Le manque d’eau est la première cause de mortalité au monde
Être Porteur d’eau, c’est participer localement à l’action mondiale qui vise à faire de l’eau potable un droit pour tous. Chaque jour, 34 000 personnes meurent du manque d’eau potable dont 6 000 enfants, ce qui en fait la première cause de mortalité au monde. Les Porteurs d’eau soutiennent localement les initiatives menées pour les populations dans le besoin mais aussi pour assurer la préservation et la protection de la ressource en eau.
Il est temps d’agir. La consommation domestique (pour la boisson, la cuisine, l'hygiène…) représente de 8 à 10 % de la consommation d’eau totale sur la planète. À ce rythme, en 2035, la moitié des réserves mondiales en eau aura disparu. On ne le répètera jamais assez, les activités humaines ont un impact dramatique sur l’eau douce, d’abord en raison de la pollution directe des fleuves, nappes phréatiques, aquifères, etc... Mais également (et surtout) en raison des émissions de gaz à effet de serre qui y sont liées.
Aucune politique mondiale de l’eau n’est légitime
Dans ce contexte, j’estime qu’une politique mondiale de l’eau fait cruellement défaut. À l’heure actuelle, l’avenir de l’eau est laissé aux mains d’entreprises privées, dont la raison d’être est de faire de l’accès à l’eau une source de profit.
Le Conseil Mondial de l’eau (CME), qui se dit responsable de l’avenir de l’eau dans le monde, est présidé par des dirigeants d’entreprises privées du secteur de l’eau et réunit une partie des acteurs, sans réelle légitimité. La présence d’ONG et quelques agences onusiennes comme UN-HABITAT n’en font pas une organisation intergouvernementale représentative. À titre d’exemple, lors du dernier Forum Mondial de l’Eau à Istanbul en mars 2009, ce Conseil a refusé d’entériner la notion de droit à l’accès à l’eau.
Les intérêts privés priment sur le problème sanitaire
De mon point de vue, le CME ne défend les intérêts privés des multinationales de l’eau qui sont à sa tête. Leurs objectifs profonds ne sont pas de promouvoir une meilleure gestion de la ressource pour la planète et les générations futures ou son accessibilité pour tous, mais bien d’investir de nouveaux marchés et étendre l’implantation des multinationales du secteur.
Il est grand temps d’instaurer une véritable gouvernance mondiale pour que l’eau ne devienne pas le pétrole du 21ème siècle. C’est également le moyen de faire écho aux actions menées localement par les citoyens à travers le monde.
» La fondation Danielle Mitterrand organise un rassemblement sur le parvis de l’Hôtel de Ville à Paris
Par Jean-Luc Touly
Directeur de l'eau de la Fondation France Libertés Danielle Mitterrand et conseiller régional Ile-de-France,