ACME
Portrait de JL Touly sur France 2 vendredi 25 mai 22h30 Cash Investigation d'Elise Lucet  21/05/2012 À revoir Envoyé spécial France 2 du 3 mai sur les lanceurs d'alerte  05/05/2012 France 2 : Envoyé spécial 3 mai 20h40 22h15  03/05/2012 Valence 9 mai : l'eau propriété privée ou bien public avec P du Fau de Lamothe et JL Touly  03/05/2012 Veolia et Suez lorgnent le marché des gaz de schiste  28/04/2012 France 2 : Elise Lucet contre-attaque avec "Cash investigation" tous les vendredi à 22h25  27/04/2012 CriiEAU : La qualité de l'eau distribuée est plus inquiétante qu'on ne le dit  26/04/2012 Bretigny sur Orge : Projection débat 3 mai 20h30 au Ciné 220  26/04/2012 La ville de Bruxelles soutient l'initiative citoyenne européenne pour le droit à l'eau  25/04/2012 Photo de l'étiquette d'une bouteille plastique d'eau de Veolia Eau distribuée avec d'autres dans les bureaux de vote de Wissous par la Mairie !!!  24/04/2012 Le Télégramme du 22 avril : Quimper Eau  La CLCV saisit le tribunal administratif  22/04/2012 Veolia: début du processus de cession des actifs eau au Royaume-Uni  21/04/2012 Midi Libre du 21 avril : Bagnols-sur-Cèze Le Collectif de l'eau dénonce la hausse de la TVA à 7 % sur l'assainissement  21/04/2012 18 avril : Morlaix : Le collectif Eau Publique occupe les locaux de Veolia  19/04/2012 Le Bien Public 8 avril : Montbard en Côte d''Or : Un colloque sur l'eau au cinéma Le Phénix  08/04/2012 Marianne du 7 avril 2012 : Veolia accusée par FO de fraude massive à l'URSSAF  07/04/2012 Communiqué de presse de la FSESP  04/04/2012 Pour la disparition du Forum mondial de l'eau ? Tribune d'Anne Le Strat dans Le Monde, présidente de Eau de Paris, membre de la Fondation Copernic  04/04/2012 Gestion de l'eau : l'agglomération d'Évry se dote d'une régie publique  04/04/2012 Déclaration de Marseille FAME 2012  03/04/2012 Jeudi 5 avril à 20h30, Mairie d'Etrépagny (76) réunion publique sur la gestion de l'eau  01/04/2012 Anticor à Lille le 2 avril : Corruption stop ou encore ?  01/04/2012 La question de l'eau : entre local et global le 3 avril à Talence avec JL Touly  31/03/2012 Colloque sur l'eau à Montbard (21) 31 mars 14h30  26/03/2012 TV5Monde : interview de JL Touly sur le FAME 2012  25/03/2012 Interview de JL Touly sur le FAME 2012  25/03/2012 Sites à consulter  21/03/2012 Après la réussite du  FAME 2012, la lutte continue : 20 mars Villeurbanne : L'eau n'a pas de prix; 21 mars Genève L'eau cotée en Bourse ?; 22 mars Musée de l'eau de Pont en Royans; 23-24 mars Briançon et l'Argentière Eau source de vie pas de profit  18/03/2012 France Info : interview JL Touly le 12 mars sur le Forum Mondial de l'Eau  13/03/2012 L'Hebdo Marseille mars 2012  12/03/2012 Charlie Hebdo 7 mars : Forum Mondial de l'Eau (sans Sarkozy) : Suez et Veolia assèchent le monde  08/03/2012 Venezuela-Eau: Contrôle de la consommation  07/03/2012 Voir l'interview de JL Touly sur son livre"Le vrai pouvoir d'un citoyen" Manifeste de désobéissance civile Edition François Bourin  07/03/2012 Genève 21 mars 2012 : L'eau cotée en Bourse  03/03/2012 Tulle, période charnière pour l'avenir de l'eau : une rencontre avec les élus et les élèves de terminale  03/03/2012 La Montagne du 20 février : Tulle : L'eau, pétrole du 21ème siècle  03/03/2012 Lyon envisage de revenir à une gestion municipale de l'eau en février 2015  01/03/2012 VICTOIRE A OLIVET : Caducité du Contrat VEOLIA à Olivet au Conseil municipal - 24 février 2012  23/02/2012 Suez et Veolia jouent un match sous pression  23/02/2012 Forum mondial de l'eau: associations et écologistes dénoncent une "foire commerciale"  22/02/2012
           
LA LOI SUR L'EAU

S-Eau-S : les marchands d’eau et les agro-industriels dictent la loi.

