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FAME 2005

CONCLUSIONS DU FAME 2005

Déclaration finale du 19 mars 2005



CONCLUSIONS DU FAME 2005

Pour la mise en œuvre du droit à l’eau en tant que droit humain - Une plate-forme pour organiser la mobilisation
L’eau, chose publique
L’eau, bien public, financement public - Un statut pour l’eau au niveau mondial, enjeu politique et juridique de long terme
Pour une gestion démocratique de l’eau à tous les niveaux, du local au global

* Les versions amendées et définitives des quatre Documents de travail sont en cours d’édition

1. DÉCLARATION FINALE
Parce que nous croyons à la force de l’action commune, nous, participants et participantes au deuxième Forum alternatif mondial de l’eau, réaffirmons notre solidarité avec tous ceux et celles qui sur nos différents continents souffrent des conséquences des problèmes dont nous avons débattu pendant trois jours.

Chaque atelier a travaillé à définir des moyens d’action pour atteindre les objectifs sur lesquels un consensus s’était dégagé lors du premier Forum alternatif mondial de l’eau en 2003 à Florence, à savoir :


le droit à l’eau en tant que droit humain,
le statut de l’eau en tant que bien commun,
le financement collectif de l’accès à l’eau,
la gestion démocratique de l’eau à tous les niveaux.

Ces propositions, que nous retrouverons dans les documents de travail de chaque atelier, sont diversifiées comme l’est notre monde. Elles sont des outils que nous partageons et non un programme contraignant.

Il s’est également dégagé de tous les ateliers, de manière transversale, une priorité très claire. Il faut exclure l’eau de la sphère du commerce et des règles du marché, particulièrement :


des accords de commerce multilatéraux ou bilatéraux
des institutions financières internationales.

Il nous faut donc exiger un statut pour l’eau au plan mondial qui permettra :


de prendre en compte la globalité du cycle de l’eau
d’en empêcher l’appropriation par qui que ce soit
d’en garantir la responsabilité collective
d’assurer sa gestion et son contrôle par une autorité publique fondée sur un pouvoir politique légitime, soumis aux règles de la démocratie.

Pour cela nous devrons le définir et former, informer et sensibiliser les citoyens et citoyennes sur l’importance de ce statut qui nous permettra de développer largement une coopération solidaire publique-publique.

Il nous apparaît indispensable que le comité organisateur de FAME 2005, que nous remercions chaleureusement de son immense travail, assure les relais nécessaires pour qu’un suivi adéquat donne toute sa dimension et toute sa portée au travail collectif qui nous attend.

Genève, le 19 mars 2005

2. RÉSOLUTION ADOPTÉE LORS DE LA SÉANCE DE CLÔTURE
présentée par l’atelier des femmes
Bien que les femmes aient la responsabilité fondamentale de la distribution de l’eau, et dans le Sud, portent sur leurs épaules la charge quotidienne d’approvisionnement de leur communauté, elles sont les dernières à pouvoir gérer et décider sur l’eau.

FAME 2005 dénonce cette situation et rappelle que leur participation est prioritaire et inaliénable à tous les niveaux de décision, pour que l’eau soit reconnue comme un droit humain, bien commun, public et géré démocratiquement.

Genève, le 19 mars 2005

3. RÉSOLUTION ADOPTÉE LORS DE LA SÉANCE DE CLÔTURE
présentée par l’organisation Collectif de Bolivie
L’assemblée réunie des participants au FAME 2005 exprime son soutien en vue de la mise en place d’un tribunal pour juger les comportements condamnables des entreprises privées visant à s’approprier l’eau, considérée comme bien public.

L’assemblée dénonce notamment le comportement des entreprises suivantes : Suez-Ondéo, Véolia, Nestlé, Abengoa, et Bechtel.

