ACME
La Chambre Régionale des Comptes de Martinique est saisie à cause des 14 millions de déficit de l'Espace Sud 20/02/2019 Une nouvelle répartition des contributions des agences de l'eau aux opérateurs de la biodiversité 19/02/2019 SEEG : Veolia vend ses parts à l’Etat et renonce à toute action judiciaire ! 19/02/2019 Ordre du jour du Conseil communautaire de Paris Saclay du 20 février et création de la Commission Contrôle Financier suite au recours de l'ACME et du FRICC à l'encontre du Président de Paris Saclay devant le TA de Versailles du 28 janvier 2019 16/02/2019 VEOLIA VITRIFIE SUEZ ET SAUR PAR MARC LAIMÉ, 15 FÉVRIER 2019 15/02/2019 Guadeloupe : Lucette Michaux-Chevry laisse une ardoise de 75 millions d’euros 14/02/2019 Courrier International : Indonésie. À Jakarta, la bataille de l’eau a commencé 14/02/2019 Réunion publique sur la gestion de l'eau à La Roche sur Yon et en Vendée 08/02/2019 SINE février 2019 Enquête sur les nouveaux scandales de l'eau Public/Privé La bataille de l'eau fait rage 06/02/2019 Après la sortie de Macron sur le chlordécone, l'Élysée plaide le "malentendu" Après les élus ultramarins, des scientifiques ont rappelé à Emmanuel Macron que des études contredisaient ses propos 06/02/2019 LE PRÉSIDENT ET LE CHLORDECONE 05/02/2019 Un arrêté limite la chlordécone, insecticide cancérogène, dans la viande de boeuf 30/01/2019 28 janvier 2019 : Tribunal Administratif de Versailles Requête en excès de pouvoir de l'ACM et du FRICC contre le refus de la Communauté d'agglomération Paris Saclay de créer la Commission de Contrôle Financier R. 2222-1 à 6 du CGCT 30/01/2019 Marché de l’eau à Quimper. « Il faut mettre cartes sur table » réclame Piero Rainero 30/01/2019 Sisteron 7341 habitants (maire de 78 ans LR depuis 1983) : la société Suez ne va plus gérer l'eau et l'assainissement : La commune reprend en régie directe l'ensemble de l'exploitation 26/01/2019 Interview de Jacques Davila du comité de l'eau de Guadeloupe et représentant local du FRICC 25/01/2019 La Roche-sur-Yon. Eau potable : une réunion le 7 février 2019 en présence de JL Touly 23/01/2019 Assurée par la Saur depuis sept ans, l’exploitation de l’eau potable sera reprise en régie, à partir du 1er septembre, par le syndicat mixte des eaux de Gâtine 23/01/2019 Dans les Alpes la neige artificielle menace l’eau potable - Marc Laimé 21/01/2019 Conférence de presse des associations d'usagers de l'eau de Guadeloupe avec J Davila du Fricc et G Paran président du comité des usagers de l'eau 18/01/2019 Café citoyen sur l’impact de la loi NOTRe sur la gestion de l’eau, du 16 janvier 2019 à Saint-Dié-des-Vosges 17/01/2019 Des habitants de Souvigné, en Indre-et-Loire, dénoncent une eau de mauvais goût payée plus chère 16/01/2019 Invitation à un événement hors norme marche d'adieu au SYNDICAT D'EAU SAVIGNE SUR LATHAN HOMMES dissous par la lois NOTRE (37340) 14/01/2019 LA CADA OUVRE L’ACCÈS AUX COMPTES D’UNE CONCESSION, PAR PATRICK DU FAU DE LAMOTHE 13/01/2019 PROPOSITION DE RÉSOLUTION tendant à la création d’une commission d’enquête sur l’accès à l’eau potable, sa qualité et ses effets sur la santé en Outre-mer 18 décembre 2018 12/01/2019 La guerre est déclarée entre la municipalité de Brignoles et la société Suez : notre association ACME France est solidaire du maire de Brignoles 04/01/2019 RENCONTRE - DÉBAT  «Loi sur la gestion de l'eau : notre bien commun nous échappe-t-il ?» le 16/01/2019 à 20h00 Maison Mosaïque : 11, rue d'Ortimont Saint-Dié-des-Vosges 04/01/2019 Coupures d'eau : la fondation France Libertés relaxée des accusations de diffamation portées à son encontre par Veolia 21/12/2018 Recul de Santini face aux "gilets bleus" 20/12/2018 PROVISIONS POUR RENOUVELLEMENT : UN ARRÊT HISTORIQUE DU CONSEIL D’ÉTAT 20/12/2018 [Ouche & Montagne] Un pas de plus vers une gestion publique, écologique et démocratique de l’eau 18/12/2018 au : 3,30€ le m³ pour toutes les communes du Grand Besançon d’ici 2028 18/12/2018 Bordeaux Métropole : Trans’Cub s’attaque à la gestion de l’eau 17/12/2018 Réponses de Jacques Tcheng lors de la réunion de Quimper 17/12/2018 Nouvelles ponctions sur les finances des Agences de l'Eau 17/12/2018 Contrat de l’eau : une pétition pour faire gagner 120 millions d’euros à Bordeaux 13/12/2018 Toulouse 2020 : pas de multinationales dans mon eau ! 12/12/2018 Eau Secours 29. Dix ans de luttes contre les dérives de l’eau © Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/au-secours-29-dix-ans-de-lutte-contre-les-derives-de-l-eau-10-12-2018-12157958.php#ut0wca5apLGyHeY2.99 11/12/2018 Le Télégramme du 8 décembre : Quimper Marché de l’eau. Le dossier s’alourdit 08/12/2018 6 décembre à Paris : Sommet de l'économie organisé par Challenges avec comme partenaires Veolia, EDF, LVMH, Total,... : Réconcilier les 2 France 07/12/2018
           
