Association pour le Contrat Mondial de L'Eau
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MEHDI LAHLOU
Président ACME-Maroc, Professeur INSEA, Membre fondateur de la Coalition mondiale contre la privatisation et la marchandisation de l'eau et du Forum alternatif maghrébin de l’eau. Membre fondateur de l’Université du Bien commun
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Une station d'épuration des eaux a Fès Jeudi 29 Mai 2008
700 millions de dirhams seront investis dans les prochains mois dans les travaux de réalisation de la station d‘épuration des eaux usées de Fès.
D'après la régie autonome intercommunale de distribution d'eau et d'électricité de Fès (Radeef), citée par l'agence MAP, 700 millions de dirhams seront investis dans les prochains mois dans les travaux de réalisation de la station d‘épuration des eaux usées de Fès.
Cette station serait opérationnelle en 2010. Elle traiterait les eaux usées rejetées par les effluents urbains domestiques et industriels qui représentent 100 000 m3 par jour, soient 40 % de la pollution totale du bassin de Sebou.
La station serait située à l'est de la ville. Elle traiterait l'ensemble des eaux usées et améliorerait les conditions sanitaires de la population, l'irrigation de l'agriculture, l'élevage des bovins et la nappe phréatique.
Forte d'un million d'habitants et d'un parc industriel étoffé, Fès souffre d'une pollution importante aux conséquences néfastes pour l'environnement. Sebou est l'un des bassins les plus importants du Maroc (30% du potentiel national en eaux de surface et 20 % en eaux profondes), mais c'est aussi le fleuve le plus pollué.
Les populations riveraines seraient sujettes à des maladies hydriques. D'autres secteurs, comme l'irrigation, la potabilisation de l'eau et l'abreuvage des animaux sont compromis. D'après une étude de l'agence française de développement (AFD), les pertes économiques annuelles dues à cette pollution se chiffrent à plus de 200 millions de DH.
MAP
Mercredi 28 Mai 2008
Cette station serait opérationnelle en 2010. Elle traiterait les eaux usées rejetées par les effluents urbains domestiques et industriels qui représentent 100 000 m3 par jour, soient 40 % de la pollution totale du bassin de Sebou.
La station serait située à l'est de la ville. Elle traiterait l'ensemble des eaux usées et améliorerait les conditions sanitaires de la population, l'irrigation de l'agriculture, l'élevage des bovins et la nappe phréatique.
Forte d'un million d'habitants et d'un parc industriel étoffé, Fès souffre d'une pollution importante aux conséquences néfastes pour l'environnement. Sebou est l'un des bassins les plus importants du Maroc (30% du potentiel national en eaux de surface et 20 % en eaux profondes), mais c'est aussi le fleuve le plus pollué.
Les populations riveraines seraient sujettes à des maladies hydriques. D'autres secteurs, comme l'irrigation, la potabilisation de l'eau et l'abreuvage des animaux sont compromis. D'après une étude de l'agence française de développement (AFD), les pertes économiques annuelles dues à cette pollution se chiffrent à plus de 200 millions de DH.
MAP
Mercredi 28 Mai 2008
revue de presse
L'intifada de l'eau Jeudi 28 Février 2008
Défendre le droit à l'eau c'est défendre la vie.au Maroc a commencé donc une nouvelle bataille qui attire tous les jours de nouveaux militants, cette bataille est menée par des hommes et femmes conscients de l'ampleur du problème et de l urgence de l'intervention collective pour bloquer la menace qui pèse sur le droit à l'eau.
mohamed sassi
Le mouvement social au Maroc connaît une évolution accélérée dans ses formes d'expression, d'encadrement et d'organisation et dans la qualité des revendications qu'il accompagne/suscite et la nature des groupes sociaux qui y participent.
Le ‘'Cahier de charges'' des centrales syndicales, par exemple, n'est plus capable aujourd'hui de traduire et de condenser toutes les revendications fondamentales de nature sociale, pour cela de nouveaux outils et mouvements portant des revendications fortes poussent sur la scène sociale, avec de nouvelles perceptions et une nouvelle formulation, souvent totalement différentes de ce qui a été le cas dans le passé, et avec une précision/netteté dans le discours qui reflètent un progrès dans la conscience collective, une plus grande complexité dans l'ingénierie de l'action sociale et une assimilation des vents du changement qui soufflent sur le monde et une interaction créative avec les expériences venues d'ailleurs, c'est-à-dire d'autres régions de ce petit village planétaire qu'est devenu le monde.
L'émergence de l'Association nationale des diplômés chômeurs a annoncé l'entrée du temps social marocain dans une nouvelle phase, car la revendication sociale essentielle est passée sous l'égide directe d un nouveau cadre qui a bouleversé la carte du conflit social et a usé de mécanismes inédits. De même que l apparition et la prolifération des coopératives de logement a permis, pendant une certaine période de fournir un cadre pour l affrontement collectif d un dilemme social appelé le logement, en particulier pour les classes moyennes dans les villes. Puis, il s est développé un processus de création de nouvelles structures qui s ajoutent a l arsenal des anciennes structures, ainsi il est apparu, a coté des syndicats, des coopératives et des instances professionnels, dans ce qui ressemble a une vague puissante, un réseau dense d'associations intéressées par les questions relatives aux conditions matérielles de vie. Ainsi les citoyens d'aujourd'hui n'hésitent pas à créer des outils appropriés a leur mouvement social, y compris ceux qui se limitent parfois à formuler une revendication circonstancielle précise dans un lieu précis, d' enrichir les anciennes formes d action ,par l invention de nouvelles formes comme le refus de paiement des Factures de l' eau et de l'électricité, et le boycott des élections, et de nouvelles forme de sit in et d occupation ,jusqu a la mise en scène de pratiques «suicidaires» parfois désespérées comme la tentative de se faire brûler le corps initiée par certains chômeurs et l'occupation du chemin de fer par des aveugles revendiquant du travail ...
