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Las Vegas regarde du côté du Nord pour étancher sa soif

Le problème de l'eau potable à las Vegas est un casse-tête pour les fermiers quand les fonctionnaires du Nevada recherchent de nouveaux points d'eau dans les environs pour étancher la soif de cette ville en pleine croissance.



Pomper l'eau souterraine du Nevada rural

Dean Baker en meeting
Dean Baker en meeting
Il y a quelques années, quand dans son ranch Dean Baker père et ses trois fils se sont réunis à 6h30 devant leur café du matin, le sujet de leur conversation a dépassé l'habituelle discussion au sujet des veaux et des vaches.

Devaient-ils se battre ou vendre leur exploitation ?

A un peu moins de 500 Km au sud, la très déterminée, responsable du service des eaux de Las Vegas, Pat Mulroy, élaborait des plans ambitieux afin de pomper l'eau souterraine du Nevada rural pour alimenter sa ville en pleine expansion de fontaines dansantes au sein des derniers casinos et des nouveaux logements construits un peu partout.

Une partie du projet de canalisation de 2 milliards de $- doit atteindre la haute vallée du désert tout en évitant la frontière de l'Utah, là où réside la ferme de la famille Baker depuis un demi-siècle.

Ce dont on se souvient chez les Baker à propos de cette réunion de famille, c'est que cela n'a pas duré longtemps. "On était unanime, sans autre question." "On se battrait."

Guerre de l'eau au Nevada pour ne pas refaire les erreurs du passé

Las Vegas regarde du côté du Nord pour étancher sa soif
Les batailles pour l'eau dans l'Ouest ont toujours été plus délicates qu'ailleurs. En plus du fait que l'eau est un besoin élémentaire, c'est d'abord une question de survie. Comme Baker le pressent, cette guerre de l'eau au Nevada risque malheureusement de ressembler à ce qui s'est passé, il y a déjà plusieurs décennies en Californie dans la vallée d'Owen, asséchée pour alimenter Los Angeles.

Et, comme le célèbre ingénieur des services des eaux de Los Angeles, William Mulholland, P. Mulroy voit en cette eau, pompée au loin, la clef de l'avenir de sa ville.

C'est le fossé des cultures et des générations qui oppose une grande ville illuminée au néon à un pays couvert de têtes de bétail et de rares buissons, les nouveaux arrivants sarcastiques à un fermier de la troisième génération à l'accent traînant, une vision du Nouvel Ouest aux valeurs des anciens.

Le monde urbain et politique contre le monde rural et fermier

P. Mulroy
P. Mulroy
P. MULROY est une des fonctionnaires les plus puissantes du Nevada, une Démocrate régulièrement mentionnée comme une candidate potentielle au poste de gouverneur.

Elle est en "mission" pour compenser ce qui avait été à l'époque adopté par le Névada, aujourd'hui en souffrance, lors de la répartition du débit du fleuve Colorado, divisé pour desservir les sept états du bassin versant dans les années 1920.

À cette époque Las Vegas n'était à peine plus qu'un arrêt de chemin de fer poussiéreux, ce qui fait que le Nevada ne reçut que la part fluviale la plus modeste de ce bassin inférieur. C'est sur cette partie comparativement maigre que toute la Vallée de Las Vegas compte pour 90 % de son eau.

"L'ingénieur de l'Etat du Nevada ne savait plus comment planifier l'avenir," dit P. Mulroy, entraînée à la rebuffade depuis longtemps. "Et il nous faut juste faire accepter ce que manifestement nous sommes dans cet Etat, un centre économique !"

Penchée en avant dans une grande chaise de bureau, soigneusement mise et vêtue d'un tailleur-pantalon, elle est passionnée et emphatique. Son ton est un aperçu de son personnage, patron dur et intelligent du service des eaux, connu pour ses tactiques de négociations.

Après qu'elle est devenue la Directrice Générale de l'Eau de la Vallée de Las Vegas, P. Mulroy a consolidé son pouvoir en 1991 en persuadant des agences locales de l'eau d'arrêter de rivaliser l'une contre l'autre pour ne former qu'une entité régionale forte, l'agence de l'Eau du Nevada du Sud, qu'elle dirige depuis aussi.