DOSSIER DES CONTINENTS

Pérou : quand on attrape le brouillard



Capter l'eau du brouillard pour alimenter des régions désertiques, voilà ce qui occupe une confrérie de sourciers bien particuliers. Du Népal à l’Afrique du Sud, de l’Erythrée au Chili, ils tendent des filets à flanc de montagnes et y prennent au piège les précieuses gouttes d’or bleu que la brume apporte.

De l'arbre fontaine (ici un olivier à Oman) au filet attrape-brouillard (El Tofo, Chili) et ses mailles de polyéthylène. (c) Fogquest
Ce tour de magie s’inspire du phénomène naturel des précipitations occultes, dites aussi précipitations horizontales. Dans certains milieux, notamment sous les latitudes tropicales, la brume est si dense que lorsqu’elle passe au travers de la végétation, elle y dépose de minuscules gouttelettes. Ces dernières ruissellent le long des feuilles et des branches pour finir sur le sol. Le volume d’eau ainsi récupéré est difficile à quantifier, mais l’on sait qu’il est essentiel à certains milieux naturels tels que les bien nommées forêts de nuages (elles représentent un quart des forêts tropicales) ou bien encore les paramos, ces prairies humides de haute altitude.

Avant de réussir à mettre au point ses propres instruments, l’homme a occasionnellement profité de véritables "arbres fontaines" au feuillage particulièrement efficace. Ainsi par exemple de ce laurier de l'île El Hierro des Canaries qui fut utilisé dès le XVIIe siècle par les bergers pour alimenter un abreuvoir. Mais depuis les années 1980, ce sont de vastes filets de fines mailles plastiques (polyéthylène) qui sont utilisés. Les gouttelettes y ruissellent jusqu’à une gouttière qui court sous son bord inférieur. Ces pièges à brume peuvent atteindre 50 m2. Ils sont installés dans des endroits propices, en fonction de la configuration du terrain et du vent. Simples, économiques, ne consommant aucune énergie, ils peuvent produire chaque jour jusqu’à plus de 50 litres par mètre carré !

