ACME
Commission d'enquête sur la mainmise sur la ressource en eau par les intérêts privés et ses conséquences en Guadeloupe 08/06/2021 La gestion calamiteuse de l'eau en Guadeloupe : Cla Maria TV  ·  Entretien Exclusif avec Jean-Luc TOULY 01/05/2021 Plus d’un million de Français boivent une eau polluée par les pesticides 24/04/2021 SEDIF 20/04/2021 L'eau à Wissous ville essonnienne 20/04/2021 Communiqué du CREFOM sur le droit à l'eau en Guadeloupe soutenu par des associations guadeloupéennes, l'ACME France et le FRICC 18/02/2021 Assainissement : la Régie Eau d’Azur prend la main 09/02/2021 La SME toujours dans le collimateur du Comité Citoyen du Sud de Martinique 10/01/2021 A Lyon, la rente de Veolia tombe à l’eau 31/12/2020 Les citoyens inspirent la nouvelle directive sur l’eau potable 31/12/2020 Première partie  Veolia-Suez : genèse d’une affaire d’État 26/10/2020 Libération 7 octobre 2020 07/10/2020 Nouveau livre de Roger Lenglet et Jean Luc Touly "Les requins de la fin de vie" chez Michel Lafon sortie le 1er octobre 2020 02/09/2020 COMMUNIQUE ACME ET FRICC : Veolia veut racheter Suez 31/08/2020 Communiqué : demande de commission d'enquête parlementaire sur la gestion catastrophique de l'eau en Guadeloupe par l'association guadeloupéenne Balance ton SIAEAG soutenue par l'ACME et le FRICC 25/08/2020 Compte rendu réunion préfet Guadeloupe et acteurs de l’eau en présence de l’association @balancetonsiaeag 02/07/2020 Courriers de Me Breham avocat de l'association @balancetonsiaeag (et de l'Acme et du Fricc) au président du SIAEAG et au Préfet de Guadeloupe sur la non exécution de l'ordonnance de référé du 22 juin 2020 condamnant le SIAEAG à fournir 9 litres d'eau 01/07/2020 1ère victoire en Guadeloupe pour les usagers de l'eau : Le Siaeag enjoint par la Justice de livrer quotidiennement un pack d'eau aux 207 requérants de l'association #BalancetonSiaeag 24/06/2020 Emmanuel Brechot sur Canal 10 Guadeloupe 19/06/2020 AFP Ouest France Nouvel Obs Le Figaro et TV5Monde : Guadeloupe des usagers de l’eau saisissent la justice 17/06/2020 Communiqué de presse du 15 juin 2020 : Référé de 207 usagers de l’eau de Guadeloupe et de l’association @balancetonsiaeag devant le Tribunal Administratif de Basse Terre 16/06/2020 Lettre d'une Guadeloupéenne de métropole 04/06/2020 Proposition de Résolution visant à la création d'une Commission d'enquête sur la gestion de l'eau en Martinique 02/06/2020 Demande du Comité Citoyen du Sud de la Martinique de création d'une commission d'enquête parlementaire sur la gestion de l'eau désastreuse en Martinique et Guadeloupe 01/06/2020 La société Martiniquaise des eaux contrainte par la justice de rétablir l'eau courante à Sainte-Luce, à Rivière-Pilote et à Rivière-Salée 30/05/2020 Communiqué : Commission d'enquête parlementaire sur la gestion désastreuse de l'eau en Martinique (SME) et en Guadeloupe (Générale des Eaux Guadeloupe) 24/05/2020 KMT 20 MAI 2020 Savoir et Réfléchir : la SME Société Martiniquaise des eaux filiale de la multinationale SUEZ 21/05/2020 Eau: vers la création d'une commission parlementaire La FRICC (Front Républicain d'Intervention Contre la Corruption) demande en urgence la création d'une enquête parlementaire sur l'eau en Martinique et en Guadeloupe. Jean-Luc Touly, le Président es 21/05/2020 Eau en Martinique et en Guadeloupe : une commission d'enquête parlementaire « exigée » 20/05/2020 Communiqué de l'Acme et du Fricc : Demande de création urgente d'une commission d'enquête parlementaire sur la gestion désastreuse de l'eau par 2 multinationales depuis des décennies et ses conséquences des coupures et tours d'eau en Guadeloupe et Ma 19/05/2020 lundi, le Comité Citoyen du Sud Martinique a manifesté devant le siège de l'Espace sud à Sainte-Luce, première étape avant un bis répétita mercredi matin, devant le siège de la SME au Lamentin. Des bouteilles d'eau ornaient les grilles 19/05/2020 17 mai 2020 : France-Antilles (plainte pénale) et Martinique 1ère JT 19h 17 mai 2020 18/05/2020 Martinique Eau : deux mobilisations à venir du Comité citoyen sud de la Martinique 15/05/2020 Martinique : des coupures d'eau courante dans la commune de Sainte-Luce 13/05/2020 Martinique : Eau : « Certains ont intérêt à maintenir la situation en l’état » 13/05/2020 Odyssi introduit une action en justice contre la SME pour non respect du contrat qui les lie. Elle étudie la possibilité de contester la décision du tribunal judiciaire de Fort-de-France qui la condamne sous astreinte à rétablir l'eau à ses abonnés 10/05/2020 Coupures d'eau : la sénatrice Catherine Conconne demande au préfet une réunion de toute urgence...pour éviter des troubles 10/05/2020 France Antilles 9 mai 2020 : le scandale de la gestion de l’eau en Martinique comme en Guadeloupe n’a que trop duré 09/05/2020 PETITION POUR UNE COMMISSION D'ENQUÊTE PARLEMENTAIRE SUR LA GESTION DE L’EAU PAR VEOLIA EN GUADELOUPE 24/04/2020 COVID-19 ET NETTOYAGE DES RUES : LES MENSONGES DE LA MAIRIE DE PARIS PAR MARC LAIMÉ, 20 AVRIL 2020 20/04/2020
           
