Paris, le 22 juin 2010 - L’accès de tous à une eau de bonne qualité doit être garanti. Pour que ce droit soit effectif il faut :
§ L’inscrire dans les constitutions nationales et au niveau international,
§ Gérer et protéger les ressources contre les pollutions agricoles et industrielles et la surexploitation,
§ Réaliser ou réhabiliter les infrastructures nécessaires partout, et pas seulement là où c’est rentable, pour des services d'eau performants et démocratiques,
§ Veiller au respect des normes de qualité partout dans le monde,
§ Mettre en place d’une tarification progressive avec une première tranche "vitale" gratuite,
§ Promouvoir les alternatives de techniques de production d'eau et d’assainissement
(récupération d'eau de pluie, recyclage des eaux usées, lagunage, récupération
de l'humidité dans l'air, de la rosée du matin, pompage manuel, à énergie
solaire,...) en privilégiant les solutions non brevetables,
§ Anticiper les effets du réchauffement climatique : inondations, sécheresse, salinisation de l’eau douce, en développant la résilience des écosystèmes et des sols,
§ Arbitrer les conflits d’usage, l’agriculture productiviste prônée par la PAC, qu’il faut réformer, étant le premier utilisateur et le premier pollueur.
Tout ceci exige :
§ Le maintien ou le retour à un service public de l’eau, avec une information pertinente aux citoyens leur permettant d’exercer un vrai contrôle démocratique, pour contrer les effets néfastes de toutes les formes de privatisation:
- gestion à court terme au mépris de la préservation qualitative et quantitative de la ressource,
- gestion marchande dans le seul intérêt d’augmenter les dividendes des actionnaires, conduisant à des majorations de prix de 20 à 30%,
- gestion incapable d'intégrer les acteurs «faibles» (populations pauvres, environnement),
- opacité, surfacturation, corruption, financements occultes,
- disparité de la qualité des services et des prix payés par les usagers…
§ Un fonctionnement des agences de l'eau enfin démocratique en assurant la représentation des différents acteurs en proportion de leur consommation,
§ L’inversion des initiatives européennes en faveur de la privatisation du secteur et de sa politique de paiement du coût total de l'eau par les utilisateurs,
§ La mise en place d’une gouvernance mondiale de l’eau, sous l’autorité de l’ONU, pour remplacer le Conseil Mondial de l’Eau dirigé par un cadre de Veolia et contrôlé par les sociétés transnationales dans le seul intérêt de leurs actionnaires.
Pour travailler à la réalisation des ces objectifs, les associations et coordinations d’associations luttant localement, nationalement ou internationalement pour un vrai service public de l’eau, seul capable de garantir le droit d’accès à une eau de qualité pour tous, ont décidé de créer une Coordination pour un Forum Social de l’Eau. Nous appelons toutes les associations, syndicats et citoyens conscients de l’enjeu vital d’une gestion démocratique de l’eau à nous rejoindre dans notre mobilisation.
Contacts : J. Cambon - j.e.cambon@orange.fr et D. Hofnung - daniel.hofnung@libertysurf.fr