Le Figaro
Imposer une gestion à échelle mondiale de la ressource en eau
Depuis 2009, la création d’une Haute Autorité Mondiale de l’Eau est fortement plébiscitée par de nombreuses associations. Idéalement, elle serait développée sous l’égide d’un organe diplomatique reconnu de type Nations Unis, afin que soient initiées des actions concrètes pour :
-la reconnaissance du droit à l’eau potable pour tous,
-le partage équitable de la ressource en eau afin d'éviter les conflits,
-le règlement des litiges entre états liés à l'eau,
-les financements d'infrastructures permettant l'accès à l'eau potable pour les pays du Sud,
-la lutte contre les pollutions d'origines diverses etc.
Les problématiques ne manquent pas !
Réunir les acteurs en faveur de la cause de l’eau
Bien que la cause de l’eau soit soutenue par de nombreuses associations, seule une Haute Autorité Mondiale de l’Eau pourra sensibiliser uniformément les gouvernements et l’opinion publique. Contrairement à aujourd’hui, grâce à une Haute Autorité de l’Eau, l'ensemble des acteurs serait représenté : collectivités, États, usagers, entreprises publiques et privées.
Qu’est devenue la décennie de l’eau ?
Il a y plus de trente ans, les premiers experts tiraient la sonnette d’alarme à l’occasion de la Conférence Internationale sur l’eau, organisée par les Nations Unies à Mar del Plata en Argentine. Soutenue par les 150 pays représentés à la Conférence, la décennie de l’eau (1980-1990) a été décrétée, avec tout l’espoir qu’elle suscita pour les défenseurs de la cause de l’eau.
Puis de nouveau en 1992, à Dublin et à Rio de Janeiro, des discussions sont entamées pour que soit crée un Conseil Mondial de l’Eau et que d’autres mesures soient prises. Même chose à Marrakech en 1997, à La Haye en 2000, Kyoto en 2003 ou encore Istanbul en 2009.
Mais aujourd'hui et malgré toutes les belles déclarations entendues depuis 30 ans, 80% des maladies présentes dans les pays en développement sont liées au problème de l’eau. Ce qui cause chaque année des millions de morts. À titre d’exemple, 5000 enfants meurent chaque jour de maladies diarrhéiques provoquées par l’insalubrité de l’eau.
Au total, plus d'un milliard d'êtres vivants n'ont pas accès à l'eau potable et plus de 2,5 milliards à l'assainissement.
Une thématique absente lors du sommet de Copenhague en décembre
Je déplore que l'urgence de ce problème vital n'ait pas figuré à l'agenda du hautement médiatisé Sommet de Copenhague en décembre dernier. Pourtant le réchauffement climatique a une influence extrême sur le niveau de la mer et sur les nappes phréatiques souvent déjà polluées.
Il est urgent que la communauté internationale se saisisse de cette problématique afin que l'eau ne devienne pas l'or bleu ou le pétrole du 21ème siècle. Seule une véritable gouvernance mondiale de l'eau, doublée d'une volonté politique internationale, règlera l'accès à l'eau potable pour tous.