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S.O.S

Les cheminées, dans un désert blanc, divisent l'Islande



Les cheminées, dans un désert blanc, divisent l'Islande
Voir les précédents articles sur le sujet
Islande : Barrage contre nature
Saving Iceland : SOS Solidarité lutter contre le projet Karanhjukar
Dans les profondeurs de l'hiver il n'y a presque rien à voir ici, que de la neige et de la roche ; de la neige à travers un paysage accidenté et surnaturel, de la neige sur les montagnes enveloppées de brume, de la neige qui s'étend à ce qui pourrait ressembler à la fin du monde.

Mais posé dans cette région montagneuse du centre de l'Islande, un chantier, presque achevé, de barrages, de tunnels et de réservoirs, a commencé à réorganiser ce désert blanc, où la montagne Karahnjukar rencontre deux puissantes rivières qui s’écoulent du plus grand glacier de l'Europe.

C'est le projet hydro-électrique de Karahnjukar d'un coût de 3 milliards de $ : une entreprise gigantesque qui exploitera les rivières pour produire de l'électricité réservée à un seul client : l’usine de production d'aluminium appartenant à Alcoa, la plus grande compagnie d'aluminium du monde.

Ce projet a été au centre d’une bataille des plus violentes et des plus controversées de la récente histoire islandaise. C'est le résultat d'années d'effort du gouvernement de centre-droite pour augmenter l'investissement international en Islande, le projet aurait déjà commencé à revitaliser l'Est sous-peuplé de l'Islande.

Pourtant il a aussi mobilisé une coalition d'habitants très mécontents et de plus en plus importante, qui estiment que les autorités ont sacrifié le patrimoine le plus précieux de l'Islande - sa terre primitive elle-même - à l'industrie lourde étrangère.

Maintenant, avec ces trois autres projets d'usine hydraulique, associés aux projets de fonderies d'aluminium, les écologistes affirment que toute chance de protéger la spectaculaire beauté si fragile et si naturelle de l'Islande va disparaître. "Si tous ces projets réussissent à aboutir, c'est une apocalypse environnementale pour cette région montagneuse de l’Islande ; ils auront aménagé chaque bassin fluvial et géothermique glaciaire majeur aux seuls usages de l'industrie lourde," explique Olafur Pall Sigurdsson, un des organisateurs de "Sauver l'Islande », une coalition d’associations s'opposant à ce futur développement industriel.

"C'est une nature très rare dont nous sommes les gardiens et que nous gaspillons".

La question de base, c'est-à-dire la façon d'équilibrer développement économique et respect de la nature, se pose ici comme dans des toutes les autres batailles environnementales. Les détails sont toujours légèrement différents en Islande, isolée géographiquement et flottant entre l'Europe et l'Amérique.

L'Islande, un des endroits les plus vierges du monde développé, est à peine plus grande que l'Indiana, avec une population d'environ 300 000 personnes (alors que l'Indiana a 6.3 millions d'habitants). Deux tiers de sa population vit dans la capitale, Reykjavik ; les autres habitants sont dispersés au travers des 64 000 Km2 de roche volcanique, de toundra déboisée et de plaines rases. 70 % de cette terre est inhabitable.

Les Islandais ont tendance à considérer avec respect et crainte leur environnement imprévisible - taillé dans des volcans et dans la glace avec de nombreuses chutes d'eau stupéfiantes, de geysers, de fjords et de glaciers. L'air est si pur que le Protocole de Kyoto a donné à l'Islande le droit d'augmenter ses émissions de gaz à effet de serre de 10 % des niveaux de 1990.

Les projets encore en suspens planifient quatre barrages, huit nouvelles usines géothermiques et hydro-électriques, deux nouvelles fonderies (dont l’une appartiendrait à Alcoa) et l'augmentation de capacité de la fonderie déjà existante. Si tous ces projets se réalisaient, cela signifierait que des sociétés étrangères pourraient bien produire jusqu'à 1.6 millions de tonnes d'aluminium par an en Islande.

On leur permet aussi de polluer : une autre exception de Kyoto a donné, aux industries lourdes très gourmandes en énergie et utilisatrices d'énergie renouvelable en Islande, le droit d'émettre 1.6 millions de tonnes m3 supplémentaires de dioxyde de carbone par an jusqu'à 2012.