Genève, le 19 mars 2005

4. RÉSOLUTION ADOPTÉE LORS DE LA SÉANCE DE CLÔTURE
présentée par l’organisation Coordinadora del Agua y de la Vida
FAME 2005 condamne l’attitude de certaines agences de coopération telles que la GTZ (Allemagne) qui promeuvent et font pression sur les gouvernements des pays en voie de développement afin qu’ils adoptent des modes privés de la gestion de l’eau.

Genève, le 19 mars 2005

5. CONTRIBUTION PERSONNELLE DE RICCARDO PETRELLA,
Président du Comité d’organisation international du FAME 2005
Parce que nous croyons à la force de l’action commune, nous, participants au deuxième Forum Alternatif Mondial de l’Eau, réaffirmons notre solidarité avec tous ceux et celles qui sur nos différents continents souffrent des conséquences des problèmes dont nous avons débattu pendant trois jours.

Chaque atelier a travaillé à définir des moyens d’action pour atteindre les objectifs sur lesquels un consensus s’était dégagé lors du premier Forum alternatif mondial de l’eau en 2003 à Florence, à savoir :

Les objectifs fixés par FAME 2003 à Florence :


  • La reconnaissance formelle du droit à l’eau en tant que droit humain universel dans les statuts des collectivités locales, dans les constitutions des États, dans les conventions internationales sur les droits humains, sociaux, économiques et culturels ;

  • La reconnaissance de l’eau en tant que bien commun public mondial, patrimoine de l’humanité, échappant à toute forme de marchandisation et dont la gestion doit être assurée par des règles et des institutions de nature publique excluant toute privatisation ;

  • L’urgence d’une ingénierie financière fondée sur le principe du financement public des coûts liés à la concrétisation de l’accès à l’eau pour tous avant 2020 ;

  • La promotion, à partir de l’eau, de formes avancées de démocratie participée au plan local, régional et national et de démocratie effective au plan international et mondial, moyens fondamentaux pour prévenir les guerres de l’eau et garantir la sécurité d’existence à tout le monde dans la paix ;


    Face à ces objectifs, les ateliers du Forum ainsi que les travaux du Forum des "Parlementaires unis pour l’eau » axés tous sur la présentation et la discussion de propositions pratiques destinées à concrétiser la réalisation des 4 grands objectifs, ont permis de dégager, parmi tant d’autres, les pistes d’action suivantes :