REVUE DE PRESSE

Paris Normandie 28 juin : Face au manque de clarté, de plus en plus d’usagers en Normandie s’organisent pour obtenir des réponses



Sur le bassin Seine-Aval, le prix de l’eau moyen est de 4,23 €/m³, selon la dernière enquête de l’Agence de l’eau, réalisée en 2015

Enquête. Vaste et complexe sujet que celui de l’eau et de sa distribution, gérée encore en majorité par les collectivités sous forme de délégations de service public. Alors que 87 % de Français se disent satisfaits du service public de l’eau, selon un récent sondage TNS-Sofres commandé par les entreprises spécialisées, les collectifs d’usagers mécontents et soucieux d’une plus grande transparence ont tendance à se multiplier. C’est le cas, ces derniers mois, dans l’arrondissement de Fécamp ou encore non loin de Tôtes, où la contestation s’organise face à des prix jugés anormalement élevés.

6,35 € par m³ aux Andelys, 3,34 € à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, 2,83 €à Grand-Camp, ou encore 7,89 € à Bully (source :www.services.eaufrance.fr, lire encadré). Le prix de l’eau varie d’une commune à l’autre partout en Normandie, parfois avec des écarts significatifs entre des localités pourtant presque voisines. Cela n’a, en soi, rien de suspicieux, tant la gestion et la distribution de l’eau obéit à des données variables et complexes. « Le fait que l’eau soit en surface ou souterraine, sa qualité, la taille du service qui l’exploite, un habitat dispersé, etc. », confirme Delphine Jacono, chargée d’études à l’Agence de l’eau Seine-Normandie.

