ACME
Normandie Actu 28 janvier : Caen Gestion de l'eau. Caen vote la fin de son contrat avec Veolia 28/01/2015 JSL 28 janvier conseil municipal d'Autun (Bourgogne) : Budget et dossier de l’eau provoquent injures et énervements 28/01/2015 Ouest France 27 janvier : Caen. Gestion de l'eau : fin de contrat pour Veolia 27/01/2015 France 3 Normandie 26 janvier 2015 : Eau potable: la Ville de Caen veut rompre son contrat avec Veolia 26/01/2015 Le Monde 26 janvier : A Marseille, le colossal marché de l’eau et de l’assainissement dans le viseur de la justice 26/01/2015 Le Confolentais 15 janvier 2015 26/01/2015 JSL 23 janvier : Autun Veolia : 2,7 millions partis à l’eau ( audit SP2000) 24/01/2015 Orléans 23 janvier : Eau et Santé avec Magali Cotard et Marc Laimé 24/01/2015 Marianne 23 janvier 2015 : L'affaire Proglio, un hol d-up presque parfait Proglio à la tête de Thales : l'AMF p ourrait bloquer le processus de nomination 23/01/2015 La Montagne du 17 dcéembre 2014 : Le vote du conseil municipal de Tulle du 16 décembre 2014 met fin à plus d'un quart de siècle de gestion de l'eau par le privé 22/01/2015 Le Parisien 94 du 22 janvier 2015 sur la réunion publique à Arcueil : Vers la régie des eaux 22/01/2015 Film Sud Eau Nord Déplacer 2 février 20h à l'Espace Saint Michel Paris 22/01/2015 Marchons pour la Gestion Publique Marchons vers la Mairie Avignon samedi 31 janvier 10h :  LA PROLONGATION DU CONTRAT AVIGNON/VEOLIA DOIT ETRE ANNULEE 20/01/2015 Réunion publique 22 janvier 20h Arcueil : l'eau n'est pas une marchandise 19/01/2015 Forum de l'eau à Sète le 28 janvier 18h15 19/01/2015 La Voix du Nord 17 janvier : Production d’eau potable à la Communauté d'agglo Lens Liévin : les communistes réclament le retour en régie 18/01/2015 La Voix du Nord 17 janvier : Eau Secours 62 a battu le pavé pour mettre la gestion de l’eau sur le tapis 18/01/2015 La Voix du Nord 16 janvier : Arras : une manifestation pour une régie publique de l’eau, ce samedi, à l’appel d’Eau Secours 62 17/01/2015 Midi Libre 16 janvier : Avignon : le Collectif de l' eau appelle à la manifestation 17/01/2015 Sud Ouest 16 janvier : Bassin d'Arcachon : l'association Arc Eau dénonce le contrat qui lie la Cobas à Veolia 17/01/2015 Le Télégramme 17 janvier : TRÉMÉVEN Conseil. Mis e en place de la régie de l'eau 17/01/2015 Eau et assainissement : des tarifs en hausse et une gestion perfectible et des batailles à Ajaccio, Etaples, dans l'arrageois,..., 15/01/2015 21 janvier 2015 18h-22h30 : Tulle : Soirée sur l’Eau et son passage en régie municipale salle Latreille 13/01/2015 Midi Libre 12 janvier : Avignon : le Collectif de l' eau toujours en tournée 13/01/2015 Tulle le 21 janvier PROJECTION-DÉBAT AUTOUR DE L'EAU POTABLE 10/01/2015 Le prix de l'eau, instrument d'exclusion 06/01/2015 L'Est Républicain du 6 janvier : MONTBÉLIARD : « PRIX DE L’EAU ILLÉGAL » 06/01/2015 La Dépêche 4 janvier 2015 : Un sommet mondial de l 'eau à Lourdes en 2016 04/01/2015 Midi Libre 3 janvier : Prix de l’eau : à Cazouls, la régie est une institution 03/01/2015 La République du 77 31 décembre : Le Mée-sur-Sein e Six mois de pression pour faire baisser le prix de l'eau L e conseil municipal a prolongé le contrat avec Véolia de six mois pour continuer de négocier sur le prix de l'eau 03/01/2015 Sud Ouest 30 décembre 2014 : L'Eau, un bien à défendre 30/12/2014 L'ACME France vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année et des retours en régie par milliers en 2015 24/12/2014 Conférence débat 22 janvier 20h Arcueil : Et si on choisissait  la régie publique de l’eau pour notre agglomération ? 22/12/2014 Bastia : Gestion de l'eau : la CAB prolonge son contrat avec l'Office de l'Equipement Hydraulique 22/12/2014 Nord Eclair 21 décembre : Le conseil municipal de Béthune donne son aval pour changer d'opérateur d'eau potable 21/12/2014 Face au Grand Paris de l'Eau de Santini, la Régie Publique de l'Eau à Arcueil 22 janvier 20h réunion publique organisée par la Coordination Eau IdF et UFAL 20/12/2014 La Nouvelle République 20 décembre Joué les Tours : Eau : le comité pour le retour en régie directe reçu e n mairie 20/12/2014 La Dépêche 19 décembre : Les anti «Tafta» chez Veolia 19/12/2014 Mouvements sur la gestion de l'eau en Guadeloupe, à Bastia, Morlaix, Montpellier, Arras, Lens, Montbéliard, Avignon, Lille, Arcachon,... 18/12/2014 Val d'Orge (91) : Régie publique de l'eau : vers une consultation citoyenne 17/12/2014
           
