Depuis quelques semaines, la remise à plat des contrats d'eau et d'assainissement semblent plus guère faire de doute. A plusieurs reprises, le député-maire de Chalon a rappelé l'application de la jurisprudence du Conseil d'Etat de la commune d'Olivet qui interrompt l'exécution des contrats de plus de 20 ans. D'ici février 2015, Chalon pourrait bien reprendre le contrôle de son eau.
A plusieurs reprises ces dernières semaines, Christophe Sirugue a rappelé son intention de rebattre les cartes concernant les contrats liant la ville de Chalon à différentes entreprises privées. Après la renégociation du contrat portant sur les cantines scolaires et la SOGERES, le prochain sur la liste pourrait bien être le contrat portant l'eau et l'assainissement. La station d'épuration du Syndicat Intercommunal des Eaux de l'Agglomération Chalonnaise est exploitée par la Lyonnaise des Eaux depuis mars 1993 dans le cadre d'une concession de 25 ans. Les termes de l'accord permettent justement sa remise en cause à compter de février 2015. Lors du Conseil Municipal, à l'unanimité, les élus ont voté un groupement de commande visant à une mission d'audit juridique, technique et financière sur la renégociation du contrat. L'approche va même plus loin puisqu'elle doit intégrer l'hypothèse d'un transfert de la compétence eau et assainissement à l'échelle de la communauté d'agglomération du Grand Chalon, comme l'a souligné, Gilles Manière, à l'issue de l'intervention du député-maire. "Cela montre à nouveau que la mise en commun des moyens politiques et techniques permet d'engager des actions coordonnées, rationnelles et plus efficaces vis à vis de leur partenaire, au bénéfice de l'usager-citoyen" a insisté l'ancien adjoint à Dominique Perben et Michel Allex.
L’eau est une grande cause. Elle est en danger et nécessite de l’attention, de la prévention de la part des citoyens et des collectivités. Elle nécessite aussi la convergence d’importants moyens financiers pour réparer les dégâts et permettre à la ressource naturelle de retrouver sa bonne qualité écologique et chimique. Une question se pose sans cesse dans bon nombre d'esprits de nos concitoyens, faut-il servir des dividendes aussi mirifiques aux actionnaires de l’eau ou baisser la facture des usagers ? voilà la question essentielle.
Reste qu'à l'échelle de l'agglomération, c'est une véritable jungle qui règne dans la gestion de l'eau pour chacune des communes. Revenir à une régie municipale à l'échelle de l'agglomération constitue un enjeu majeur qui prendra du temps et dont tout les intérêts doivent être mesurés. En attendant, une chose est évidente, dans les communes qui ont fait le choix de la régie municipale, le prix de l'eau a baissé... pour une qualité de service analogue ou sensiblement supérieur. Le débat est ouvert... et pourrait constituer le grand chantier de l'agglomération dans les années à venir.
Laurent Guillaumé
info Chalon