Ces critères, les Français en ont parfaitement connaissance, révèle la dernière enquête menée par TNS-Sofres pour le Centre d’information sur l’eau tout juste publiée (lire ci-contre). Cette étude n’en démontre pas moins qu’une majorité d’entre eux (62 %) continue à trouver l’eau « plutôt chère », dans un contexte où beaucoup restent en attente d’informations supplémentaires sur la qualité, le prix... Parmi ses attributions, l’Agence de l’eau Seine-Normandie observe environ tous les cinq ans l’évolution globale du prix de l’eau sur son territoire (de la Normandie jusqu’à la Bourgogne en passant par la région parisienne, le sud de l’ancienne région Picardie et l’ex-Champagne-Ardenne). Le dernier relevé officiel en date remonte à 2011 : celui-ci vient d’être mis à jour, suite à une enquête menée au cours de l’année 2015.

Seulement 10 % des communes ont vu leur prix baisser

« Nous avons examiné 1 820 factures d’eau, représentant l’équivalent 60 % de la population » du bassin de la Seine, détaille Delphine Jacono. Au final, pour ce qui concerne le bassin Seine Aval - l’équivalent de l’ancienne Haute-Normandie -, le prix moyen est fixé à 4,23 €/m³. Ce tarif a légèrement augmenté par rapport à 2011 : il était alors de 4,03 €/m³, lui-même en augmentation vis-à-vis de 2005. « Seulement 10 % des communes interrogées, sur tout le territoire de l’agence de l’eau Seine Normandie, ont vu leur prix baisser depuis 2011, complète Delphine Jacono. La majorité a augmenté. L’assainissement représente près de 40 % de la facture moyenne et se trouve à l’origine de la hausse des prix. Une tendance qui se poursuit aujourd’hui ».

S’il n’est pas question de mégoter sur l’assainissement et des travaux souvent coûteux en la matière, les contribuables entendent de moins en moins subir sans rien dire les conséquences sur leurs factures. Un collectif s’est récemment créé sur les communes de Frichemesnil, Grugny, et La Houssaye-Béranger au cœur de la Seine-Maritime, où les habitants n’ont pas digéré la hausse considérable survenue après les derniers travaux opérés par le syndicat d’eau de Tôtes-Auffay. Avant leur raccordement à l’assainissement collectif et la construction d’une nouvelle station d’épuration, les usagers de ces trois localités profitaient d’un prix du m³ à 2,31 €. En 2013, ces derniers avaient accepté sans rechigner de voir ce montant grimper à 6,40 €, raconte le porte-parole du collectifPatrice Delarue. Sauf que l’année dernière, à l’heure de recevoir les premières factures post-travaux, la note s’est avérée bien plus douloureuse. « Le prix est passé 7,11 €/m³, puis à 7,94 € pour la facture suivante, précise Patrice Delarue. Et aujourd’hui, certaines personnes à Frichemesnil sont à 9,30 € ! »

Fort d’une pétition « signée par 92 % de la population concernée » et avec l’accord, selon lui, d’environ 450 foyers, le collectif a fait appel aux services d’un avocat dans l’optique d’une procédure judiciaire à l’encontre du syndicat d’eau de Tôtes-Auffay. Objectif : « Revenir au prix convenu de 6,40 €, qui se trouve déjà dans une moyenne élevée », précise Patrice Delarue. « Un ingénieur de l’eau nous a confirmé que ces travaux à hauteur de 7,50 M€ n’auraient jamais dû être faits : le syndicat n’avait pas les reins assez solides. » Jean-Pierre Petit, président du syndicat incriminé et maire de Grugny, renvoie la balle vers l’ancienne équipe qui a pris « la décision de renouveler la station d’épuration ». Or, cette dernière a plutôt « trop attendu », dixit l’élu, rendant la mise en conformité des installations d’autant plus onéreuse.

