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LA POLLUTION DE L'EAU EN CHINE

La ville chinoise d'Harbin menacée par une grave pollution. Pékin a admis qu'une explosion survenue il y a 11 jours a fortement pollué le fleuve Songhua, qui alimente la métropole de Harbin : les suites en Russie...

La nappe de 80 km de long contenant des produits toxiques libérés à la suite d'une explosion dans une usine pétrochimique a atteint jeudi les abords de la métropole d'Harbin, dans le nord-est de la Chine, où vivent neuf millions d'habitants. Les autorités ont annoncé que cet accident, survenu le 13 novembre et qui a fait cinq morts, avait provoqué une "pollution majeure" en déversant dans les eaux du fleuve Songhua du benzène, un hydrocarbure utilisé comme solvant industriel.



La ville chinoise d'Harbin menacée par une grave pollution. Pékin a admis qu'une explosion survenue il y a 11 jours a fortement pollué le fleuve Songhua, qui alimente la métropole de Harbin : les suites en Russie...
Les responsables locaux de la province de Heilongjiang ont demandé aux habitants de surveiller l'apparition de symptômes d'empoisonnement au benzène qui, à fortes doses, peut provoquer une anémie et d'autres affections du sang, ainsi que des maladies rénales et hépatiques.

Le gouverneur de la province, dont le chef-lieu est Harbin, Zhang Zuoji, a ordonné aux hôpitaux de se tenir prêts à faire face à d'éventuels cas d'empoisonnement.
"Si des cas d'empoisonnement se déclarent, nous devons concentrer toute notre énergie et tous nos efforts pour les soigner, faire en sorte qu'il y ait suffisamment d'équipements, de personnel et de médicaments", a déclaré le gouverneur, cité par un journal local.
Zhang a promis de boire le premier verre d'eau tirée des robinets une fois le danger de pollution passé.

Selon un porte-parole des autorités provinciales, la nappe de pollution a atteint jeudi le niveau des berges du Songhua où Harbin puise son eau et devrait le dépasser samedi.
Les habitants de la ville, l'un des plus importantes de Chine, ont réagi de manière contrastée, alternant stoïcisme et peur. Mais aucun signe de panique n'est pour le moment perceptible à Harbin.

La population continue dans sa majorité à vaquer à ses occupations en se rendant notamment à son travail. Les magasins et les restaurants sont toujours ouverts.
"C'est inquiétant parce que cette pollution peut n'avoir ni couleur, ni odeur identifiables, donc ce sera difficile de dire quand elle sera partie", raconte Hong Shan, un retraité de la fonction publique faisant sa gymnastique au bord du fleuve. "Il appartient aux autorités de nous tenir informés, nous ne pouvons rien dire nous-mêmes".
Les billets de train ou d'autocar pour quitter Harbin se font néanmoins de plus en plus rares, et certains habitants s'apprêtent à mettre leurs enfants à l'abri, le temps que la pollution passe et en attendant la rentrée des classes prévue à la fin du mois.
Mercredi, le Premier ministre, Wen Jiabao, a présidé un conseil des ministres consacré à cette pollution. "La situation de notre pays au niveau de l'environnement reste sombre", a déclaré le Conseil d'Etat cité par Chine nouvelle.

MOSCOU MINIMISE LA MENACE
Les autorités provinciales du Heilongjiang ont conseillé à la population d'Harbin d'éviter les berges du Songhua pour éviter d'être contaminés par les produits polluants, a ajouté Chine nouvelle.

Mercredi, les habitants avaient quitté en masse la ville à la suite de la coupure de son alimentation en eau potable la veille à minuit.

Cette coupure était initialement prévue pour durer quatre jours mais, devant le mouvement de panique, les autorités ont rétabli l'eau provisoirement pour permettre aux habitants de faire le maximum de réserves d'eau potable avant que la pollution ne les en empêche.
"Nous prendrons une décision dans quatre jours en fonction de la qualité de l'eau à ce moment-là", a déclaré mercredi un responsable. Entre-temps, selon lui, "il y aura suffisamment d'eau" car les habitants ont tous constitué d'importantes réserves, de l'eau a été acheminée d'ailleurs et il existe "des réserves souterraines saines".

Un responsable de l'administration de l'environnement, cité par Chine nouvelle, a fait valoir que les affluents importants qui rejoignent le fleuve en aval d'Harbin contribueraient à atténuer ensuite le degré de pollution du cours d'eau, qui rejoint plusieurs centaines de km plus loin le fleuve Amour, à la frontière russe.

Selon le vice-ministre de l'Environnement Zhang Lijun cité par Chine nouvelle, Pékin et Moscou vont établir une ligne rouge téléphonique spécifique pour se concerter sur cette question. "La partie chinoise attache une grande importance aux nuisances et à l'impact que pourrait avoir cette pollution chez notre voisin russe", a ajouté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Liu Jianchao, lors d'une conférence de presse.