C’est à Lima, la capitale du Pérou, que je pars rencontrer l’un des promoteurs de cette technique. Par le hublot du vol qui m’y amène d’Iquitos, c’est un accéléré de cours de géographie péruvienne qui passe sous mes yeux. D’abord défile l’immense tapis verdoyant de la forêt amazonienne : les précipitations annuelles peuvent y monter à 3,80 m, des dizaines de milliers de personnes y vivent sur l’eau. Puis ce sont les écailles des montagnes et les hauts plateaux de la chaîne des Andes, tout en nuances d’ocre et de rosé. Presque à destination, l’avion entame ses manœuvres au-dessus de la côte Pacifique avant de plonger à travers la triste brume grise qui la recouvre. Dans le ciel de Lima, les nuages sont omniprésents... mais ils ne font que passer. Avec des précipitations qui plafonnent à quelques centimètres par an, c’est dans un désert que vivent les 8 millions d’habitants de la capitale.

"Attention, zone de brouillard". La panamericana, accrochée aux pentes qui plongent dans l'océan Pacifique, baigne dans les nuages de basse altitude poussés par le vent vers la terre.
J’y suis accueilli par Jacques Béharel, un ingénieur français installé depuis des dizaines d’années au Pérou. Ensemble nous prenons la Panamericana, cette route qui suit la côte Pacifique, pour aller visiter le site de Pasamayo Fariente à 60 km au nord de Lima. Le projet a été mis en place en 1993. Il s’agissait de lutter contre l’érosion qui menaçait d’ensabler la route. Plus de 10 000 arbres furent ainsi plantés sur les pentes surplombant la Panamericana. Et pour alimenter les rangées d’arbustes, dans cette région où il pleut seulement 3 cm d’eau par an, on fit appel à Jacques Béharel et à ses filets attrape-brouillard. Le reboisement est effectivement une utilisation importante des filets : après quelques années où leur croissance est soutenue par l’eau du brouillard, le feuillage des jeunes plants devient suffisamment touffu pour qu’ils captent eux-mêmes l’humidité nécessaire à leur développement.

Mais cela fait maintenant des années que le site de Pasamayo a été abandonné par ses promoteurs. Des filets, il ne reste que quelques poteaux en bambou plantés dans le sol : ils ne réussissent plus qu’à intriguer les bergers coutumiers du lieu. Un peu plus bas, les centaines de rangées d’arbres sont toujours là, mais ils n’ont à offrir que des silhouettes rachitiques et des branches cassantes. Jacques Béharel, lors de la visite, ne décolérera pas contre l’instabilité politique au sommet de l’Etat péruvien, responsable selon lui de l’abandon du projet.

Lors de la visite à Pasamayo, nous rencontrons des bergers qui s'étonnent de la présence de "gringos" (des blancs) sur ces pentes. La technique des filets attrape-brouillard suscite leur intérêt, et nous leur apportons une explication bienvenue à la présence intrigante des poteaux plantés là ! Généralement, lors de projets d'implantation, les discussions avec les populations locales peuvent apporter des informations précieuses sur les zones de brouillard.
Heureusement la technique des filets attrape-brouillard a connu de plus grands succès. Ainsi d’El Tofo, au nord du Chili, qui est depuis la fin des années 1980 un site d’étude de la brume très présente sur ses crêtes. En 1992, grâce à des fonds canadiens, le site a élargi ses fonctions. Pas moins de 100 filets furent installés, la production monta à 15 000 litres par jour. Un système de distribution fut construit pour amener cette eau jusqu’au village de Chunguno, 7 km en aval. La communauté locale s’organisa alors pour opérer et maintenir le système. Et pendant dix ans, au lieu de faire appel à un coûteux approvisionnement par camions-citernes, les 300 habitants de ce village au milieu du désert ont consommé l’eau du brouillard.

Le site d'El Tofo. Chaque filet de 50m2 produisait en moyenne 150 litres par jour.
Si ce projet a permis de prouver la viabilité d’une telle source alternative d’approvisionnement en eau, il offre un autre exemple des difficultés qui peuvent surgir lors de sa mise en place. En 2003 en effet, après une décennie de bons et loyaux services, les filets attrape-brouillard sont tombés en désuétude. La population de Chunguno s’en est désintéressée pour réclamer aux autorités des solutions plus clinquantes.