La loi 2006 sur l’eau est entrée en débat en commission. Déjà on peut juger de l’état dans lequel elle sortira des travaux parlementaires : vidée de tout principe d’équité et taillée sur mesure pour les marchands d’eau et les agro-industriels.



Quelques aspects des débats.


Touchez pas aux Marchands d’Eau / Touchez pas à la durée des contrats.

S-Eau-S : <font color='red' size=5>les marchands d’eau et les agro-industriels dictent la loi.</font>
Que pouvaient craindre les Véolia, Suez, SAUR, nos marchands d’eau nationaux ? Qu’on limite la durée des contrats d’affermage ?

C’est ce qu’avait proposé Jean Launay, député socialiste, en fixant à dix ans leur durée maximale. Il devait cependant retirer son amendement, sans le défendre, sur avis du rapporteur, le député UMP André Flajolet.

Plus ambitieux, André Chassaigne, député communiste, proposait, pour sa part de limiter à neuf ans la durée totale d’un contrat de délégation de service public et de prévoir la possibilité de négocier un avenant à un contrat de délégation de service public tous les trois ans.

Amendement naturellement rejeté sur avis du rapporteur qui a "jugé préférable la durée de vingt ans actuellement prévue par la loi".

Touchez pas à la privatisation de l’eau.

Un amendement de Jean Launay proposait de supprimer l’alinéa 21 de l’article L. 2224-11-4 (nouveau) du code général des collectivités territoriales qui " interdit de moduler les aides publiques versées aux communes et groupements de collectivités territoriales compétents en matière de distribution d’eau ou d’assainissement en fonction du mode de gestion du service". S’appuyant sur les "conclusions du Conseil d’État dans son arrêt du 28 novembre 2003, qui a jugé légale la faculté pour un département de moduler les aides publiques en fonction des modes de gestion du service de l’eau."

On sait en effet que certains conseils généraux ont décidé d’aider les communes choisissant la régie directe et que le Conseil d’Etat leur a donné raison contre les entreprises privées de distribution d’eau qui contestaient la décision. Un autre amendement proposé par André Chassaigne allait dans le même sens.

Naturellement ces deux amendements étaient refusés. Le modèle français du "Partenariat Public Privé" (investissements publics, bénéfices privés) ne se discute pas !

Touchez pas à la part fixe

Manifestement, le sujet est d’importance, vu le temps qui lui est accordé. Il intéresse en premier leu les distributeurs privés d’eau dont on sait qu’ils disposent de 75% du marché et pour lesquels l’idéal serait un prix forfaitaire indépendant de la consommation.

Sur proposition de Jean Dessessard, sénateur Vert, le Sénat avait adopté le principe d’un plafond, fixé par le ministère de l’Ecologie, pour la partie fixe de la facture. Mais ,devant le Comité National de l’Eau et devant la Ministre, le député Flajolet, rapporteur de la loi à l’Assemblée, avait prévenu : cela ne passerait pas au parlement !

Il voyait juste.

Un premier amendement a d’abord proposé d’élever le nombre de consommateurs soumis à cette part fixe. Jusqu’à présent un immeuble ne disposant que d’un seul compteur ne se voyait imposer qu’une part fixe qui, divisée par le nombre de familles occupantes, était relativement indolore. L’amendement retenu permettra à présent de tenir compte du nombre d’appartements desservis. Au lieu de supprimer la part fixe qui touchait essentiellement les maisons individuelles, on généralisera son montant à l’ensemble des consommateurs. Il n’y aura plus de jaloux.

Quant à la plafonner, n’en parlons pas. Un amendement de Jean Prioriol, député UMP, obtenait la suppression de cette disposition, pourtant modeste, introduite par le Sénat.

Concernant la partie "proportionnelle", André Chassaigne, ayant proposé que tout tarif dégressif favorisant les gros consommateurs soit interdit et, qu’à l’inverse, une tarification progressive soit établie au-delà d’une première tranche de consommation, voyait à nouveau rejeter son amendement.

