Période charnière pour l’avenir de l’eau
Les associations et la commune de Tulle réfléchissent déjà à un nouveau mode de gestion de l’eau à Tulle, de manière à ne pas répéter les erreurs du passé, qui coûtent aujourd’hui cher à la population.
Il y a quelques jours, de nombreux habitants tullistes étaient privés d’eau en raison de la rupture des canalisations due au dégel. Cela aurait pu être évité avec une meilleure gestion.
Corrèze Environnement recevait lundi, Jean-Luc Touly, Porte-parole de l’ACME (association pour le contrat mondial de l’eau France) pour faire le point avec les élus et les techniciens d’eau sur les nombreuses défaillances de la cité tulliste en termes de distribution d’eau, de gouvernance et de logique financière. Jean-Luc Touly a dressé la gestion catastrophique de Veolia depuis une vingtaine d’années grâce aux documents fournis par la ville :
- « Comment se fait-il que le taux de fuite soit de 37.5 % ? C’est le taux d’un pays du sud. Des milliers de mètres cubes d’eau potable sont facturés et terminent dans la nature. »
Autre point qui interpelle le spécialiste, également responsable du secteur eau à la Fondation Danielle Mitterrand France Libertés, :
- " le prix du mètre cube est très élevé. Il est à 4,75 euros alors que la moyenne nationale publique et privée est de 3, 40 euros. C’est dément ! »
« Tulle est sur le podium des villes au plus fort taux de réseaux de canalisations non renouvelées » d’après Jean-Luc Touly. Sans oublier l’équipement archaïque :
- « le réseau des canalisations a une durée de vie entre 80 et 100 ans, quels que soient les matériaux. À Tulle, c’est bien plus. La commune est sur le podium des villes au plus fort taux de réseaux de canalisations non renouvelées. »i
La municipalité subit cette situation, les pieds et les mains liés par un contrat douteux qui court depuis près de 30 ans avec Veolia. En 1979 un premier contrat a été signé pour 20 ans. Il a été renouvelé en 1999 dans des circonstances qui interrogent Jean-Luc Touly. Il aurait dû se terminer en 2018. Une jurisprudence a avancé la décision à 2014. Un travail doit être opéré dès maintenant pour éviter de commettre les mêmes erreurs, souligne Cathy Mazerm, permanente de Corrèze Environnement » :
i[- « Les élus ne maîtrisent pas ce qui a été signé il y a 30 ans. Même eux voudraient faire quelque chose mais ils ne peuvent pas. Il faut donc réfléchir au prochain mode de gestion. »
Jean-Luc Touly donne la démarche à adopter :
-« Il faut contacter dès maintenant un cabinet d’audit indépendant pour faire le bilan de la gestion de Veolia. Après, une deuxième partie consiste à faire un choix du mode de gestion et de dire : « aidez-moi pour le choix de gestion : régie publique ou privée. » En somme, servons-nous du bilan pour nous projeter vers l’avenir. Il faut les meilleurs résultats possibles en termes de qualité, de prix, de fuite…. »
Du travail est à réaliser. Mais la volonté est là, impressionnant même Jean-Luc Touly :
- « je n’ai jamais été accueilli comme cela. La journée est exemplaire avec le passage au lycée et le point avec les élus, ce qui est extrêmement rare. »
Maintenant, la commission extramunicipale « Politiques durables et équitables » se charge de faire avancer les choses. Celle-ci rassemble des élus, des associations de quartiers, de l’environnement, de pêcheurs, de canoë-kayak. En somme, ce qui touche à l’eau. Un signe de plus vers l’avancée car selon Jean-Luc Touly : « Il n’y a pas beaucoup de communes qui font cela. »
Il y a quelques jours, de nombreux habitants tullistes étaient privés d’eau en raison de la rupture des canalisations due au dégel. Cela aurait pu être évité avec une meilleure gestion.
