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HISTOIRES
ALGERIE : Délégation de services publics : Première alerte pour Suez à AlgerLa compagnie Suez a connu, dimanche 23 avril, sa première alerte dans le contrat de gestion déléguée de la distribution de l'eau et du service de l'assainissement pour Alger, qui la lie au binôme : Algérienne des eaux (ADE) - Office National de l'Assainissement (ONA). Ce jour-là, les travailleurs de l'ADE ont menacé de priver Alger d'eau, en déclenchant une grève.Un accord de dernière minute entre syndicalistes et gestionnaires de la Société de l'Eau et de l'Assainissement
Alger par satellite
« Il n'y a pas eu de coupures d'eau à Alger et il n'y en aura pas », a rassuré, le jour même, le ministre des Ressources en Eau, Abelmalek Sellal.
Effectivement, dimanche, Alger n'a même pas eu la coupure habituelle dans le cadre du rationnement. Il y aurait eu un accord de dernière minute entre les syndicalistes et les gestionnaires de la Société de l'eau et de l'assainissement d'Alger (SEEAL constituée dans le cadre du contrat par l'Algérienne des eaux, ADE, et l'Office National de l'Assainissement, ONA). Le ministre a minimisé le différend qui oppose les travailleurs de l'ADE à la SEEAL, le réduisant à un simple malentendu touchant une agence commerciale d'une daira (1) d'Alger. Un conflit qui porte sur l'absence de négociations entre syndicats et gestionnaires. SUEZ fait planer le doute sur le nombre d'employés. Les interimaires ne seraient pas pris en compte dans les accords de la nouvelle gestion déléguée...
Le conflit entre les syndicalistes et la SEEAL porte d'abord sur le principe de l'association du partenaire social qui s'est senti exclu des négociations qui ont conduit Suez à prendre en main la distribution de l'eau et le service de l'assainissement d'Alger à travers la SEEAL, alors que le principe de l'association du partenaire social a été convenu, pour toutes les opérations de ce type, entre les pouvoirs publics et l'UGTA, qui est le syndicat interlocuteur privilégié du gouvernement.
En écho à des inquiétudes exprimées par les syndicalistes du secteur quant aux répercussions de l'accord sur l'emploi, Suez avait choisi l'apaisement en donnant rendez-vous aux « partenaires sociaux » dès la mise en route du contrat, c'est-à-dire le 1er mars 2005. Visiblement, cette promesse n'a pas encore été tenue. Or, il y a un sérieux malentendu à lever : Suez estime l'effectif du service des eaux et de l'assainissement de la wilaya (2) d'Alger à « environ 3 000 employés » alors que les syndicalistes parlent de 3 400 personnes. La différence de 400 est certainement les contractuels qui risquent le licenciement et pour lesquels les travailleurs ont commencé à bouger. Après l'alerte du 23 avril, les syndicalistes de l'ADE seront-ils associés au devenir de la SEEAL ? Tout dépend du contrat
Il y va à la fois, de la bonne marche du service public de l'eau et de l'assainissement et des perspectives d'extension de ce type d'accord aux autres villes.
Le contrat offert à Suez « de gré à gré », d'un montant de 120 millions de dollars, signé en novembre 2005, est « évolutif ». Il peut ouvrir la voie à une autre forme, « l'affermage, par exemple », prévoient les dirigeants de Suez. Dans le cas de l'affermage, l'opérateur privé assure la responsabilité technique totale du service, investit dans ses moyens d'exploitation mais pas dans le patrimoine de la commune, comme il le ferait dans le mode de la concession. L'expérience de Suez est la première opération de privatisation dans la gestion de la distribution de l'eau et du service de l'assainissement en Algérie.
L'Algérie exclut la privatisation du service public de l'eau, c'est-à-dire la cession pure et simple des actifs au secteur privé.
Le cahier des charges comprend la réhabilitation du réseau et la distribution h 24 (24 h /24 ) de l'eau dans la wilaya (2). Suez bénéficie des nouvelles conditions créées par un engagement financier plus grand de l'Etat dans le secteur de l'eau.
