Cette interdiction des facilités chimiques, tant préjudiciables à notre santé et à la nature, est réclamée par les producteurs bio eux-mêmes, pour imposer à l'agriculteur bio de saines pratiques. Ce n'est qu'à cette condition que l'agriculture bio est la meilleure agriculture qui soit, polluant très peu les terres, l'eau, l'air, les produits, et qu'elle devient capable de garantir la transmission d'un sol non dégradé à ses successeurs, comme l'ont fait nos grands-parents. Au passage, elle sauvegarde très certainement notre santé. Sans parler des saveurs délicates qu'elle sait nous restituer.
Remarquons que la capacité du bio à nourrir la planète, vient d'être reconnue par Nadia el Hadge, fonctionnaire à la FAO, et que ce même organisme international préconise le recours au bio pour sauver l'écosystème, et l'économie des paysans du Sud.
Fin mars 2007, face au danger, le PE a revendiqué un pouvoir de codécision sur le projet, pour ne pas laisser les mains libres à la commission qui s'était encore arrogé le pouvoir inconcevable de rédiger, selon son bon vouloir, les modalités pratiques du futur nouveau règlement. 94% du PE, gauche et droite confondus, a refusé de voter en totalité le projet de Marie-Hélène Aubert, artifice institutionnel qui a bloqué le processus de décision, dans un sain sursaut démocratique.
Ce qui n'a pas plu. Le 24 avril, le Conseil a pris les choses en main, et a demandé un vote au PE en urgence, tout en refusant d'accorder la codécision demandée. En réaction, le PE a renouvelé sa fronde, arguant qu'il voulait prendre le temps de convaincre le Conseil et la commission.
Mais cette fronde des députés a fait long feu. Le 22 mai 2007, le PE est finalement rentré dans le rang, en votant à 91% la totalité du rapport de Marie-Hélène Aubert. Victoire à la Pyrrhus. Certes, le parlement s'oppose au projet de la commission, mais il permet au Conseil de se déterminer dans une orientation que tout nous laisse percevoir comme préjudiciable pour l'avenir.
En effet, selon des bruits de couloirs, les propositions de la commission sur les pesticides ou les OGM seraient adoptées, et le logo unique ne serait pas imposé. Maigre consolation, le logo AB continuerait de préserver les consommateurs contre les dérives, car il lui serait encore permis d'exiger un cahier des charges supérieur à celui de l'UE. Mais affaire à suivre...