Le militantisme collectif englobe aujourd'hui un domaine pour les droits économiques et sociaux, les droits civils et politiques beaucoup plus large qu'auparavant. Cela est plus manifeste dans la pratique de l'Association marocaine des droits de l'homme, qui œuvre a accompagner et suivre le rythme de cette élargissement, et a commencé a donner de plus en plus l'image d un point de convergence d'un certain nombre d'acteurs et de mouvements dans le domaine social, comme cela a été le cas pour l USFP dans le passé et qui représentait – ou il était perçu comme- un Centre d appui postérieur pour la protestation sociale dans son ensemble. Il convient de rappeler que l activité des 'autres organisations des droits de l'homme se trouve à un degré d'efficacité et d'efficience tout aussi important.
Parmi les droits qui sont aujourd'hui confrontés à une menace grave et grandissante dans notre pays, on trouve le droit à l'eau. Il ne s'agit pas d'un problème mineur, car il est lié à une source de la vie, et concerne des catégories sociales en constante expansion qui sont confrontées à de graves difficultés pour satisfaire leurs besoins en matière d'eau.
De ce fait, la société civile marocaine est entrée dernièrement dans de nouvelles expériences en matière de lutte pour assurer le droit de chacun à sa part d'eau nécessaire, et pour promouvoir une prise de conscience collective de la gravité de la situation de l'eau au Maroc, qui va nous conduire à une véritable catastrophe nationale s'il n'est pas changé beaucoup des politiques, de coutumes et de modes de la gestion
On peut classer notre pays aujourd'hui dans le carré des pays connaissant des pénuries d'eau, principalement à cause de l'irrégularité des pluies ,80 à 85% des ressources en eau disponibles sont utilisées dans le secteur agricole. Les eaux souterraines et les eaux de surface connaissent une pollution multiple, en plus du déséquilibre enregistré dans la gestion de l'eau potable entre la ville et le milieu rural. Selon le Président de l'Association l'eau et l'énergie pour tous, la moitié des écoles dans les zones rurales ne disposent pas d'eau et d'électricité.
A coté de l association mentionnée ,une autre ONG a vu le jour en mai 2006 et qui opère dans le même sens,l' association pour le contrat mondial de l eau «ACME-MAROC», qui a mis en place un ensemble de revendications visant à garantir pleinement la protection du droit à l'eau, et en premier lieu l appel a la reconnaissance du droit d'accès à l'eau pour tous comme un droit humain fondamental, et pour parvenir à une réforme globale de la politique de l'eau au Maroc, l'adoption d'autres orientations économiques et sociales, en particulier dans les secteurs de l'agriculture, l'industrie et le tourisme, qui prend en compte La baisse des ressources en eau du pays et la protection de ces ressources contre le gaspillage et la pollution, et d'intégrer cette protection dans les programme scolaires.
ACME MAROC a exprimé son refus catégorique de considérer l'eau comme une marchandise, et a annoncé son engagement dans le combat mondial actuel contre la privatisation de l'eau car cette dernière est un bien public qui devrait être géré par des organismes publics, afin d épargner aux utilisateurs de payer d un coté le coût du service, et d un autre, les lourds profits des institutions privées. Comme ces institutions ne cherchent qu' élargir la marge de profit, ils peuvent inventer des moyens pour arnaquer les consommateurs
et échapper au contrôle pour accumuler plus de profits,en particulier pour le secteur privé étranger opérant dans des pays ou il jouit d'un statut spécial a cause la profondeur des liens de dépendance, de la corruption Et de l'impunité.
Les dernières hausses de prix enregistrées dans les factures d'eau et d'électricité, ont été a l origine d un mécontentement populaire qui s est transformé en manifestations massives, et a abouti à la création des coordinations « Tenseekiete » pour lutter contre le coût de la vie à partir de 2006.
Sont représentées au Conseil national de l ACME, 4 associations partenaires dans les questions liées à l'eau, et sont AMDH et Transparancy, ATTAC et l association pour la protection des biens publics. Tout dernièrement le rôle avant gardiste de l'ensemble de ces associations s est manifesté dans deux affaires : celle de bensmim et celle des dysfonctionnement de la gestion déléguée de l eau dans certaines villes:
1 -- La première affaire concerne un étranger qui a obtenu depuis 2001 toutes les autorisations nécessaires pour la construction d'une usine dans le village de bensmim destinée à embouteiller l eau de la source et la vendre par la suite partout au maroc.
Mais les habitants du village, qui se trouve à 6 km de Azro, à environ 10 km d'Ifrane, peignent a croire que les emplois que l'usine créerait, et la subvention accordée a la population, puissent compenser la perte que ce projet leur infligerait, d'autant plus que les 100 millions de litres d'eau, puisées par an comme annoncé par l'investisseur ne laisserait pas assez d'eau pour satisfaire les besoins de 3000 personnes et 5000 du bétail dans le village. Ce qui alimente les craintes davantage , c'est que les chiffres fournis sur le débit de la source remontent aux années soixante-dix, la preuve c est pénurie de l'eau enregistrée depuis un certain temps, et en rapport direct avec dessèchement des arbres et des plantes dans la région.
Le problème est d autant plus compliqué que l'investisseur agit au nom d une société française appelée «Euro-africaine des eaux» que personne n a été en mesure d'identifier précisément, y compris les autorités locales, qui se cententent de rassurer la population Sur le projet dans son ensemble, sans fournir des engagements clairs et concrets.
Les villageois ont commencé une série de mouvements militants,dont la plus importante était la marche, qui a eu lieu le 20 janvier 2008, au cours de laquelle les participants ont marché sur 10 kilomètres, les militants (ATTAC et ACME) qui partent d une Vision «stratégie» fondée sur le rejet de la privatisation de l'eau, manifestaient a coté des citoyens, qui par leur expérience quotidienne et la connaissance de leur environnement naturel et humain, sentent le spectre des effets catastrophiques d'une telle privatisation s approcher d'eux.