Depuis 2002, tous les efforts sont faits pour qu'à l'horizon 2008, Alger soit totalement sécurisée pour ce qui est des réserves d'eau disponibles. Quant aux investissements publics prévus pour la modernisation progressive des services de l'eau et de l'assainissement à Alger, ils sont estimés à 200 millions d'euros par an. Simple hasard ou signe des temps : au moment où Suez mettait les pieds dans un créneau qui était monopole de l'Etat - distribution de l'eau potable et service de l‘assainissement - en Argentine, le gouvernement prenait le chemin inverse, en créant une nouvelle société contrôlée à 90 % par l'Etat et à 10 % par les travailleurs, mettant fin à l'existence de la société filiale du groupe Suez (une sorte de SEEAL argentine) qui assurait la distribution de l'eau à Buenos Aires, dans le cadre d'un contrat de concession qui diffère, certes, du contrat de gestion déléguée. 1 • Equivalent de sous-préfecture 2 • Equivalent de préfecture 3 • 24h sur 24 Article d'EL WATAN / Gestion déléguée de l’eau à Alger : Suez entamera son travail en mars
Le groupe français Suez Environnement entamera la gestion du service de l’eau et de l’assainissement de la ville d’Alger en mars prochain.
L’information a été donnée, hier, par M. Benbouaziz, chargé de communication au ministère des Ressources en eau. La société, selon lui, est actuellement en phase d’installation. Le contrat avec cette société a été signé, rappelle-t-on, le 28 novembre 2005 et entériné récemment par le Conseil des ministres. Conclu entre l’Office national de l’assainissement (ONA), l’Algérienne des eaux (ADE) et Suez, ce contrat de prestation des services d’une durée de 5 ans porte sur un montant total de 117 millions d’euros/an (200 millions d’euros/an, selon Suez). Pour notre interlocuteur, le contrat porte sur la gestion déléguée de l’eau comprenant la remise à niveau et la modernisation du service de l’eau et de l’assainissement de la ville de façon fiable et pérenne. « Nous n’avons pas un savoir-faire en matière de gestion de l’eau. La conclusion d’un partenariat avec cette entreprise est intervenue après la sécheresse et la crise de l’eau qu’a connues Alger durant les années 2001 et 2002 », a-t-il estimé. Selon les clauses de ce contrat, Suez s’engage à assurer une desserte d’eau potable 24h/24 aux habitants d’Alger dans 3 ans. En sus de la modernisation des réseaux d’assainissement, le transfert des technologies et la formation de près de 3000 agents, le contrat permettra la création d’une Société des eaux et d’assainissement d’Alger (SEAL). Cette dernière sera chargée de trouver des solutions adéquates aux problèmes de créances et des factures impayées de l’ADE. La SEAL s’occupera également du règlement du problème des fuites d’eau. « Actuellement, plus de 40% de notre eau sont perdus à cause des fuites. Il y a même des quartiers qui n’ont pas de cartographies de réseaux. La SEAL doit trouver des solutions à tous ces problèmes », a-t-il expliqué. Toutefois, M. Benbouaziz a tenu à rassurer les travailleurs de l’ADE et de l’ONA. « Il n’y aura pas de compression d’effectif dans les deux sociétés. Au contraire, ils auront une nouvelle formation leur permettant de se perfectionner », a-t-il souligné. Suez, a-t-il réaffirmé, ne s’impliquera pas également dans la fixation du prix de l’eau. Cette expérience sera élargie à d’autres grandes villes, en l’occurrence Oran, Constantine et Annaba. Les avis d’appel d’offres pour la réalisation de ces chantiers seront lancés, a-t-il ajouté, au cours de ce mois. A souligner que le contrat portant sur la gestion de l’eau de la capitale a été cédé à Suez par le procédé du gré à gré. Lundi 1 Mai 2006
Lundi 1 Mai 2006
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