Méditerranée. Compte tenu de la faible présence de l’Homme en haute montagne, la neige est un bon indicateur du changement climatique.
1. Ces travaux ont été réalisés par les chercheurs du Centre d'études spatiales de la biosphère - CESBIO (UMR IRD, CNRS, CNES, Université Paul Sabatier à Toulouse) en collaboration avec l’Université Cadi Ayyad à Marrakech et en étroite association avec les organismes gestionnaires tels que l’Agence de Bassin du Tensift et l’Office Agricole du Haouz.
2. Ces recherches sont réalisées en collaboration avec le Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales – LEGOS (UMR IRD / CNRS / CNES / Université Paul Sabatier - Toulouse 3) et METEO-France.
Le suivi des neiges du Haut-Atlas
Station de mesure de l’Oukaimdem, à 3239 m d’altitude, le 5 mars 2010
© IRD / François BOURGIN La station de mesure de l’Oukaimdem, à 3239 m d’altitude, le 5 mars 2010
Observation du couvert neigeux, de l’accumulation et de la fonte des neiges, estimation de la contribution de la fonte aux débits des oueds : les recherches menées dans le cadre du projet SudMed par les chercheurs de l’IRD et leurs partenaires marocains ( 1) ont pour but d’évaluer et de prévoir les ressources en eau dans la région du Tensift Al Haouz, non loin de Marrakech, dont l’économie repose essentiellement sur une agriculture grande consommatrice d’eau. Dans une récente étude, les scientifiques ont cartographié les zones enneigées de toute la chaîne montagneuse marocaine grâce à des séries d’images du satellite SPOT-VEGETATION. Ils ont ainsi analysé les variations spatio-temporelles de la couverture neigeuse sur tout le Haut-Atlas de 1998 à 2005.
La distribution spatiale du couvert neigeux, ainsi que son caractère non-permanent, voire éphémère, dépendent en toute logique de l’altitude. Les fluctuations dans le temps sont très importantes : l’extension des surfaces enneigées, le nombre d’épisodes neigeux et la durée d’enneigement varient fortement d’une année sur l’autre. Les chercheurs mettent également en avant une possible influence sur les chutes de neige de la variabilité du climat en Atlantique Nord, notamment l’oscillation Nord Atlantique, un phénomène hivernal qui impacte le climat tout autour du bassin atlantique.
Télédétection : un moyen d’observation privilégié des régions montagneuses
Ces travaux ont également montré que l’observation des surfaces enneigées par le satellite SPOT-VEGETATION permet de mieux modéliser le débit des oueds dans le Haut-Atlas marocain. Ces données corrigent en particulier efficacement certains biais d'observation des précipitations neigeuses, notamment lorsque des nuages d'altitude génèrent des précipitations qui ne sont pas observées par le réseau de pluviographes, majoritairement localisés en fond de vallée.
Diminution du couvert neigeux vue par le satellite FORMOSAT2.
© NSPO, distribution SPOT image, traitement CNES/CESBIO Importante diminution du couvert neigeux entre les 8 et 12 février 2009 vue par le satellite FORMOSAT2.
Compte tenu de la rapidité avec laquelle la neige fond dans les milieux méditerranéens, les satellites actuels n’ont pas toujours les caractéristiques de revisite et de résolution nécessaires pour suivre l’évolution du couvert neigeux. De nouvelles missions spatiales, et notamment le satellite taïwanais FORMOSAT2 ou le projet Venµs, permettent de suivre les surfaces enneigées avec une résolution de l’ordre de 10 m et une revisite quotidienne, mais sur de petites zones. Elles sont complémentaires des satellites à basse résolution qui permettent la surveillance globale des massifs avec une résolution de l’ordre du kilomètre et une revisite quotidienne.
Les chercheurs étendent actuellement leurs travaux ( 2) au nord et à l’est de la Méditerranée afin de produire des indicateurs de ressource nivale grâce à la télédétection satellitaire, et d’analyser la variabilité spatiale et temporelle de ces indicateurs en liaison avec le fonctionnement climatique de la Méditerranée. Compte tenu de la faible présence de l’Homme en haute montagne, la neige est un bon indicateur du changement climatique.