« Mettre en place des actions préventives »

« Notre objectif, à l’Agence de l’eau, c’est justement d’inciter les collectivités à mettre en place des actions préventives, et pas seulement curatives, contre la détérioration des réseaux », insiste Delphine Jacono. Au syndicat d’eau de Fécamp-Sud Ouest, le président Jean-Marie Crochemore (maire de Ganzeville) invoque justement l’impérieuse nécessité de « thésauriser » en prévision de « la station d’épuration à changer », pour justifier les 6,50 €/m³ pratiqués sur le territoire du syndicat (dont le délégataire est Veolia). De quoi faire bondir les membres du collectif « Eau bien commun - canton de Fécamp » : « Pourquoi paierait-on aujourd’hui un service que nous n’avons pas ? C’est une logique de vieil épicier », regrette Jean-Luc Dron, porte-parole du collectif transformé il y a quelques mois en association. « Nous payons 6,50 €/m³, alors que nos voisins sur Fécamp ville, eux, sont à 5,21 € ! La moyenne départementale, elle, oscille autour de 3,30 €. » Or, le collectif et sa quarantaine de sympathisants revendiquée mettent en cause la dégradation du réseau de distribution liée à l’absence d’investissements, attestée par des rapports officiels pourtant votés en conseil syndical.

Ces documents, théoriquement publics, Jean-Luc Dron assure avoir toutes les peines du monde à les obtenir. Idem, témoigne-t-il, pour ce qui est de connaître les dates des réunions du syndicat (publiques également). La transparence ne coule manifestement pas de source, selon « Eau bien commun - canton de Fécamp », qui en a fait l’un de ses principaux chevaux de bataille. À ce sujet, le porte-parole de l’association ne manque pas de griefs à l’encontre des élus qui ont « délégué sans se préoccuper de la suite ». Ces derniers, à l’image de Jean-Marie Crochemore, le lui rendent bien : « Ils sont une poignée d’agitateurs politiques, qui cherchent le buzz... Je suis sur le terrain tout le temps, et personne ne s’est jamais plaint du prix de l’eau ».

À Grugny, Frichemesnil et La Houssaye-Béranger, Patrice Delarue témoigne des mêmes demandes de documents restées sans réponse, du même agacement manifesté par les élus, de la même méfiance quant aux relations unissant la collectivité à son délégataire. « Nous avons lancé un audit auprès de Veolia qui devrait conduire à une baisse des tarifs tout en conservant le même degré d’efficacité », annonce pour sa part Jean-Pierre Petit, selon qui cette démarche n’est en rien provoquée par l’action du collectif citoyen.

Pour mettre fin à l’opacité, Jean-Luc Touly, spécialiste des dérives liées à la gestion de l’eau (lire ci-contre), prône le retour aux régies municipales ou intercommunales, comme c’est déjà le cas en grande partie sur le territoire de laMétropole de Rouen, ou encore à la municipalité de... Fécamp.

« Amener les élus à revenir en régie publique »

« Notre boulot, c’est aussi d’amener les élus à revenir en régie publique d’ici 2020 », appuie Jean-Luc Dron. La loi NOTRe portant sur la « nouvelle organisation territoriale de la République » prévoit en effet la disparition dans quatre ans des petits syndicats d’eau, au profit d’une gestion intercommunale à l’échelle des nouveaux regroupements. « Ici à l’Agence de l’eau, nous n’avons pas d’a priori sur le mode de gestion, tant que c’est bien piloté, note Delphine Jacono. L’assainissement, entre autres, reste quelque chose de très compliqué : pourquoi ne pas le confier à une entreprise, dont c’est la spécialité ? »

La chargée d’études n’en appelle pas moins les élus à « se saisir de l’exigence de transparence » à l’occasion de cette future réorganisation territoriale. « La gestion intercommunale a sûrement du bon d’un point de vue technique et financier, mais les élus restent responsables. Or, quand ils ne gèrent plus cette question en direct, on constate que ça ne les intéresse plus. Certaines communes ne savent même pas quel est le prix que paient leurs habitants. » La loi NOTRe pose également la question qui, à l’instar de l’agglomération de Dieppe, s’annonce épineuse dans nombre d’intercommunalités : celle de l’harmonisation des prix à l’échelle du regroupement. Car harmonisation signifie rarement diminution, ce qui risque d’apporter encore beaucoup d’eau au moulin des usagers mécontents.