Elle a trouvé un puissant allié en la personne du sénateur Démocrate du Nevada. Harry Reid, maintenant le leader majoritaire, a inclus la gratuité du passage de la canalisation dans son projet de loi.

L'année dernière, peu avant que l'ingénieur de l'Etat du Nevada ne tienne ses auditions concernant la partie du projet de pompage de l'eau souterraine, P. Mulroy a averti que même si elle n'approuve pas le pompage, la croissance de la Vallée de Las Vegas en dépend et elle s'arrêtera dans dix ans si rien n'est fait.

Elle a fait remarquer de manière significative dans un entretien à la presse que "le gouverneur a tout loisir de révoquer l'ingénieur de l'Etat et en nommer un nouveau,"; un commentaire qui, a-t-elle insisté plus tard, avait été sorti de son contexte et n'était aucunement une menace comme il avait semblé l'être.

Golf à Las Vegas
Golf à Las Vegas
Las Vegas reçoit en moyenne de 1,30 l de pluie par an, ce qui la classe parmi les zones urbaines les plus sèches de tout le pays. Mais ce n'est pas avec son désert que la ville attire, elle séduit ses visiteurs du monde entier et ses résidants par sa fantaisie, ses terrains de golf, ses jets d'eau de casino et toutes sortes d'étendues d'eau.

Au début des années 1990, P. Mulroy, en provocation, avait proclamé que tant que les fermiers continueraient à irriguer leurs champs de coton dans le désert, il n'y avait aucune raison que les habitants de Las Végas renoncent à leurs piscines et à leurs pelouses.

Elle s'est depuis radoucie sur ce point. "J'ai beaucoup appris," dit-elle. "Si vous n'apprenez pas quelque chose en 13 ans, il faut que Dieu vous aide."

Quoiqu'elle défende l'utilisation festive de l'eau des casinos qu'elle juge vitale pour l'économie de la ville, son Département de l'eau a, depuis, mis en place le programme de protection de la ressource le plus agressif du pays.

La seule gestion économe ne va pas suffire à soutenir la croissance de Las Vegas.

Le projet de transfert d'eau
Le projet de transfert d'eau
Elle indemnise les propriétaires et les entreprises pour arracher leurs pelouses et les remplacer par des artéfacts, réduisant aussi la consommation d'eau pour la population du Comté de Clark qui a atteint 1.9 millions d'habitants et qui continue de croître de façon vertigineuse.

P. Mulroy a averti ses concitoyens: "la façon dont nous vivons dans le désert doit changer radicalement" et elle a inauguré son complexe communautaire dernier cri du département des Eaux du Nevada du Sud, construit pour promouvoir les méthodes économes de gestion d'eau.

Mais elle insiste pour faire comprendre que la seule gestion économe ne va pas suffire à soutenir la croissance de Las Vegas. Et la sécheresse qui sévit actuellement dans le bassin du Colorado a sapé ses plans d'acquisition du surplus des eaux fluviales pour les prochaines années.

C'est pourquoi elle a ressorti ce projet de pompage des eaux souterraines, mis en suspens au début des années 1990 à cause des protestations qui avaient fusé d'un bout à l'autre de l'Etat. Le gros du projet consiste à prélever de l'eau de la Snake Valley dans le Comté White Pine et dans six autres bassins, pour la conduire au nord de Las Vegas dans une canalisation longue de 480 Km.

La gestion du fleuve Colorado a été comparée à celle du Moyen-Orient, sans les armes à feu - une analogie qui explique en partie le grand pouvoir de P. Mulroy.

Plus jeune, elle ambitionnait de travailler pour le Département d'Etat américain.
Elle a grandi en Allemagne, fille d'un père américain, responsable du personnel pour l'armée des Etats-Unis et une mère allemande qui, réchappée à trois bombardements Alliés, a continué à tenir sa maison et à faire des traductions pour les généraux américains.

