Ce travail de prévention des effets potentiels du réchauffement de la planète sur les ressources en eau est en cours depuis de longues années. Aux Etats-Unis Occidentales, par exemple, plusieurs chercheurs ont répété, au moins ces cinq dernières années, que malgré des incertitudes dans les modèles de "prédiction", les résultats obtenus étaient suffisamment sérieux pour influencer les plans de gestion d'eau à long terme des responsables régionaux.
Mais les U.S.A. ne sont pas la seule région du monde qui compte sur les neiges d'hiver comme source d'approvisionnement en eau et en électricité grâce à l'alimentation des barrages hydroélectriques. Une équipe menée par Timothy Barnett de l'Institut Scripps d'Océanographie a observé d'autres régions qui comptent sur la fonte des neiges pour au moins 50 % de leur eau et qui n'ont pas une capacité de stockage d'une année de fonctionnement.
Les principes en cause sont "extrêmement simples et sans contre-verse," rappelle Timothy Barnett. "Dans un climat plus chaud, pour une même quantité, les précipitations seront plus sous forme de pluie que de neige. Et n'importe quelle couverture neigeuse dans un monde plus chaud, va fondre plus tôt." Cela va se traduire par une diminution des réserves d'eau en été.
L'équipe a étudié l'effet de la diminution du manteau neigeux autant sur le fleuve "le Rhin" en Europe qu'en Amérique du Nord sur la prairie canadienne. Ils ont mis en évidence toute une gamme d'effets qui va de la réduction du fret le long du Rhin à la vulnérabilité grandissante du monde agricole à la sécheresse.