    Les propositions de FAME 2005 : les alternatives.
  • 1. À la gestion technocratique actuelle de l’eau affirmant qu’il n’est pas possible de garantir l’accès à l’eau à tout le monde avant 2020 nous proposons que les citoyens prennent leurs responsabilités en matière de défense pour le droit universel à l’eau. Nous devons multiplier les actions d’opposition aux programmes nationaux et internationaux qui donnent comme inévitables qu’en l’an 2015 il y ait encore de multiples personnes sans accès à l’eau saine et aux services sanitaires. Les ateliers No 1 et 3 ont démontré que le non accès à l’eau n’est pas dû à un manque de ressource financière mais principalement au mode de production et de consommation actuel qui rend l’eau de plus en plus rare et chère. L’expérience montre également qu’on peut garantir l’eau à tous avec moins d’argent et moins de gaspillage. A l’inévitabilité de la destruction des ressources en eau douce de la planète qui, selon les dominants, serait résolue par la désalinisation de l’eau de mer, FAME 2005 propose de donner priorité aux actions qui visent :
  • la réduction de 40% des pertes d’eau dues à l’irrigation par pulvérisation ;
  • la réduction à 8-10% des pertes d’eau du réseau de distribution ;
  • la promotion des savoirs et des pratiques traditionnelles locales de gouvernement de l’eau par une agriculture destinée à l’alimentation et par le partage dans la solidarité ;
  • 2. Aux tendances de marchandisation de l’eau de plus en plus forte à travers le monde, nous proposons de continuer et de renforcer les luttes contre toutes appropriations marchandes et privées de l’eau. Des victoires importantes en ce sens ont été obtenues récemment : à New Delhi, en Uruguay, aux Pays-Bas, en Argentine, en Italie, en Bolivie. L’appropriation marchande et privée de l’eau déshumanise la vie. Elle déshumanise l’humanité, elle privatise le politique. Il faut empêcher que les services d’eau - et les services publics en général - restent l’objet des négociations AGCS. Il faut multiplier les villes se déclarant non AGCS. Il faut également interdire que la Banque mondiale mette la libéralisation /privatisation de l’eau comme condition d’octroi des prêts.
  • 3. Aux prétentions des dominants qui poussent pour imposer le financement privé, pourtant illusoire, des besoins en eau en terme d’infrastructure de service, nous proposons la promotion d’un système de financement public fondé sur une série de mesures dont les éléments de force sont :
  • Une fiscalité mondiale nouvelle (un droit mondial, un bien commun mondial, un financement mondial) ;
  • Une fiscalité générale spécifique transparente et ciblée ;
  • Une tarification à plusieurs paliers garantissant à tous la gratuité (à savoir la prise en charge par la collectivité des coûts correspondants) de l’accès à 50 litres d’eau potable et saine ;
  • La promotion de nouveaux instruments financiers coopératifs (caisses d’épargne, banques coopératives, etc.) ;
  • La création d’un fonds coopératif mondial de l’eau ;
  • 4. Aux annonces de l’inexorabilité des « guerres de l’eau », conflits même armés entre États, sur des usages concurrents alternatifs, nous proposons une série d’initiatives destinées à promouvoir un gouvernement public, coopératif et solidaire de l’eau au niveau des grands bassins internationaux et à l’échelle mondiale, notamment par la création d’une autorité mondiale de l’eau chargée de prévenir et de résoudre les conflits.
  • 5. Au mépris manifesté par les dominants, au-delà de leur rhétorique de langage, aux mécanismes de la démocratie représentative et participée et à leur préférence aux mécanismes de marché, nous proposons :


    La mise en place de formes de participation directe des citoyens au gouvernement de l’eau (Conseil des citoyens, initiatives législatives d’origine populaires, etc.) ;
    le renforcement des réseaux de coopération entre institutions démocratiques représentatives et les mouvements des citoyens, les syndicats et d’autres groupements engagés dans la promotion et la défense du droit universel à l’eau et de l’eau patrimoine de l’humanité ;
    l’intensification des programmes de coopération publics-publics dont la lutte pour la libération des 18 millions de fillettes empêchées de fréquenter l’école parce qu’obligées d’aller prendre l’eau à 5-10 km de distance par jour constitue l’une des actions symboliques concrètes les plus urgentes.

    Genève, le 19 mars 2005
  • 6. DÉCLARATION FINALE DES ÉLU-E-S ET DES PARLEMENTAIRES UNI-E-S POUR L’EAU
    La première rencontre mondiale d’élu-e-s et de parlementaires uni-e-s pour l’eau a eu lieu à Genève les 18 et 19 mars 2005 dans le cadre du 2ème Forum alternatif mondial de l’eau, FAME 2005. Ce Forum a réuni plus de 1200 personnes dont plus de 150 ONG du monde entier engagées pour la sauvegarde de l’eau en tant que bien public mondial, pour la responsabilisation des citoyens et citoyennes ä l’egard de l’eau, pour la reconnaissance du droit d’accès à l’eau, pour la mise en place d’instruments de financement public de l’eau et pour la gestion publique de ce bien vital.

    Les élu-e-s et parlementaires uni-e-s pour l’eau, provenant de Bosnie-Herzegovine, de Belgique, du Brésil, d’Estonie, de France, de Grande Bretagne, d’Irak, d’Italie, de Lituanie, du Luxembourg, du Mali, de Suisse, du Venezuela, extrêmement préoccupés par les ravages sociaux, économiques et culturels du modèle de globalisation néo-libérale, déclarent l’impérieuse nécessité de résister aux côtés des mouvements sociaux et citoyens, du Nord comme du Sud, à la domination des sociétés transnationales et aux politiques internationales et nationales favorisant les intérêts de celles-ci.