Son père était un partisan de l'apprentissage des langues - elle parle sans aucun accent - et P. Mulroy a toujours manifesté le désir d'aller vivre aux Etats-Unis. Elle en a eu l'occasion quand l'Université du Nevada-Las-Vegas qui connaissait sa responsable de programme à l'Université de Munich lui a offert une bourse pour senior et un poste d'enseignant-assistant pour poursuivre un master en littérature allemande.

frontière de du Nevada et de l'Utah
frontière de du Nevada et de l'Utah
"C'était ma chance," dit-elle. " J'ai donc empaqueté toutes mes affaires et le 24 août 1974, j'ai atterri à l'Aéroport International McCarran."

Elle est arrivée la nuit, s'est faite enregistrer dans un motel et a découvert son premier lit rond qui se reflétait dans le plafond. Au matin, elle a regardé fixement par la fenêtre, s'attendant à y découvrir des dunes de sable semblables à celles du Sahara. Au lieu de cela elle s'est retrouvée dans une ville kitsch. "J'étais sous le choc. Cela semblait irréel.

À part une brève incursion à Stanford pour son doctorat, écourtée pour des raisons financières, elle a surtout résidé à Las Vegas, travaillant d'abord pour le gouvernement du Comté de Clark et ensuite pour le département de l'eau de la Vallée de Las Vegas. Elle a épousé un natif du Nevada, et a deux enfants qui vont encore collège.


"C'est devenu mon pays," dit P. Mulroy, 54 ans. "En mûrissant j'ai appris à apprécier la bizarrerie de cette ville et ses différences."

Le projet de pompage est en cours d'examen par l'ingénieur de l'Etat, qui doit encore tenir des auditions dans la Snake Valley, où Baker réside, mais il est entrain de se décider au sujet du bassin voisin.


La comparaison, avec l'usurpation de l'eau à destination de Los Angeles dans la Sierra Orientale, encense P. Mulroy, dont l'agence a acheté des publicités pleine page dans les journaux locaux, afin de rassurer les habitants sur le fait qu'ils sont protégés par les lois sur l'environnement. Elle a promis à plusieurs reprises d'adapter le pompage de l'eau dès qu'il commence à affecter les besoins locaux.

Las Vegas achètera des usines de dessalement dont elle échangera les profits contre les droits à eau

Snake Valley , Mont Wheeler
Snake Valley , Mont Wheeler


Mais même si son projet est accepté, P.Mulroy ne pense pas que l'eau souterraine des environs suffira à éteindre la soif de Las Vegas.

En fin de compte, elle imagine - et admet que ce projet peut engendrer des dizaines d’années de dispute politique - que Las Vegas achètera des usines de dessalement océaniques sur les côtes de Californie ou du Mexique et les échangera contre une plus grande répartition des eaux du Colorado.

La maison de Dean Baker
La maison de Dean Baker
Baker ne peut pas comprendre les raisons qui poussent quelqu'un à vouloir vivre à Las Vegas - ou dans n'importe quelle ville : "ça m'apparaît trop triste, qu'il y a trop gens, qu'il y manque d'espace libre".

Une fois, Baker s'est disputé nez à nez avec P. Mulroy dans un parking sous le soleil brûlant de Las Vegas. "Elle a un peu la réputation de parler plus vite que ce qu'elle ne devrait," dit-il malicieusement. Pourtant Il s'inquiète de son influence politique et ne pense pas qu'elle pourra respecter ses promesses.

Cependant, il avoue, "devenir plus fou chaque jour davantage face à l'attitude de Las Vegas qui pense avoir un droit sur tout ce que le Nevada possède. "

Baker, républicain de 67 ans, marié quatre fois, a pour seule fantaisie vestimentaire ses lunettes d'aviateur et ses chemises à carreaux.

Las Vegas regarde du côté du Nord pour étancher sa soif
Son exploitation familiale, le troupeau et ses 12,000 acres de terrain valent une fortune - un courtier lui a récemment offert 20 millions de $ de la part d'un investisseur immobilier.
Mais sa maison, décorée d'un panneau "le Boeuf est bon pour la Santé", est de la taille d'un garage de Brentwood et située derrière un poste à essence.