DOSSIER RÉALISÉ PAR THOMAS DUBOIS

t.dubois@presse-normande.com

« Un taux record » de satisfaction
Face au mécontentement des collectifs d’usagers, les grandes entreprises délégataires font valoir, chiffres à l’appui, « la satisfaction vis-à-vis du service public de l’eau » qui atteint cette année « un taux record ». Il s’agit du premier enseignement délivré par le dernier baromètre annuel TNS-Sofres pour le Centre d’information sur l’eau, publié récemment (20e édition). Le Centre d’information sur l’eau est « une institution associative » fondée en 1995 « sur l’initiative d’entreprises dont l’eau est le métier », rappelle son site internet. Parmi ses membres fondateurs figurent Veolia, Saur France, ou encore La Lyonnaise des Eaux (Suez).
Selon ce baromètre 2016, 87 % des Français « sont satisfaits du service de l’eau ». Un indicateur « au plus haut de puis 20 ans », se réjouit le Centre d’information sur l’eau. Ce chiffre s’établit à 84 % pour les habitants du quart Nord-Est.
Autre motif de satisfaction pour l’association, qui préfère voir le verre à moitié plein : si 62 % des Français estiment encore l’eau « plutôt chère », ils étaient 67 % en 2015. 38 % des personnes interrogées estiment le service de l’eau « bon marché ». Pourtant, près de sept Français sur dix ignorent le prix du m3 de l’eau qu’ils consomment, révèle l’enquête TNS-Sofres. « Lorsqu’ils se disent en mesure d’évaluer le prix moyen du m3, ils le surestiment très largement », précise le Centre d’information sur l’eau. Soit un prix moyen estimé à 5,50 €, lorsque la moyenne nationale réelle s’établit à 3,70 € (moyenne Insee, décembre 2015). Le montant annuel moyen de la facture d’eau est fixé, quant à lui, toujours selon l’Insee, à 438 € (sur la base d’une consommation de 120 m3). « La perception de la facture d’eau s’améliore », rapporte aussi l’enquête : 68 % des Français « la jugent facile à comprendre », détaille-t-elle.
Concernant la problématique de la qualité, 74 % des Français se déclarent « satisfaits de la qualité globale ». 41 % se disent même « très satisfaits », rapporte le baromètre. A ce sujet, « le niveau de confiance envers les communes et les entreprises de l’eau (est) en progression », note ce dernier. Il n’empêche que le besoin d’information reste prégnant. 47 % des sondés en attendent davantage, surtout au sujet de la qualité, « assez loin devant le prix (40 %)», indique l’enquête.
« Les élus ne sont pas assez formés »
Spécialiste de la gestion de l’eau et de ses dérives, Jean-Luc Touly* sillonne la France entière à l’appel des collectifs d’usagers.
Les réactions citoyennes sur les questions de l’eau ont-elles tendance à se généraliser ?
Jean-Luc Touly : « Absolument. Avant, nous avions plutôt affaire à de grosses associations, qui recouvraient un territoire assez important. Aujourd’hui, ce sont des collectifs très localisés, à l’échelle d’une commune ou d’un syndicat, dont l’action porte sur le contrat en lui-même. Ce sont souvent des groupes extrêmement déterminées à comprendre les différentes arnaques d’un contrat de délégation service public, et quels sont les recours possibles. J’en suis à plus de 1 600 réunions locales depuis 2001. »
La gestion de l’eau par les pouvoirs publics manque-t-elle à ce point de transparence ?
« Il y a un manque de transparence et de lisibilité : notamment du rapport annuel du délégataire ou du rapport annuel sur les qualités et le prix de l’eau potable fait par l’autorité publique, discuté en ce moment dans les conseils municipaux ou communautaires. Or là, la plupart des élus, qui ne sont pas formés, n’y comprennent rien. Ce n’est pas un problème de corruption, juste de méconnaissance. En France, près 80 % des usagers sont sous la coupe de l’une des trois grandes sociétés que sont Veolia, Suez et Saur : il y a une perte de compétences au profit d’entreprises qui ne sont pas très contrôlées et suivies. Donc il y a des dérives. C’est pour cela que moi, et quelques collègues, nous parcourons la France pour faire de la pédagogie. Nous avons d’ailleurs l’intention de créer un centre de formation non-politisé pour les élus et les associations. »
Constatez-vous un mouvement de fond de retour aux régies municipales ou intercommunales ?
« Avant 2008, on en était à 1 ou 2 % de retours en régie. Aujourd’hui, on est plutôt autour de 10 %, mais c’est encore infime. Toutefois, le fait que ces questions soient davantage d’actualité, débattues par les citoyens et les élus, fait que les dérives ont tendance à diminuer. Il y aura à l’avenir un certain nombre de retours en régie, certes, mais aussi des contrats mieux renégociés, mieux contrôlés, et qui reviendront éventuellement à des sociétés d’économie mixte, ou à des PME. Ce mouvement s’avère d’ailleurs préjudiciable à l’activité des grands groupes, qui se rabattent sur leurs salariés. Veolia*, notamment, a dû organiser un plan de départs volontaires de 3 000 personnes en 2014-2016, et ce n’est pas fini. C’est pour cela également que Veolia et Suez s’intéressent plus aux déchets, désormais. Il s’agit d’un marché plus porteur et plus rémunérateur... mais c’est encore moins transparent ! »
* Jean-Luc Touly est délégué syndical FO chez Veolia. Co-auteur en 2003 du livre « L’eau de Vivendi : les vérités inavouables », il fut licencié, avant d’être finalement réintégré.