1. Ces travaux ont été réalisés par les chercheurs du Centre d'études spatiales de la biosphère - CESBIO (UMR IRD, CNRS, CNES, Université Paul Sabatier à Toulouse) en collaboration avec l’Université Cadi Ayyad à Marrakech et en étroite association avec les organismes gestionnaires tels que l’Agence de Bassin du Tensift et l’Office Agricole du Haouz.
2. Ces recherches sont réalisées en collaboration avec le Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales – LEGOS (UMR IRD / CNRS / CNES / Université Paul Sabatier - Toulouse 3) et METEO-France.
http://www.ird.fr/la-mediatheque/fiches-d-a..
http://www.ird.fr/la-mediatheque/fiches-d-actualites-scientifiques/340-haut-atlas-marocain-suivi-des-neiges-pour-une-meilleure-gestion-de-l-eau
revue de presse
Comment la SNEP détourne l’eau du Sebou
Vendredi 2 Avril 2010
Comment la SNEP détourne l’eau du Sebou
· De l’eau à usage industriel embouteillée et commercialisée
· Exploitation sans contrat de la source Aïn Soltane
TROUVER l’intrus? Oulmès, Sidi Ali, Sidi Harazem, Aïn Saïss et Aïn Soltane. Parmi ces eaux embouteillées, trois seulement peuvent se prévaloir de l’appellation d’eau minérale, octroyée par le comité du thermalisme du ministère de la Santé. Ça sent déjà la supercherie.
Le business de l’eau embouteillée est rentable d’autant que le potentiel énorme du marché national (5 litres d’eau plate embouteillée par habitant et par an), place le Maroc au rang de marché prometteur. Le dernier à s’y engouffrer, est le groupe Miloud Chaâbi, avec sa marque Aïn Soltane, lancée en mars 2007, pour un investissement de près de 150 millions de DH.
Si l’obtention de l’autorisation d’exploitation est assimilée à un véritable parcours du combattant, des voies de contournement semblent exister tant il est vrai que «les insuffisances au niveau de la gestion et du contrôle du domaine public hydraulique» sont flagrantes, relève le rapport de la Cour des comptes. Vous avez bien lu, le dernier rapport de la Cour des comptes auquel L’Economiste s’intéresse depuis quelques jours a consacré un chapitre au dossier de la gestion et du contrôle du domaine public hydraulique. Des surprises, il y en a.
Pour les magistrats, l’Agence du bassin hydraulique du Sebou (ABHS), chargée de réguler le secteur, «ne procède pas au contrôle et à la vérification des déclarations relatives à l’utilisation des ressources en eau mobilisées par les différents utilisateurs». Par conséquent, «elle ne contrôle pas les extractions de matériaux», mais se contente de simples déclarations des préleveurs ou de l’émission des ordres de recettes. Ces manquements et bien d’autres expliquent, entre autres, les tentations de certains exploitants à se mouiller dans ces eaux souvent très boueuses. Mais là où le rapport devient pertinent, c’est lorsqu’il s’intéresse à l’identité des exploitants de ces eaux. Comme c’est le cas des eaux de source Aïn Soltane, propriété du groupe Chaâbi. «La Snep procède à la mise en bouteille et à la commercialisation des eaux de cette source sur la base d’un simple contrat d’abonnement pour la fourniture d’eau par l’Onep», souligne le rapport. La source d’Aïn Soltane est destinée à alimenter Imouzzer en eau potable donc à la charge de l’Onep. Le hic est qu’Aïn Soltane est la seule source souterraine au Maroc, exploitée à usage commercial par la filiale Al Karama du groupe Châabi, sans bénéficier de contrat d’exploitation avec l’Agence du Sebou. Profitant du contrat classique du client de l’Onep, la Snep détourne une partie de l’eau qui est fournie pour usage industriel pour la mettre en bouteille et la commercialiser. En clair, c’est comme s’il s’agissait d’un client lambda de l’Onep qui prenait un peu d’eau de son robinet, l’embouteillait et la commercialisait.
