Dans sa bataille pour la défense de l'eau amorcée à La Haye en 2000 puis à la réunion de l'OMC à Cancun en 2003, Maude Barlow a reçu un appui de taille. A Mexico, celui de Danielle Mitterrand, la femme du défunt président de la France.
"La guerre de l'eau est déjà commencée. Plus de 35 000 enfants meurent de soif chaque jour", a indiqué Mme Mitterrand.
Les deux militantes ont dans leur mire les deux multinationales de l'eau, originaires de l'Hexagone, Vivendi et Suez, pionnières du modèle de privatisation de l'eau et implantées respectivement dans 90 et 130 pays.
"Nous voulons exporter un modèle dont nous ne voulons pas chez nous. Plusieurs municipalités françaises veulent se réapproprier leur service d'eau", a indiqué Mme Mitterrand.
Les organismes non gouvernementaux impliqués dans la défense de l'eau ont l'intention de demander officiellement aux chefs d'Etat présents au Forum mondial de l'eau de retirer le précieux liquide des traités de libre échange commerciaux (TLC). Bien que les services d'eau potable et sanitaires soient à 97 % de responsabilité publique au Canada et que le pays abrite 20 % des réserves d'eau mondiale,
"peu de Canadiens savent que nous n'avons pas banni l'exportation de l'eau de la liste des traités de l'OMC et de l'Alena et que nous n'avons même pas de stratégie sur le précieux liquide. (Le président des Etats-Unis) George Bush reluque l'eau du Canada dans son plan de défense stratégique. Si nous ne nous engageons pas dans cette bataille, notre eau sera appropriée au même titre que le secteur de l'énergie", a soutenu Mme Barlow.
Le 18 mars 2006 -