« Les factures sont très variables selon le lieu où l'on vit », observe Régine Samson, de l'association Eau-49, qui vient de réaliser une enquête sur le prix de l'eau potable dans le Maine-et-Loire. Couvrant 75 % du territoire, leur enquête a été complétée par une étude de la direction départementale de l'agriculture et de la forêt. « Elle confirme les résultats que l'on a obtenus partiellement. »
« L'absence de contrôle financier »
Alors d'où proviennent ces disparités ? De la manière dont sont gérés et exploités les réseaux d'alimentation en eau. Autrement dit, « nous avons une différence très importante selon qu'il s'agit d'une régie publique ou d'une délégation de service public », note de son côté Philippe Bellanger, le vice-président de l'association Eau-49. Dans le département, « 58 % de la population dépend d'un réseau géré dans le cadre d'une délégation de service public ». Or, « le prix moyen en régie s'élève à 179 €; il est de 244 € en délégation ou gérance ». Pour les membres d'Eau-49, les tarifs élevés pratiqués par des sociétés telles que Véolia, la Saur ou encore la Lyonnaise ne sont pas justifiés. Ils n'hésitent pas à parler de « frais inconsidérés ».
Également présidente de l'association Choletais Eau secours, Aurélie Sevet, une autre membre d'Eau-49, déplore quant à elle « l'absence de la commission de contrôle financier » dans bon nombre de cas. Une obligation légale à laquelle sont tenues les collectivités déléguant leur service. Du coup, selon elle, les contrats avec les sociétés privées sont reconduits trop facilement. Sans étude approfondie des coûts.
Les membres de l'association Eau-49 rappellent que « la distribution de l'eau est un service public » et qu'elle doit être gérée comme telle. « Il faut responsabiliser les élus ; qu'ils arrêtent de dire : « Les prix, c'est pas nous, c'est eux... »
Eau-49 s'est aussi penchée sur la qualité de l'eau dans le département, en s'appuyant sur une étude du conseil général et de la préfecture. Le constat n'est pas merveilleux. Alors que l'Europe invite chacun des pays à obtenir, d'ici 2015, un bon état général de ses ressources en eaux, « 93 % des rivières du Maine-et-Loire présentent des altérations qui risquent de compromettre la réalisation de cet objectif ».