Cette convergence des causes a permis la collecte d un appui nationale et internationale important. Le cas Bensmim fait partie d'un plan global de concession des sources d'eau situées pour la plupart dans des régions d extrême pauvreté, traitées par les officiels avec beaucoup d'irresponsabilité, mais fait également partie de la politique de la gestion déléguée par laquelle des entreprises privées sont autorisées a gérer la distribution de l'eau et de l'électricité dans les grandes villes, avec cette avalanche de graves dysfonctionnement.
2-- La deuxième affaire est celle des violations et du non respect des obligations et autres formes de fraude et d'abus contre les consommateurs, commis par un certain nombre d'entreprises de service par gestion déléguée. A Casablanca, par exemple, un rapport d'experts, a montré que La LYDEC n a pas respecté les clauses du contrat qui lui accordait le droit de la gestion des services de l'eau de l'assainissement et de l'électricité (journal L'Opinion 5 décembre 2007). Ainsi, le rapport enregistre un décalage de 822 millions de dirhams entre les budgets d'investissement arrêtés par la lydec et les investissements contractuels mis à jour, ce rapport a enregistré aussi un décalage supplémentaire de 978 millions de dirhams entre les budgets d investissement arrêtées par l entreprises et ce qui a été effectivement réalisé sur Le terrain, en plus des dépenses faites au nom de l'assistance technique a des parties étrangères qui paraissent illogiques et faites dans des conditions douteuses.
Pour cela ACME MAROC plaidé pour l'ouverture d' une enquête indépendante sur les moyens douteux, irréguliers et contradictoires au cahier de charge,dont il existe de multiples indices qui laissent suspecter que ces entreprises de distribution,de l'eau et de l'électricité en avaient eu recours pour tirer des profits indus.
L'Association a également appelé à la formation d'une commission parlementaire chargée d'enquêter sur les faits, afin de vérifier ce qui s'est passé notamment toute forme de violation des obligations qui incombent aux entreprises opérant à Rabat, Casablanca, Tanger, Tétouan, et récupérer les finances publiques perdues à cause de cela et prendre des mesures pour assurer une réelle protection des consommateurs
, une révision des contrats signés avec les entreprises, dans la perspective d un future retour a la gestion publique du secteur de distribution d'eau et d'électricité dans des conditions qui garantissent l'intégrité, la transparence et la rationalisation de la gestion et l activation des mécanismes de contrôle et de justice envers les employés du secteur et de valorisation de l expertise nationale.
Les Tensikieetes contre la hausse des prix et la cherté de la vie qui avait entrepris une grande lutte pour faire face aux augmentations spectaculaires enregistrées sur les factures d'eau et d'électricité, avaient invités les autorités à sanctionner les irrégularités et la fraude, utilisées par les entreprises chargées d'assurer le service de distribution de ces deux produits
Défendre le droit à l'eau c'est défendre la vie.au Maroc a commencé donc une nouvelle bataille qui attire tous les jours de nouveaux militants, cette bataille est menée par des hommes et femmes conscients de l'ampleur du problème et de l urgence de l'intervention collective pour bloquer la menace qui pèse sur le droit à l'eau.
mohamed sassi
Traduction d'un article original en arabe sur Almasse
Le ‘'Cahier de charges'' des centrales syndicales, par exemple, n'est plus capable aujourd'hui de traduire et de condenser toutes les revendications fondamentales de nature sociale, pour cela de nouveaux outils et mouvements portant des revendications fortes poussent sur la scène sociale, avec de nouvelles perceptions et une nouvelle formulation, souvent totalement différentes de ce qui a été le cas dans le passé, et avec une précision/netteté dans le discours qui reflètent un progrès dans la conscience collective, une plus grande complexité dans l'ingénierie de l'action sociale et une assimilation des vents du changement qui soufflent sur le monde et une interaction créative avec les expériences venues d'ailleurs, c'est-à-dire d'autres régions de ce petit village planétaire qu'est devenu le monde.
L'émergence de l'Association nationale des diplômés chômeurs a annoncé l'entrée du temps social marocain dans une nouvelle phase, car la revendication sociale essentielle est passée sous l'égide directe d un nouveau cadre qui a bouleversé la carte du conflit social et a usé de mécanismes inédits. De même que l apparition et la prolifération des coopératives de logement a permis, pendant une certaine période de fournir un cadre pour l affrontement collectif d un dilemme social appelé le logement, en particulier pour les classes moyennes dans les villes. Puis, il s est développé un processus de création de nouvelles structures qui s ajoutent a l arsenal des anciennes structures, ainsi il est apparu, a coté des syndicats, des coopératives et des instances professionnels, dans ce qui ressemble a une vague puissante, un réseau dense d'associations intéressées par les questions relatives aux conditions matérielles de vie. Ainsi les citoyens d'aujourd'hui n'hésitent pas à créer des outils appropriés a leur mouvement social, y compris ceux qui se limitent parfois à formuler une revendication circonstancielle précise dans un lieu précis, d' enrichir les anciennes formes d action ,par l invention de nouvelles formes comme le refus de paiement des Factures de l' eau et de l'électricité, et le boycott des élections, et de nouvelles forme de sit in et d occupation ,jusqu a la mise en scène de pratiques «suicidaires» parfois désespérées comme la tentative de se faire brûler le corps initiée par certains chômeurs et l'occupation du chemin de fer par des aveugles revendiquant du travail ...
