|
|
||
|
POLLUTIONS DANS LE MONDE
MEXIQUE : La lutte des paysans mexicains contre le projet de barrage de La ParotaUn article d' Yves Richard après un séjour sur place en octobre 2007Depuis quatre ans et demi, les paysans mexicains indigènes Nahuatl luttent contre le projet de barrage hydroélectrique de La Parota. Ils ont réussi à mobiliser 8 000 personnes pour défendre leurs revendications.Le barrage serait construit à 28km d’Acapulco, en pleine zone tropicale, à 19° de latitude nord.
La Commission Fédérale de l’Electricité (CFE) a lancé un appel d’offres international pour concéder le barrage et la centrale hydroélectrique. L’entreprise choisie construira et exploitera le barrage à ses frais contre la vente pendant 40 ans de l’électricité dans le réseau mexicain, interconnecté au réseau des Etats-Unis et à celui de l’Amérique centrale en cours de construction (plan Puebla – Panama).
En accord avec le gouvernement fédéral et celui de la région de Guerrero, la CFE a voulu passer en force sans se soucier de l’avis des populations locales ni des impacts négatifs. Elle a manœuvré pour obtenir l’accord d’expropriation par des moyens illégaux, par l’intimidation et la force policière. Les paysans ont jusqu’à présent réussi à bloquer le projet par voie juridique légale, mais pendant encore combien de temps ? Ils ont besoin de notre soutien. Le voyage fin 2007
Nous nous sommes rendus au Mexique en octobre 2007, ma femme et moi.
Nous avons rencontré des militants d’associations des droits de l’Homme à ciudad México et du CECOP, le Consejo de Ejidos y Comunidades Opositores a la Presa La Parota, (Conseil des propriétaires communautaires et des communautés opposés au barrage de La Parota) à Aguacaliente près d’Acapulco. La parota est le nom d’un arbre de grande taille qui pousse dans la forêt tropicale de la région. La région tropicale d’Aguacaliente est à 10km à vol d’oiseau de la mer où se trouvent des hôtels de luxe et l’aéroport international d’Acapulco, entre l’embouchure du fleuve Papagayo au sud et la pointe diamant au nord, située juste en dessous de la baie d’Acapulco et de Puerto Marques, petite station balnéaire populaire. La ville d’Acapulco impulse le développement d’un tourisme de luxe ciblant majoritairement les nord-américains (480 000 USD l’appartement de 277m2 dans une résidence de luxe de la pointe diamant). Les zones touristiques sont séparées par des barrières ou des murs et gardées par des gardes armés. Le projet de CFE, la Commission Fédérale de l’Electricité, est le barrage dit de La Parota, qui se situerait dans les dernières collines du fleuve, juste avant la plaine côtière où se trouve Aguacaliente, siège du CECOP. Le lac
Le lac de retenue serait dix fois plus vaste que la baie d’Acapulco et situé à quelques kilomètres de la lagune de Tres Palos derrière laquelle se trouve l’aéroport international d’Acapulco.
Il s’agirait non pas d’un seul barrage, mais :
Les faits
La CFE (Commission Fédérale de l’Electricité) a entrepris des études dès 1976. En 2003, sans autorisation des municipalités, la CFE a commencé les travaux de routes afin de commencer de creuser les 2 dérivations.
La CFE obtient :
La CFE organise des consultations truquées de la population locale en les invitant à venir à des assemblées. Les responsables et des paysans de zones non concernées, achetés par des pots-de-vin, votent le 25/4/4 pour l’expropriation.
La CFE organise le 23/8/5 une deuxième assemblée houleuse : un impressionnant déploiement de la force publique ne laissent passer que les pseudo votants, toujours achetés et reconnaissables à un badge collé sur leurs vêtements, alors que les personnes concernées, opposants au projet, sont retenus derrière des grilles ;
Le CECOP reçoit l’aide de nombreuses organisations nationales et internationales. Des responsables d’agences des Nations Unies se prononcent en faveur des paysans indigènes jugeant leurs droits bafoués. Le cas de la lutte de La Parota est présenté et jugé par le tribunal symbolique de l’eau d’Amérique Latine le 17/3/6.