En tout, les nouvelles fonderies exigeront environ huit fois plus d'électricité que la consommation actuelle de toute l'Islande, soumettant à une tension énorme les rivières et les gisements thermales du pays, explique Hjorleifur Guttormsson, ancien ministre de l'Industrie et de l'Energie d’Islande de 1980 à 1985. Pour Guttormsson, naturaliste, la pollution pose un autre problème : les usines d'aluminium sont de très gros émetteurs de dioxyde de soufre, de fluorure d'hydrogène et d'autres produits chimiques.

Pourtant Alcoa a promis qu'il adapterait des contrôles de pollution "dernier cri" à leur nouvelle usine et a déjà exigé de sa compagnie la promesse d'une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 25 % par rapport à 1990..

Un porte-parole de la société, Kevin Lowery, a annoncé que la nouvelle fonderie ne produirait que 1.8 tonnes de dioxyde de carbone pour chaque tonne d'aluminium produite -soit un total de 541 000 tonnes par an – à comparer aux 13 tonnes de dioxyde de carbone par tonne d'aluminium émises si le four était alimenté au charbon. "Les émissions de cette usine seront moins importantes qu'une autre usine de cette taille, ailleurs dans le monde," a-t-il ajouté.

Jon Sigurdsson, le ministre de l'Industrie et du Commerce, a annoncé que les nouveaux projets étaient soumis à de multiples contrôles, et dans quelques cas, à des référendums locaux. "Le gouvernement a toujours appliqué des normes environnementales rigoureuses à chacun des projets de développement, et il prépare une législation qui exposerait un plan général pour le pays, désignant les secteurs à protéger et ceux qui ont un potentiel de développement.. "

"Nous sommes au seuil d'une nouvelle ère," a-t-il dit. "Nous voulons prendre en considération les deux problématiques dans une réflexion d'ensemble finale où l'environnement est aussi capital que tout autre problème.

Sigurdur Arnalds, un porte-parole de « Landsvirkjun », la compagnie nationale d'électricité, qui développe le projet de Karahnjukar, a eu ce mot : "la Démocratie aura le dernier mot. Naturellement, nous n'utiliserons pas toutes les possibilités qui sont à notre disposition ; nous devons savoir nous arrêter."

L'Islande est un pays prospère, mais sa richesse est concentrée principalement à Reykjavik. Le gouvernement a longtemps cherché des moyens de soutenir l'économie en exploitant la seconde richesse du pays - la plus grande ressource naturelle, après le poisson : l'énergie électrique, produite par un réseau énorme de rivières et de gisements géothermiques souterrains..

Mais puisque la production d'électricité n'était pas exportable facilement, l'idée a germé d'importer les produits qui en ont particulièrement besoin. La production d'aluminium semble être parfaitement convenir. C'est une industrie gourmande en énergie qui nécessite une libre circulation vers des ports pour importer des matières premières et exporter le produit fini.

L'Islande a de l'énergie propre disponible, des côtes abondantes et se trouve à proximité du lucratif marché européen. La première usine d'aluminium de l'Islande a été construite dans les années 1960 ; il en y a maintenant deux, près de Reykjavik. "Le gouvernement a fait tout son possible pour faciliter l'implantation de ces usines," explique Kolbrun Halldorsdottir, un député du Mouvement Gauche-vert. "Ils se sont arrangés comme l'Arabie Saoudite a organisé le marché du pétrole. Ils ne croient pas à un berceau d'emplois fondé sur une industrie du tourisme dans cette région. Ils ne voient que par l'aluminium.".

Le projet de Karahnjukar, pendant sa planification, a eu l'appui du gouvernement de coalition de centre-droite, qui a été au pouvoir pendant 12 ans. Dans des sondages d'opinion, la majorité des Islandais l'a aussi successivement soutenu, à cause de la création d’emplois et de l’apport d'argent pour les fjords orientaux.

Mais les écologistes disent que le projet dévastera environ 3 % de la surface de l'Islande, détruisant ou affectant 60 chutes d'eau, sera la cause d'un ravinement qui répandra du sable et de la poussière à travers les régions montagneuses et sur les fermes, provoquera des inondations dans une région recouverte naturellement d'une mousse endogène nécessaire à l'alimentation des rennes, empêchant la nidification des oies aux pieds roses et d’innombrables autres espèces d'oiseaux, comme le gyrfalcon et le ptarmigan.