Pour Baker: "C'est une question de valeurs,". "Tant que je suis au chaud et que j'ai de quoi manger, le reste ne compte pas à part la terre. Mais si cela avait été juste une question argent, nous aurions vendu au département de l'Eau du Nevada du Sud!"

Il y a presque un siècle, ses grands-parents fermier se sont installés à Delta, en Utah, à 160 Km à l'Est. Dans les années 1950, son père a commencé à travailler pour un ranch de récolte de graines de luzerne à Baker - Un hameau qui vient de prendre leur nom - et plus tard il a acheté l'exploitation.

La famille a acquis, depuis, plus de superficie et il est maintenant le plus grand propriétaire terrien privé de la Snake Valley - qui, comme le reste du Nevada, appartient surtout au gouvernement fédéral.

Au collège Baker a étudié le génie civil, un peu en amateur et a terminé avec un diplôme d'économie de l'Université de l'Utah. Mais à l'occasion de sa deuxième année, il a voulu retourner au ranch.

Baker et ses fils -( il a aussi une fille, avocate, qui vit à Palo Alto) - irriguent 5000 acres de récolte en partie dédiée à l'alimentation et au pâturage, vendent le foin aux propriétaires de chevaux de Las Vegas et aux laiteries de Californie et conduisent leurs 2000 vaches et veaux à travers les terrains épineux et irrigués de l'Etat.

c'est une question de valeurs, de qualité de vie et non d'argent

Vénitian hotel à Las Vegas
Vénitian hotel à Las Vegas
Le comté ne reçoit seulement qu'environ 1 litre de pluie par an. L'eau des Baker provient des cours d'eau et des puits alimentés par la fonte de neige des montagnes environnantes et des aquifères souterrains, y compris celui qui est très ancien et qui alimente pour beaucoup le Grand Bassin du Nevada et de l'Utah occidental.

Baker connaît par expérience ce que le pompage des eaux souterraines locales peut engendrer comme inconvénients néfastes.

"Cette cuvette a toujours été plein," dit-il, en marchant d'un pas lourd sur une neige légère vers un point d'eau pour les bêtes dans le secteur de" Needle Point Spring", juste à la frontière de l'Etat de Utah.

Depuis 1939, quand le Corps du génie Civil a aménagé cette retenue à partir d'une source résurgente, "le Point d'Aiguille" a sûrement rempli cette cuvette et un étang adjacent fréquenté par le bétail et des chevaux sauvages.

Alors un jour d'été en 2001, Baker a été appelé par les responsables des terres fédérales : Une douzaine de chevaux sauvages étaient morts de soif tout près.

Le niveau de la source avait baissé de 70 cm à 1 mètre, juste suffisamment pour arrêter l'écoulement d'eau. Un scientifique fédéral a conclu que la cause probable était certainement due au pompage accru d'un autre propriétaire pour l'irrigation de ses champs à moins de deux kilomètres de là.

"C'est la démonstration claire des dégâts causés par un pompage" explique Baker, qui brandit un graphique qui retrace le déclin du niveau de ce point d'eau.

"Il n'y a pas assez d'eau pour réaliser ce qu'ils veulent faire."

Dans la Vallée voisine de SPRING, les propriétaires d'un ranch ont récupéré des millions de dollars de la vente de leur terre et de leurs droits à eau à l'agence de P. Mulroy. Le comté de Lincoln au sud leur a coupé l'eau.


Sortez vos pompes de notre aquifère

sortez vos pompes de notre aquifère
sortez vos pompes de notre aquifère
Mais dans la Snake Valley, où des logements en bois s'étirent jusqu'à une chaîne de montagnes du même nom, recouverte de genévrier et de pins et où le nombre de têtes bétail dépasse le nombre d'habitants, les Baker et leurs voisins y ont creusé leurs racines.

Ils sont une bande d'opposants : des propriétaires de ranch de longue date, une famille polygame occasionnelle, une petite communauté chrétienne qui dirige une laiterie, des Démocrates libéraux attirés par la beauté ascétique de l'endroit.