A l’assemblée d’août 2007, les opposants sont enfin présents avec les personnes en faveur du barrage habitant la zone concernée. Les présents votent à main levée majoritairement contre le projet, après les explications des 4 experts nommés par chaque camp. Il faut souligner q’une partie des personnes qui étaient auparavant en faveur du barrage votent contre le projet, convaincus par les explications des experts du CECOP. Le combat juridique continue avec des hauts et des bas. Dans les 2 jugements récents, l’un octroie au CECOP l’avantage de bloquer temporairement tous les travaux contre un dépôt de 10 000 USD et l’autre déclare contradictoirement que les travaux de la CFE ne gênent pas les intérêts des populations. Les arguments gouvernementaux
Ce sont les arguments de l’état fédéral, de l’état de Guerrero et de la CFE.
La CFE relogera les 3 000 personnes affectées dans des constructions en dur. Nous avons d’ailleurs visité l’une des trois maisons de démonstrations. Les autres arguments sont :
Les arguments des opposants au projet
Ce sont les arguments des paysans et des associations des droits de l’Homme.
Les arguments de la CFE ne tiennent pas
Les contre-propositions du CECOP
La lutte continue
En décembre 2007, le gouverneur de l’état de Guerrero déclare que le projet ne se fera pas contre l’avis de la population.
Le CECOP pense que ces belles paroles sont faites pour désamorcer le mouvement d’opposition et seront démenties ensuite par l’intéressé, pratique usuelle pour n’avoir aucune valeur légale devant un tribunal. Aujourd’hui, le CECOP appelle à rester vigilant car aucun juge ni décisionnaire politique n’a déclaré annuler officiellement le projet. C’est ce que désire le CECOP, le gouvernement fédéral, le gouvernement de l’état de Guerrero et la CFE tiennent toujours au projet. En effet, les décisionnaires politiques mexicains n’appliquent qu’un seul modèle de développement, celui qui donne priorité aux intérêts économiques qui détiennent le capital par rapport à ceux qui détiennent la terre et les ressources naturelles (Centre des droits humains de la montagne Tlanochnollan). Le CECOP continuera à se battre pour que soient respectés ses droits fondamentaux à l’existence, à l’alimentation, à la santé, à l’éducation, à la terre et à l’eau. Sa lutte est remarquable en ce que le CECOP a réussi à mobiliser 8 000 militants pour défendre sa cause. Comment aider ?
Les autres articles sur le sujet sur ACME Dimanche 17 Février 2008
Lundi 18 Février 2008
YVES RICHARD article et photos
Lu 4374 fois
Dans la même rubrique :
|
||
|
Mentions légales
Pour une recherche d'articles par thèmes, cliquez sur le mot de votre choix !
actions juridiques
adhésion
affaires troubles
afrique
agriculture
algues bleues
algérie
angleterre
anti-gaspillage
argentine
asie
assainissement
assainissement non collectif
associations
associations en lutte
australie
banque mondiale
barrage
barrages
ben s'mim
bolivie
bordeaux
bretagne
brésil
canada
castres
cge
chili
chine
coca cola
cognac
colloque
colloque 2006
colloques 2006
compteurs
condamnation
contentieux
contrats
contrats en contentieux
corruption
corse
cyanobactéries
danasi
dessalement
droits de l'eau
eau embouteillée
eau potable
edf
enel
film
financements de projets
france-libertés
fuites
fusion
gabon
gestion alternative
grenelle de l'environnement
guerre de l'eau
inde
indonésie
investissement
islande
israel
japon
l'europe de l'eau
las vegas
les antilles
lille
lobby
lobbying
loi oudin santini
loi sur l'eau
luttes
lyon
maladies
mali
manifestations
marché de l'eau
maroc
mauvais rendement
messier
mexico 2006
mexique
mortalité
médicaments
neufchateau
niger
nitrates
nucléaire
observatoire parisien
paris
pascua lama
pauvreté
pauvretés
perou
pollution
pollution de l'eau
pollution de l'eau potable
pollution des nappes
pollution eau potable
pollution minière
pollutions
pollutions agricoles
pollutions de l'eau
pollutions des nappes
pollutions des rivières
pollutions industrielles
portraits
ppp
privatisation
prix de l'eau
proglio
pérou
pétition
que choisir?
que choisir? loi sur l'eau
quebec
quimper
radio
radioactivité
rechauffement climatique
remunicipalisation
renégociation
russie
réchauffement climatique
réunions publiques
santini
saur
sedif
services publics à vendre
solutions
suez
suisse
sécheresse
tentatives remunicipalisation
toulouse
touly
unesco
université de l'eau
uruguay
usa
varages
veolia
veolia orient, l'affaire
vietnam
vivendi
véolia
zimbabwe
écocide
émirats
|
||

Accueil
Ecrire
Contact
Forum
Annuaire
Livres


LAS VEGAS : Menace réelle de pénurie d'eau pour la capitale du Jeu