Pour les magistrats de la Cour des comptes, «la mise en bouteille et l’exploitation commerciale de Aïn Soltane se font sans autorisation de l’ABHS». Ça tombe sous le sens.
Bachir THIAM
Le business de l’eau embouteillée est rentable d’autant que le potentiel énorme du marché national (5 litres d’eau plate embouteillée par habitant et par an), place le Maroc au rang de marché prometteur. Le dernier à s’y engouffrer, est le groupe Miloud Chaâbi, avec sa marque Aïn Soltane, lancée en mars 2007, pour un investissement de près de 150 millions de DH.
Si l’obtention de l’autorisation d’exploitation est assimilée à un véritable parcours du combattant, des voies de contournement semblent exister tant il est vrai que «les insuffisances au niveau de la gestion et du contrôle du domaine public hydraulique» sont flagrantes, relève le rapport de la Cour des comptes. Vous avez bien lu, le dernier rapport de la Cour des comptes auquel L’Economiste s’intéresse depuis quelques jours a consacré un chapitre au dossier de la gestion et du contrôle du domaine public hydraulique. Des surprises, il y en a.
Pour les magistrats, l’Agence du bassin hydraulique du Sebou (ABHS), chargée de réguler le secteur, «ne procède pas au contrôle et à la vérification des déclarations relatives à l’utilisation des ressources en eau mobilisées par les différents utilisateurs». Par conséquent, «elle ne contrôle pas les extractions de matériaux», mais se contente de simples déclarations des préleveurs ou de l’émission des ordres de recettes. Ces manquements et bien d’autres expliquent, entre autres, les tentations de certains exploitants à se mouiller dans ces eaux souvent très boueuses. Mais là où le rapport devient pertinent, c’est lorsqu’il s’intéresse à l’identité des exploitants de ces eaux. Comme c’est le cas des eaux de source Aïn Soltane, propriété du groupe Chaâbi. «La Snep procède à la mise en bouteille et à la commercialisation des eaux de cette source sur la base d’un simple contrat d’abonnement pour la fourniture d’eau par l’Onep», souligne le rapport. La source d’Aïn Soltane est destinée à alimenter Imouzzer en eau potable donc à la charge de l’Onep. Le hic est qu’Aïn Soltane est la seule source souterraine au Maroc, exploitée à usage commercial par la filiale Al Karama du groupe Châabi, sans bénéficier de contrat d’exploitation avec l’Agence du Sebou. Profitant du contrat classique du client de l’Onep, la Snep détourne une partie de l’eau qui est fournie pour usage industriel pour la mettre en bouteille et la commercialiser. En clair, c’est comme s’il s’agissait d’un client lambda de l’Onep qui prenait un peu d’eau de son robinet, l’embouteillait et la commercialisait.
Pour les magistrats de la Cour des comptes, «la mise en bouteille et l’exploitation commerciale de Aïn Soltane se font sans autorisation de l’ABHS». Ça tombe sous le sens.
Bachir THIAM
revue de presse
Les eaux pluviales, une alternative solide
Jeudi 25 Mars 2010
La collecte de cette ressource naturelle pourrait être une des solutions pour remédier au stress hydrique
Article publié par Le Matin (Casablanca) le 22.03.2010
Sans eau, pas de développement économique. Le monde célèbre ce lundi 22 mars la Journée mondiale de l'eau. Ce rendez-vous annuel devrait être au Maroc l'occasion pour réfléchir sur l'avenir de la politique hydraulique nationale.
Alors que les climatologues ne cessent d'annoncer que le Maroc se trouve dans une zone très vulnérable en matière de changements climatiques (CC) -qui sera marquée par une hausse des températures et une diminution des précipitations- et que notre pays doit affronter une pénurie d'eau à l'horizon 2020, il est regrettable de constater que le comportement des citoyens vis-à-vis de cette denrée rare n'a pas changé.