Le militantisme collectif englobe aujourd'hui un domaine pour les droits économiques et sociaux, les droits civils et politiques beaucoup plus large qu'auparavant. Cela est plus manifeste dans la pratique de l'Association marocaine des droits de l'homme, qui œuvre a accompagner et suivre le rythme de cette élargissement, et a commencé a donner de plus en plus l'image d un point de convergence d'un certain nombre d'acteurs et de mouvements dans le domaine social, comme cela a été le cas pour l USFP dans le passé et qui représentait – ou il était perçu comme- un Centre d appui postérieur pour la protestation sociale dans son ensemble. Il convient de rappeler que l activité des 'autres organisations des droits de l'homme se trouve à un degré d'efficacité et d'efficience tout aussi important.
Parmi les droits qui sont aujourd'hui confrontés à une menace grave et grandissante dans notre pays, on trouve le droit à l'eau. Il ne s'agit pas d'un problème mineur, car il est lié à une source de la vie, et concerne des catégories sociales en constante expansion qui sont confrontées à de graves difficultés pour satisfaire leurs besoins en matière d'eau.
De ce fait, la société civile marocaine est entrée dernièrement dans de nouvelles expériences en matière de lutte pour assurer le droit de chacun à sa part d'eau nécessaire, et pour promouvoir une prise de conscience collective de la gravité de la situation de l'eau au Maroc, qui va nous conduire à une véritable catastrophe nationale s'il n'est pas changé beaucoup des politiques, de coutumes et de modes de la gestion
On peut classer notre pays aujourd'hui dans le carré des pays connaissant des pénuries d'eau, principalement à cause de l'irrégularité des pluies ,80 à 85% des ressources en eau disponibles sont utilisées dans le secteur agricole. Les eaux souterraines et les eaux de surface connaissent une pollution multiple, en plus du déséquilibre enregistré dans la gestion de l'eau potable entre la ville et le milieu rural. Selon le Président de l'Association l'eau et l'énergie pour tous, la moitié des écoles dans les zones rurales ne disposent pas d'eau et d'électricité.
A coté de l association mentionnée ,une autre ONG a vu le jour en mai 2006 et qui opère dans le même sens,l' association pour le contrat mondial de l eau «ACME-MAROC», qui a mis en place un ensemble de revendications visant à garantir pleinement la protection du droit à l'eau, et en premier lieu l appel a la reconnaissance du droit d'accès à l'eau pour tous comme un droit humain fondamental, et pour parvenir à une réforme globale de la politique de l'eau au Maroc, l'adoption d'autres orientations économiques et sociales, en particulier dans les secteurs de l'agriculture, l'industrie et le tourisme, qui prend en compte La baisse des ressources en eau du pays et la protection de ces ressources contre le gaspillage et la pollution, et d'intégrer cette protection dans les programme scolaires.
ACME MAROC a exprimé son refus catégorique de considérer l'eau comme une marchandise, et a annoncé son engagement dans le combat mondial actuel contre la privatisation de l'eau car cette dernière est un bien public qui devrait être géré par des organismes publics, afin d épargner aux utilisateurs de payer d un coté le coût du service, et d un autre, les lourds profits des institutions privées. Comme ces institutions ne cherchent qu' élargir la marge de profit, ils peuvent inventer des moyens pour arnaquer les consommateurs
et échapper au contrôle pour accumuler plus de profits,en particulier pour le secteur privé étranger opérant dans des pays ou il jouit d'un statut spécial a cause la profondeur des liens de dépendance, de la corruption Et de l'impunité.
Les dernières hausses de prix enregistrées dans les factures d'eau et d'électricité, ont été a l origine d un mécontentement populaire qui s est transformé en manifestations massives, et a abouti à la création des coordinations « Tenseekiete » pour lutter contre le coût de la vie à partir de 2006.
Sont représentées au Conseil national de l ACME, 4 associations partenaires dans les questions liées à l'eau, et sont AMDH et Transparancy, ATTAC et l association pour la protection des biens publics. Tout dernièrement le rôle avant gardiste de l'ensemble de ces associations s est manifesté dans deux affaires : celle de bensmim et celle des dysfonctionnement de la gestion déléguée de l eau dans certaines villes:
1 -- La première affaire concerne un étranger qui a obtenu depuis 2001 toutes les autorisations nécessaires pour la construction d'une usine dans le village de bensmim destinée à embouteiller l eau de la source et la vendre par la suite partout au maroc.
Mais les habitants du village, qui se trouve à 6 km de Azro, à environ 10 km d'Ifrane, peignent a croire que les emplois que l'usine créerait, et la subvention accordée a la population, puissent compenser la perte que ce projet leur infligerait, d'autant plus que les 100 millions de litres d'eau, puisées par an comme annoncé par l'investisseur ne laisserait pas assez d'eau pour satisfaire les besoins de 3000 personnes et 5000 du bétail dans le village. Ce qui alimente les craintes davantage , c'est que les chiffres fournis sur le débit de la source remontent aux années soixante-dix, la preuve c est pénurie de l'eau enregistrée depuis un certain temps, et en rapport direct avec dessèchement des arbres et des plantes dans la région.
Le problème est d autant plus compliqué que l'investisseur agit au nom d une société française appelée «Euro-africaine des eaux» que personne n a été en mesure d'identifier précisément, y compris les autorités locales, qui se cententent de rassurer la population Sur le projet dans son ensemble, sans fournir des engagements clairs et concrets.
Les villageois ont commencé une série de mouvements militants,dont la plus importante était la marche, qui a eu lieu le 20 janvier 2008, au cours de laquelle les participants ont marché sur 10 kilomètres, les militants (ATTAC et ACME) qui partent d une Vision «stratégie» fondée sur le rejet de la privatisation de l'eau, manifestaient a coté des citoyens, qui par leur expérience quotidienne et la connaissance de leur environnement naturel et humain, sentent le spectre des effets catastrophiques d'une telle privatisation s approcher d'eux.