La part fixe sera donc maintenue, non plafonnée et étendue à tous les consommateurs. Les gros consommateurs seront avantagés. Belle victoire pour les lobbies !

Quant à contrôler leurs bénéfices : un amendement de André Chassaigne demandant que leur montant figure sur la facture a été rejeté de même qu’un amendement de Jean Launay "visant à créer un Haut Conseil des services publics de l’eau et de l’assainissement tel qu’il était prévu dans le projet de loi portant réforme de la politique de l’eau adopté en première lecture à l’Assemblée nationale en janvier 2002." Circulez, il n’y aura rien à voir !


Touchez pas aux marchands d’engrais et de pesticides

Autre élément important de la facture d’eau : les redevances prélevées par les Agences de l’Eau. On sait qu’elles sont payées à 85% par les consommateurs domestiques pourtant responsables de moins de 10% la pollution brute. Le principal problème est celui de la "non participation" du principal pollueur : l’agro-industrie.

Dans les faits, les exploitations agricoles ayant bénéficié de l’aide des Agences de l’Eau dans le cadre de PMPOA (Plan de Maîtrise des Pollutions d’Origine Agricole) sont assujetties aux redevances. Cependant, les organisations agricoles sont parvenues à obtenir une telle liste d’exonérations qu’elles représentent moins de 1% des redevances des Agences.

Elles ont surtout réussi à monter, pour leur recouvrement, une "usine à gaz" si efficace qu’en définitive elles ne rapportent rien. Le débat fait même apparaître qu’en Artois-Picardie les frais de perception sont si élevés qu’ils absorbent à 106% des montants recouvrés : l’Agence perd de l’argent à cause de cette redevance ! Comme la situation ne doit pas être très différente ailleurs, on peut en conclure que le bilan de la redevance pour pollution agricole est nul. Mais naturellement, pas question d’y remédier.

Touchez pas aux nitrates

Quelle solution pour que l’agriculture participe au financement de la lutte contre la pollution ? A nouveau on parle de la taxation des nitrates et des aliments azotés.

Dominique Voynet et Roselyne Bachelot l’avaient inscrite dans la loi, Serge Lepeltier l’avait envisagée mais Nelly Ollin ne s’y était pas risquée.

Jean Launay et Pierre Ducourt, reprenant un article du projet de la loi Voynet de 2002 proposaient une taxation des "excédents" d’azote. Proposition bien modeste et encore symbolique car chacun savait déjà que la définition de ces "excédents" donnerait lieu à une négociation qui, comme à l’habitude, ferait perdre tout intérêt à la taxation. Seule une taxe au "kilo acheté" aurait eu un sens.

Mais le rapporteur réussissait pourtant à affirmer que ce qui pouvait être vrai en 2002 ne l’était plus en 2006 étant donné, en particulier, le "nombre d’agriculteurs entrés dans un cercle de production vertueux". Peu importe que Alain Gouriou, député breton, ait "fait part de son scepticisme par rapport à la baisse des taux de nitrate décrite par le rapporteur, affirmant qu’ils restaient extrêmement élevés en Bretagne, dont le littoral était entièrement menacé par l’expansion des algues vertes, qui gagnait maintenant la Normandie et la Vendée".

Peu importe l’opinion publique qui accepte de moins en moins que les principaux pollueurs ne participent pas financièrement à le lutte contre la pollution : L’amendement proposant la taxation de l’azote sera refusé.


Touchez pas aux pesticides

Comment masquer la reculade ? Il existe une Taxe sur les pesticides. Elle est perçue sous forme de Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP). Cependant cette taxe est directement perçue par le Trésor et n’est pas affectée à l’eau (ce qui est le principe même des TGAP). L’astuce sera de transformer cette TGAP en redevance versée aux Agences. De cette façon on fera passer artificiellement la participation de la profession agricole de 1% à 4%.

Plusieurs rapports ayant montré le peu d’effet dissuasif du niveau actuel de la taxe, un amendement du rapporteur proposait d’augmenter " le plafond de la redevance pesant sur les produits phytosanitaires, fixé à 1,5 euro par kilogramme pour les substances dangereuses pour l’environnement, et à 5 euros par kilogramme pour les substances toxiques et très toxiques"

Les réactions en faveur du lobby des fabricants de produits phytosanitaires ne se faisaient pas attendre. Parmi les plus violentes celle Jean Dionis du Séjour estimant que "proposer le doublement du produit de la taxe alors que le revenu des arboriculteurs avait baissé de 19 % en un an constituait une véritable provocation". Empoisonnez vous pour maintenir l’activité des fabricants de pesticides, tel est le programme des élus de la majorité !