Mardi 28 Juin 2016
Mardi 28 Juin 2016
JEAN-LUC TOULY
Lu 1754 fois


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 20

ACME | EDITO | INFOS REMUNICIPALISATION / PRIVATISATION DE L'EAU | COMMUNIQUES DE PRESSE | ACTUALITES / MANIFESTATIONS | REVUE DE PRESSE | HISTOIRES | LA LOI SUR L'EAU | ON NOUS ECRIT | VICTOIRES | ARCHIVES

Mentions légales
Pour une recherche d'articles par thèmes, cliquez sur le mot de votre choix !
actions juridiques adhésion affaires troubles afrique agences de l'eau agriculture algerie algues bleues algérie angleterre anti-gaspillage argentine arnaques ? asie assainissement assainissement non collectif associations associations en lutte australie banque mondiale barrage barrages ben s'mim biogaz bolivie bordeaux bretagne brésil canada castres cge chili chine coca cola cognac colloque colloque 2006 colloques 2006 compteurs condamnation contentieux contrats contrats en contentieux corruption corse cyanobactéries danasi dessalement droits de l'eau déchets eau embouteillée eau potable ecocide edf enel film financements de projets france-libertés fuites fusion gabon gestion alternative grenelle de l'environnement guerre de l'eau inde investissement islande israel l'europe de l'eau las vegas les antilles lille lobby lobbying loi oudin santini loi sur l'eau luttes lyon maladies mali manifestations marché de l'eau maroc mauvais rendement messier mexico 2006 mexique mortalité médicaments neufchateau niger nitrates nucléaire observatoire parisien paris pascua lama pauvretés perou pollution pollution de l'eau pollution de l'eau potable pollution des nappes pollution eau potable pollution minière pollutions pollutions agricoles pollutions de l'eau pollutions des nappes pollutions des rivières pollutions industrielles portraits ppp privatisation prix de l'eau proglio pérou pétition que choisir? quebec quimper radio radioactivité rechauffement climatique remunicipalisation renégociation réchauffement climatique réunions publiques santini saur sedif services publics à vendre services publiques à vendre solutions suez suisse sécheresse tentatives remunicipalisation toulouse touly unesco université de l'eau uruguay usa varages veolia veolia orient, l'affaire vivendi véolia zimbabwe écocide