Depuis bientôt trois ans, ils interdisent aux ingénieurs, aux camions de matériaux et aux pelleteuses de passer. Et, malgré les gaz lacrymogènes, les intimidations ou les incarcérations, la police a jusqu'à présent échoué à mater ce mouvement de rébellion.
«Ce barrage ne va nous apporter que du malheur, affirme don Julián. La Commission fédérale de l'électricité (CFE), maître d'oeuvre de l'ouvrage, nous a dit que nous serions relogés. Mais nous voulons rester sur nos terres. Nous ne pouvons pas accepter que nos églises, nos cimetières, disparaissent sous les flots. Nous ne voulons pas abandonner nos coutumes. Nous sommes des paysans.»
Et rien ne les fera reculer. «Nous mourrons peut-être, mais nous n'abandonnerons pas la terre de nos ancêtres», dit-il pendant que sa femme, Teresa, cuit des tortillas sur un feu de bois dans la cour de la maison où cohabitent poules et cochons. Au total, 25 000 paysans vont perdre leur foyer.