Octobre 2005
La question de la nationalisation de l’eau pour solutionner un certain nombre de problèmes étant soulevée par divers groupes, l’Association québécoise pour un contrat mondial de l’eau (AQCME) se prononce dans les termes qui suivent:
- 1. Les principes que nous défendons
Les quatre grands principes sur lesquels l’AQCM se fonde pour élaborer sa position sont les suivants :
a) L’accès à l’eau, source de vie irremplaçable, est un droit humain, individuel et collectif;
b) L’eau est un bien commun de l’humanité;
c) Le financement nécessaire à la mise en œuvre de ce droit doit être collectif et solidaire;
d) Toute politique de l’eau doit être démocratique à tous les niveaux : local, national, continental et mondial.
- 2. La nationalisation, une avenue à éviter
C’est sur la base de ces principes que l’AQCME ne souscrit pas à l’idée qu’en créant une société d’État qui écarterait les multinationales, l’exploitation et la commercialisation de l’eau seraient évitées. Plusieurs exemples montrent qu’une société d’État peut adopter les mêmes comportements que les multinationales, particulièrement dans le contexte de la mondialisation de l’économie.
De plus, considérant le cycle planétaire de l’eau, nous estimons que la nationalisation de cette ressource sur un territoire donné n’est pas à même de garantir ou au moins de contribuer à la pérennité de cette ressource vitale, ni d’en assurer l’accès universel aujourd’hui et pour les générations futures.
En conséquence des principes énoncés précédemment, l’AQCME considère que la nationalisation de l’eau ne permet pas de garantir une protection efficace contre la marchandisation de cette ressource vitale.
- 3. Le choix des objectifs
Au lieu d’envisager la nationalisation de l’eau, l’AQCME propose :
- que la société québécoise fasse le choix de se responsabiliser collectivement pour la protection à long terme de l’eau, ressource vitale et transitoire sur notre territoire;
- de rendre imputable l’État québécois de la préservation des écosystèmes et de l’accès à l’eau pour tous et toutes;
- de positionner l’État québécois comme fiduciaire d’une ressource vitale pour l’humanité et pour toutes les espèces vivantes et de l’engager à faire la promotion de ce rôle à l’échelle mondiale et de consacrer le caractère inappropriable de l’eau, au même titre que le soleil, le vent et, plus encore, la pluie;
- de confirmer la responsabilité publique de la gestion de la ressource et de mettre en place des mécanismes plus contraignants de reddition de comptes et de contrôle démocratique;
- de renoncer clairement à l’idée de traiter l’eau comme le pétrole pour asseoir le développement du Québec sur une exploitation des réserves d’eau douce en fonction d’une rentabilité financière incompatible avec le respect du droit d’accès à l’eau potable pour tous et toutes comme droit humain fondamental.