Corrèze Environnement recevait lundi, Jean-Luc Touly, Porte-parole de l’ACME (association pour le contrat mondial de l’eau France) pour faire le point avec les élus et les techniciens d’eau sur les nombreuses défaillances de la cité tulliste en termes de distribution d’eau, de gouvernance et de logique financière. Jean-Luc Touly a dressé la gestion catastrophique de Veolia depuis une vingtaine d’années grâce aux documents fournis par la ville :
- « Comment se fait-il que le taux de fuite soit de 37.5 % ? C’est le taux d’un pays du sud. Des milliers de mètres cubes d’eau potable sont facturés et terminent dans la nature. »
Autre point qui interpelle le spécialiste, également responsable du secteur eau à la Fondation Danielle Mitterrand France Libertés, :
- " le prix du mètre cube est très élevé. Il est à 4,75 euros alors que la moyenne nationale publique et privée est de 3, 40 euros. C’est dément ! »
« Tulle est sur le podium des villes au plus fort taux de réseaux de canalisations non renouvelées » d’après Jean-Luc Touly. Sans oublier l’équipement archaïque :
- « le réseau des canalisations a une durée de vie entre 80 et 100 ans, quels que soient les matériaux. À Tulle, c’est bien plus. La commune est sur le podium des villes au plus fort taux de réseaux de canalisations non renouvelées. »i
La municipalité subit cette situation, les pieds et les mains liés par un contrat douteux qui court depuis près de 30 ans avec Veolia. En 1979 un premier contrat a été signé pour 20 ans. Il a été renouvelé en 1999 dans des circonstances qui interrogent Jean-Luc Touly. Il aurait dû se terminer en 2018. Une jurisprudence a avancé la décision à 2014. Un travail doit être opéré dès maintenant pour éviter de commettre les mêmes erreurs, souligne Cathy Mazerm, permanente de Corrèze Environnement » :
i[- « Les élus ne maîtrisent pas ce qui a été signé il y a 30 ans. Même eux voudraient faire quelque chose mais ils ne peuvent pas. Il faut donc réfléchir au prochain mode de gestion. »
Jean-Luc Touly donne la démarche à adopter :
-« Il faut contacter dès maintenant un cabinet d’audit indépendant pour faire le bilan de la gestion de Veolia. Après, une deuxième partie consiste à faire un choix du mode de gestion et de dire : « aidez-moi pour le choix de gestion : régie publique ou privée. » En somme, servons-nous du bilan pour nous projeter vers l’avenir. Il faut les meilleurs résultats possibles en termes de qualité, de prix, de fuite…. »
Du travail est à réaliser. Mais la volonté est là, impressionnant même Jean-Luc Touly :
- « je n’ai jamais été accueilli comme cela. La journée est exemplaire avec le passage au lycée et le point avec les élus, ce qui est extrêmement rare. »
Maintenant, la commission extramunicipale « Politiques durables et équitables » se charge de faire avancer les choses. Celle-ci rassemble des élus, des associations de quartiers, de l’environnement, de pêcheurs, de canoë-kayak. En somme, ce qui touche à l’eau. Un signe de plus vers l’avancée car selon Jean-Luc Touly : « Il n’y a pas beaucoup de communes qui font cela. »
Un cours alternatif nécessaire. Certaines questions, notamment sociales, sont abandonnées des programmes scolaires. D’où l’importance de ce type de cours
Lundi, Jean-Luc Touly a profité de son passage sur Tulle pour donner un cours sur l’eau auprès de deux classes de terminales ES et S. Le porte-parole de L’ACME a réalisé un historique de la gestion de l’eau et évoqué ses politiques actuelles structurelles. Un cours d’une grande richesse pour le professeur des SES à l’initiative de la rencontre, Jean-Paul Blavignac : « cela rentre dans les politiques publiques structurelles de Terminale, Comment on lutte, comment faire en sorte que les services puissent être mis en place à un coût abordable pour les citoyens. Comment on gère les relations économiques entre le privé et le public, comment nous pouvons avoir une sorte de contre-pouvoir. C’est une formation de citoyen ! » Une intervention d’autant plus importante que, depuis plusieurs années, certains points essentiels du programme de SES et d’histoire-géographie ont disparu selon Jean-Paul Blavignac : " Nos programmes d’aujourd’hui en économie et social, vont nous contraindre à aborder moins ces sujets essentiels. On imagine que c’est par rapport au contexte et à la politique actuels. Il ne faut plus trop faire réfléchir les citoyens. Et puis, on nous a repérés comme ceux à abattre. » Heureusement, la résistance s’opère. Un nouveau cours est prévu pour novembre sur les enjeux géopolitiques de l’eau.
PW L'ECHO DE TULLE
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