ANTICOR, l'association de lutte contre la corruption, qui compte notamment le juge Alphen dans ses rangs, vient de démarrer son grand tour de France. Et l'association s'intéresse de près au dossier de la gestion de l'eau en France. « On est très actif dans ce domaine car les sociétés d'eau ont souvent été sources de financements occultes de partis politiques », lâche sans ambages Séverine Tessier, présidente d'Anticor et élu PS dissidente de Clichy- la-Garenne.
« Notre campagne va nous emmener à Grenoble, où Alain Carignon, jugé pour corruption dans ce genre d'affaire*, tente un retour. Certaines villes, comme Grenoble, se sont battues pour avoir une gestion en régie directe, plus transparente, et sont en train pour certaines de récupérer les provisions trop perçues par les sociétés délégataires. C'est le cas de la communauté urbaine de Bordeaux notamment, qui a récupéré 294 millions d'euros. » Et la présidente d'Anticor de pointer du doigt la législation qui selon elle donne les pleins pouvoirs aux multinationales : « Les élus ont perdu le contrôle, on les oblige à privatiser, c'est insensé du point de vue de l'intérêt général,» souligne encore Séverine Tessier.
* NLDR : l'ex-maire a été condamné pour avoir bénéficié d'avantages matériels offerts, entre 1984 et 1993, par les groupes Merlin et Lyonnaise des eaux dont la filiale commune, la société Cogese, a obtenu en 1989 la délégation du service des eaux de la ville.