En pleine négociation sur la gestion de l'eau, Michel Moyrand veut calmer le jeu.
L'usine de traitement des eaux du Toulon appartient à la Ville mais est gérée par Suez.
Depuis des semaines, le débat sur la gestion de l'eau à Périgueux était entaché d'une étrange information : au mois d'octobre dernier, le maire Michel Moyrand avait signé un accord de mécénat avec Lyonnaise Suez Environnement pour participer au Festival Art et Eau du mois de juin. Une aide de 85 000 euros hors taxe, qu'il avait lui-même révélée lors d'un congrès national sur le mécénat culturel.
Depuis, il était un peu gêné, alors que la négociation d'un nouveau contrat de gestion de l'eau potable de la ville est en cours. Cette signature apparaissait même dans un document joint aux orientations budgétaires aux élus, mais avait mystérieusement disparu dans le même document envoyé à la presse. Bref, ça se troublait.
« Liberté pour négocier »
Finalement, hier après-midi, en marge de la présentation des dossiers du Conseil municipal de mardi prochain (où le sujet de l'eau ne sera pas abordé), Michel Moyrand a fait son petit effet : « Je renonce à ce mécénat culturel. Même si les accords datent de 2008, bien avant les négociations. Je souhaite que les choses soient claires et transparentes, je veux éviter les doutes et la suspicion et que tout se fasse dans la transparence. J'aurai une liberté totale pour négocier. Tant pis si l'on perd de l'argent pour le festival. »
Il assure également qu'il ne risquait pas de poursuite pour ce qui ressemblait à un mélange des genres. « Je m'étais bordé auprès d'un cabinet d'avocat parisien. » Le maire est en contact avec d'autres mécènes pour ce festival qui donnera une large place aux plasticiens contemporains sur les bords de l'Isle.
Trois sociétés en lice
Le choix du gestionnaire de l'eau devrait intervenir courant mars et sera alors discuté lors d'un Conseil municipal, explique Michel Moyrand. Il annonce toujours réfléchir entre une solution en régie municipale et celle d'un affermage avec des « îlots concédés » (en fait îlots concessifs, contrats mixtes où la Ville confie au privé certains investissements), sur une dizaine d'années. La première solution a sa préférence « philosophique » mais la deuxième semble être un choix de raison.
Trois sociétés sont en lice : Lyonnaise Suez, la Saur et Véolia. « Nous négocions durement avec elles sur tous les points : la qualité de la production et de la distribution, ainsi que le prix. » Renoncer au mécénat avec Suez, permettrait aussi de changer de délégataire sans état d'âme.
Sud Ouest