REVUE DE PRESSE

El Alto le chaudron bolivien

La résistance à la privatisation de l'eau par Suez

Cette immense banlieue sur les hauteurs de La Paz est au coeur de tous les mouvements sociaux qui paralysent depuis quelques mois la Bolivie. Reportage dans son district le plus déshérité.



illustration de alejandro magallanes
illustration de alejandro magallanes
Marcelino est au bout du monde sauf qu'il a encore une demi-heure de marche. Le minibus ne va pas plus loin, il a déjà fait demi-tour. Au-delà, vers le sud, il n'y a plus que les centaines de kilomètres de l'Altiplano, le haut plateau andin qui couvre l'ouest de la Bolivie, ras et désert. Mais Marcelino doit encore arriver chez lui, à «Copacabana». Le nom du «lotissement» ne le fait plus sourire. Cette poignée de maisons basses d'adobe et de tôle est située à l'extrême sud du 8e District d'El Alto, l'arrondissement le plus excentré, le plus pauvre. El Alto est l'immense banlieue cache-misère qui domine à 4 000 m d'altitude la vallée de La Paz. La capitale administrative de la Bolivie déroule ses quartiers escarpés entre 3 800 et 3 300 m. Les zones résidentielles cherchent les plus basses altitudes, plus tempérées, et au-dessus, gonflé par le torrent de l'exode rural de ces deux dernières décennies, El Alto, «Le Haut», est sans doute déjà la troisième ville du pays. Les recensements ont du mal à suivre. Sans doute un million d'habitants, soit dix fois plus qu'il y a trente ans. Une partie des districts 7, 8 et 9, où les «lotissements» croissent comme des champignons, tient du bidonville.

A 79 ans, Marcelino grimace de ses sept dents. «Les dirigeants passent, mais nous, on est toujours là et rien ne change. Il faut leur dire.» Il s'est installé à Copacabana il y a deux ans, c'est tout ce qu'il pouvait acheter. Ancien ouvrier du textile, il touche 1 000 bolivianos de retraite par mois (95 euros). Il a quatre murs, pas d'eau ni d'électricité. Il s'éclaire au kérosène. «Mais le plus dur, c'est l'eau.» Il recueille l'eau de pluie dans sa cour. Et quand il ne pleut pas, il fait sa demi-heure de marche, dans un sens puis dans l'autre, les bras chargés de bidons. «On est prêts à payer, pour l'eau, pour l'électricité, pour tout, mais ici, rien n'arrive, impossible d'être connectés.»

  • 86 morts en octobre 2003

    A El Alto, l'eau est devenue un enjeu politique et social. Comme pour ­ tour à tour ­ l'augmentation du prix des carburants ou la nationalisation de l'exploitation des immenses réserves de gaz naturel du pays (lire aussi page 10), la ville est au coeur de la mobilisation incessante qui rendrait, selon le président Carlos Mesa, le pays «ingouvernable». Régulièrement, depuis des mois, les manifestations, les «marches civiques», paralysent le pays le plus déshérité d'Amérique du Sud. Contre, en vrac : les entreprises «multinationales», la «mise à sac des ressources naturelles», la mondialisation... En octobre 2003, la répression sanglante (86 morts) de manifestations parties d'El Alto a poussé le président de l'époque, le libéral Gonzalo Sánchez de Lozada, à s'enfuir nuitamment à Miami. Depuis, Carlos Mesa, son vice-président, un historien et journaliste indépendant des partis politiques et qui avait pris depuis longtemps ses distances avec Sánchez de Lozada, a pris le relais à la tête de l'Etat. Il a promis la négociation, pour chaque conflit, et l'arrêt de toute répression policière. Ce qui lui vaut des sommets de popularité. Mais il reste la cible des mouvements les plus intransigeants, comme le MAS (Mouvement vers le socialisme), d'extrême gauche, deuxième parti représenté au Parlement ; la puissante Centrale ouvrière bolivienne (COB) ; ou la Fejuve, la Fédération des associations de quartiers d'El Alto, associations dont l'existence juridique reconnue par la loi en fait des groupes de pression pour l'amélioration des conditions de vie dans les districts.
  • Tenir El Alto, c'est paralyser La Paz