Cette convergence des causes a permis la collecte d un appui nationale et internationale important. Le cas Bensmim fait partie d'un plan global de concession des sources d'eau situées pour la plupart dans des régions d extrême pauvreté, traitées par les officiels avec beaucoup d'irresponsabilité, mais fait également partie de la politique de la gestion déléguée par laquelle des entreprises privées sont autorisées a gérer la distribution de l'eau et de l'électricité dans les grandes villes, avec cette avalanche de graves dysfonctionnement.
2-- La deuxième affaire est celle des violations et du non respect des obligations et autres formes de fraude et d'abus contre les consommateurs, commis par un certain nombre d'entreprises de service par gestion déléguée. A Casablanca, par exemple, un rapport d'experts, a montré que La LYDEC n a pas respecté les clauses du contrat qui lui accordait le droit de la gestion des services de l'eau de l'assainissement et de l'électricité (journal L'Opinion 5 décembre 2007). Ainsi, le rapport enregistre un décalage de 822 millions de dirhams entre les budgets d'investissement arrêtés par la lydec et les investissements contractuels mis à jour, ce rapport a enregistré aussi un décalage supplémentaire de 978 millions de dirhams entre les budgets d investissement arrêtées par l entreprises et ce qui a été effectivement réalisé sur Le terrain, en plus des dépenses faites au nom de l'assistance technique a des parties étrangères qui paraissent illogiques et faites dans des conditions douteuses.
Pour cela ACME MAROC plaidé pour l'ouverture d' une enquête indépendante sur les moyens douteux, irréguliers et contradictoires au cahier de charge,dont il existe de multiples indices qui laissent suspecter que ces entreprises de distribution,de l'eau et de l'électricité en avaient eu recours pour tirer des profits indus.
L'Association a également appelé à la formation d'une commission parlementaire chargée d'enquêter sur les faits, afin de vérifier ce qui s'est passé notamment toute forme de violation des obligations qui incombent aux entreprises opérant à Rabat, Casablanca, Tanger, Tétouan, et récupérer les finances publiques perdues à cause de cela et prendre des mesures pour assurer une réelle protection des consommateurs
, une révision des contrats signés avec les entreprises, dans la perspective d un future retour a la gestion publique du secteur de distribution d'eau et d'électricité dans des conditions qui garantissent l'intégrité, la transparence et la rationalisation de la gestion et l activation des mécanismes de contrôle et de justice envers les employés du secteur et de valorisation de l expertise nationale.
Les Tensikieetes contre la hausse des prix et la cherté de la vie qui avait entrepris une grande lutte pour faire face aux augmentations spectaculaires enregistrées sur les factures d'eau et d'électricité, avaient invités les autorités à sanctionner les irrégularités et la fraude, utilisées par les entreprises chargées d'assurer le service de distribution de ces deux produits
Défendre le droit à l'eau c'est défendre la vie.au Maroc a commencé donc une nouvelle bataille qui attire tous les jours de nouveaux militants, cette bataille est menée par des hommes et femmes conscients de l'ampleur du problème et de l urgence de l'intervention collective pour bloquer la menace qui pèse sur le droit à l'eau.
mohamed sassi
Traduction d'un article original en arabe sur Almasse
revue de presse
Une entreprise anglaise doit indemniser l'Etat! Mardi 22 Janvier 2008
Un tribunal international (ONU) vient de rejeter un demande d'indemnisation d'une société anglaise Birwater contre la Tanzanie et octroie 8 millions de dommages et intérêts à l'Etat. Le litige est né de la résiliation par la Tanzanie d'un contrat avec Birwater en 2005, entreprise qui fournissait l'eau depuis 2003 suite à la privatisation de ce secteur imposé par la Banque mondiale en contrepartie d'un allègement de dette.
Les juges ont considéré que le secteur de l'eau s'est considérablement détérioré avec la privatisation.
Cependant, l'entreprise anglaise a également entamé une procédure devant le CIRDI, " le tribunal interne de la BM"....
à suivre
Rapporté par The Guardian
Les juges ont considéré que le secteur de l'eau s'est considérablement détérioré avec la privatisation.
Cependant, l'entreprise anglaise a également entamé une procédure devant le CIRDI, " le tribunal interne de la BM"....
à suivre
Rapporté par The Guardian
revue de presse
LYDEC:Le rapport accablant de la commune de Casablanca Mercredi 12 Décembre 2007
Lors d'une session extraordinaire du Conseil de la commune de Casablanca, longtemps réclamée pour discuter de la révision annoncée du contrat de la gestion déléguée de la distribution de l'eau, de l'électricité et des services de l'assainissement liquide, lecture a été donnée à un rapport de l'autorité délégante présentant des points conflictuels qui mettent gravement en cause la gestion de la Lyonnaise des Eaux de Casablanca (Lydec).
Intitulé « Revue quinquennale du contrat de la gestion déléguée de la distribution de l'eau, de l'électricité et des services d'assainissement liquide de la Wilaya du Grand Casablanca », le rapport de l'autorité délégante a été élaboré sur la base des travaux d'une commission technique lancés le 21 décembre 2006, avec notamment la participation de consultants indépendants et des représentants de la Lydec. Il indique que les travaux ont permis d'achever plusieurs volets de la révision du contrat (programme d'investissement prévisionnel 2007-2027, réaménagement de la formule de calculs des participations, proposition pour l'amélioration des conditions de financement du contrat, actualisation de ses annexes techniques, des cahiers des charges d'exploitation des trois métiers et mise en place d'un cahiers des charges d'exploitation de l'éclairage public). « Malheureusement, depuis plus de deux mois, les négociations sont bloquées du fait de l'apparition de divergences énormes concernant aussi bien le passé (1997-2006) que les prévisions 2007-2027 ».
