De Neufchâteau à Paris, une passionnante enquête nous initie au monde opaque de la gestion de l'eau
En 2001, Jacques Drapier, le Maire de Neufchâteau, constate une surtaxe
du prix de l’eau de ses administrés en même temps que le délabrement de
son réseau de distribution et décide de rompre le contrat qui lie sa ville à
la multinationale Veolia, en charge de la distribution de l’eau. Les habitants
de Neufchâteau ne s’en plaignent pas car son initiative a fait diminuer leur
facture d’eau de plus de 100 euros par an et par foyer.
Cet exemple réussi de passage à une régie publique nous montre que le service public peut être plus performant qu’une multinationale et nous invite à prendre conscience des dangers qui nous guettent. Bien vital, l’eau peut-elle être traitée comme n’importe quel bien de consommation ?
Est-il raisonnable de laisser à des entreprises à but lucratif la gestion de l’eau, son contrôle et sa facturation ?
De Neufchâteau à Paris, en passant par Lille et Barcelone, une passionnante enquête nous initie au monde opaque de la gestion de l’eau et nous invite à agir, en tant que citoyens, pour la protection et le contrôle de la gestion de cet élément indispensable qui est notre bien commun.
Questions sur la gestion de l’eau potable, un marché de plus en plus controversé aux pratiques parfois troubles...
Qui gère l’eau qui coule de nos robinets ? Comment est fixé son prix ? Quelle est sa réelle qualité ? Des questions que nous nous posons rarement tant l’accès à l’eau potable est simple et automatique.
Pourtant, il s’agit d’un marché de plus en plus controversé aux pratiques parfois troubles.
Jusqu’à une période très récente, plus de 80 % des Français utilisaient, souvent sans le savoir, une eau gérée par l’une des trois grosses multinationales du secteur. Ce quasi monopole est pourtant en train de s’effriter puisque de plus en plus de municipalités ouvrent les yeux sur la médiocrité de leurs prestations. Face à une eau trop chère et de mauvaise qualité, une alternative devient de plus en plus attrayante : mettre en place un système de régie municipale qui permet aux élus, et donc aux citoyens, de gérer leur eau avec plus de transparence. C’est le choix effectué récemment par Bordeaux et Paris en France, Barcelone chez nos voisins espagnols.
Au-delà des enjeux économiques, l’aspect environnemental est essentiel. Le moment est donc venu de réfléchir à son statut éthique et juridique. Selon nos choix d’aujourd’hui, l’eau sera demain une marchandise convoitée, soumise aux lois du marché, ou un bien commun accessible à tous.
Témoignages engagés d’élus, d’éco-citoyens et d’experts qui ont décidé de dénoncer les dérives et d’agir pour une meilleure gestion de l’eau. Une prise de conscience et un changement des pratiques salutaires.