Ils assurent, aussi, que le barrage est instable, construit sur une croûte terrestre fracturée exceptionnellement mince, aux abords de la plupart des secteurs volcaniques les plus actifs du monde. Juste au sud, le glacier Vatnajokull qui fond rapidement à cause du réchauffement climatique, ajoute à l'incertitude géologique locale.

En 2001, l'Agence de Planification islandaise avait rejeté le projet de Karahnjukar, décidant que n'importe quels avantages économiques ne pourraient pas indemniser des catastrophes environnementales potentielles. Mais le ministre de l'Environnement islandais de l'époque avait annuler la décision, rajouté quelques nouvelles conditions et avait ensuite autorisé le projet d'aller plus avant.
Actuellement les adversaires du projet affirment que beaucoup d'Islandais n’avaient pas apprécié sa véritable échelle et son impact environnemental potentiel. "

Pour Andri Snaer Magnason, un poète, dramaturge et romancier, "il est facile d'induire en erreur la population et il est possible que même les politiciens n'aient pas vraiment compris ce qu'il se passait". L'année dernière, Magnason a publié " le Pays des rêves, "une polémique dévastatrice qui replace les questions environnementales de l'Islande dans une perspective mondiale. Le livre a été vendu 18 000 exemplaires - l'équivalent, en pourcentage, à 18 millions de ventes aux Etats-Unis.

En septembre, Omar Ragnarsson, un des journalistes de télévision les plus respectés du pays, a annoncé qu'il ne pouvait plus couvrir le projet de Karahnjukar de son impartialité de journaliste et qu’il ferait campagne contre. Dans un pays où les manifestations publiques sont rares, il a mené un rassemblement "antibarrage" à Reykjavik, suivi par 8 000 à 13 000 personnes.

Vu d'en haut, le chantier domine le paysage. Avec 800 mètres de large et 215 mètres de haut, le barrage est le plus haut de la sorte en Europe. Le réservoir, qui couvrira finalement 35 km2 , s'allonge à l'intérieur d'une bande de terre et laisse le lit de la rivière vide, creusé dans la roche ....

L'eau détournée sera convoyée par 70 Km de tunnels forés dans les montagnes vers une nouvelle station d'hydro-électricité construite profondément à l'intérieur d'une montagne dans la Vallée Fljotsdalur. Finalement, l'électricité sera transportée sur une cinquantaine de km de lignes électriques aériennes vers la fonderie d'ALCOA, par un réseau édifié sur le bord d'un fjord dans la ville de Reydarfjordur.

On suppose que la fonderie commencera à produire de l'aluminium cet été, mais dès à présent les premiers effets apparaissent : il y a un boom de la construction qui se fait ressentir jusque dans l’est. "Cela ressemble à une ruée vers l'or, pour l'instant chacun est ivre mais vous savez que la gueule de bois viendra," philosophe Greta Osk Sigurdardottir, éleveur et fermier en produit laitier, qui vit dans ce secteur et qui s'oppose au projet.

Reydarfjordur, qui compte une population de 650 personnes, se voit dotée de son premier centre commercial. Le prix des logements a augmenté. Les habitants qui étaient partis reviennent et l'argent que cela génère, commence à permettre les agréments modernes des villes, plaide Helga Jonsdottir, le maire de Reydarfjordur et de cinq autres villages.

Pourtant d'autres ne sont pas si heureux. M. H Gudmundur Beck a passé ses 57 premières années à Reydarfjordur, à élever des moutons et des poulets dans la ferme familiale. Quand 18 pylônes électriques ont été construits sur les terres alentour, le gouvernement a fait interdire le pâturage, Beck a dû emmener ses animaux à l'abattoir et s'est déplacé vers le Nord, où il vit près des montagnes et des lacs vierges et où il prend des cours d'histoire. "C'est la chose la plus horrible qui n'a jamais eu lieu ici,". "Je n'ai vraiment aucun mot pour le décrire."

La fonderie n'est pas en hauteur, mais elle domine la côte. En faisant ses courses dans un magasin de sport au centre commercial, Krilla Bjork, 61 ans, affirme qu'elle a été ravie de voir tous ces nouveaux magasins et ces nouvelles maisons. De la fonderie, elle dit, "ce n'est pas beau, mais je l'accepte parce que c'est nécessaire."


Traduction SDT

Smokestacks in a white wilderness divide Iceland

By Sarah Lyall

Saturday, February 3, 2007
NORTH OF VATNAJOKULL GLACIER, Iceland
In the depths of winter there is almost nothing to see here but snow and rock: snow across the uneven, unearthly landscape, snow on the mist-shrouded mountains, snow stretching to what looks like the edge of the world.