Le premier point conflictuel présenté dans le rapport concerne les écarts sur les engagements contractuels. Le contrat définit en effet des engagements chiffrés pour les deux parties (investissements à la charge du délégataire et prix moyens à la charge de l'autorité délégante). Les écarts sur les réalisations, indique le rapport, ont été constatés également sur la base des documents fournis par la Lydec et vérifiés par la commission technique pour d'autres éléments contractuels qui sont soit en relation directe avec les investissements ou ont un impact sur ces derniers. Il s'agit de la libération du capital et de la distribution des dividendes. L'autorité délégante a ainsi constaté un écart de 822 millions de dh entre les budgets d'investissement arrêtés par la Lydec et les investissements contractuels actualisés. Cet écart est interprété comme la compensation de la non application entière de l'ajustement des tarifs. L'autorité délégante a constaté en outre un écart supplémentaire de 978 millions de dh entre les budgets arrêtés par la Lydec et ce qui a été effectivement réalisé. L'actualisation de ce montant au taux de rémunération de la Lydec (14,62%) donnerait un montant à récupérer de 2075 millions de dh. Le rapport indique aussi que des écarts ont été également relevés sur les prix moyens des volumes vendus en se basant sur des calculs qui ont permis la simulation de deux scénarii ayant dégagé des écarts nets des déductions de 852 millions de dh (Cn désactivé) et de 1069 millions de dh (Cn activé).
Le rapport reproche également à la Lydec d'avoir procédé à la distribution des dividendes de manière anticipée par rapport aux prévisions contractuelles.
Les dividendes ont commencé à être distribuées en 2003 (cinq ans pls tôt que les dispositions du contrat), ce qui a diminué de la capacité d'autofinancement de la société de 560 millions de dh, affectant ainsi les réalisation d'investissements. La Lydec, poursuit le rapport, ne peut soutenir qu'elle n'a pas pu réaliser la totalité des investissements en raison d'un manque à gagner dans ses revenus dû à une absence d'entente avec l'autorité délégante sur un ajustement du prix moyen et des tarifs. En appliquant le taux de rémunération de la Lydec (14,6%), la commission technique a dégagé en outre un écart rémunéré sur la distribution des dividendes de 82 millions de dh. Par ailleurs, le rapport rappelle que le capital de la Lydec a été libéré tardivement par rapport aux prévisions contractuelle et ce au détriment des réalisations. Sachant que la Lydec perçoit une rémunération de 14,6%, la commission a estimé que l'écart de 183 millions de dh sur la libération du capital doit être rémunéré avec le même taux.
Autre point de discorde, celui de l'attribution pour assistance technique. Le rapport rappelle que le contrat de gestion déléguée stipule que la maison mère, la Lyonnaise des Eaux, et les autres fondateurs apporteront leu assistance technique à la Lydec mais ne mentionne pas si cette assistance doit être rémunérée ou non (au-delà de la rémunération des actionnaires), et à fortiori n'indique pas à quel niveau elle peut l'être. L'annexe 4 des projections financières du contrat inclut une « quote-part aux frais généraux et aux frais d'assistance technique » sans décrire toutefois ce poste et en n'en donnant pas la répartition entre « frais généraux » et « assistance technique ». Ceci, poursuit le rapport, ne dédouane pas les associés de l'obligation de gestion « en bon père de famille » comme le mentionne le contrat de la gestion déléguée (article 3). Ce principe impose que les dépenses soient prudentes et raisonnables. Le rapport indique que la Lydec fait état d'un montant de 1244 millions de dh versés à des expatriés dont 124 millions de charges additionnelles. L'autorité délégante considère qu'il n'est pas cohérant de justifier un montant supérieur au montant comptable et que les 124 millions de charges doivent être traités séparément. Et d'un total de 833 millions de dh hors charges d'expatriés, elle n'accepte que 154,8 millions de dh.
En conclusion, le rapport estime que les écarts constatés aux titres des investissements et des dépenses d'assistance technique doivent être récupérés par l'autorité délégante. Les montants relevés au titre des pratiques de la Lydec , non-conformes au contrat, concernant la distribution des dividendes et la libération du capital, peuvent être abandonnés du fait qu'ils sont en liaison avec le retard sur investissements et qu'en récupérant les écarts sur investissements ils seront résorbés. Et pour les montants relatifs aux dépenses d'assistance technique, le rapport souligne qu'il s'agit d'une part de dépense effectuées de manière non-conforme aux dispositions du contrat et que ce sont d'autre part des transferts non justifiés. Aussi, conclut-il, il y a lieu de les réintégrer.
Dans une deuxième partie, le rapport de l'autorité délégante sur la gestion déléguée de la distribution de l'eau, de l'électricité et des services de l'assainissement liquide présente d'autres points conflictuels concernant les projections 2007-2027 et qui devraient être aplanis pour permettre la reconduction du contrat de la Lydec. Le dossier est soumis à l'arbitrage du Ministre de l'Intérieur.
http://www.lopinion.ma/spip.php?article17537
revue de presse
le poids de l'eau en bouteille sur l 'environnement Samedi 15 Septembre 2007
L'organisme américain Wordwatch Institute a émit un rapport dénonçant le poids de l'eau embouteillée sur notre environnement. La consommation d'eau embouteillée à plus que doublé entre 1997 et 2005.
Le rapport souligne que le contrôle de la qualité de l'eau embouteillée est parfois moindre que celui portant sur l'eau du robinet. Il énonce également le risque de tarissement des cours d'eau et des nappes souterraines en cas d'exploitation excessive des sources minérales.
Le rapport explique également que les étapes de pompage, de mise en bouteilles, d'emballages et de transport représentent une dépense énergétique importante. De plus, il semble que le recyclage des bouteilles d'eau soit en décroissance aux États-Unis. Par ailleurs, il souligne également le prix de l'eau en bouteille qui serait de 240 à 10 000 fois plus chère que l'eau du robinet.