Le rapporteur avait pourtant insisté sur le fait que " les produits phytosanitaires étaient aujourd’hui bien plus dangereux que les nitrates pour la santé et l’environnement, et qu’ils étaient utilisés à 93 % par des agriculteurs.". Le Président Patrick Ollier avait même "rappelé les conclusions de la mission d’information de la Commission sur les conséquences du chlordécone" ce pesticide qui empoisonne les Antilles. Il avait aussi noté "que les consommateurs étaient bien plus nombreux que les agriculteurs, et qu’il fallait entendre les arguments du rapporteur". Rappelant ainsi que les "consommateurs" sont aussi des "électeurs".


Conclusion ?

Le rapporteur " pour tenir compte des observations formulées", décidait courageusement de retirer son amendement.

Pour bien marquer la reculade, M. André Chassaigne reprenait alors l’amendement du rapporteur à son compte. Naturellement, il était à nouveau rejeté.

Une "non-loi"
Nous pourrions aussi parler de l’absence de réforme profonde des Agences et Comités de Bassin malgré l’échec cuisant des politiques de l’eau menées en France. Parler des lois actuelles qui ne sont déjà pas appliquées, de la police de l’eau qui n’existera toujours pas. De la directive cadre européenne dont chacun sait qu’elle restera lettre morte malgré les condamnations déjà infligées à la France pour non application des règles antérieures.

Déjà, à travers des quelques exemple que nous avons donnés, il faut faire savoir que cette loi qui entérine la domination des lobbies de l’eau et l’industrie chimique appliquée à l’agriculture, n’en est pas une et que, même si elle est votée, le chantier sera totalement à reprendre.

S-eau-S

Dimanche 7 Mai 2006
Mercredi 10 Mai 2006
Gérard Borvon
Lu 1462 fois

Dans la même rubrique :

ACME | EDITO | INFOS REMUNICIPALISATION / PRIVATISATION DE L'EAU | COMMUNIQUES DE PRESSE | ACTUALITES / MANIFESTATIONS | REVUE DE PRESSE | HISTOIRES | LA LOI SUR L'EAU | ON NOUS ECRIT | VICTOIRES | ARCHIVES

Mentions légales
Pour une recherche d'articles par thèmes, cliquez sur le mot de votre choix !
actions juridiques adhésion affaires troubles afrique agriculture algues bleues algérie angleterre anti-gaspillage argentine asie assainissement assainissement non collectif associations associations en lutte australie banque mondiale barrage barrages ben s'mim bolivie bordeaux bretagne brésil canada castres cge chili chine coca cola cognac colloque colloque 2006 colloques 2006 compteurs condamnation contentieux contrats contrats en contentieux corruption corse cyanobactéries danasi dessalement droits de l'eau eau embouteillée eau potable edf enel film financements de projets france-libertés fuites fusion gabon gestion alternative grenelle de l'environnement guerre de l'eau inde indonésie investissement islande israel japon l'europe de l'eau las vegas les antilles lille lobby lobbying loi oudin santini loi sur l'eau luttes lyon maladies mali manifestations marché de l'eau maroc mauvais rendement messier mexico 2006 mexique mortalité médicaments neufchateau niger nitrates nucléaire observatoire parisien paris pascua lama pauvreté pauvretés perou pollution pollution de l'eau pollution de l'eau potable pollution des nappes pollution eau potable pollution minière pollutions pollutions agricoles pollutions de l'eau pollutions des nappes pollutions des rivières pollutions industrielles portraits ppp privatisation prix de l'eau proglio pérou pétition que choisir? que choisir? loi sur l'eau quebec quimper radio radioactivité rechauffement climatique remunicipalisation renégociation russie réchauffement climatique réunions publiques santini saur sedif services publics à vendre solutions suez suisse sécheresse tentatives remunicipalisation toulouse touly unesco université de l'eau uruguay usa varages veolia veolia orient, l'affaire vietnam vivendi véolia zimbabwe écocide émirats