Partout, cette ressource continue d'être gaspillée par une exploitation non rationnelle des nappes phréatiques et par une pollution industrielle intempestive. «Riches en précipitations, les deux dernières années représentent des périodes exceptionnelles qui ne doivent pas nous faire oublier les dernières périodes de sécheresse et les problèmes d'eau qui nous guettent dans l'avenir. Nous devons nous préparer à relever ce défi par la mobilisation autour de l'économie d'eau. Il faut se lancer sans tarder dans la construction des barrages collinaires qui permettent une meilleure régulation de l'eau et des inondations avec protection des sols contre l'érosion par les pluies. Le coût de ces ouvrages est moins cher et ils sont facilement appropriés par les villageois», souligne Mehdi Lahlou, président de l'Association marocaine pour le contrat mondial de l'eau (ACME Maroc). En attendant ces réalisations, il existe d'autres moyens pour économiser l'eau comme la mise en place de systèmes de double canalisation. Le premier canal est réservé pour les eaux usées tandis que le deuxième sert à recevoir les eaux de pluies.
Aujourd'hui dans plusieurs pays (Allemagne, Italie, Suède...), tous les établissements publics et privés sont équipés de systèmes de récupération d'eau de pluies. Dans certaines villes, il existe des plates-formes de collecte des eaux pluviales au niveau des terrains de sport, aéroports, hôtels, centres commerciaux...
«L'eau est un élément vital qui nécessite des investissements colossaux à la collectivité et donc au citoyen qui reste le principal contribuable. Cependant, l'examen des usages qu'on fait de l'eau potable laisse apparaître que plus de 50% des usages domestiques, voire parfois 100% de certains usages industriels ne requièrent pas à priori que l'eau utilisée soit potable (eaux destinées aux toilettes, arrosage de jardins, lavages de véhicules, lessive...). Face à cette évidence et dans un contexte où l'eau devient un bien si cher, pourquoi ne pas utiliser une eau qui tombe juste au-dessus de nos têtes : l'eau de pluie», lit-on dans le «Guide pratique pour la récupération des eaux pluviales au Maroc», réalisé en 2008 par le Secrétariat d'Etat à l'eau et à l'environnement en partenariat avec l'Association Targa pour le développement durable.
Si la loi 10-95 sur l'eau traite de l'exploitation des eaux de pluies, il reste que le secteur privé (entreprises spécialisées, revendeurs, techniciens...) n'a pu développer ce secteur, faute de promulgation de textes qui réglementent ce domaine et de la mise en œuvre de mesures d'incitation qui favoriserait le développement de ce créneau qui, potentiellement, représente une activité économique créatrice de valeur ajoutée et d'emplois. Si l'histoire du Maroc témoigne du génie des populations dans le domaine du captage et du stockage des eaux de pluie associés à une gestion économe des ressources en eau, on observe de moins en moins, notamment dans la ville, cette sensibilité du citoyen à l'économie d'eau. «L'existence des réseaux d'eau potable dans les villes et dans les grandes agglomérations rurales incarne davantage des attitudes de clients (consommateurs) et de prestataires (société et régie d'eau potable) qui ne peuvent débattre que du tarif. En conséquence, on est loin encore de voir ces deux protagonistes discuter d'une question telle que : "Pourquoi traiter toute cette eau pour la rendre potable alors qu'une toute petite partie est utilisée pour la boisson et la toilette?". En effet, la proportion des quantités d'eau à usage domestique qui ne requièrent pas une potabilité de l'eau est souvent supérieure à 50% des consommations», conclut le Guide pratique pour la récupération des eaux pluviales au Maroc.