    El Alto est devenu le symbole des conflits sociaux boliviens ­ voire sud-américains ­ parce que la ville concentre l'exclusion du pays, tous les laissés pour-compte de la frénésie d'ultralibéralisme des années 90. Les privatisations ont visé bien au-delà de toutes les entreprises publiques du pays, mines, chemins de fer, compagnies aériennes... Même le système des retraites était concerné. Depuis ce jour où la Bolivie est passée au système de capitalisation, l'Etat assume les retraites qu'il lui reste à payer, mais sans recevoir aucune cotisation, puisque désormais les salariés remplissent individuellement leur caisse de fonds de pension privés. La manoeuvre a plombé pour des lustres les comptes publics... donc les budgets sociaux.

    Tenir El Alto, c'est paralyser La Paz, son aéroport international mais surtout la route principale du pays. «Quelques centaines de manifestants bien mobilisés et nous bloquons», reconnaît-on à la Fejuve. La route, il n'y en a qu'une et c'est l'axe de communication principal du pays. De La Paz, elle traverse El Alto du nord au sud, donc par le 8e District, puis file vers les autres villes boliviennes : Oruro, Potosi et Sucre au sud, Cochabamba et Santa Cruz vers l'est. Bloquer la route d'El Alto est devenu l'objectif de tous les mouvements sociaux, du plus petit ­ quelques bolivianos d'augmentation pour les instituteurs ­ au plus important : renationaliser la distribution d'eau à El Alto. C'est ce qui s'est passé début janvier quand la Fejuve d'El Alto a bloqué La Paz. Et obtenu ainsi du gouvernement qu'il étudie l'annulation du contrat de privatisation passé en 1997 avec l'entreprise Aguas del Illimani, filiale à 55 % du groupe français Suez Environnement.

    Le 8e District s'étend sur des kilomètres des deux côtés de «la route», enchevêtrement de «lotissements» d'adobe, de rues boueuses, parfois traversées par des lignes électriques à haute tension, qui témoigne de la rapidité de la croissance de la ville. Quelques rares rues sont pavées. Ici ou là, l'aide internationale a permis la construction d'écoles flambant neuves. Le ramassage des ordures est aléatoire. Entre les maisons, des terrains vagues servent donc de décharges où se nourrissent chèvres, cochons et poules. L'éclairage public est chiche ou inexistant. Sur certains pylônes, les habitants ont «pendu» symboliquement des mannequins de chiffons pour éloigner voleurs et violeurs. «Quand nous sommes arrivés ici, il y a vingt ans, il n'y avait rien, pas une maison, juste la "pampa" de l'Altiplano, raconte Victor, qui travaille comme mécanicien dans le lotissement "Panoramica 2". Nous avons l'électricité depuis deux ans et l'eau courante enfin depuis quelques mois, mais toujours pas d'égouts.» Les eaux usées filent directement dans la rue, dans les caniveaux quand il y en a. Non loin, Guillermina élève dans quelques mètres carrés sept enfants et un petit-fils. Un mari «sur les routes» et pas d'eau courante «pour toutes ces lessives». Dans sa cour, elle entrepose des bidons de 200 litres qu'elle paye «trop cher» : quatre bolivianos, moins de 50 centimes d'euro. Dès qu'elle peut elle recueille aussi de l'eau de pluie. «Je voudrais bien me raccorder, mais on m'explique que ce n'est pas possible. Pourtant, là, juste en face de chez moi, ils sont connectés.»

