La facture de l'eau a plus que doublé en quinze ans et les prix varient du simple au double selon les départements. En moyenne le mètre cube est facturé 2,8 euros, mais 10 % des consommateurs le paient moins de 2 euros et 7 % plus de 4 euros. Au-delà de 3 euros, le prix est jugé trop élevé.
Il existe des raisons à ces variations. La facture sert avant tout à financer l'entretien de kilomètres de tuyaux et le fonctionnement d'usines de potabilisation et de traitement. Dans les campagnes, il faut 30 mètres pour desservir un habitant ; à Paris, 2 mètres. Autre contrainte technique : la qualité de l'eau brute utilisée. Des traitements simples (filtration et désinfection) ou plus complexes (traitements chimiques) sont nécessaires pour la rendre potable et satisfaire les 63 paramètres de contrôle de l'eau du robinet. L'eau de surface, qui alimente la plupart des grandes villes, étant beaucoup plus polluée que l'eau souterraine, sa potabilisation revient plus cher. Quant aux habitants de communes touristiques, ils supportent la charge de réseaux surdimensionnés, adaptés à la période pointe. La sécurité modifie aussi le prix. "Dans les grandes villes, les systèmes de production peuvent être doublés ou triplés et les procédures de secours très élaborées", résume Antoine Grand d'Esnon, directeur de Service public 2000, conseil aux collectivités.
La récente vague d'équipement en stations de traitement des eaux usées, pour préserver le milieu naturel, a aussi accru la facture. Comme l'entretien du réseau, qui permet de lutter contre le gaspillage : les fuites font perdre, chaque année, 1 milliard de mètres cubes. Le niveau d'endettement et les provisions pour travaux font aussi bouger le curseur.