Rendez-vous
Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de l'eau le 22 mars, l'Association marocaine pour le contrat mondial de l'eau (ACME Maroc) organise une Table-ronde sur le thème : «Accès à l'eau au Maroc et l'expérience de la gestion déléguée». Cette rencontre aura lieu le 24 mars à l'école Ahmed Nejjaï à Témara à partir de 15 h. Dans la même école, ACME Maroc lance, avec sept lycées et collèges avec lesquels cette ONG a signé dernièrement une convention de partenariat, une opération de plantation d'arbres (oliviers, principalement) entrant dans le cadre des actions de sensibilisation en faveur de l'eau et de l'environnement. Toujours dans le cadre de cette célébration, l'Association marocaine des droits humains (AMDH) section Rabat organise le 25 mars à 17h30 au siège central, une conférence sur le thème «Politique de l'eau au Maroc», animée par Abderrahim Handouf, chercheur agronome à l'Institut de la recherche agronomique (INRA)
http://www.lematin.ma/Actualite/Journal/Article.asp?idr=116&id=130094
revue de presse
De l'eau à Copenhague
Lundi 14 Décembre 2009
Par Anne Le Strat, Alessandro Ramazotti, Christiane Franck et Roger Vioud
LEMONDE.FR | 11.12.09 | 15h31
Alors que le sommet de Copenhague vient de s'ouvrir, les réunions de négociations se multiplient, les déclarations se succèdent, mais aucun scénario de consensus ne se profile. Face au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront pourtant parvenir à surmonter leurs divergences pour donner une suite au protocole de Kyoto à la hauteur des enjeux. L'avenir climatique de l'humanité se joue à cette conférence ; mais également l'avenir des ressources indispensables aux générations futures, et au vivant en général. Première parmi ces ressources : l'eau. Essentielles à la vie, les ressources en eau seront rapidement et fortement impactées par le changement climatique. Le dernier rapport du GIEC (groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) rappelle le lien évident entre modifications du climat et pluviométrie. Si les inconnues sont grandes, tous les scénarios laissent entrevoir un "accroissement des extrêmes" : de fortes sécheresses et des crues violentes. Les latitudes méditerranéennes, qui abritent près du quart de la population mondiale, seront particulièrement affectées. Plus globalement, la répartition géographique des précipitations sera profondément modifiée, bouleversant fortement les activités humaines.
Bien commun, l'eau représente aujourd'hui un enjeu critique pour nos sociétés. Garantir l'accès à l'eau en tant que droit humain et gérer les ressources de manière soutenable constituent une responsabilité collective tant à l'échelle du village qu'à celle de la communauté mondiale.
La plus grande négociation mondiale depuis 1992 traitant du devenir de l'humanité et de la planète ne peut être centrée exclusivement sur les problèmes énergétiques. Aujourd'hui déjà, les premiers besoins pour plus de trois milliards d'êtres humains sont l'accès à l'eau, l'alimentation ou encore la santé. La discussion internationale sur le climat doit impérativement englober ces priorités, qui sont et seront celles de la moitié de la planète.
Nous, membres fondateurs du réseau Aqua Publica Europea, avons la volonté de rassembler les opérateurs publics des services d'eau et d'assainissement européens pour promouvoir une gestion publique et responsable de l'eau. Opérateurs de terrain, nous sommes confrontés à la complexité de la gestion de cette ressource si vitale et tellement fragile.
Aux pouvoirs publics engagés dans les négociations de l'United Nations Framework Convention on Climatic Change, nous adressons trois demandes.
Premièrement, que la problématique de l'eau soit incluse, en tant que telle, à l'agenda de la COP 15 (conférence des parties) à Copenhague.
Deuxièmement, que le traité de Copenhague, que nous appelons de tous nos vœux, approuve le principe de l'élaboration d'un protocole mondial sur l'eau. Ce protocole devra répondre à tous les enjeux, de court et long terme, liés à l'eau (approvisionnement, pollutions, etc.).
Troisièmement, que soit créée une Autorité mondiale de l'eau sous l'égide des Nations unies, instrument efficace d'action et de coopération internationales, regroupant les différentes agences de l'ONU travaillant dans le domaine de l'eau. Cette Autorité mondiale pour l'eau devra être dotée d'une autonomie réelle à l'égard des intérêts politiques nationaux, mais aussi des grands intérêts privés économiques qui dominent le secteur de l'eau.
A l'heure où l'on se passionne pour la découverte d'eau sur la Lune , il est grand temps de mobiliser notre intérêt pour l'accès à l'eau des Terriens et de leurs enfants !