But tucked into Iceland's central highlands, where the Karahnjukar mountain meets two powerful rivers flowing north from Europe's largest glacier, a nearly completed jigsaw of dams, tunnels and reservoirs has begun to reshape the wilderness.

This is the $3 billion Karahnjukar Hydropower Project, a sprawling enterprise to harness the rivers for electricity that will be used for a single purpose: to fuel a new aluminum smelter owned by Alcoa, the world's largest aluminum company. It has been the focus of the angriest and most divisive battle in recent Icelandic history.

The culmination of years of effort by the center-right government to increase international investment in Iceland, the project has already begun to revitalize Iceland's underpopulated east. But it has also mobilized an angry and growing coalition of people who feel that the authorities have sacrificed Iceland's most precious asset — the pristine land itself — to heavy industry from abroad.

Now, with proposals on the table for three more power-plant-and-aluminum-smelter projects, environmentalists say the chance to protect Iceland's spectacular, and spectacularly fragile, natural beauty is running out.

"If all of these projects get through, then it's a total environmental apocalypse for the Icelandic highlands; they'll have developed every single major glacial river and geothermal field for heavy industry," said Olafur Pall Sigurdsson, one of the organizers of Saving Iceland, a coalition of groups opposing further development.

"It is a very rare nature that we are the guardians of, and we are squandering it," he said.

The basic issue of how to balance development and nature is the same here as in environmental fights everywhere. But the details are always slightly askew in Iceland, which sits temperamentally as well as geographically on its own, floating between Europe and America.

One of the most unspoiled places in the developed world, Iceland is slightly larger than Indiana, with a population of about 300,000 people (Indiana's is 6.3 million). Two-thirds live in the capital, Reykjavik; the rest are spread across 39,800 square miles of volcanic rock, treeless tundra and scrubby plains. Seventy percent of the land is uninhabitable.

Icelanders tend to view their unpredictable environment — carved from volcanoes and ice and full of stunning waterfalls, geysers, fjords and glaciers — with respect and awe. The air is so pure that the Kyoto Protocol gave Iceland the right to increase its greenhouse emissions by 10 percent from 1990 levels.

The pending proposals call for four more dams, as many as eight new geothermal and hydroelectric power plants, two new smelters (one owned by Alcoa) and the expansion of capacity at an existing smelter. If all are built, foreign companies would have the capacity to produce as much as 1.6 million tons of aluminum in Iceland a year.

They are also allowed to pollute: another Kyoto exception gave power-intensive industries that use renewable energy in Iceland the right to emit an extra 1.6 million metric tons of carbon dioxide a year until 2012.

As a whole, the new smelters would require about eight times the amount of electricity currently used for all of Iceland's domestic consumption, putting a huge strain on the country's rivers and thermal fields, said Hjorleifur Guttormsson, who was Iceland's energy and industry minister from 1980 to 1985. Guttormsson, a naturalist, said pollution was another concern: aluminum plants are heavy emitters of sulfur dioxide, hydrogen fluoride and other chemicals

But Alcoa says it has fitted state-of-the-art pollution controls in its new plant and has already fulfilled its companywide pledge to reduce total greenhouse gas emissions by 25 percent from their 1990 level.

A spokesman for the company, Kevin Lowery, said the new smelter would produce 1.8 metric tons of carbon dioxide for every metric ton of aluminum it produced — a total of 541,000 metric tons a year — compared with 13 metric tons of carbon dioxide per metric ton of aluminum for a coal-fired smelter. "The emissions from this facility will be less than for any other facility of this size elsewhere in the world," he said.

Jon Sigurdsson, minister of industry and commerce, said the proposals were subject to multiple hurdles, including, in some cases, local referendums. The government has always applied rigorous environmental standards to development projects, he said, and is preparing legislation that would set out a master plan for the country, designating which areas are to be protected and which have the potential for development.

"We stand on the threshold of a new era," he said. "We wish to take both sides into consideration in a new general framework that will accept environmental concerns as being as important as other concerns."

Sigurdur Arnalds, a spokesman for Landsvirkjun, the national power company, which is developing the Karahnjukar project, said: "Democracy will have the final say. Naturally, we will not build up every possibility we have; we have to stop someplace."

