De son côté, la Compagnie des Eaux et de l'Ozone qui a fait ses comptes estime son préjudice à 7,3 M d'€ « selon la méthode prônée par l'association des maires de France », dont 3,9 M d'€ pour la contrats de distribution d'eau potable et 2,8 M d'€ s'agissant de l'assainissement. Le calcul prenant en compte « la reprise des emprunts en cours à l'heure de la signature des contrats ».
Estimant que « l'état du dossier ne permet de déterminer les bénéfices dont la requérante a été privée en raison de la résiliation des contrats », le tribunal considère qu'il y a lieu « avant de statuer sur la demande de la Compagnie d'ordonner une expertise ». L'expert désigné, Marie-Louise Liger, devra entre autres « décrire les conditions techniques et financières dans lesquelles ont été exploités les services jusqu'à la résiliation, la situation financière à la date de cette résiliation, notamment la valeur des investissements restant à amortir et évaluer les résultats que pouvait escompter la société de l'exploitation des services jusqu'au terme des contrats », à savoir 2017 s'agissant de la distribution de l'eau potable et 2033 s'agissant de l'assainissement. L'expert est également chargé de préciser « toutes les charges subies » et d'une manière générale, « tous les éléments relatifs au préjudice économique allégué par la Compagnie ». Marie-Louise Liger dispose d'un délai de trois mois pour rendre son rapport.
La décision des magistrats de Nancy n'a pas surpris la porte-parole de la Compagnie des Eaux et de l'Ozone qui rappelle qu'« en 2005, le tribunal administratif a ordonné à la ville d'Orange le remboursement d'une somme de 6,9 M d'€, après une rupture unilatérale de contrat d'affermage avec la SADE ». Autre filiale de Véolia.
Saïd LABIDI
© L'Est Républicain - 09/06/2006