    La Paz et El Alto ne manquent pas d'eau. Le bassin profite de ces pics enneigés qui dépassent les 6 000 m, même si les paceños, les habitants de La Paz, affirment que les neiges éternelles fondent au rythme du réchauffement de la planète. Le prix du mètre carré n'est pas non plus le problème, c'est un des moins élevés du continent. «Ce qui nous a obligés à une mobilisation radicale, ce sont ces milliers d'habitants qui ne peuvent toujours pas être raccordés à l'eau courante, explique Alcira Godoy, une responsable de la Fejuve du 8e District. Sans parler de ces dizaines ou centaines de milliers qui n'ont pas de réseau d'assainissement.»
  • «Les guerriers de l'eau et de la vie»

    Au siège de la Fejuve, des affiches couvrent les murs pour en appeler à «la mobilisation permanente des guerriers de l'eau et de la vie, jusqu'à enterrer le néolibéralisme». La Fédération des associations de quartier, à l'image de tous les influents mouvements radicaux boliviens qui ne rêvent que d'une économie étatisée à la cubaine, veut expulser toute entreprise privée des services publics. «Le passé a montré que la privatisation des services publics de base, comme l'eau, n'a pas fonctionné, affirme Abel Mamani, le jeune coordinateur de la Fejuve. C'est à nous de décider ce que nous voulons, pour nous et nos enfants.»

    Suez Environnement a beau jeu de rappeler que son installation à La Paz a permis «un taux de raccordement (aux réseaux) moyen annuel presque trois fois plus élevé que sous la gestion publique antérieure», quand l'entreprise, alors municipale, était surtout connue pour alimenter le clientélisme et la corruption de la classe politique bolivienne. Suez, qui ne fait en Bolivie que... 0,04 % de son chiffre d'affaires, affirme que, depuis son installation en 1997, «92 % des ressources générées par l'entreprise ont été reversées à la communauté bolivienne» à travers impôts, investissements, salaires... Il y a moins de six mois, un rapport de la Superintendance bolivienne des eaux concluait d'ailleurs qu'Aguas de Illimani était l'entreprise du genre la plus efficace dans tout le pays. Le gouvernement a cependant cédé après la révolte de janvier et négocie aujourd'hui la création d'une entreprise mixte, privée-publique, ce qui permettrait à Suez de rester dans le capital et éviter que l'entreprise réclame des millions de dollars d'indemnités pour rupture de contrat. Mais la Fejuve brandit la menace de nouvelles mobilisations si l'entreprise ne fait pas ses bagages.

    Méchant comme un volcan, un orage andin a vomi ses trombes d'eau sur El Alto. En quelques secondes, les eaux usées des égouts en plein air sont parties dans des torrents de boue dans les rues du 8e District.


Samedi 21 Mai 2005
Samedi 21 Mai 2005
Libération
Lu 1848 fois


Dans la même rubrique :

Les leçons de Suez - 10/03/2006

1 2

ACME | EDITO | INFOS REMUNICIPALISATION / PRIVATISATION DE L'EAU | COMMUNIQUES DE PRESSE | ACTUALITES / MANIFESTATIONS | REVUE DE PRESSE | HISTOIRES | LA LOI SUR L'EAU | ON NOUS ECRIT | VICTOIRES | ARCHIVES

Mentions légales
Pour une recherche d'articles par thèmes, cliquez sur le mot de votre choix !
actions juridiques adhésion affaires troubles afrique agriculture algérie algues bleues angleterre anti-gaspillage argentine asie assainissement assainissement non collectif associations associations en lutte australie banque mondiale barrage barrages ben s'mim bolivie bordeaux brésil bretagne canada castres cge chili chine coca cola cognac colloque colloque 2006 colloques 2006 compteurs condamnation contentieux contrats contrats en contentieux corruption corse cyanobactéries danasi dessalement droits de l'eau eau embouteillée eau potable écocide edf émirats enel film financements de projets france-libertés fuites fusion gabon gestion alternative grenelle de l'environnement guerre de l'eau inde indonésie investissement islande israel japon las vegas les antilles l'europe de l'eau lille lobby lobbying loi oudin santini loi sur l'eau luttes lyon maladies mali manifestations marché de l'eau maroc mauvais rendement médicaments messier mexico 2006 mexique mortalité neufchateau niger nitrates nucléaire observatoire parisien paris pascua lama pauvreté pauvretés perou pérou pétition pollution pollution de l'eau pollution de l'eau potable pollution des nappes pollution eau potable pollution minière pollutions pollutions agricoles pollutions de l'eau pollutions des nappes pollutions des rivières pollutions industrielles portraits ppp privatisation prix de l'eau proglio quebec que choisir? que choisir? loi sur l'eau quimper radio radioactivité rechauffement climatique réchauffement climatique remunicipalisation renégociation réunions publiques russie santini saur sécheresse sedif services publics à vendre solutions suez suisse tentatives remunicipalisation toulouse touly unesco université de l'eau uruguay usa varages veolia véolia veolia orient, l'affaire vietnam vivendi zimbabwe