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Eau, aluminium et Alzheimer Sujet explosif abordé le 30 janvier sur France Inter. Isabelle Giordano l’animatrice de l’émission “Service Public” a fait tomber un tabou avec R Lenglet
Celui d’une eau potable de qualité et neutre sur le plan sanitaire. Or selon une poignée de scientifiques et quelques études, Il semblerait qu’il existe une relation entre la présence d’aluminium dans l’eau potable et les risques de développer la maladie d’Alzheimer.
Alzheimer. Un nom qui fait peur. Difficile d’ignorer cette maladie et ses ravages. Du chef de l’Etat aux spots TV, on en parle partout. Et tout le monde craint à juste titre d’être touché personnellement ou de voir ses proches frappés par cette déchéance odieuse. Alzheimer ce serait de l’ordre de 100 000 nouveaux cas par an. C’est surtout une maladie symptomatique des sociétés industrielles. Plurifactorielle, son déclenchement et son évolution sont schématiquement liés à trois grands facteurs : l’environnement social, le facteur génétique et les facteurs environnementaux. La maladie d’Alzheimer, incurable et mortelle, est la cause la plus fréquente de démence sénile. Elle commence par un déficit de la mémoire d’apprentissage et, en progressant, atteint toutes les fonctions intellectuelles notamment celles du jugement, du calcul mental et du langage. Au titre des facteurs environnementaux, la question de l’absorption d’aluminium par voie alimentaire. L’aluminium est reconnu comme un neurotoxique. C’est en raison de cette spécificité que progressivement casseroles et récipients en cette matière ont été retirés de la vente. Ca c’était la partie émergée de l’iceberg. On se rend compte en effet que le sulfate d’alumine (alun) est utilisé pour purifier l’eau du robinet. Le problème c’est que de l’eau, on en consomme beaucoup et que les particules d’aluminium présentes qui s’y trouvent, malgré des niveaux faibles, sont rendues, par leur forme hydrosoluble, particulièrement bien assimilables par notre organisme. En 2000, l’étude PAQUID menée par une unité de l’INSERM sur les départements de la Gironde et de la Dordogne concluait que selon le taux d’aluminium dans l’eau potable (mais inférieur aux normes européennes), on pouvait avoir deux fois plus de risque de développer la maladie d’Alzheimer. Pour que le lien de causalité soit scientifiquement établi, il faudrait toutefois que cette étude soit reproduite en l’état. Il serait inconscient de balayer cette alerte en se réfugiant derrière le seul fait que cette étude n’aurait pour objectif que de décrédibiliser la qualité de l’eau des distributeurs publics au profit des vendeurs d’eau en bouteille. Il semblerait en effet que toutes les études internationales convergent. Au-delà de 100 mg/l l’eau potable deviendrait un co-facteur de la maladie d’Alzheimer. L’OMS estime pour sa part qu’entre 0.1 et 0.2 mg/l la présence de l’aluminium n’est pas dangereuse dans l’eau potable. Si au Canada le taux a été ramené à 0,1, il semblerait qu’en France ce taux soit très variable selon les régions et dépasserait régulièrement les 0,2. Malheureusement, comme pour tout drame sanitaire à son début, la seule chose qui s’impose, c’est l’incertitude scientifique. La relation elle-même Alzheimer-aluminium est objet de controverses depuis le milieu des années 1960. Si la certitude n’est pas encore acquise en revanche, le soupçon lui l’est. À l’autopsie, on constate que le cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer contient une concentration élevée d’aluminium, métal qu’on ne retrouve pas dans les tissus cérébraux sains. Des expériences effectuées sur des animaux prouvent que l’aluminium a une action toxique sur le système nerveux, mais la dégénérescence des neurones observée chez les sujets animaux diffère de ce qu’on voit chez les humains. L’aluminium entraîne une dégénérescence neuronale chez le lapin, le chat et le chien. En effet, lorsqu’on injecte des sels d’aluminium directement dans le cerveau de ces animaux, on observe un déficit de la mémoire d’apprentissage, un ralentissement général et une perte de la curiosité. Si les similitudes sont frappantes avec manifestations de la maladie d’Alzheimer, la dégénérescence neuronale n’est toutefois pas la même que dans la maladie d’Alzheimer. Le risque, Henri Pézerat, éminent toxicologue, directeur de recherche honoraire au CNRS souhaite le limiter. Comme de nombreux toxicologues, il demande que l’application immédiate d’une division par 4 de la norme sur le taux d’aluminium dans les réseaux publics d’eau potable. En pointe dans ce combat, le scientifique écrivait déjà en 2004 : ” Plusieurs études épidémiologique, dans six pays différents, ont conclu à une augmentation notable de l’incidence de la maladie d’Alzheimer en relation avec une concentration trop importante de l’aluminium dans l’eau de boisson. Consultés, l’Institut de vieille sanitaire et deux agences de sécurité sanitaire, ont publié rapports et conclusions niant, en dépit des faits, le caractère plausible d’une telle relation et refusant par là même toute mesure de prévention lors du traitement des eaux. À la carence des experts répond la carence de la santé publique. ” Dans notre alimentation quotidienne, 5% seulement de l’aluminium que nous consommons provient de l’eau. Mais, comme le souligne Henri Pézerat, ces 5% passent intégralement la barrière intestinale et présentent de ce fait une biodisponibilité supérieure aux autres 90 %. Compte tenu de l’état général des connaissances, il serait judicieux d’optimiser le traitement et la distribution de l’eau dans notre pays. Des alternatives techniques existent, notamment comme à Paris où la société des eaux a recours à une désinfection par des sels de fer plutôt que du flocalu. Le problème étant bien que nous ne sommes pas tous égaux devant l’eau du robinet selon la zone de distribution où l’on habite. On n’a pas tous la chance de boire de l’eau de qualité parfaite. Samedi 2 Février 2008
Samedi 2 Février 2008
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