Le droit à l’eau n’intéresse pas la communauté internationale !
Communiqué de Presse
Les Amis de la Terre
Association 4D
Paris, le 27 avril 2005
Plus d’un milliard d’individus dans le monde n’ont toujours pas d’accès à l’eau en 2005. Pourtant, les gouvernements réunis à la 13ème Commission du Développement Durable (CDD) à New York du 11 au 22 avril dernier ne sont toujours pas décidés à reconnaître le droit à l’eau. Les négociations laborieuses se sont enchaînées, pour finalement laisser place à un texte mou qui pourrait malgré tout faire avancer les choses s’il était accompagné d’une réelle volonté politique d’agir. Les Amis de la Terre et l’association 4D demandent que ce droit à l’eau soit réaffirmé, et que les gouvernements favorisent sa mise en œuvre.
C’est dans un climat de désordre et de confusion que cette 13ème CDD s’est déroulée : débats longs et parfois stériles, manque d'organisation au sein des délégations officielles, difficultés à tendre vers une position commune, mais surtout, manque de compréhension des problématiques traitées… Le droit d’accès à l’eau a fait les frais de cette désorganisation et de l’absence de cohésion et de coordination entre les différents acteurs de cette rencontre internationale, qui avait pour thème « l’eau, l’assainissement et les établissements humains ».
L’accès à l’eau en tant que droit avait été intégré dans le texte initial de 5 pages proposé par John Ashe, président de la CDD. Les ONG, d'autres Groupes Majeurs et plusieurs États-membres, qui s'en étaient réjouis, étaient bien décidés à le maintenir au sein du texte. Mais les choses n'ont pas été aussi simples. Selon Emmanuel Prinet de l’association 4D, « l’approche en terme de droit a vraisemblablement gêné ! Assimilée à tort à la gratuité de l'accès à l'eau potable pour les populations les plus démunies par de nombreux Etats-membres, ou vécue comme un engagement trop contraignant par d'autres (USA ; certains membres du G77), elle a révélé le manque de volonté politique qui continue de miner les questions d’accès à l’eau ».
Au fil des négociations, le droit à l’eau a été alternativement approuvé puis contesté, intégré puis retiré du texte, pour être finalement écarté dans sa version finale adoptée dans la nuit du 22 avril. Les efforts déployés par les nombreuses ONG pour clarifier les choses et mobiliser les délégations officielles n'ont pas suffi. Les ONG sont aujourd’hui consternées face à la démission des États. Plutôt que d'aller de l'avant, elles ont l'impression d'une dégradation progressive depuis le Sommet de la Terre de Rio en 1992.
Pourtant, un collectif d’ONG françaises s’est constitué avant la CDD afin d’interpeller les Etats-membres de l’ONU sur le droit d’accès à l’eau en demandant que « les législations nationales définissent un droit d’accès à l’eau pour tous, en conformité avec les engagements pris par les Etats au plan international ». Par ailleurs, le droit à l'eau n'est ni une approche nouvelle ni une trouvaille des ONG ! « Le droit à l'eau garantit à chaque être humain de disposer pour son usage personnel et domestique d'une eau abordable, en quantité suffisante, de qualité acceptable et à laquelle il peut facilement accéder ». C’est dans ces termes qu’en 2002, l'eau est explicitement reconnue comme un droit fondamental. 145 pays ont ratifié le Pacte relatif aux droits économiques et culturels, et sont donc tenus de faire en sorte que l'ensemble de leurs populations aient progressivement un accès équitable, sans discrimination, à l’eau potable.
Malgré un bilan décevant en terme de droit à l'eau, le texte négocié à la treizième CDD laisse entrevoir des points positifs, cohérents avec les revendications des ONG françaises. Il met notamment l'accent sur :
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la nécessité d'augmenter de façon significative les aides publiques au développement ;
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la nécessité en accompagnement des projets de mettre l'accent sur la gouvernance, l'éducation et la formation professionnelle ;
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la nécessité d'impliquer tous les acteurs, en particulier les femmes et les jeunes, dans la gestion des services d’eau.
Contact Relations Presse
Majda Bouchanine – - 01 48 51 18 95
Sophie Tolachides - Association 4D - stolachides@association4d.org - Tél - 01 44 64 74 94
Alors que l’on prétend que la privatisation des services de l’eau serait inévitable et favoriserait l’accès à l’eau, nous voulons rappeler à l’occasion de la journée mondiale de l’eau que les privatisations de l’eau se soldent par des fiascos et affectent les plus pauvres.
A New Delhi, aux Philippines, en Uruguay, au Pérou, aux Pays-Bas, en Argentine, en Italie, en Bolivie, au Chili, au Brésil : les populations refusent la capitulation au privé, elles en ont fait l’expérience et, en refusant que cela continue, elles disent oui à la vie.
Nous sommes solidaires de ces luttes menées partout dans le monde et les saluons depuis la France en leur disant : tenez bon !
Il y a dans le monde, encore aujourd’hui, plus de 1 milliard et quatre cent millions de personnes qui n’ont pas d’accès à l’eau potable et 2,4 milliards qui n’ont pas d’accès aux services sanitaires, avec, pour conséquence, que 30 mille être humains meurent chaque jour de maladies dues à l’absence d’eau saine ou de moyens d’hygiène adéquats. Pourtant, les Nations Unies avaient promu en 1980 « La Décennie de l’Eau et de l’Assainissement » (1981-91) avec l’objectif de garantir l’accès à l’eau pour tous en l’an 2000 !
Nous appelons les citoyens à prendre leurs responsabilités en matière de défense du droit universel à l’eau.
Nous appelons à multiplier les actions d’opposition aux programmes nationaux et internationaux qui donnent comme inévitables qu’en l’an 2015 il y ait encore des centaines de millions de personnes sans accès à l’eau potable et aux services sanitaires. Une perspective inacceptable.
Il est indigne de parler d'objectifs orientés vers le bien-être de la population alors qu’un droit humain fondamental est convertit en marchandise privée dont l’accès est conditionné par le fait d’avoir suffisamment d’argent pour payer.
Nous appelons les citoyens à renverser la nouvelle vague de privatisations qui se profile, visant à mercantiliser partout dans le monde ce sans quoi il n’y a pas de vie possible. L’Organisation mondiale du Commerce et l’Union Européenne oeuvrent de plus pour que de tels processus soient irréversibles. La constitution européenne telle qu’elle est écrite viendrait l’entériner.
L'accès à l'eau potable pour tous représente un financement égal à 1% du budget militaire mondial pendant 15 ans.
Stopper l’expansion des multinationales françaises de l’eau parties à l’assaut du monde c’est possible en reprenant en régie directe en France le service public de l’eau.
L’obstacle principal ne réside pas dans l’absence ou dans l’inadéquation des ressources financières, des compétences, des technologies. Celles-ci existent. Ce qui manque c’est la volonté politique et les choix politiques et économiques correspondants.
Alors chiche !
Restez optimiste : de plus en plus de gens s'y intéressent !
Venez temoigner sur notre site :
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Le site de la consommation d'eau responsable et durable
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