    En notre qualité d’élu-e-s, nous dénonçons la situation de privation d’accès à l’eau potable de 1,5 milliards de personnes sur cette planète. Nous dénonçons le fait que, en raison de l’insalubrité de l’eau qu’ils consomment, près de 2 milliards d’individus sont chaque année touchés par diverses maladies, auxquelles succombent, année après année, plus de deux millions de femmes, d’hommes et d’enfants.

    Cette inégalité et cette injustice sociale ne constituent pas une fatalité. Elles sont le résultat de la globalisation néo-libérale et de l’incurie politique et peuvent être combattues efficacement par des choix et des politiques alternatives.

    Dans ce but, nous nous engageons à participer de manière active à la construction d’un autre monde.

    En tant qu’élu-e-s, nous sommes conscients de nos responsabilités face aux demandes légitimes de la société civile de transformation sociale et démocratique de la société.

    Nous sommes conscients du rôle des parlements locaux et nationaux pour que s’inscrivent dans les Constitutions, les lois, les règlements et autres directives, les droits humains, économiques et sociaux fondamentaux, la défense de ceux-ci et la définition de politiques publiques respectueuses de ces droits.

    Les élu-e-s et les parlementaires réuni-e-s ce jour réaffirment que le droit d’accès à l’eau n’est pas un besoin, mais bien un droit fondamental de l’être humain. Ils déclarent que ce droit doit être concrétisé d’ici 2020 en figurant clairement dans les législations nationales, régionales et internationales et à promouvoir des services publics garantissant ce droit fondamental.

    Ils relèvent les carences des Objectifs de développement du Millénaire de l’ONU. Ceux-ci admettent explicitement qu’une part importante de la population mondiale restera interdite d’accès à l’eau, dès lors qu’ils se limitent à vouloir réduire, et uniquement réduire, le nombre de personnes privées d’accès à l’eau d’ici 2015. Le droit humain universel d’accès à l’eau est ainsi nié.

    Nous rappelons qu’en 1981, lors du lancement de la première décennie mondiale de l’eau, les Etats avaient considéré un délai de quinze ans comme une échéance raisonnable pour que tous les individus de la planète aient accès à l’eau potable. Raisonnable pour autant qu’ils consacrent tous 0,7% de leur RNB à l’aide publique au développement. En ne réaffirmant pas le droit d’accès à l’eau pour chacun dans le cadre de la nouvelle décennie mondiale de l’eau débutant ce 22 mars 2005, les gouvernements laissent accroire à l’inéluctable fatalité de la pérennisation de la raréfaction et de la dégradation des ressources hydriques.

    Or cette raréfaction et cette dégradation de l’eau résultent du mode de production et d’organisation sociale imposée par le modèle néo-libéral dominant. La crise de l’eau n’est donc que le produit de ce système économique.

    En tant qu’élu-e-s conscients de la valeur vitale, sociale, culturelle et spirituelle de l’eau, nous considérons indispensable de concrétiser aux niveaux national et international, comme le demandait déjà le Forum parlementaire mondial 2005 à Porto Alegre, la reconnaissance de l’accès à l’eau comme droit humain universel et l’eau comme bien public mondial.

    Nous dénonçons la dette honteuse qui frappe les pays les plus pauvres et qui prive les autorités locales et nationales des pays du Sud et leurs populations des ressources indispensables au développement social, notamment en matière de santé et d’éducation.

    Nous dénonçons les politiques financières du FMI et de la Banque mondiale qui conditionnent l’octroi de prêts à l’intervention toujours plus importante du secteur privé au détriment des services publics.