L'ambassadeur de Russie en Chine, Sergeï Razov, a cherché jeudi à minimiser la menace pour son pays. "Les Chinois pensent que les eaux polluées atteindront le territoire russe avant le 8 décembre. Mais, d'ici là, la concentration de substances devrait retrouver un niveau normal pour des raisons purement naturelles, dont le fait que trois grandes rivières se jettent dans le Songhua", a-t-il dit sur la première chaîne de télévision russe.

Selon le ministère russe des Situations d'urgence, les tests révèlent qu'aucun produit dangereux n'a, à ce jour, atteint le fleuve Amour en territoire russe.


Etat d'urgence dans l'Extrême-Orient russe

LEMONDE.FR | 24.11.05 | 09h13  •  Mis à jour le 24.11.05 | 11h39
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Les autorités de la région de Khabarovsk, en Extrême-Orient russe, ont proclamé l'état d'urgence, jeudi 24 novembre, à la suite de la progression d'une nappe de benzène sur le fleuve chinois Songhua, un produit extrêmement nocif, en Chine du nord-est. L'état d'urgence sera appliqué à partir de vendredi, ont précisé des responsables du ministère local des situations d'urgence.

Le fleuve Songhua (appelé Singari en Russie) est la principale source d'eau potable pour la ville de Khabarovsk (600 000 habitants), située de l'autre côté de la frontière sino-russe. La nappe est attendue en Russie entre vendredi et lundi, et devrait atteindre Khabarovsk au début du mois de décembre, selon les responsables.

Le Songhua est un affluent de l'Amour, qui marque la frontière entre la Russie et la Chine.

Les scientifiques russes ont commencé à analyser l'eau de l'Amour, où se fournissent en eau potable plus de 1,5 million d'habitants de la région de Khabarovsk. La population, avertie d'une possible interruption de fourniture d'eau, a commencé à constituer des stocks, ont précisé les mêmes sources.

Côté chinois, les experts espèrent que les habitants de Harbin devraient pouvoir tenir sans eau jusqu'à la fin de la semaine lorsque la nappe aura dépassé la ville."Il y aura suffisamment d'eau" car les habitants ont tous constitué d'importantes réserves, de l'eau a été acheminée d'ailleurs et il existe "des réserves souterraines saines", a expliqué un responsble de la ville. Un fonctionnaire chinois de l'administration de l'environnement, cité par l'agence Chine nouvelle, a fait valoir que les affluents importants qui rejoignent le fleuve en aval de Harbin contribueraient à atténuer ensuite le degré de pollution du cours d'eau, qui rejoint plusieurs centaines de kilomètres plus loin le fleuve Amour, à la frontière russe.

Avec AFP et Reuters
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La nappe de benzène sur le fleuve Songhua (photo aérienne du 24 novembre) devrait atteindre l
REUTERS/CHINA NEWSPHOTO
La nappe de benzène sur le fleuve Songhua (photo aérienne du 24 novembre) devrait atteindre l'Extrême-Orient russe en fin de semaine.

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Incertitude sur la présence de benzène chinois dans les eaux russes

Les autorités sanitaires russes ont constaté hier, pour la première fois, la présence de benzène provenant de Chine dans le fleuve Amour, à quelques kilomètres de Khabarovsk. La pêche et la consommation de poissons dans le fleuve pourraient être interdites pendant un an. La nappe toxique progresse en Russie sur un affluent de l'Amour, depuis l'explosion, le 13 novembre, d'une usine pétrochimique chinoise.



Annoncée lundi par un officiel russe, elle a été démentie mardi • Mais la question n'est pas de savoir si la nappe toxique consécutive à l'explosion d'un usine pétrochimique atteindra le fleuve Amour mais quand ? •


Le benzène échappé d'une usine de la province chinoise du Jilin a-t-il atteint le fleuve Amour? Lundi, le numéro deux de l'agence russe de surveillance des ressources naturelles avait annoncé qu'une légère hausse de la concentration de benzène, au-delà de la limite autorisée, touchait les eaux du fleuve. Mais mardi, la cellule de crise de la région de Khabarovsk (Extrême-Orient russe) a vigoureusement démenti cette affirmation, précisant que le benzène déversé dans la Songhua devrait atteindre l'Amour entre le 8 et le 10 décembre. Khabarovsk devrait être touché trois jours plus tard, a indiqué le chef de la commission locale chargée des situations d'urgence, Vladimir Popov.

Une nappe toxique de benzène s'est échappée le 13 novembre après l'explosion d'une usine pétrochimique. D'une longueur de 80 kilomètres, elle a notamment contraint les autorités à fermer les réseaux de distribution d'eau potable d'Harbin, avant de les rouvrir dimanche.

Le benzène est une substance classé comme cancérigène par le Centre international de recherche contre le cancer-». Il est surtout dangereux en cas d'inhalation ou d'ingurgitation, et peut tuer en cas d'exposition aiguë. Aucun cas de contamination sévère n'a été constaté en Chine.



LIBERATION.FR : mardi 29 novembre 2005 - 12:05

Jeudi 24 Novembre 2005
Mercredi 15 Mars 2006
Reuters
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