Iceland is a prosperous country, but its prosperity is concentrated in Reykjavik. The government has long sought ways to bolster the economy by exploiting the country's second- biggest natural resource, after fish: electric power, derived from a vast network of rivers and from underground geothermal fields.

But since the power cannot feasibly be exported, the idea has been to import demand. Aluminum seems a perfect fit. It is a power-intensive industry that needs easy access to ports for importing raw materials and exporting the finished product. Iceland has clean, available power, abundant coasts and proximity to the lucrative European market.

Iceland's first aluminum plant was built in the 1960s; there are now two, both near Reykjavik.

"The government has done everything in its power to make way for these plants," Kolbrun Halldorsdottir, a member of Parliament from the Left-Green Movement, said. "They have been fixed to this scheme like Saudi Arabia is fixed to oil. They don't believe in entrepreneurship, job opportunities in our culture, tourism. They only believe in aluminum."

The Karahnjukar project, years in planning, had the support of the center-right coalition government, which has been in power for 12 years. In opinion polls, the majority of Icelanders have consistently supported it, too, saying it would bring jobs and money to the eastern fjords.

But environmentalists say the project will devastate some 3 percent of Iceland's land mass, destroying or affecting 60 waterfalls; causing widespread soil erosion that will send sand and dust blowing across the highlands and onto farms; and flooding an area covered in unusual moss and used by reindeer, nesting pink-footed geese and myriad birds, like the gyrfalcon and the ptarmigan.

They say, too, that the dam is inherently unstable, built on an unusually thin, fractured crust of earth near one of the most volcanically volatile areas in the world. Just south, the Vatnajokull glacier is melting rapidly from global warming, adding to the geological uncertainty.

In 2001, the Icelandic Planning Agency rejected the Karahnjukar plan, ruling that any economic benefits would not compensate for the potential environmental harm. But Iceland's environment minister at the time overturned the decision, set some new conditions and allowed the project to go ahead.

Opponents now say that many Icelanders did not appreciate its scale or potential impact.

"People were kind of misled, and I don't think even the politicians really understood what was going on," said Andri Snaer Magnason, a poet, playwright and novelist. Last year, Magnason, 31, published "Dreamland," a devastating polemic that puts Iceland's environmental issues into a global perspective. The book has sold 18,000 copies — the equivalent, in percentage terms, of 18 million copies in the United States.

In September, Omar Ragnarsson, one of the country's most respected television reporters, announced that he could no longer cover the Karahnjukar project with a journalist's impartiality and would campaign against it. In a country where public demonstrations are rare, he led an antidam rally in Reykjavik, attended by 8,000 to 13,000 people.

When seen up close, the project dominates the landscape. At 2,400 feet wide and 650 feet tall, the dam is the highest of its kind in Europe. The reservoir, which will eventually cover 22 square miles, stretches out across one side, where land used to be; an empty riverbed carved far down in the rock stretches from the other side, where water used to be.

The harnessed water is to be sent through 45 miles of tunnels blasted into the mountains to a new hydropower station built deep inside a mountain in the Fljotsdalur Valley.

Finally, the electricity is to be sent along 32 miles of overland transmission lines to the Alcoa smelter, a milelong building on the edge of a fjord in the town of Reydarfjordur.

The smelter is supposed to begin producing aluminum by this summer, and the initial effects are obvious: there is a building boom going on in the east. "It's like gold fever, or when everyone is drunk — and you know that the hangover will come," said Greta Osk Sigurdardottir, a cattle and dairy farmer who lives in the area and who opposes the project.

Reydarfjordur, population 650, has its first mall. Housing prices have gone up. People are moving back, and the extra money has begun to give the town modern amenities, said Helga Jonsdottir, the mayor of Reydarfjordur and five other villages.

But others are not so happy. Gudmundur M. H. Beck spent his first 57 years in Reydarfjordur, raising sheep and chickens on his family's farm. When 18 electricity pylons were built across the land and the government passed regulations forbidding grazing there, Beck took his animals to the slaughterhouse and moved north, where he lives near unspoiled mountains and lakes and is taking history classes, he said.

"This is the most horrible thing that has ever been done here," he said. "I really have no words to describe it."

The smelter is low, but dominates the coast. Shopping at a sporting-goods store at the mall, Krilla Bjork, 61, said she was thrilled at all the new stores and houses. Of the smelter, she said, "It's not beautiful, but I accept it because it's necessary."


Mardi 6 Février 2007
Samedi 17 Février 2007
JEAN-LUC TOULY
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