Dit autrement, pour des non-spécialistes, cela signifie que les deux partenaires se sont entendus pour imposer des prix exorbitants de fourniture d’eau au marché de Rungis, gros consommateur alors qu’un autre fournisseur, la Sagep, affichait des tarifs moins chers de 22,5 %.
En quoi cela concerne-t-il les consommateurs ? Cette décision va au-delà de l’affaire du marché de Rungis et vise, selon le Conseil de la concurrence, à « attirer l’attention des collectivités d’Ile-de-France sur l’importance d’introduire une réelle concurrence sur le marché de la fourniture d’eau ». Une décision qui a obtenu l’approbation des associations.
« Une anomalie déja pointée en 1998 »
« En Ile-de-France il n’y a pas de concurrence sur les prix de l’eau. Le prix du mètre cube vendu par le Sedif aux usagers est de 3,40 € contre 2,40 € à Paris ! Les Franciliens usagers de ces communes payent presque 1 milliard d’euros, le marché est gigantesque et il faut savoir que la gestion de cet organisme intercommunal est quasiment assurée depuis 1923 par les groupes privés de distribution d’eau. Une anomalie déjà pointée par la chambre régionale des comptes en 1998 et en 2002 », explique Jean-Luc Touly, président de l’association des consommateurs d’eau Acme.
De son côté, la Lyonnaise des eaux (groupe Suez) a publié un communiqué hier pour « contester la décision du Conseil de la concurrence et se réserve le droit de faire appel ». Le Sedif, lui, n’a pas réagi. Son président, André Santini, a d’ailleurs été nommé récemment président du comité du bassin Seine Normandie, et son vice-président, en tant qu’usager, est le président du conseil de surveillance de la Générale des eaux.
Eric Giacometti Le Parisien édition du 8 Novembre 2005