"L'industrie de la boisson est la première bénéficiaire de notre obsession de l'eau en bouteille. Mais cela n'est d'aucun secours pour le nombre ahurissant des laissés-pour-compte à travers le monde, qui considèrent l'eau potable au mieux comme un luxe, au pire comme un objectif impossible à atteindre" déplore Ling Li, auteur de l'étude. Selon les chiffres avancés par Worlwatch, 35% à 50% des populations urbaines d'Afrique et d'Asie n'ont toujours pas accès à l'eau potable
par atrem unis le 19 05 2007
[fr] Source: (67 hits)
[en] Communiqué du Wordsworth Institute (61 hits)
Le rapport souligne que le contrôle de la qualité de l'eau embouteillée est parfois moindre que celui portant sur l'eau du robinet. Il énonce également le risque de tarissement des cours d'eau et des nappes souterraines en cas d'exploitation excessive des sources minérales.
Le rapport explique également que les étapes de pompage, de mise en bouteilles, d'emballages et de transport représentent une dépense énergétique importante. De plus, il semble que le recyclage des bouteilles d'eau soit en décroissance aux États-Unis. Par ailleurs, il souligne également le prix de l'eau en bouteille qui serait de 240 à 10 000 fois plus chère que l'eau du robinet.
"L'industrie de la boisson est la première bénéficiaire de notre obsession de l'eau en bouteille. Mais cela n'est d'aucun secours pour le nombre ahurissant des laissés-pour-compte à travers le monde, qui considèrent l'eau potable au mieux comme un luxe, au pire comme un objectif impossible à atteindre" déplore Ling Li, auteur de l'étude. Selon les chiffres avancés par Worlwatch, 35% à 50% des populations urbaines d'Afrique et d'Asie n'ont toujours pas accès à l'eau potable
par atrem unis le 19 05 2007
[fr] Source: (67 hits)
[en] Communiqué du Wordsworth Institute (61 hits)
revue de presse
interview avec MEHDI LAHLOU Mardi 04 Septembre 2007
INTERVIEW • Mehdi lahlou
Réduire les usages agricoles de l'eau à moins de 50 % des disponibilités du pays
LE MATIN : Vous venez de lancer la Charte pour l'environnement. Pourquoi avez-vous choisi ce moment précis pour prendre une telle initiative ?
MEHDI LAHLOU : C'est un document que nous voulions proposer au sein de l'ACME-Maroc dès la "Fête de l'eau", organisée par notre association le 20 mai dernier. Mais, cela tombe bien finalement qu'une charte d'une telle nature, comportant la référence à tant d'éléments qui engagent notre avenir, puisse également faire partie du débat politique, où à de rares exceptions, il n'est question que d'éléments économiques, sociaux et culturels, lorsque des thèmes comme celui de la survie de la forêt ou le défi de l'eau qu'affronte notre pays sont relégués à de simples questions techniques, sans interférence avec les programmes de la plupart des partis politiques pour les prochaines échéances électorales.
Celles-ci, qui devraient permettre au pays de disposer d'une majorité gouvernementale à même d'appliquer un programme pour lequel elle se serait engagée devant le peuple, doivent aussi permettre de reconnaître ceux qui travaillent pour le court terme, dans une approche partisane et souvent même personnelle, et ceux qui optent pour l'intérêt général du pays.
Au Maroc, la question de l'eau devient de plus en plus cruciale. Concrètement que proposez-vous pour éviter la catastrophe qui s'annonce ?
La question de l'eau ne se ramène pas au mode de facturation ou à la délégation au privé de la gestion d'une simple ressource naturelle renouvelable. C'est celle d'une denrée qui se raréfie par les usages, souvent inconsidérés qui en sont faits, les pollutions qui l'affectent et par l'incohérence des politiques publiques, notamment dans les secteurs agricole et touristique, basés d'une façon vitale sur cette ressource et le fait que dans des régions, et à certaines périodes, il n'existe plus d'eau.
Il y a lieu aujourd'hui de réduire - à terme prévisible - les usages agricoles de l'eau à moins de 50% des disponibilités du pays, contre 80% actuellement, tout en limitant les gaspillages liés aux modes d'irrigation souvent obsolètes. Dans le secteur touristique, il faudra parvenir à remplir les piscines des hôtels et à irriguer les dizaines de golfs déjà réalisés ou en projet grâce au dessalement de l'eau de mer ou au recyclage des eaux usées des villes.
Quant à la politique de l'eau, sa préservation et sa répartition entre ses différents utilisateurs, elles doivent être menées par une instance nationale unique, dotée de pouvoirs politiques et de moyens tels qu'elle ne soit au service d'aucun ministère et d'aucun secteur en particulier.
Pour enrichir le débat sur l'élaboration de la stratégie marocaine de développement durable, quelles sont vos suggestions ?
Le développement durable au Maroc, c'est d'abord l'école et sa réforme, notamment à travers des programmes d'ouverture sur le progrès et le futur et non sur le "retour aux sources".
En parallèle à l'école, la recherche scientifique doit nous permettre de faire face à nos problèmes et nos besoins pour l'avenir avec le moins de dégâts possibles pour la nature alors que la recherche agronomique doit nous conduire à assurer la sécurité alimentaire du pays en réduisant les pollutions et le recours à l'eau tout en augmentant les rendements.
Dans le même sens, encourager l'arboriculture traditionnelle de nos campagnes en y réintroduisant oliviers, figuiers et amandiers, en donnant aux paysans les moyens de leur entretien tout en organisant les marchés pour qu'ils en soient les premiers bénéficiaires. Faire de la généralisation des stations d'assainissement solide et liquide une priorité nationale et engager les sociétés (publiques et privées) à réduire leurs rejets et, en tous les cas, à les prendre charge.
De même obliger les entreprises minières à réhabiliter les sites où elles opèrent. L'Office chérifien des phosphates (OCP) doit jouer un rôle leader à ce propos en rendant aux cultures et à la forêt les espaces qu'il a exploités.
