jeudi 6 octobre 2005
Reconquérir la qualité de l'eau, prévenir les inondations, préserver les zones humides. C'est le défi du Sage Blavet (1), validé, hier à Cléguérec. C'est promis, les eaux du deuxième bassin versant de Bretagne seront (presque) propres en 2015.
« Ce Sage est un formidable outil pour la reconquête de l'eau. Il s'inscrit dans le cadre de la directive européenne qui imposera un bon état écologique des cours d'eau en 2015 », rappelle Jean-Pierre Bageot, maire d'Inzinzac-Lochrist et président du Sage-Blavet. L'ultime mouture a été approuvée par la quasi-totalité des 43 membres de la commission locale de l'eau réunis à Cléguérec. « Seuls les deux représentants des chambres d'agriculture du Morbihan et des Côtes d'Armor ont voté contre, indique le président.
Pourquoi ce vote négatif des paysans ? « Parce que le Sage ne prend pas en compte dans son diagnostic tous les efforts que nous faisons depuis dix ans pour améliorer nos pratiques, répond Marie-José Petit, élue FDSEA à la chambre. Nous craignons également un risque de sur-réglementation sur la définition des cours d'eau et des zones humides. »
Réponse de Jean-Pierre Bageot. « Nous travaillerons avec tous les acteurs de terrain. Nous avons, par exemple, mis au point un guide de recensement des cours d'eau qui implique à la fois, les élus, les pêcheurs, les chasseurs, les agriculteurs et les associations. »
109 communes
Le Sage deviendra opérationnel d'ici un an après l'ultime feu vert de la préfecture. Il imposera la règle de l'usage de l'eau dans les deux millions de km2 du bassin versant et les 109 communes à cheval sur les Côtes d'Armor et le Morbihan. « Dans certains secteurs comme l'Ével, il faudra une action forte car la bataille de l'eau est loin d'être gagnée, rappelle Jean-Pierre Bageot. Nous savons que nous n'arriverons pas à atteindre partout les objectifs fixés par l'Europe en 2015 mais il faudra argumenter. »
Eau et Rivières ne cache pas ses doutes sur l'efficacité du Sage. « On pense que le tiers de la masse d'eau ne respectera pas les critères de Bruxelles, indique Ronan Caignec, permanent de l'association. Même si la démarche est intéressante, dans la mesure où elle met autour de la même table tous les acteurs de la rivière, nous pensons qu'elle manque d'ambition. » Eeau et Rivière n'y voit « que du curatif par rapport à l'agriculture intensive alors que nous souhaiterions une véritable réorientation vers l'agriculture durable et biologique. »
Jean-Paul LOUÉDOC.