Anne Le Strat est adjointe au maire de Paris, chargée de l'eau, de l'assainissement et de la gestion des canaux, présidente d'Eau de Paris
Alessandro Ramazotti est président de Cap Holding, Milan, Italie
Christiane Franck est directrice générale de Vivaqua, Bruxelles, Belgique
Roger Vioud est responsable des relations transfrontaliè res aux Services industriels de Genève, Suisse
Anne Le Strat, Alessandro Ramazotti, Christiane Franck et Roger Vioud, sont respectivement présidente, vice-président, administratrice déléguée et secrétaire général d'Aqua Publica Europea, le réseau des entreprises publiques européennes de l'eau.
LEMONDE.FR | 11.12.09 | 15h31
Alors que le sommet de Copenhague vient de s'ouvrir, les réunions de négociations se multiplient, les déclarations se succèdent, mais aucun scénario de consensus ne se profile. Face au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront pourtant parvenir à surmonter leurs divergences pour donner une suite au protocole de Kyoto à la hauteur des enjeux. L'avenir climatique de l'humanité se joue à cette conférence ; mais également l'avenir des ressources indispensables aux générations futures, et au vivant en général. Première parmi ces ressources : l'eau. Essentielles à la vie, les ressources en eau seront rapidement et fortement impactées par le changement climatique. Le dernier rapport du GIEC (groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) rappelle le lien évident entre modifications du climat et pluviométrie. Si les inconnues sont grandes, tous les scénarios laissent entrevoir un "accroissement des extrêmes" : de fortes sécheresses et des crues violentes. Les latitudes méditerranéennes, qui abritent près du quart de la population mondiale, seront particulièrement affectées. Plus globalement, la répartition géographique des précipitations sera profondément modifiée, bouleversant fortement les activités humaines.
Bien commun, l'eau représente aujourd'hui un enjeu critique pour nos sociétés. Garantir l'accès à l'eau en tant que droit humain et gérer les ressources de manière soutenable constituent une responsabilité collective tant à l'échelle du village qu'à celle de la communauté mondiale.
La plus grande négociation mondiale depuis 1992 traitant du devenir de l'humanité et de la planète ne peut être centrée exclusivement sur les problèmes énergétiques. Aujourd'hui déjà, les premiers besoins pour plus de trois milliards d'êtres humains sont l'accès à l'eau, l'alimentation ou encore la santé. La discussion internationale sur le climat doit impérativement englober ces priorités, qui sont et seront celles de la moitié de la planète.
Nous, membres fondateurs du réseau Aqua Publica Europea, avons la volonté de rassembler les opérateurs publics des services d'eau et d'assainissement européens pour promouvoir une gestion publique et responsable de l'eau. Opérateurs de terrain, nous sommes confrontés à la complexité de la gestion de cette ressource si vitale et tellement fragile.
Aux pouvoirs publics engagés dans les négociations de l'United Nations Framework Convention on Climatic Change, nous adressons trois demandes.
Premièrement, que la problématique de l'eau soit incluse, en tant que telle, à l'agenda de la COP 15 (conférence des parties) à Copenhague.
Deuxièmement, que le traité de Copenhague, que nous appelons de tous nos vœux, approuve le principe de l'élaboration d'un protocole mondial sur l'eau. Ce protocole devra répondre à tous les enjeux, de court et long terme, liés à l'eau (approvisionnement, pollutions, etc.).
Troisièmement, que soit créée une Autorité mondiale de l'eau sous l'égide des Nations unies, instrument efficace d'action et de coopération internationales, regroupant les différentes agences de l'ONU travaillant dans le domaine de l'eau. Cette Autorité mondiale pour l'eau devra être dotée d'une autonomie réelle à l'égard des intérêts politiques nationaux, mais aussi des grands intérêts privés économiques qui dominent le secteur de l'eau.
A l'heure où l'on se passionne pour la découverte d'eau sur la Lune , il est grand temps de mobiliser notre intérêt pour l'accès à l'eau des Terriens et de leurs enfants !
