En effet, les systèmes publics ont été rendus défaillants à cause du manque d’aide internationale, de la corruption, etc. Du coup, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont choisi d’accorder des prêts pour mettre en place des réseaux de distribution avec l’obligation d’augmenter le prix de l’eau et de privatiser la gestion. Au début, la stratégie des multinationales a consisté à s’adresser à des pays peu solvables. Le système n’a pas fonctionné dès le départ car ces sociétés – mais surtout leurs actionnaires – souhaitaient un retour sur investissement rapide. Comme les contrats d’affermage portent souvent sur des décennies et rendent ces sociétés gestionnaires mais pas propriétaires des réseaux, il suffit, pour dégager rapidement des bénéfices, d’investir et d’entretenir a minima, de ne pas faire d’efforts d’assainissement tout en augmentant les tarifs. Les situations d’instabilité comme la crise économique argentine ont aggravé la désorganisation.