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Christian Pontarrasse. Le maire de Mugron, président du Syndicat intercommunal d'adduction d'eau potable a choisi la SOGEDO
Pouillon hier, Mugron aujourd'hui : le marché de l'eau et de l'assainissement dans les Landes est décidément une source inépuisable de conflits entre prestataires publics et privés.
Hier, le tribunal administratif de Pau a débouté le SYDEC (Syndicat départemental d'électricité et d'eau des communes) dans l'affaire qui oppose l'entreprise publique au Syndicat intercommunal d'adduction d'eau potable de Mugron, présidé par Christian Pontarrasse, le maire de Mugron. Une affaire complexe au plan juridique et hautement symbolique dès lors qu'elle se noue dans le fief politique du président du Conseil général, Henri Emmanuelli.
Négociation.
De quoi s'agit-il ? Au départ, d'une procédure on ne peut plus classique. Son contrat d'affermage avec la SOGEDO arrivant à échéance en juillet 2005, le Syndicat intercommunal de Mugron lance, en octobre 2004, un appel d'offre pour la gestion de l'eau potable dans les dix-huit communes adhérentes (1). Sept entreprises sont admises à présenter une offre. Au mois de mai, trois s'exécutent : la SOGEDO, la Lyonnaise des Eaux et le SYDEC.
Comme le prévoit la procédure, démarre alors une phase de négociation, à l'issue de laquelle Christian Pontarrasse propose à son conseil syndical de reconduire le contrat avec la SOGEDO. Le maire de Mugron reconnaît devant les délégués que l'offre du SYDEC est la moins disante. En clair, que les tarifs qu'elle propose sont les plus bas. Mais M. Pontarrasse ajoute que l'offre du SYDEC étant arrivée hors délai, il n'a pas été en mesure de l'examiner.
Dans ces conditions, les délégués suivent à une forte majorité leur président. En fait, une seule commune refuse de se prononcer pour la SOGEDO : Saint-Aubin, dont le maire, Stéphane Delpeyrat, mène de longue date, aux côtés d'Henri Emmanuelli, le combat en faveur d'une gestion publique de l'eau et de l'assainissement.
Le combat d'Emmanuelli.
Le président du Conseil général a fait de ce dossier un cheval de bataille. Allant même jusqu'à appliquer un régime de subvention plus favorable aux collectivités qui choisissent le mode de gestion publique. Pour Henri Emmanuelli, les chiffres parlent d'eux-mêmes : le prix moyen du mètre cube dans les services affermés est bien supérieur à celui des services en régie. Le député socialiste en déduit que les grandes entreprises font de la rentabilité sur le dos des usagers.
Dans l'affaire de Mugron, le SYDEC, qui conteste l'envoi hors délai de sa proposition, a introduit un référé en justice en s'appuyant aussi sur un manque de transparence lors de la procédure d'appel d'offre. Selon le Syndicat départemental, Christian Pontarrasse n'aurait pas précisé le choix des critères permettant de définir le caractère mieux-disant de l'offre. Un argument rejeté hier par le tribunal administratif.
Pour Henri Emmanuelli, qui n'a pas souhaité s'exprimer sur cette affaire (comme d'ailleurs Christian Pontarrasse), la pilule est probablement dure à avaler. Hier, Alain Siberchicot, président du SYDEC, après avoir « pris acte de la décision du tribunal administratif », a confirmé que le Syndicat départemental avait décidé de faire appel devant la cour de cassation. L'affaire ne fait que commencer.
(1) Il s'agit des communes de Audon, Cassen, Goos, Gouts, Laurède, Louer, Lourquen, Mugron, Nerbis, Onard, Poyanne, Préchacq, Saint-Aubin, Saint-Geours-d'Auribat, Saint-Jean-de-Lier, Souprosse, Toulouzette et Vicq-d'Auribat.
Lionel Niedzwiecki ]url:http://www.sudouest.com/201005/reg_landes.asp?Article=201005a28376.xml