Pilar Cereceda Troncoso est une géographe à l'université de Santiago et membre fondatrice de Fogquest, une ONG dédiée à la promotion des filets attrape-brouillard. Dans un article de Libération, elle analysait ainsi les difficultés du projet : «Beaucoup d'équipements ont été volés. Les municipalités devaient prendre le relais, mais ça n'a pas marché.» En attendant l’hypothétique construction d’une usine de dessalement ou d’un pipeline, ce sont de nouveau des camions-citernes qui viennent alimenter les foyers du village.

Un faubourg du nord de Lima., où l'alimentation en eau se fait essentiellement par camions-citernes.
De retour de Pasamayo Fariente, nous traversons les immenses faubourgs de Lima. Les rangées de maisons de fortune s’étalent sur la terre aride, à flanc de collines et au fond des vallées. Pour les populations pauvres de ces quartiers, l’alimentation par camion-citerne est la norme, à un coût élevé et sans garantie de qualité. Aujourd’hui Lima trouve son eau dans les quelques rivières qui descendent des Andes ainsi que dans les nappes phréatiques. La métropole doit faire face non seulement à la pollution de ces ressources, mais aussi à la baisse du débit des cours d’eau en raison du recul des glaciers des Andes. Lima, une des plus grandes métropoles au monde située dans un désert, est menacée par la pénurie d’eau. Les autorités en prennent conscience, et elles tablent aujourd’hui sur le dessalement de l’eau de l’océan Pacifique.

Par le pare-brise, je regarde de nouveau la basse couche de nuages qui presque toute l’année recouvre la côte. L’eau qu’elle contient vient aussi de l’océan, mais ce sont le soleil et le vent qui se chargent de son dessalement et de son transport. Le captage de brouillard est loin de pouvoir répondre aux immenses besoins de la métropole, mais il permet de soutenir un village ou des cultures. Alors que de plus en plus la moindre goutte d’eau devient précieuse, je me dis que de nombreux champs de filets attrape-brouillard pourraient bien un jour fleurir sur les pentes arides de la côte péruvienne.


Vendredi 4 Avril 2008
Vendredi 4 Avril 2008
acme
Lu 10066 fois

Dans la même rubrique :

L'eau c'est la vie - 16/04/2008

DOSSIER DES CONTINENTS | DOSSIER DES REGIONS | ANNEE 2005 | ANNEE 2006 | DOSSIER VEOLIA /SUEZ | ANNEE 2007

Mentions légales
Pour une recherche d'articles par thèmes, cliquez sur le mot de votre choix !
actions juridiques adhésion affaires troubles afrique agences de l'eau agriculture algerie algues bleues algérie angleterre anti-gaspillage argentine arnaques ? asie assainissement assainissement non collectif associations associations en lutte australie banque mondiale barrage barrages ben s'mim biogaz bolivie bordeaux bretagne brésil canada castres cge chili chine coca cola cognac colloque colloque 2006 colloques 2006 compteurs condamnation contentieux contrats contrats en contentieux corruption corse cyanobactéries danasi dessalement droits de l'eau déchets eau embouteillée eau potable ecocide edf enel film financements de projets france-libertés fuites fusion gabon gestion alternative grenelle de l'environnement guerre de l'eau inde investissement islande israel l'europe de l'eau las vegas les antilles lille lobby lobbying loi oudin santini loi sur l'eau luttes lyon maladies mali manifestations marché de l'eau maroc mauvais rendement messier mexico 2006 mexique mortalité médicaments neufchateau niger nitrates nucléaire observatoire parisien paris pascua lama pauvretés perou pollution pollution de l'eau pollution de l'eau potable pollution des nappes pollution eau potable pollution minière pollutions pollutions agricoles pollutions de l'eau pollutions des nappes pollutions des rivières pollutions industrielles portraits ppp privatisation prix de l'eau proglio pérou pétition que choisir? quebec quimper radio radioactivité rechauffement climatique remunicipalisation renégociation réchauffement climatique réunions publiques santini saur sedif services publics à vendre services publiques à vendre solutions suez suisse sécheresse tentatives remunicipalisation toulouse touly unesco université de l'eau uruguay usa varages veolia veolia orient, l'affaire vivendi véolia zimbabwe écocide