"Ils vont tout mettre à sec et tout détruire, et pour quoi ? Ce n'est pas un bon choix - d'étendre Las Vegas et diminuer cet espace," dit Jo Anne Garrett, 82 ans qui a quitté la Californie pour venir vivre ici, il y a plus de trente ans et y a construit une maison en verre et en bois à l'ombre du pic Wheeler de 4300 m.

Il y a deux ans, des électeurs du comté qui compte 9 500 résidants, ont évincé deux commissaires pour avoir été trop enclins à traiter avec Las Vegas. Aux parades locales, des adversaires du pompage ont remorqué un plateau avec un seau d'eau énorme sur lequel était peint l'avertissement suivant: "sortez vos pompes de notre aquifère."

Le reste du temps, le seau est remisé devant l'Auberge "the Border Inn", une station d'essence qui fait hôtel, bar alimentation, dirigée par une des ex-femmes de Baker.

Avec quelque fierté, Baker rapporte comment un fonctionnaire du service des eaux, allié de P. Mulroy, a exprimé sa frustration et son peu d'intérêt pour cette affaire. L'homme lui a avoué "J'ai pensé que vous étiez juste en pourparlers," . "Je ne comprends pas le problème"
Le projet de pipeline en Anglais
Le site Mercury

Las Vegas looks north to slake its thirst

Las Vegas regarde du côté du Nord pour étancher sa soif
le site de latimes.com

Le site ENTERTAINMENT
COLUMN ONE

Vegas' drinking problem is Nevada ranchers' headache as officials look to tap groundwater in rural counties to slake a thirst for growth.
By Bettina Boxall
Times Staff Writer

March 7, 2007

Baker, Nev. — WHEN rancher Dean Baker and his three grown sons gathered for their regular 6:30 a.m. coffee klatch a few years ago, the topic went beyond the usual cow-calf talk. Should they fight or sell out?

Three hundred miles to the south, Las Vegas' determined water czar, Pat Mulroy, was laying ambitious plans to pump rural Nevada groundwater to her booming city of dancing casino fountains and new housing tracts.

One branch of the $2-billion-plus pipeline project would reach into the high desert valley straddling the Utah border where the Baker family has ranched for half a century.

As Baker remembers the family meeting, it didn't last long. "It was unanimous, without any question." They would fight.

Battles over water in the West are always about something more. At their most elemental, they are about survival. As Baker sees it, the Nevada water war threatens to reprise the unhappy scene in California's Owens Valley, which dried up decades ago after Los Angeles drained it.

And, like L.A.'s legendary water engineer, William Mulholland, Mulroy sees the distant water as the key to her city's future. The struggle pits a neon-lighted big city against scrub-crusted cattle country, a tart-tongued immigrant against a slow-talking third-generation rancher, a vision of the New West against the values of the old.

MULROY is one of Nevada's most powerful public officials, a Democrat who is periodically mentioned as a potential gubernatorial candidate.

She is on a mission to make up for the historic slight her adopted state suffered when Colorado River flows were split among the seven basin states in the 1920s. At the time, Las Vegas was little more than a dusty railroad stop, so Nevada received the smallest river share in the lower basin. It is on that comparatively meager portion that the Las Vegas Valley relies for 90% of its water.

"The Nevada state engineer had no vision," Mulroy says, bristling at the long-ago snub. "And we're just going to accept that as our manifest destiny in a state where we're the economic hub?"

She leans forward in a big office chair, carefully made up and clad in a sharply tailored pantsuit She is intense and emphatic. Her tone provides a glimpse of the tough, smart water boss known for blunt negotiating tactics.

After she became general manager of the Las Vegas Valley Water District, Mulroy consolidated her power in 1991 by persuading local water agencies to stop competing against one another and form a strong regional entity, the Southern Nevada Water Authority, which she has since also headed. She found a powerful ally in Nevada's Democratic Sen. Harry Reid, now majority leader, who included a free right-of-way for the pipeline in a public lands bill.