    Pour nous, il est aujourd’hui indispensable de stimuler les coopérations publiques entre autorités locales et d’élaborer de nouveaux instruments financiers au niveau local comme au niveau continental et mondial permettant d’assurer le financement public des investissements considérables et de tous les coûts inhérents à l’accès à l’eau pour tous avant 2020.

    Si nous revendiquons, face au pouvoir exécutif, trop souvent omnipotent et peu transparent, de pouvoir remplir pleinement notre rôle d’élu-e-s et d’avoir des parlements qui exercent de manière effective leurs compétences législatives et de contrôle, nous sommes convaincus de la nécessité de favoriser et de renforcer les processus de démocratie participative.

    Cette démocratie participative est indispensable en matière de gestion de l’eau, vu son caractère vital pour chaque individu.

    Au vu de ce qui procède, nous nous engageons concrètement à :


    Mettre en place des actions en faveur de la Déclaration de Rome « L’eau, droit humain universel ».
    Mettre en place un modèle de législation de reconnaissance du droit d’accès à l’eau, pour inscrire le droit humain à l’eau dans le droit national et dans le cadre constitutionnel de chaque pays à différents niveaux.
    Mettre en place des chartes sociales régionales garantissant notamment les services publics d’accès à l’eau.
    Agir sur l’agenda international des Etats et intervenir dans les rendez-vous internationaux pour la reconnaissance du droit d’accès à l’eau.
    Mettre en place au niveau national et international les conditions nécessaires à la réalisation d’un rapport annuel d’évaluation sur les progrès en matière de droit à l’eau et d’assainissement de l’eau.
    Valoriser et diffuser les savoirs et les savoir-faire traditionnels et autochtones et prendre en compte, en particulier, les compétences et expériences des femmes dans la gestion de l’eau.
    Agir pour la promotion et l’introduction, au niveau local et national, de modes de participation effective des citoyens et des citoyennes dans la gestion de l’eau (conseil des citoyens, assemblée de bassins, forum, initiatives législatives populaires, etc.)
    Veiller à l’intégration systématique des problématiques de l’eau dans les études d’impact de projets publics de constructions et d’aménagement du territoire.
    Imposer l’évaluation préalable de l’impact sur le droit à l’eau des projets financés par la Banque Mondiale, le FMI et les banques publiques régionales et rendre publique cette évaluation.
    Agir pour la mise en place d’une fiscalité mondiale, complémentaire aux ressources financières disponibles au niveau des Etats et des collectivités locales pour garantir le financement de l’accès à l’eau pour tous d’ici 2020.
    Favoriser et soutenir le retour en régie ou en gestion directe de la responsabilité de la « gestion » des services hydriques passée ou déléguée au secteur privé.
    Mettre en place un Fonds coopératif mondial destiné à garantir le financement public des services et des investissements assurant l’accès à l’eau pour tous.
    Promouvoir la constitution d’une autorité mondiale de l’eau, indépendante des institutions financières, chargée de la prévention et de la résolution des conflits autour de l’eau.
    Orienter les politiques de coopération des pays du Nord par des partenariats public-public en vue de promouvoir et soutenir les services publics des pays du Sud, tout particulièrement dans le domaine de l’eau.
    Encourager les entreprises publiques de distribution d’eau potable et d’assainissement des eaux usées des pays les plus riches à soutenir, à travers des projets de solidarité internationale, les actions menées en faveur de l’accès à l’eau par les services publics des pays du Sud, sous forme de financement ou de mise à disposition d’expertises.
    Mettre en place des réseaux internationaux d’« élu-e-s uni-e-s pour l’eau » locaux, régionaux et nationaux.
    Promouvoir l’action conjointe en matière d’eau des représentants du Parlement panafricain, du Parlatino, du Parlement européen et d’institutions similaires au niveau de l’Asie, par une rencontre internationale qui devrait se tenir début 2006.
    Soutenir la mise en place d’une Assemblée mondiale pour l’eau réunissant les représentants des mouvements de citoyens et de citoyennes, d’élu-e-s locaux, régionaux et nationaux, des syndicats, des organisations de femmes et autres groupements engagés dans la défense du droit d’accès à l’eau et de l’eau en tant que bien commun.
    Mettre en place une commission représentative de suivi du Forum pour soutenir auprès du FMI et de la Banque mondiale les résolutions de Genève et exiger la fin des projets financiers qui ne considèrent pas l’eau comme un droit humain universel et qui remettent en cause les services publics.

