Une hygiène catastrophique
Les conditions de travail et le manque d'hygiène fait que "100% des laveurs de voiture ont la bilharziose. Il est très rare de voir des personnes en bonne santé parmi celles qui ont des activités liées au lac", témoigne Diana Karanja, membre du Kemri, basé à Kisumu.
La bilharziose est une maladie tropicale qui touche plusieurs centaines de millions de personnes dans le monde et qui se contracte au contact de l'eau souillée. Cette contamination se traduit par des réactions cutanées : rougeurs, prurit puis trois semaines plus tard apparaissent une fièvre et une éruption cutanée. La présence du parasite peut entraîner des complications intestinales, pulmonaires et neurologiques.
Environ 1 000 personnes travaillent autour de cette plage et il n'y a qu'une seule latrine, payante. Du coup, les gens utilisent des toilettes en plein air", déplore Erick Muok, 28 ans, chercheur à l'Institut kényan de recherche médicale (Kemri). Rien que sur la côte kényane du lac, "il existe 20 sites semblables de laveurs de voiture", ajoute-t-il.
Bilharziose, choléra, pneumonie, vers intestinaux, diarrhée, maladie de peau figurent parmi les "maladies d'eau" qui touchent les personnes travaillant dans ou au bord du lac. "En terme de quantité et de qualité de l'eau (du lac), la situation est mauvaise et s'aggrave", confie Ladisy Chengula, spécialiste des ressources naturelles au bureau de la Banque mondiale à Nairobi. "La situation sanitaire (autour du lac) devient alarmante", relève Daniel Olago, enseignant universitaire à Nairobi et l'un des auteurs du rapport de l'ONU. Selon lui, les amendes frappant les industries polluantes installées au bord du lac (café, thé, coton, maïs, sucre, bière, etc.) "ne sont pas assez importantes" pour être dissuasives.