Last year, not long before the Nevada state engineer held hearings on part of the groundwater proposal, Mulroy warned that if he didn't approve the pumping, growth in the Las Vegas Valley would grind to a halt within a decade.

She pointedly noted in a newspaper interview that the "governor can remove the state engineer and appoint a new one," a comment she later insisted had been taken out of context and was not the threat it appeared to be.

Colorado River politics have been compared to those of the Middle East, but without the guns — an analogy that partly explains Mulroy's long staying power. Her youthful ambition was to work for the U.S. State Department.

She grew up in Germany, the daughter of an American father who was a personnel officer for the U.S. military and a German mother who survived three Allied bombing raids and went on to do housekeeping and translation for American generals.

Her father was a stickler for language — she speaks without a trace of an accent — and Mulroy always wanted to live in the U.S. She got her chance when a University of Nevada-Las Vegas dean who knew her program head at the University of Munich offered her a senior scholarship and a teaching assistantship to pursue a master's in German literature.

"That was my ticket," she says. "So I packed up all my belongings, and on Aug. 24, 1974, I landed at McCarran International Airport."

She arrived at night, checked into a motel and encountered her first round bed and mirrored ceiling. The next morning she peered out the window, expecting Sahara-like sand dunes.

Instead she found herself in the land of kitsch. "I was in shock. The whole thing was like an out-of-body experience."

Except for a brief doctoral stint at Stanford cut short by financial pressures, she has stayed in Las Vegas, first working for Clark County government and then the Las Vegas Valley Water District. She married a native Nevadan, with whom she has two college-age children.

"It just became home," says Mulroy, 54. "I had grown to appreciate its quirkiness and how different it is."

Las Vegas receives an average of 4 inches of rain annually, making it the driest metropolitan area in the country. But rather than embrace the desert, the city famously lured visitors and residents with a fantasy land of golf courses, casino fountains and sprawling pool complexes.

In the early 1990s, Mulroy defiantly proclaimed that as long as farmers continued to pour water on cotton fields in the desert, there was no reason for Las Vegans to give up their pools and lawns.

She has since mellowed on that point. "I've learned a lot," she says. "If you don't learn something in 13 years, God help you."

Though she defends the casinos' showy water use as vital to the Strip's economy, her agency now has one of the country's most aggressive outdoor water conservation programs. It pays homeowners and businesses to rip out lawns and replace them with xeriscaping, reducing water consumption even as Clark County's population — now at almost 1.9 million — continues its dizzying climb.

Mulroy admonishes that "how we live in the desert has to change dramatically" and shows off a state-of-the-art community complex the Southern Nevada Water Authority is building to promote water-thrifty ways.

But she insists conservation alone won't sustain Las Vegas' growth. And an ongoing drought in the Colorado basin undermined her plans to acquire surplus river water in the coming years.

So she returned to a groundwater plan shelved in the early 1990s amid statewide protests. The pared-down project would take water from Snake Valley in White Pine County and six other basins along a 300-hundred-mile line running north of Las Vegas.

The project is under review by the state engineer, who has yet to hold hearings on Snake Valley, where Baker lives, but is expected to decide soon on a neighboring basin.

Comparisons to Los Angeles' water grab in the Eastern Sierra incense Mulroy, whose agency has bought full-page ads in White Pine County newspapers, assuring locals they are protected by environmental laws. She has repeatedly promised to adjust the pumping if it starts to affect local supplies.

But even if she wins, Mulroy doesn't see the rural groundwater slaking Las Vegas' thirst.

Eventually, she says — and she concedes it may take decades of political wrangling — Las Vegas will pay for ocean desalination plants on the California or Mexican coasts and exchange that water for a larger share of the Colorado River.

BAKER can't imagine why anyone would want to live in Las Vegas — or any city, for that matter. "I think it's sad — the population, the lack of open space," he says.

Baker once stood toe-to-toe with Mulroy, arguing in a blistering Las Vegas parking lot. "She has a little bit of a reputation for letting her mouth run away with her," he says archly. He worries about her political influence and doesn't think she can keep her promises.

Still, he says, "I get madder at the attitude of Las Vegas They think they have a right to whatever Nevada has."