    Adoptée à Genève, le samedi 19 mars 2005

    5. CONCLUSIONS FINALES DE DE L’ASSEMBLÉE DES ASSOCIATIONS
    En présence de 96 organisations des 165 membres associatifs participant au FAME 2005, l’Assemblée des associations, qui s’est réunie ce dimanche 20 mars 2005 à Genève, a pris les conclusions finales suivantes :

    Cadre d’action et résultats des travaux


    réaffirmation des principes fondamentaux de la Déclaration de Florence de 2003 (c.f. www.fame2005.org) sur le droit d’accès à l’eau et le statut de l’eau en tant que bien commun mondial ;
    réaffirmation de la qualité du processus participatif mis en place par le comité d’organisation du FAME 2005 qui a abouti à la validation, après discussion et amendements, des documents de travail de haute qualité élaborés de manière internationale pour la rencontre du FAME 2005 (documents définitifs disponibles ces prochains jours sur www.fame2005.org) ;
    soutien aux populations et mouvements sociaux en lutte pour l’accès à l’eau et la justice sociale (c.f. annexe) et au rôle des femmes tel qu’exprimé par la résolution du 19 mars ;
    confirmation des deux objectifs d’exclusion de l’eau de la sphère du commerce et des règles du marché et d’exigence d’un statut pour l’eau au plan mondial contenu dans la déclaration finale du 19 mars 2005 ci-jointe ;
    agrégation de la contribution politique, de nature prospective, du Président du COI (Comité d’organisation international) du FAME 2005, Monsieur Riccardo Petrella ci-joint ;

    Axes de mobilisation

    Les associations présentes, dans le cadre des conclusions des quatre groupes de travail du FAME 2005, ont rappelé les axes de mobilisations et les campagnes d’action fondamentales et chargé le COI de les formaliser et les prioriser :


    campagne de création et de consolidation des réseaux d’associations et d’élus locaux
    campagne contre l’AGCS (Accord général du commerce des services), contre la privatisation et pour la défense du service public de distribution de l’eau
    campagne contre les multinationales oeuvrant dans le secteur hydrique en y incluant celles commercialisant l’eau en bouteille
    campagne de promotion des actions citoyennes et participatives pour le droit d’accès à l’eau et l’inscription de l’eau comme bien commun mondial (exemples : initiative populaire uruguayenne, initiatives toscanes, etc.)
    campagne de promotion de rapports réguliers des associations relatant les progrès enregistrés dans la conquête du droit à l’eau, et de l’état des luttes sociales, et d’élaboration de rapports internationaux indépendants quant à la mise en œuvre des objectifs de développement des organisations internationales et des gouvernements
    campagne de réflexion et de soutien à la recherche indépendante pour la proposition d’instruments de financement alteréconomiques pour les investissements publics indispensables pour l’accès à l’eau pour tous
    campagne d’évaluation de l’opportunité d’un tribunal mondial pour les crimes liés à l’eau intégrant les expériences déjà en cours, notamment en Amérique latine

    Appui à des actions concrètes immédiates

    Les associations ont exprimé leur appui aux actions citoyennes suivantes :


    participation critique et dénonciatrice à l’assemblée des actionnaires de Suez organisée par l’association américaine Citizen Watch
    présence des forces sociales défendant le droit d’accès à l’eau lors de la rencontre de l’OMC à Genève du mois de mai pour combattre et empêcher toute tentative des représentants des Etats-membres de privatiser l’eau

    Renforcement organisationnel international de la coordination des mouvements sociaux

    Les associations membres lors de l’assemblée de ce jour ont décidé de manière unanime et avec grand enthousiasme la mise en place de structures pour le suivi permanent des forum alternatifs mondiaux de l’eau, des actions concrètes des associations, des avancées dans la conquête du droit universel d’accès à l’eau et la coordination des actions de pression sur les institutions internationales, les gouvernements et les élus nationaux.

