C'est le message qu'est venu délivrer le « responsable eau » de la Fondation France Libertés Danielle Mitterrand mercredi soir devant une assemblée conviée par l'association Mâcon Choisit l'Avenir.
Salarié et syndicaliste chez Véolia réintégré en 2010 suite à une procédure judiciaire, membre du comité national de l'eau et des associations Attac, Anticor et Acme, Jean-Luc Touly a présenté les arguments en faveur d'une gestion publique de l'eau. Une conférence en guise de formation pour les élus de gauche qui auront prochainement à débattre de la question à l'occasion du renouvellement du contrat du Syndicat intercommunal des Eaux de la Petite Grosne, arrivant à échéance en mars 2012. Ce syndicat regroupe dix-huit communes.
Pour le défenseur de « l'eau publique », le retour à une gestion en régie publique permettrait une baisse du prix de l'eau de l'ordre de 30 à 40 % ! Par quel mécanisme ? « Par l'absence de profits réalisés par une régie publique » répond le militant. Évidemment, la question qui vient est celle des impôts. Régie publique pourquoi pas, mais alors quelle augmentation d'impôts ? La réponse est catégorique : « Aucune. Depuis 1995, c'est sous forme de factures et non pas d'impôt que vous payez votre eau, et ceci de manière obligatoire pour les communes de moins de 3 000 habitants. L'eau et l'assainissement sont des budgets communaux annexes qui ne sont pas impactés parce que le législateur en a décidé ainsi. Par ailleurs, il faut savoir que dans le cas d'une gestion en régie, les salariés restent de droits privés, donc pas des fonctionnaires. »
Une réponse qui devrait satisfaire les militants et les élus de gauche pour qui, évidemment, la régie publique relève de l'alternative à la privatisation de la gestion de l'eau. « L'eau, l'air et la terre ne devraient pas être privatisables » insistait Jean-Luc Touly. « Ils doivent rester des biens communs. Sachez qu'aux Etats Unis, 85 % de l'eau est gérée par le public. Notre exception française n'est pas souhaitable. »
A suivre donc, les prochains débats au sein du Syndicat de la Petite Grosne.
R.B.
Stéphane Guiguet, président de Mâcon choisit l'avenir, Jean-Luc Touly,
et Pierre Martinerie, conseiller général et conseiller municipal
Une conférence tenue à la salle Gambetta