He is 67, a four-times-married Republican whose fashion sense runs to out-of-style aviator glasses and plaid shirts.

His family's 12,000-acre cattle operation is worth a fortune — a broker recently offered him $20 million on behalf of a real estate investor. But his house, decorated with an "Enjoy Beef for Health" sign, is the size of a Brentwood garage and located behind a gas station.

"It's a matter of values," Baker says. "As long as I'm warm and well-fed, personal things don't count…. If it was just about money, we'd just sell to the Southern Nevada Water Authority."

His farmer grandparents settled in Delta, Utah, 100 miles to the east, nearly a century ago. In the 1950s, his father started working on an alfalfa seed ranch in Baker — a speck of a town that just happened to share their name — and later bought the operation. The family acquired more acreage and is now the biggest private landowner in Snake Valley — which, like the rest of Nevada, is mostly owned by the federal government.

In college, Baker dabbled in premed and civil engineering and wound up with a business degree from the University of Utah. But by his second year, he knew he wanted to return to the ranch.

Baker and his sons — he also has an attorney daughter who lives in Palo Alto — irrigate 5,000 acres of feed crops and pasture, sell hay to Las Vegas horse owners and California dairies and run 2,000 cows with their calves on federal scrubland and irrigated meadows.

The county gets only about 9 inches of rain a year. Baker's water comes from streams and wells fed by mountain snowmelt and underground aquifers, including an ancient one underlying much of the Great Basin in Nevada and western Utah.

Baker knows from local experience the harm groundwater pumping can do.

"This trough was always full," he says, tramping over a light winter snow to an old livestock watering area at Needle Point Spring, just over the state line in Utah.

Ever since 1939, when the Civilian Conservation Corps developed the spring from a seep, Needle Point reliably filled a beat-up trough and an adjacent pond frequented by livestock and wild horses.

Then one summer day in 2001, Baker got a call from federal land managers: A dozen wild horses had died of thirst nearby.

The spring level had dropped a couple of feet, just enough to stop the flow of water. The likely cause, a federal scientist concluded, was another rancher's increased pumping to irrigate fields a mile away.

"This is clear documentation of what pumping does to a well," Baker says, brandishing a paper with a graph line that traces Needle Point's decline. "There's not enough water to do what they want to do."

In neighboring Spring Valley, ranchers have reaped millions selling their land and water rights to Mulroy's agency. The county to the south, Lincoln, cut a water deal with her.

But in Snake Valley, where greasewood flats stretch up to a namesake mountain range studded with juniper and pinyon pine, and where cattle outnumber people, the Bakers and their neighbors have dug in their booted heels.

They are a contrary bunch: longtime ranchers, the occasional polygamist family, a small Christian community that runs a dairy and liberal Democrats attracted by the place's lean beauty.

"To have it sucked dry and basically destroyed, for what? It's not a good trade-off — more Las Vegas and less space," says Jo Anne Garrett, 82, who moved here from California more than three decades ago and built a glass-and-timber house in the shadow of 13,000-foot Wheeler Peak.

Two years ago, voters in the 9,500-resident county — the entire population could fit into the Strip's MGM Grand Hotel — ousted two commissioners for being too willing to deal with Las Vegas. In local parades, pumping foes tow a flatbed trailer with a huge water bucket painted with the warning: "Keep your pipes out of our aquifer."

The rest of the time, the bucket is parked in front of the Border Inn, a combination motel/convenience store/bar/gas station/cafe run by one of Baker's ex-wives.

With a glint of pride, Baker relates how a water official allied with Mulroy expressed frustration at his continued lack of interest in a deal. "I thought you were just negotiating," the man told him. "I don't know what's wrong with you."


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bettina.boxall@latimes.com

Mercredi 7 Mars 2007
Dimanche 17 Février 2008
Bettina Boxall
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1.Posté par BRUSSELLE le 25/11/2008 13:17
Il serait plus intelligent d'aller pomper de l'eau de mer et de la désaliniser (facile avec un soleil qui tape fort).

Un pipeline, oui, mais dans le bon sens !


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