M. Fauchon, directement visé par les altermondialistes, préside une société privée de distribution d'eau, le Groupe des eaux de Marseille, filiale à parts égales de Suez-Lyonnaise des eaux et Veolia Eau.
"Personne ne me regarde comme un représentant des entreprises, répond-il. Je suis aussi président d'une ONG d'aide au développement en Afrique, et j'ai longtemps travaillé dans le public, à la Ville de Marseille."
Le forum est un objet hybride. Lieu d'échanges pour les participants de tous horizons et espace réservé à de multiples débats, c'est aussi une foire commerciale : de nombreuses entreprises louent un stand dans un grand hall d'exposition. Enfin, on y fait de la politique. Une négociation multilatérale, qui aboutit à la déclaration ministérielle finale, est menée sous l'égide de l'Unesco (l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture), membre du CME, et du pays hôte.
A l'origine simple rendez-vous de la communauté des spécialistes de l'eau, l'audience du forum s'est élargie au fil des ans. "Ce que les opposants nous reprochent, c'est notre succès, le forum a comblé un vide, affirme M. Fauchon. Quand nous l'avons créé, il y a dix ans, je ne pensais pas que la question de l'eau deviendrait aussi rapidement si aiguë."
Pour Maude Barlow, certaines ONG et plusieurs pays latino-américains comme l'Uruguay et la Bolivie, la question de l'eau est précisément devenue trop cruciale pour laisser le Conseil mondial de l'eau mener les débats politiques sur ce thème. Selon eux, c'est dans le cadre des Nations unies que les discussions entre Etats devraient avoir lieu.