Environnement Les anti-Veolia français approchent la ministre bruxelloise dans le cadre du dossier Aquiris
Le conflit entre Aquiris et la Région bruxelloise est-il en train de s’internationaliser ? Ce qui se passe à Bruxelles intéresse en tout cas de très près ceux qui, en France, combattent la puissance de Veolia, la maison-mère d’Aquiris, l’opérateur de la station d’épuration de Bruxelles-Nord. Ce jeudi, Evelyne Huytebroeck (Écolo), la ministre bruxelloise de l’Environnement, rencontrait quelques-unes des chevilles ouvrières du combat anti-Veolia. Parmi elles, Danielle Mitterrand, la présidente de la Fondation France libertés. La veuve du président français est en tête de la croisade pour le retour de la gestion de l’eau dans le giron public dans le monde et en France. Avec une centaine de militants, jeudi, elle a tenté d’occuper les locaux de Veolia à Paris sous le slogan « Veolia marchande l’eau du monde ».
Pour sa part, le député bruxellois Arnaud Pinxteren (Écolo), ancien conseiller de la ministre Huytebroeck, intervenait jeudi devant un colloque organisé par le réseau mondial « Reclaming public water » qui prépare, pour 2012 une alternative au Forum mondial de l’eau dans lequel certains voient la mainmise du privé. Pinxteren a exposé « le cas Aquiris » devant l’assemblée, qui, dit-il, a « ouvert des yeux comme des soucoupes en entendant le mépris des règles par Aquiris et sa négation de l’autorité publique ». Le député a aussi rencontré les opposants français à Veolia, dont le journaliste Marc Laimé et Jean-Luc Touly, ancien cadre de Veolia et président de l’association pour un contrat mondial de l’eau qui lutte sur la planète « pour l’accès libre par tous à l’eau, potable et à l’assainissement sans contrepartie », ainsi que leur avocat William Bourdon. « Les Français ont fait plusieurs offres de service », confirme Pinxteren. Il nous revient qu’il s’agirait d’offrir l’expertise de leur avocat, voire de porter l’affaire devant un tribunal français. Ce que, de source belge, on n’est pas sûr de trouver ni politiquement opportun, ni juridiquement pertinent…
La « brigade internationale » poursuivra ses contacts avec les Bruxellois. Une nouvelle rencontre à Bruxelles à la fin du mois de février ? « La balle est dans le camp de la ministre, indique Touly. Danielle Mitterrand viendra soutenir la ministre dans son conflit avec Veolia ». Les discussions se limiteront-elles au problème de la station d’épuration ? « Il est clair que nous plaidons pour un retour de l’épuration au service public », dit Touly.
« Pour l’instant, j’écoute, dit Huytebroeck. Nous sommes en phase de discussion avec Veolia : nous attendons leurs propositions. Je veux trouver une façon correcte de sortir [du conflit], des relations claires et franches. Éventuellement dans un contrat avec Aquiris ; mais il y a d’autres possibilités de continuer. Je veux donc tout entendre. ». La venue des anti-Veolia à Bruxelles ? « Aucun rendez-vous n’est prévu avec moi. Mais s’ils veulent voir mes collaborateurs, il n’y a pas de problème. »
Le Soir du 6 février
DE MUELENAERE,MICHEL