Huit mois de tournage, d'investigations, de rencontres. La journaliste indépendante Sophie Le Gall a réalisé un travail considérable pour enquêter sur la qualité de l'eau qui coule des robinets des Français. Son film «Du poison dans l'eau du robinet», diffusé lundi soir sur France 3 dans le cadre de l'émission «Hors série» animée par Marie Drucker, est une charge sévère de 90 minutes qui montre que le danger est bien réel. Sophie Le Gall a notamment fait des prélèvements inquiétants dans plusieurs régions françaises. Elle a donc aussi rencontré les Charentais qui ont fait plier un des géants de l'eau, la Saur.
Pourquoi ce film?
Sophie Le Gall. Pour comprendre pourquoi en France, alors qu'il existe des normes sanitaires, l'État tolère que des communes ne les respectent pas. Aussi pour informer sur les mises en garde de nombreux scientifiques au sujet des pollutions et notamment une émergente et peu surveillée: celle aux médicaments. On commence seulement à s'en inquiéter. On y consacre la dernière partie de notre film.
Quels sont les autres sujets abordés?
Le film est découpé en quatre parties: une consacrée à la pollution par l'aluminium, une autre sur les nitrates et les pesticides, une troisième sur le radon et donc la fin sur les médicaments que l'on retrouve dans l'eau du robinet mais aussi dans les eaux des rivières où les scientifiques ont constaté que des poissons avaient changé de sexe. Ce qui est compliqué avec l'eau, c'est qu'elle n'empoisonne pas du jour au lendemain. Du coup, la vigilance n'est pas suffisante.
Quel constat faites-vous après cette enquête?
Il n'est pas très rassurant. L'eau qu'on puise dans les cours d'eau ou les nappes phréatiques est de plus en plus polluée. Il y a également une vraie inégalité entre des petites communes qui ont peu de moyens et de grosses agglomérations. D'où sans doute la nécessité de mettre des moyens en commun. Bref, en France, tout ne va pas bien même si parfois il y a des signes positifs comme en Charente.
Vous consacrez une partie de votre film au combat de Charentais contre la Saur.
Oui, j'ai trouvé que leur histoire était symbolique. Onze familles qui se battent seules sur un bassin de 11 000 abonnés et qui finissent par gagner. C'est un combat citoyen et exemplaire qui permet de mettre un peu d'espoir face à un constat bien sombre.
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