    AU NIVEAU INTERNATIONAL :


    création formelle d’un comité international du Forum alternatif mondial de l’eau
    les associations qui veulent en faire partie s’engagent par écrit à soutenir les principes fondamentaux adoptés à Florence et à mettre en œuvre une ou plusieurs des propositions d’actions adoptées à Genève
    chaque association membre doit désigner et faire connaître la personne chargée de la représenter au sein du FAME (délai 1er mai)
    les personnes représentantes d’associations choisiront (avant le 1er juin 2005) un comité comprenant, outre Riccardo Petrella et les présidents (ou un représentant) des FAME de Florence et Genève, 1 ou 2 représentants par région continentale (Afrique du Nord et Proche/Moyen-Orient, Afrique sub-saharienne, Asie, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Europe occidentale, Europe orientale, Océanie, au total 8 régions) dans le respect de l’équilibre de genre
    les compétences du comité qui se réunira au moins une fois par an sont notamment : le suivi des Forums, la politique générale de FAME, la planification des événements, etc.
    le comité désignera les personnes (cinq) qui constitueront le bureau chargé de mettre en œuvre les propositions et décisions du comité
    les moyens financiers seront à trouver au niveau international par des engagements concrets des associations

    SECRÉTARIAT PERMANENT


    création d’un mini secrétariat permanent à Genève, qui profitera de l’expérience de l’organisation du forum
    compétence : centralisation et circulation des informations concernant la mise en œuvre des programmes d’actions de FAME 2005 en collaboration avec le comité international, son bureau et les comités thématiques régionaux, le suivi des calendriers d’événements relatifs aux 4 thématiques eau du Forum, gestion du site internet de FAME (à rebaptiser), ...
    les moyens financiers devront être trouvés, notamment en Suisse

    Genève, le 20 mars 2005

    Annexes


    Déclaration finale du FAME 2005
    Contribution de Riccardo Petrella, Président du COI du FAME
    Les résolutions adoptées en annexe à la Déclaration finale du FAME 2005
    Déclaration des parlementaires

    6. Résolution ajoutée aux conclusions finales de l’Assemblée des associations du FAME 2005
    Représentants des groupes sociaux du Pérou, de la Bolivie, de l’Equateur, du Brésil, de l’Uruguay, du Paraguay, du Mexique, de la Colombie, du Venezuela, du Costa Rica, du Chili, du Canada, de l’Italie, de l’Espagne, du Ghana, du Mali, de l’Afrique du Sud, du Burkina Faso, de l’Inde, du Népal, de Thaïlande.

    Nous désirons ajouter aux conclusions finales de l’assemblée des associations les 3 points suivants :


    Nous condamnons les partenariats publics-privés promu par la Banque mondiale, comme nouvelles formes de privatisations de l’eau, que cette dernière tente d’imposer à nos pays ;
    Nous déclarons au FAME 2005 que l’unique forme de dominer la mercantilisation et les conflits de l’eau revient à donner le pouvoir aux citoyens à travers les mouvements sociaux qui par leurs luttes et leurs propositions détiennent les fondements de ce modèle ;
    Nous condamnons de manière internationale les multinationales « Suez Lyonnaise des Eaux » (France), les institutions « Abengoa » (Espagne), la coopération allemande GTZ qui déconstruisent les processus de consultation populaire de nos peuples.

    Genève, le 20 mars 2005





Mardi 22 Mars 2005
Mardi 22 Mars 2005
JEAN-LUC TOULY
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