Anne Le Strat est adjointe au maire de Paris, chargée de l'eau, de l'assainissement et de la gestion des canaux, présidente d'Eau de Paris
Alessandro Ramazotti est président de Cap Holding, Milan, Italie
Christiane Franck est directrice générale de Vivaqua, Bruxelles, Belgique
Roger Vioud est responsable des relations transfrontaliè res aux Services industriels de Genève, Suisse
Anne Le Strat, Alessandro Ramazotti, Christiane Franck et Roger Vioud, sont respectivement présidente, vice-président, administratrice déléguée et secrétaire général d'Aqua Publica Europea, le réseau des entreprises publiques européennes de l'eau.
revue de presse
Les actionnaires de Vivendi dénoncent une fraude comptable organisée
Vendredi 9 Octobre 2009
AFP 06.10.09 | 22h41
NEW YORK, 6 oct 2009 (AFP) - Fraude comptable organisée ou non, les actionnaires de l'ex-Vivendi Universal (VU) et Jean-Marie Messier livraient mardi à New York des versions diamétralement opposées des événements de 2000-02, qui ont conduit le groupe de médias au bord de la faillite. Premier à s'exprimer dans un procès fleuve qui pourrait déboucher sur des milliards de dollars de dédommagements, le principal avocat des plaignants, Arthur Abbey, a accusé Vivendi de "mensonges" et reproché à l'ancien PDG du groupe, Jean-Marie Messier, de s'être livré à des "tours de magie comptable". "Nous montrerons que les accusés n'ont pas dit la vérité sur les problèmes de liquidité croissants" du groupe, a indiqué M. Abbey. "Finalement comme avec tous les mensonges, la vérité a fini par sortir (...) et les investisseurs ont essuyé d'énormes pertes". Sous les regards attentifs de Jean-Marie Messier et de son ex-bras droit et directeur financier, Guillaume Hannezo, l'avocat a projeté sur un écran des copies de courriels et de notes manuscrites échangés par les deux hommes, montrant la volonté de la direction d'embellir les comptes. Après M. Abbey, c'est l'avocat du groupe (redevenu Vivendi tout court en 2006), représenté à l'audience par le président de son conseil de surveillance, Jean-René Fourtou, qui a présenté sa version des faits. Me Paul Saunders a affirmé que Vivendi n'avait jamais commis de "fraude" dans la présentation de ses comptes. "La prétendue crise de liquidités" évoquée plus tôt par l'accusation n'était selon lui qu'un "risque pour les liquidités". "Nous avons rendu publique l'existence d'un risque", a ajouté l'avocat, soulignant que tout investissement en bourse comporte une part de risque. Les 12 jurés devaient ensuite entendre Michael Malone, avocat de M. Messier, avant celui de M. Hannezo qui pourrait s'exprimer mercredi. L'affaire remonte aux années 2000-2002, c'est-à-dire aux suites de la fusion avec Seagram et Canal Plus qui avait fait de Vivendi Universal l'un des plus gros groupes de médias au monde: à cette époque, VU affichait des bénéfices et des recettes florissants, alors que le groupe, lourdement endetté pour financer son expansion, traversait une grave crise de liquidités. Finalement M. Messier avait dû quitter la présidence de VU en juillet 2002, après que l'entreprise eut perdu 13,6 milliards d'euros sur l'année précédente. Ce n'est pas la première fois que Vivendi et son flamboyant ex-PDG doivent affronter la justice pour rendre compte de cette époque. Mais ce procès aux Etats-Unis, qui devrait durer deux à trois mois, pourrait s'avérer le plus onéreux pour eux si la justice leur ordonne de dédommager les actionnaires pénalisés par l'effondrement du titre. La justice française chiffre en effet à un million le nombre d'investisseurs ayant détenu des actions Vivendi durant la période litigieuse, qui sont autant de potentielles victimes à dédommager. Des investisseurs français avaient porté plainte dès septembre 2002 aux Etats-Unis, joignant leurs efforts à ceux d'investisseurs qui avaient acheté des certificats de dépôts (ADS) cotés à New York. C'est cette action commune qui a débouché sur ce procès à New York. Aux Etats-Unis, où ce type de poursuites est assez courant, les plaignants tentent généralement de parvenir à un accord de dédommagement à l'amiable, ce qui évite à leur adversaire d'affronter un jury populaire au verdict potentiellement ruineux. Le chiffre d'une transaction à deux milliards de dollars pour solder l'affaire Vivendi a été évoqué, sans que nul ne le confirme officiellement.