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Charte de l'environnement
L'Association marocaine pour le contrat mondial de l'eau (ACME-Maroc), créée en mai 2006 à Rabat, œuvre pour la reconnaissance du droit à l'eau et la promotion de la solidarité Nord-Sud. Cette association a pris la défense des habitants du village Bensmim au Moyen-Atlas lorsqu'ils ont été menacés par un projet de mise en bouteille de l'eau et donc la confiscation de leur source.
Pour contrecarrer cette opération, elle a lancé une pétition de solidarité à travers le monde qui a mis en échec ce projet. Mercredi 29 août, elle a lancé la Charte de l'environnement dans laquelle elle appelle gouvernement, partis politiques, société civile à s'engager dans la protection de l'environnement, la sauvegarde de la biodiversité du Maroc tout en créant les conditions d'un développement durable.
http://www.acmeeau.org/ACMEMaroc/
Propos recueillis par R.T | LE MATIN du 04 sept 2007
Réduire les usages agricoles de l'eau à moins de 50 % des disponibilités du pays
LE MATIN : Vous venez de lancer la Charte pour l'environnement. Pourquoi avez-vous choisi ce moment précis pour prendre une telle initiative ?
MEHDI LAHLOU : C'est un document que nous voulions proposer au sein de l'ACME-Maroc dès la "Fête de l'eau", organisée par notre association le 20 mai dernier. Mais, cela tombe bien finalement qu'une charte d'une telle nature, comportant la référence à tant d'éléments qui engagent notre avenir, puisse également faire partie du débat politique, où à de rares exceptions, il n'est question que d'éléments économiques, sociaux et culturels, lorsque des thèmes comme celui de la survie de la forêt ou le défi de l'eau qu'affronte notre pays sont relégués à de simples questions techniques, sans interférence avec les programmes de la plupart des partis politiques pour les prochaines échéances électorales.
Celles-ci, qui devraient permettre au pays de disposer d'une majorité gouvernementale à même d'appliquer un programme pour lequel elle se serait engagée devant le peuple, doivent aussi permettre de reconnaître ceux qui travaillent pour le court terme, dans une approche partisane et souvent même personnelle, et ceux qui optent pour l'intérêt général du pays.
Au Maroc, la question de l'eau devient de plus en plus cruciale. Concrètement que proposez-vous pour éviter la catastrophe qui s'annonce ?
La question de l'eau ne se ramène pas au mode de facturation ou à la délégation au privé de la gestion d'une simple ressource naturelle renouvelable. C'est celle d'une denrée qui se raréfie par les usages, souvent inconsidérés qui en sont faits, les pollutions qui l'affectent et par l'incohérence des politiques publiques, notamment dans les secteurs agricole et touristique, basés d'une façon vitale sur cette ressource et le fait que dans des régions, et à certaines périodes, il n'existe plus d'eau.
Il y a lieu aujourd'hui de réduire - à terme prévisible - les usages agricoles de l'eau à moins de 50% des disponibilités du pays, contre 80% actuellement, tout en limitant les gaspillages liés aux modes d'irrigation souvent obsolètes. Dans le secteur touristique, il faudra parvenir à remplir les piscines des hôtels et à irriguer les dizaines de golfs déjà réalisés ou en projet grâce au dessalement de l'eau de mer ou au recyclage des eaux usées des villes.
Quant à la politique de l'eau, sa préservation et sa répartition entre ses différents utilisateurs, elles doivent être menées par une instance nationale unique, dotée de pouvoirs politiques et de moyens tels qu'elle ne soit au service d'aucun ministère et d'aucun secteur en particulier.
Pour enrichir le débat sur l'élaboration de la stratégie marocaine de développement durable, quelles sont vos suggestions ?
Le développement durable au Maroc, c'est d'abord l'école et sa réforme, notamment à travers des programmes d'ouverture sur le progrès et le futur et non sur le "retour aux sources".
En parallèle à l'école, la recherche scientifique doit nous permettre de faire face à nos problèmes et nos besoins pour l'avenir avec le moins de dégâts possibles pour la nature alors que la recherche agronomique doit nous conduire à assurer la sécurité alimentaire du pays en réduisant les pollutions et le recours à l'eau tout en augmentant les rendements.
Dans le même sens, encourager l'arboriculture traditionnelle de nos campagnes en y réintroduisant oliviers, figuiers et amandiers, en donnant aux paysans les moyens de leur entretien tout en organisant les marchés pour qu'ils en soient les premiers bénéficiaires. Faire de la généralisation des stations d'assainissement solide et liquide une priorité nationale et engager les sociétés (publiques et privées) à réduire leurs rejets et, en tous les cas, à les prendre charge.
De même obliger les entreprises minières à réhabiliter les sites où elles opèrent. L'Office chérifien des phosphates (OCP) doit jouer un rôle leader à ce propos en rendant aux cultures et à la forêt les espaces qu'il a exploités.
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Charte de l'environnement
L'Association marocaine pour le contrat mondial de l'eau (ACME-Maroc), créée en mai 2006 à Rabat, œuvre pour la reconnaissance du droit à l'eau et la promotion de la solidarité Nord-Sud. Cette association a pris la défense des habitants du village Bensmim au Moyen-Atlas lorsqu'ils ont été menacés par un projet de mise en bouteille de l'eau et donc la confiscation de leur source.
Pour contrecarrer cette opération, elle a lancé une pétition de solidarité à travers le monde qui a mis en échec ce projet. Mercredi 29 août, elle a lancé la Charte de l'environnement dans laquelle elle appelle gouvernement, partis politiques, société civile à s'engager dans la protection de l'environnement, la sauvegarde de la biodiversité du Maroc tout en créant les conditions d'un développement durable.
http://www.acmeeau.org/ACMEMaroc/
Propos recueillis par R.T | LE MATIN du 04 sept 2007
Eau - environnement le Matin 040907.pdf
(304.8 KB)
http://70.84.17.149/?artid=5891