NEW YORK, 6 oct 2009 (AFP) - Fraude comptable organisée ou non, les actionnaires de l'ex-Vivendi Universal (VU) et Jean-Marie Messier livraient mardi à New York des versions diamétralement opposées des événements de 2000-02, qui ont conduit le groupe de médias au bord de la faillite. Premier à s'exprimer dans un procès fleuve qui pourrait déboucher sur des milliards de dollars de dédommagements, le principal avocat des plaignants, Arthur Abbey, a accusé Vivendi de "mensonges" et reproché à l'ancien PDG du groupe, Jean-Marie Messier, de s'être livré à des "tours de magie comptable". "Nous montrerons que les accusés n'ont pas dit la vérité sur les problèmes de liquidité croissants" du groupe, a indiqué M. Abbey. "Finalement comme avec tous les mensonges, la vérité a fini par sortir (...) et les investisseurs ont essuyé d'énormes pertes". Sous les regards attentifs de Jean-Marie Messier et de son ex-bras droit et directeur financier, Guillaume Hannezo, l'avocat a projeté sur un écran des copies de courriels et de notes manuscrites échangés par les deux hommes, montrant la volonté de la direction d'embellir les comptes. Après M. Abbey, c'est l'avocat du groupe (redevenu Vivendi tout court en 2006), représenté à l'audience par le président de son conseil de surveillance, Jean-René Fourtou, qui a présenté sa version des faits. Me Paul Saunders a affirmé que Vivendi n'avait jamais commis de "fraude" dans la présentation de ses comptes. "La prétendue crise de liquidités" évoquée plus tôt par l'accusation n'était selon lui qu'un "risque pour les liquidités". "Nous avons rendu publique l'existence d'un risque", a ajouté l'avocat, soulignant que tout investissement en bourse comporte une part de risque. Les 12 jurés devaient ensuite entendre Michael Malone, avocat de M. Messier, avant celui de M. Hannezo qui pourrait s'exprimer mercredi. L'affaire remonte aux années 2000-2002, c'est-à-dire aux suites de la fusion avec Seagram et Canal Plus qui avait fait de Vivendi Universal l'un des plus gros groupes de médias au monde: à cette époque, VU affichait des bénéfices et des recettes florissants, alors que le groupe, lourdement endetté pour financer son expansion, traversait une grave crise de liquidités. Finalement M. Messier avait dû quitter la présidence de VU en juillet 2002, après que l'entreprise eut perdu 13,6 milliards d'euros sur l'année précédente. Ce n'est pas la première fois que Vivendi et son flamboyant ex-PDG doivent affronter la justice pour rendre compte de cette époque. Mais ce procès aux Etats-Unis, qui devrait durer deux à trois mois, pourrait s'avérer le plus onéreux pour eux si la justice leur ordonne de dédommager les actionnaires pénalisés par l'effondrement du titre. La justice française chiffre en effet à un million le nombre d'investisseurs ayant détenu des actions Vivendi durant la période litigieuse, qui sont autant de potentielles victimes à dédommager. Des investisseurs français avaient porté plainte dès septembre 2002 aux Etats-Unis, joignant leurs efforts à ceux d'investisseurs qui avaient acheté des certificats de dépôts (ADS) cotés à New York. C'est cette action commune qui a débouché sur ce procès à New York. Aux Etats-Unis, où ce type de poursuites est assez courant, les plaignants tentent généralement de parvenir à un accord de dédommagement à l'amiable, ce qui évite à leur adversaire d'affronter un jury populaire au verdict potentiellement ruineux. Le chiffre d'une transaction à deux milliards de dollars pour solder l'affaire Vivendi a été évoqué, sans que nul ne le confirme officiellement.


